CHAPITRE VII
DétalAi priiÉiq«e0 fwwr ie« Pépinières
1. Objet de ce chapitre. — 2. Culture des résineux. Abris. — 3. Semis. Détails pratiques. — 4. Dépense du semis. — 5. Couverture et protection du semis. — 6. Sarclages. — 7. Irrigation. — 8. Arrachages. —9. Récapitulation de la dépense. — 10. Culture des feuillus. — 11. Semis. Détails pratiques. — 12. Sarclages. — 13. Binages. — 14. Irrigations. — 15. Semis des chênes rouvre. — 16. Production des chênes de trois ans.
— 16 bis. Semis de Torme. — 17. Frais d'extraction et d'habiUage. — 18. Calcul des prix de revient. — 19. Repiquage. Détails pratiques. — 20. Repiquage. Tableau n*» 6. — 21. Bouturage en pépinière. — 22. Produits du bouturage. Entretien. — 23. Dépense du bouturage. — 24. Etablissement des pépinières volantes en montagne. Dépense. — 25. Application aux diverses régions. — 26, Pépinières sous bois. — 27. Tempérament des jeunes plants des principales essences forestières. Tableau no7.— 28. Outillage des pépinières. La bêche, la houlette, la pelle, la truelle.
— 29. La fourche, les houes, les pioches. — 30. Ratissoires, râteaux, rabots.
— 31. Bordeaux, plantoirs, sarcloirs, serpettes, sécateurs, serpes. — 32. Brouettes, civières, paniers. Arrosage. — 33. Autres instruments, soins à donner aux outils. — 34, Comptabilité des pépinières. — 35. Frais de premier établissement. «— 36. Frais généraux d'entretien. Déchets et pertes. — 37. Prix de revient total. — 38. Bénéûce industriel. — 39. Prix courants des pépiniéristes.
i . Objet de ce chapitre. — Nous examinerons successivement dans le présent chapitre :
i» Uélevage des résineux dans les pépinières centrales placées dans des conditions de climat différentes des conditions normales propres à cbaque essence.
2« Même étude pour les essences feuillues. Détails relatifs aux repiquages, au point de vue de l'exécution et de la dépense.
3» Bouturages en pépinière.
4» Détails relatifs aux pépinières volantes en montagne (i). 5« Tempérament du jeune plant des principales essences forestières.
G» Instruments divers en usage dans les pépinières.
7» Comptabilité des pépinières.
2. Culture dks résineux. Abris. — Lorsqu'on aura à redouter l'elîet des vents et du soleil dans une pépinière de résineux, on devra avoir recours à certaines précautions, en vue de faciliter le succès des jeunes plants. Sans vouloir imposer les chiffres et les procédés détaillés d'exécution (îu'on va lire, nous pensons qu'ils constituent un renseignement très utile pour les pépiniéristes :
Diviser les carrés par des lignes espacées entre elles de 1 m. 80 ; planter le long de ces lignes des boutures de peupliers] ouîautres feuillus, ayant 1 m. de hauteur environ, et espacées de 40-59 cent. On formera ainsi une série de rideaux d'abri qui pourront être renouvelés tous les trois ans, les plants qui les composent étant employés au besoin comme hautes tiges dans^des travaux de repeuplement.
. De chaque côté des rideaux on réservera un sentier dej 30 cent, de largeur. La planche à semer conservera ainsi lm*20 de largeur.
Les rideaux d'abri seront établis avant l'exécution des semis, afin que ces derniers n'aient pas à souffrir des dégâts résultant de la plantation.
3. Semis, détails pratiques. — Du 15 mars au 30 avril, on sèmera les graines espacées par sillons distants de 12 cent., ce qui donnera 11 sillons par planche.
. Une fois le terrain cultivé et les planches préparées, la meil - Içure disposition à adopter est de composer le chantier par groupe de quatre ouvriers.
L'ouvrier n» 1 fixe au cordeau la ligne du premier sillon, en établissant ce cordeau à 30 cent, du rideau d'abri. Il trace à la binette un sillon de 1-2 centimètres de profondeur, ensuivant le cordeau. Môme opération pour le 2« sillon, placé à 12 centim. du premier, et ainsi de suite pour les autres. Afin d'assurer la régularité d'espacement des sillons, le surveillant des travaux remet au sillonneur deux baguettes droites ayant 30 centim. de largeur pour don-
1. Les détails pratiques fournis dans ce chapitre sont empruntés en partie au remarquable ouvrage couronné par Tadministration des forêts : Étude sur les travaux de reboisement, par M. Demontzej, Gonsen'ateur des forêts.
ner la largeur aux sentiers, et deux autres de 12 centim. pour les intervalles entre les sillons. On laisse une de ces baguettes à chaque extrémité et près du cordeau, ce qui dispense l'ouvrier de. les transporter à chaque changement.
