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134 détails pratiques st7r les pepinieres
28. Outillage des pépinières. La bêche, la houlette, la pelle, LA truelle. — Nous donnons ci-après une description succincte des principaux instruments employés dans les pépinières.
1° — La bêche, nommée aussi louchet, estime pelle en fer forgé, de forme trapézoïdale, légèrement courbe dans le sens transversal, un peu plus épaisse en haut qu'en bas.EUe porte un manche en bois droit, et peut être munie au bas du manche d'un étrier en bois ou en métal pour poser le pied et faire levier ; en haut, d'un double étrier transversal pour faire levier également et employer plus facilement la force du poignet. La bêche est employée dans les défoncements, bêchages, labours ; elle doit être mince, légère, très tranchante, et très solide.
2« — La houlette est une petite bêche dont le fer n'a guère que la longueur et la largeur de la main. Cet instrument, léger et commode à manier, sert à sarcler les planches, remuer les couches superficielles du terrain, couper et extirper les mauvaises herbes.
3^ — La pelle sert à faire les déblais, les chargements, les transports de terre. Les pelles sont en bois, ou en fer, ou en bois bordé de fer ; elles ont une surface plus grande que les bêches, et sont légèrement concaves dans leur longueur.
4° — La truelle est im petit instrument, de formes très diverses, à manche très court. Ses usages sont très variés et connus de tout le monde.
29. La fourche, les houes, les pioches. — 5« — La fourche en fer ordinaire est un instrument à dents longues et espacées. Elle sert à remuer les fumiers, à faire ou défaire les couches de terreau, etc.
6« — La houe ou pioche ordinaire à fer carré est une bêche dont la partie inférieure est courbée et forme un angle aigu avec le manche ; sert à défoncer le sol.
7°— La pioche piémontaise est une houe ayant la forme d'un triangle allongé dont la pointe entame le sol ; elle convient dans les terres argileuses qui se durcissent beaucoup au soleil.
8° — Le boyau est une pioche à fer étroit et long, caiTé au bout.
9o — Le pic est une pioche à fer long, épais et pointu.
10° — La binette correspond à la houlette. C'est une pioche de petite dimension, servant aux binages.
11°— Lahouetteou serfouette. Petit instrument à deux cotés, dont l'un est en forme de fourche à deux dents ou de pic, et dont l'autre forme houe. On en fait à manche court (30-40 cent.) qu'on emploie à genoux.
30. Ratissoires, RATEAUX, rabots. — 12® — La ratissoireà pous* ser ou ratlssoire-bêche est une houlette dont le fer est plus large que long (25-30 cent, sur 8-9), et forme un angle très obtus avec le manche. Instrument très léger servant à purger les allées des mauvaises herbes.
130 — La ratissoire à tirer ouratissoire-piocheestune ratissoire dont la bêche est recourbée, de manière à fonctionnel: comme la pioche, en grattant légèrement la surface du sol.
14» -^ Les râteaux sont en fer, ou en bois à dents de fer, ou en bois à dents de bois; usages très variés : binages, recouvrement des graines, sarclages, ratissage des allées.
150 — Les rabots sont des râteaux massifs en fer, ou en bois, ou bien affectant la forme d'ime planche plate (batte) im peu épaisse servant à tasser ou à unir la terre.
31. Cordeaux, plantoirs, sarcloirs, serpettes, sécateurs SERPES. — 16°— Le cordeau est ime ficelle forte de chanvre enroulée sur im piquet et servant à tracer les plates-bandes, allées, sentiers9 rigoles.
170 — Le plantoir, le plus simple des instruments, est aussi le plus utile. C'est un morceau de bois de 25-30 cent, de longueur, sur 3-4 de diamètre, effîlé en pointe, ferré au besoin pour le rendre plus durable. Son emploi est plus commode lorsque le bout opposé à la pointe, au lieu d'être droit, a la forme d'une crosse sur laquelle la main de l'ouvrier peut s'appuyer.
i8<> — Le sarcloir est un instrument à manche court en bois dont le fer présente la forme d'un fer de lance aiguisé. Il sert à déraciner les mauvaises herbes que la main ne peut arracher. On l'emploie aussi pour déraciner le plant destiné à être repiqué.
iQo — Les serpettes, les sécateurs, les serpes, sont des instruments tranchants de formes et forces diverses destinés à tailleries tiges et les racines, à recéper, à faucher les mauvaises herbes, etc., etc.
32. Brouettes, civières, paniers, arrosage.— 20» — Les brouettes sont à coffre plein ou à jour. — Les civières sont pleines, à coffre ou à claies. — Il est nécessaire d'avoir des hottes, paniers, corbeilles, bourriches de formes et de dimensions variées.
L'arrosage comporte un outillage très varié : auges, tonneaux défoncés, tuyaux en terre cuite, en fer-blanc, en plomb (les meilleurs) ; arrosoirs, seringues de jardin, etc., etc.
33. Autres instruments. Soins a donner aux outils. — Nous rappellerons ici pour mémoire la bêche coupe-pivot (chap. VI, § 55),
les semeuses (chap. VI, §§ 33 à 35 ), repiqiieuses (chap VI, § 66).
