‹ Essai sur les repeuplements artificiels et la restauration des vides & clair�eres des for�etsChapitre 74 sur 150 · COTE DU CARRE · texte numérisé non relu

COTE DU CARRE

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Les nombres des colonnes

indiquent la surface cultivée, en

mètres carrés, par hectare.

49. Les bandes relevées ou banquettes. — Il peut arriver que le sol présente ime faible épaisseur de terre végétale ou (ju'il soit très humide ou marécageux. Dans ces deux cas, il y alieu de faire écouler rhumidité surabondante, ou de surélever le sol par un procédé artificiel, de manière à augmenter Tépaisseur de la couche végétale.

Nous nous occuperons d'abord d'im sol de faible épaisseur, 25 centimètres, par exemple, et nous supposons qu'il soit nécessaire de porter cette épaisseur a 30 centimètres. Voici comment on peut opérer dans le cas particulier suivant, destiné à faire mieux saisir le mécanisme de Topération.

Un terrain de 5 mètres de largeur sera divisé en 5 bandes d'un mètre de largeur chacune. La bande du mUieu servira pour les fouilles destinées à donner la terre nécessaire pour surélever le sol. Les deux bandes extrêmes recevront les produits de ces fouilles, de telle sorte que«sur une largeur de 5 mètres, 2 mètres seront cultivés.

La quantité de terre à fouiller pour une surélévation de 5 centimètres sera obtenue en fouUlant à 10 cent, de profondeur la bande du milieu.

Si on suppose une zone voisine de 5 mètres de largeur également, et qu'on y opère de la même manière, on obtiendra des bandes cultivées de 2 mètres de largeur séparées par des bandes incultes de 3 mètres ; au milieu de ces dernières bandes se trouveront des excavations de 1 mètre de largeur sur 10 cent, de profondeur.

On peut imaginer teUe autre disposition des bandes cultivées et des bandes fouillées qu'on voudra, en se conformant pour les cbiffres à adopter aux conditions spéciales du terrain et au but de l'opération.

50. Piochage superficiel du sol. — 11 sera bon, avant de recouvrir le sol naturel d'une coucbe supplémentaire, de procéder à un léger piochage de 10-20 cent, de profondeur, suivant l'état superficiel, durci, gazonné, du terrain. Cette précaution est d'autant plus utile que l'épaisseur de la terre ajoutée sera moindre, et que le sol ainsi recouvert sera moins favorable au repeuplement; elle sera indispensable quand la coucbe supplémentaire aura moins de 10 centimètres ; elle sera inutile quand cette coucbe dépassera 20 centimètres; nous donnons ces cbiffires, qui n'ont rien d'absolu, en faisant remarquer qu'il faudra avant tout se rendre compte de la nature du terrain sur lequel on opérera.

51. Avantages des banquettes. — Les banquettes présentent deux avantages: elles augmentent la profondeur du sol ; elles assurent à ce sol un ameublissement complet.

Dans les sols trop superficiels, on ne peut espérer, pour beau- ,coup d'essences, une bonne végétation. Si le sous-sol est dur, difficile à briser, par suite de sa composition, les labours ou piochages profonds ne suffisent plus pour augmenter la zone nécessaire pour la pénétration des racines. On voit toujours une chétive végétation chez les arbres dont les racines sont recouvertes d'une couche de terre de faible épaisseur; on remarque au contraire la prospérité de la végétation assise sur un sol profond.

L'ameublissement obtenu favorise la levée du semis. L'enracinement est facile, profond, dès le début. Une fraîcheur constante, activée par l'aération donnée aux racines, permet à celles-ci de se développer avec vigueur et de donner naissance à des tiges élancées et nombreuses.

, Ajoutons un troisième avantage dans le cas d'un sol trop hiunide.

Les graines, et plus tard les jeunes plants, placés au-dessus des eaux stagnantes, ne risquent pas de pourrir avant de lever ou de se développer.

Pour les dépenses et les avantages économiques des banquettes, voir plus loin, chap. IX, § 18.