L'ouvrier n» 2 (ordinairement une femme) suit le sillonneur, et répand la graine aussi uniformément que possible dans les sillons.
L'ouvrier n» 3 (une femme) rabat avec le dos d'un petit râteau la terre sur les graines, et étend sur la planche entière une couche de terreau qui ne doit pas excéder 1 centimètre.
L'ouvrier n» 4 apporte le terreau à pied d' œuvre.
En divisant ainsi le travail, l'opération marche avec rapidité, les quatre ouvriers faisant chacun leur besogne, sans fausse manœuvre possible.
4. DÉPENSE DU SEMIS. -~ Ou pout établir comme il suit le prix de revient à Vare, en admettant que dans sa journée un homme puisse sillonner 125 mètres carrés de terrain préparé, soit 1146 mètres courants de rigoles.
Ouvrier n» 1. ^ de journée à 2 fr. » c. Tune . . 1 fr. 60 c.
— 2. î?ô — 1 25 l'une . . 1 »
— ^'To - 1 25 l'une . • 1 » } g (r, ^, c.
— 4. fy — 2 » l'une. . 80 Valeur du terreau, 1/2 mètre cube à 10 fr. 30 c. l'un . 5 15
(chap. VI, S 24).
5. CoirVTERTURE ET PROTECTION DU SEMIS. — AUSSitÔt qUC ICS JCU-
nés plants sont levés, on les couvre avec de la mousse fraîche (chap. VI, § 44), ce qui permet d'économiser les frai? de binapos, sarclages, et de garantir lesplants contre les fortes pluies et grêles d'orage, et surtout contre la sécheresse.
La dépense à Vare peut être évaluée comme il suit :
Achat de 100 kilog de mousse 2 fr. » j » /. ^a
1.2 journée de femme à 1 fr. 25 l'une, pour emploi. 1 50 | r. ,> c.
6. Sarclages. — Si les semis ont été garnis de mousse, le sarclage sera facUe et peu dispendieux (chap. VI, § 51) ; il n'aura pas besoin d'être répété plus d'une fois dans l'été. Or une femme dans sa journée nettoie facilement un are et demi de terrain en moyenne. Ladépensepour un are, répéléc deux foL^, revient donc à I;*; X 2 - 1 fr. m c.
Les trois mesures peuvent être remplacées par une seule portant des encoches représentant l'écartement des lignes et la largeur du sentier.
12. Sarclages. — On enlèvera à la main ou avec un petit Farcloir les herbes (lui gêneraient le développement des plants. Cette opération doit s'opérer avant que les herbes aient fructifié, et autant que possible au lendemain d'une pluie. Si le terrain était trop sec, on perdrait le bénéfice de Tarrachage à la main; l'herbe se casserait et sa racine restée en terre donnerait bientôt do nouvelle herbes.
Le sarclage fait par une femme, coûte en moyenne 1 franc par are.
13. Binages. — Le binage est généralement exécuté par des hommes, à la suite des irrigations opérées dans les carrés ou de grandes pluies d'orage. On rend ainsi au sol superficiel Tameublissement convenable. Un ouvrier peut biner 2 ares par jour, ce qui donne une dépense de 1 franc par are.
14. Irrigations. ~ Dans chaque sentier séparatif des planches, on ouvre une rigole aboutissant à une rigole principale établie sur le chemin qui borde le carré. Un léger filet d'eau est dirigé dans chaque rigole et y est maintenu le nombre d'heures suffisant pour l'imbibition du sol et le retour ascendant de l'humidité à la surface. Cet arrosement entre deux terres empêche la surface du sol de se serrer, de se croûtonner ; enfin les racines se trouvent rafraîchies là où il convient, ce qui empêche la formation des longs pivots.
Les irrigations, indispensables dans les climats secs, sont aussi avantageuses que les simples arrosages sont dangereux. Ces derniers ne donnent pas la fraîcheur convenable; ils tassent la terre, provoquent son croûtonnement et coûtent très cher. On n'y a recours que dans des cas spéciaux (§16).
11 est difficile d'indiquer le prix des irrigations en pépinière. Ce prix peut varier par are de fr. 50 cent, à deux francs. Tout dépend des ressources locales et du relief du terrain.
15. Semis du chêne rouvre. — Nous donnons ci-après quelques détails sur le semis du chêne rouvre. Avec un espacement de 20 centim. il y aura sept sillons par planche. Les glands sont semés à 4 centim. environ de profondeur (chap. VI, §36), de manière à se toucher. On emploie ainsi un hectolitre et demi à l'are.