Alix chapitres suivants, nous aurons Toccasion de citer d'autres Instruments employés dans les travaux de semis et plantation, et gui trouveront parfois leur place utile dans les pépinières bien outillées.
On voit que l'outillage d'une pépinière comporte un matériel nombreux et assez coûteux dont on devra prendre soin. Une petite cabane à outils, un hangar bien abrité permettront de conserver longtemps ce matériel trop souvent négligé ; il convient d'avoir aussi un local convenable pour conserver les graines ou les plants jusqu'au moment de leur mise en terre.
34. CoMPTABiLTTÉ DES PEPINIERES. — Le propriétaire qui veut se rendre compte du prix de revient complet des différentes catégories de plants qu'il élève en pépinière doit tenir une comptabilité régulière et complète. Nous avons indiqué dans le présent chapitre le prix de revient partiel afférent à divers produits (§§ 9, 15, 16, 17, 18, 21, 23, ) ; mais n y a lieu en plus de tenir compte des frais de premier établissement et des frais généraux d'entretien, et de répaxtir ces frais d'une manière rationnelle entre les produits annuels de la pépinière; le prix de revient partiel se trouve ainsi augmenté d'une manière plus ou moins notable, suivant l'importance desdits frais. Il y a lieu aussi de tenir compte des échecs inévitables dans une ciùture de cette nature, échecs qui peuvent tenir à la qualité des semences, aux influences météoriques, (pluies, gelées, froids,) ravages des animaux, etc^, etc. Ajoutons enfin que si le pépiniériste veut vendre ses plants, il doit ajouter à la valeur de ceux-ci le bénéfice industriel auquel il a légitimement droit.
En résumé, le prix de revient total peut s'établir ainsi:
1° Prix de revient partiel, calculé comme nous l'avons indiqué.
2<» Part des frais de premier établissement. .
3« Part des frais généraux d'entretien.
4o Déchets et pertes. — Aléa résultant du défaut de vente en temps convenable.
5° Bénéfice industriel.
85. Frais de premier établissement. -— Ces frais comprennent: 1° L'intérêt de la valeur du terrain : si la pépinière a un hectare d'une valeur de 2.000 fr., et si le taux de placement des terrains similaires de la région est de 4 p. 100, l'intérêt annuel sera de 80 fr.; 2o l'intérêt et l'amortissement à raison de 10 p. 100 des frais du premier labour, clôtures, tracé des allées, etc., enfin de tous lies travaux qui ont pour objet la mise en valeur de l'ensemble de
la pépinière, et qui profitent à toutes ses parties ; 3o l'intérêt et Tamortissement du prix d'achat du matériel nécessaire.
36. Frais généraux d'entretien. Déchets et pertes. — Chaque année, il sera nécessaire de procéder à des travaiix d'entretien, tels que réparation des clôtures, grattage des allées, entretien du drainage, renouvellement et réparation du matériel. L'intérêt et l'amortissement des frais qui en résulteront constituent les firais généraux d'entretien qu'il y a lieu de porier chaque année au compte des dépenses de la pépinière.
Les dépenses qui deviennent Improductives grèvent les frais de production des divers produits de la pépinière. L'intérêt etl'amortissement du capital correspondant doivent s'ajouter aux frais généraux
37. Prix de revient total. — Supposons que dans ime pépinière donnée, les prix de revient partiels des diverses catégories de produits soient, à une certaine époque, représentés par les valeurs :
Si, pour l'année choisie, les frais de premier établissement sont représentés par P ; les frais généraux d'entretien par Q ; les déchets par R ; P, Q, R étant les intérêts et l'amortissement des dépenses faites. — - On aura, pour le prix de revient total de chaque catégorie :
aX,bX,cX,dX,eX,fX,
En posant X = v + b!Vt^ J"+e4-i
C'est-à-dire que l'ensemble des frais généraux sera réparti d'une manière proportionnelle aux prix de revient partiels.
38. Bénéfice industriel. Si le pépiniériste veut vendre ses plants en réalisant un bénéfice de m pour cent, les prix de vente devront être les suivants :
ax(l+56> ^x(l + ,^)
Généralement les firais d'emballage et de transport sont à la charge du destinataire, aux risques et périls duquel les plants sont expédiés. Les marchands déclinent toute responsabilité pour les avaries qu'ils pourraient subir pendant leur voyage, soit par suite de la gelée, soit par suite du retard apporté par les Compagnies de chemins de fer ou autres services de transport. Enfin les plants 8ont vendus sans garantie de reprise.
138 LES SEMIS FORESTIERS EN GENERMi
39. Prix courants des pépiniéristes. — Les grands pépiniéristes établissent tous les ans, avant l'automne, un catalogue général des végétaux disponibles dans leurs pépinières. Il est dès lors facile de se rendre compte des frais d'acq[uisition des diverses catégories de plants qu'on désire réaliser.
L'examen de ces catalogues permet de constater l'intérêt que les propriétaires forestiers ont à produire eux-mêmes leurs plants, si on considère les prix nécessairement élevés de ces plants vendus sans garantie, non emballés, ayant à subir des délais de transport assez longs.