La dépense du semis* et de l'entretien peut-être évaluée comme il suit, à Tare :
Labour et fumure (§9) 7 fr. 40 c.
1 journée de sillonneur à 2 fr. Tune • • - j ... 2
1 — semeuse à 1 fr. 25 l'une. . . » (§ II). 1 25
1 hectolitre et demi de glands à 8 fr. l'un .... 12 » ^ 26 fr. 15 c.
1 sarclage (g 12) 1
2 binages à 1 fr. l'un (§13) 2
Irrifiration (§14) 50
Dans un semis fail dans ces conditions et d'une réussite convenable, on peut trouver 10.000 plants d'un an qui reviennent ainsi à 2 fr. 61 c. le mille sur pied , et à 3 fr. , après l'arracha ge qui coûte 4 fr. par are, soit deux journées d'homme.
46.PRODTTTION DES CHÊNES DE 3 ANS. — Eu employant la bêche coupe-pivot (chap. VI,§ 55), on peut élever sur place, sans repiquage, des chênes de 3 ans, en ayant soin de recéper le pivot au bout de la première année. Le chevelu abondant qui se produit permet une reprise facile des jeunes plants, deux ans après cette opération.
La dépense peut s'évaluer comme 11 suit, à Tare.
Plants d'un an (§ 15) 26 fr. 15 c. ]
Emploi du coupe-pivot : 0.8 de journée à 2 f r . 1 50 ( oo f
Sarclages et binages pendant 2 ans 4 50 (
Arrosage de la 2* année 1 » I
Le prix de revient du mille de plants de trois ans prêts à être arrachés est de 3 fr. 32 c.
16 bis. Semis de l'orme. -- Le semis de l'orme en pépinière présente quelques détails particuliers bons à noter. Mûre en mai, la semence doit être semée aussitôi; après la récolte. On répand la semence sur le sol de la planche (chap. VL§ 36 ) de manière à la cacher aux yeux. Puis on la recouvre avec une couche de 1-2 cent, de terreau très fin passé à la daie. Puis on arrose à l'arrosoir à pomme, matin et soir. £n 12^15 jours, le semis est levé ; on l'arrose encore, mais plus rarement. On pratique l'ûjrigation quand la taille des jeunes plants le permet.
Seize kilogrammes de graines à l'are produiront un minimum de 20.000 plants. La dépense sera la suivante.
122 DÂTAILB PRATIQUBB SUR LK8 péPOnàBES
• Labour et fumure (§9) 7 tr. 40 c.
2 journées de semeuses à 1 fr. 25 Tune. . . 2 50
16 kilos de graines à fr. 25 Tun 4 s
Terreau, 0^. c. 800 à 10 fr. le m. c 8 »
Transport du terreau à la brouette 1 » l «vr r ^a
Arrosage a 1 arrosoir à fr. 50 par jour, pendant 20 jours 10
1 sarclage (§12) 1
2 binages (§ 13) à 1 fr. l'un 2
Irrigation 1 50
Le prix de revient du mille de plants d'un an, bons à être repiqués, vaut donc, avant l'arrachage, 1 fr. 87 c.
17. Frais d'kxtraction et d'habillage. — Pour les autres essences feuillues, il y a lieu de suivre une marche analogue. L'extraction faite comme nous l'avons dit (chap. VI, §§ 54 et 62), suivie de l'habillage (chap.VI, §63 ), est faite par un homme et une femme.
L'homme procède à l'extraction. La femme habille les plants, les compte et les met en jauge provisoire, en les séparant par groupes de centaines ou de milliers.
En une journée, ce petit chantier peut exploiter 0,8 d!are. La journée du chantier coûtant 3: ît. 25 c, la dépense pour' l'are est de 4 fr. 06 c.
18. Calcul des prix de revient. — On peut, au moyen des renseignements qui précèdent, dresser pour chaque essence le détail des dépenses nécessaires pour mille plants d'un an arrachés et prêts à être employés.
En se reportant au chap. VI, § 39, on obtient Tindication des quantités de semence à employer à l'axe.
La dépense à l'are comprendra : i*» la valeur des graines ; 2» les frais de culture et fumure (VI, §§ 21 et 24) ; S» l'exécution du semis (VII, §g 15, 16,21) ; 4» la valeur du terreau (VII, § 24) ; 5» l'arrosage, s'il y a Ueu (VI, § 47 ; VH, §§ 14 et 16) ; 6° rirrigation (VI, § 48 ; VII, §14); 7o le sarclage (VI,§ 51 ; VII, § 12); 8<^lebinage (VI, § 50; VIl^ §j 13.
La quantité moyenBo des plants à obtenir à l'are étant comme, on en déduira le prix de revient du mille depla&ts>d'un ansurpied. Et ^n tenant compte de Tcffraidia^ (VU, § i^), on; aura leprixân mille de planta prêts à être employés.
Cette quantité moyenne est la suivante: ehône, bouleau, aune, 10.000; orme, 20.000; frêne, érable, cytise, noisetifir, 15.000; tilleul 6.000; sorbier, alisier, 5.000.
II y a lieu de noter que, le frên» et le tilleul ne levant qae la deuxième année, exigent des sarclages répétés.
DBTAILS PRATIQUES SUR LES PEPINIBRBS 123
19. Repiquage. DÉTAILS PRATIQUES. — Nous nous sommes expliqué sur rutUité du repiquage, sur sa durée, sur Tespacement à donner aux plants (chap. VI, §§ 60 et 61). Etant admis que le terrain a été bien préparé à l'avance, voici comment on peut opérer le repiquage.
Le chantier comprend deux hommes et deux femmes , les hommes ouvrent et comblent les rigoles;les femmes mettent les plants en place.
Pour cela, les deux hommes placent leur cordeau sur la première ligne et ouvrent la première rigole en étendant le déblai en dehors du carré. Us tracent e/isuite la seconde ligne au cordeau, en mesurant l'espacement convenu au moyen d'une mesure en bois.
Les femmes commencent alors à poser les plants dans la première rigole, en les appuyant contre le déblai de ladite rigole et les espaçant au moyen de la mesure convenue qu'elles portent à la main. L'une des femnes porte et pose les plants, l'autre marque la place do chacun d'eux.
Pendant ce temps, les piocheurs entament la seconde rigole et en versait le déblai dans la première qui se trouve ainsi remplie et plantée à mesure que s'ouvre la deuxième. — Et ainsi de suite.
Les femmes emploient le temps resté disponible à redresser les plants que le remplissage de la rigole a pu déranger ou à les recéper au sécateur. Elles ont en efiet terminé la pose des plants avant que les hommes aient fini le remplissage de chaque ligne.
Ainsi composé, si ce chantier peut repiquer par exemple 10.000 plants par jour, la dépenee sera de (2 + 1. 25)X^ == 6 fr.50 c.
n est dès lors facile d'établir la dépense du repiquage par are, par mètre courant,. par milie de plants, suivant lécartement des lignes et l'espacement des plants dans chaque ligne. On peut de même calculer le nombre de plants pouvant être repiqués sur une surface donnée.
Le tableau n<» 6 donne à ce sujet tous les renseignements nécessaires pour dresser à volonté des tables numériques de l'espèce.
21. Bouturage en psejoiière. — Les saules et parfbiis les peupliers sont élevés avec avantage en pépinière, surtout quand il s'agit d'eef èoea indigènes étrangères à la locaUté, ou d'espèces exotiques. Quelques détails pratiques sur ce sujet seront utiles.
L'espacement et l'écartement étant fixés à 50 cent., on peut opérer de la manière suivante:
Le chantier comprend un homme et deux femmes. L'homme détermine au cordeau la première ligne à planter, et fait de 50 en 50 cent, des trous avee un plantoir en fer muni d'un anneau qui marque exactement une profonéeiir de 40 centimètres.
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sa
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OBSERVATIONS
Soit a, l'écartement (colonne 1).
— b, l'espacement { — 2).
— n, le nombre des plants à
l'are (colonne 3).
— 2, la longueur des rigoles à
l'are (colonne 4).
— 2)*, le prix du rigolage à l'are.
— p*, le prix du mille de plants
rigoles.
— p^, le prix de cent mètres de
rigoles plantées.
Ces divers éléments sont liés entre eux par les formules suivantes:
= ïITx"
Etant donnés aet&, les deux premières formules permettent de calculer n et Z (coi. 3 et ^. De même, étant donné un des trois prix, p*, P*î P^i on peut en déduire les deux autres .
La première femme coupe des boutures à la longueur de 45 cent, et les taille en biseau à chaque extrémité. Elle est munie à cet effet d'une mesure en bois.
La deuxième femme place les boutures dans les trous ouverts et presse fortement la terre avec un piquet en bois. Les boutures émergent de 5 cent.
Quand une ligne est terminée, le cordeau est porté à 50 cent, de distance, et ainsi de suite.
La saison la plus favorable pour le bouturage est le printemps; certaines espèces réussissent en automne.