52. L'Assainissement. — L'assainissement a pour objet de faire disparaître Teau qui est surabondante sur un terrain donné. Cette surabondance peut être due à plusieurs causes : 1» débordement d'un cours d'eau; 2» sources apparentes ou souterraines; S'» imperméabilité du sous-sol arrêtant lee eaux pluvlables et les neiges.

Tout travail Judicieux d'assainissement suppose l'étude préalable du relief du terrain. Il y a donc lieu de procéder à un nivellement plus ou moins minutieux, et de rechercher le thalweg, c'est-à-dire le chemin que doivent parcourir les eaux d'après la pente naturelle du sol; quelques coups de niveau permettent de se rendre compte des inflexions diverses du terrain et de tracer les lignes suivant lesquelles on devra diriger la marche des eaux.

53. DÉBORDEBiENT DES COURS b'eau. — S'il s'aglt d'uu COUTS d'oau important, les travaux à exécuter pour combattre ses débordements consistent dans le creusement de son lit, l'endiguement de ses rives; ils nécessitent des ouvrages considérables dans le détail desquels nous n'avons pas à entrer, car leur exécution exige le concours d'hommes spéciaux.

S'il s'agit d'i^ simple ruisseau, le cas est plus simple. Ce ruisseau peut emplir ou exhausser son lit par suite de l'abondance des matières qu'il charrie; il peut obstruer ce lit sur quelques points seulement; il peut enfin se gonfler outre mesure à certaines époques de Tannée. Dans ces diverses circonstances, il convient de redresser le cours de l'eau, si ce cours forme des sinuosités trop nombreuses, en ouvrant un fossé suffisamment profond. On fait arriver dans ce fossé principal d'autres fossés secondaires établis sur le terrain inondé. Enfin, s'il en est besoin, on creuse des saignées ou rigoles plus petites encore, aboutissant dans les fossés secondaires. Un curage répété du ruisseau est riécessaire pour atténuer les efiets des crues.

54. Sources apparentes ou souterraines. •— Dans le cas de sources apparentes ou souterraines, on ouvre, dans le sens du thalweg, un fossé qui se rapprochera le plus possible de la partie la plus humide du terrain à assainir. En observant, sur les parois de ce fossé, les points d'où les eaux suintent avec le plus d'abondance, on ouvre sur ces points des fossés secondaires qui se ramifient encore au moyen de saignées plus petites.

Si la source d'humidité prend naissance en dehors du terrain

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considéré^ oÀ peut tenter d'en diriger les eaux en dehors de ce terrain au moyen de fossés établis à cet effet. Si l'effet produit est incomplet, on le complète en ouvrant dans l'intérieur dudit terrain q[uelques fossés de dimensions diverses.

55. iMPERMÉÀBiLirÉ DU sous-soL. — Quaud le sous-sol est imperméable, les eaux de pluie et dé neige peuvent être facilement évacuées au moyen d'un réseau de fossés de diverses catégories, établi suivant les inflexions du sol, quand surtout le terrain à assainir a un relilBf tel que les eaux peuvent être emportées au delà de ses limitids.

Dans le cas contraire, lorsque la pente convenable manque, on peut avoir recours aux bétoires ou puits-perdus artificiels, si la coutAé imperméable n'est pas trop épaisse.

Dans tous les cas qui précèdent (%% 51 à 54)^ on ne doit pas se presser de repeupler les terrains assainis. Un intervalle de quelques mois, d'un an même, est utile entre Fassainissement et le repeuplement.

56. Données numériques d'un réseau d'assainissement. — Nous donnons ci-après quelques renseignements numériques sur l'établissement d'im réseau d'assainissement.

Les fossés principaux collecteurs recevront 2 m. d'ouverture en gueule, 1 m. 20 de profondeur, et m. 24 de plafond ou largeur au fond; les fossés secondaires auront 1 m. 50 d'ouverture, avec m. 90 et 0. 18 pour les deux autres dimensions ; ou bien 1 m., m. 60; m. 12.

Le réseau d'assainissement doit être complété par des rigoles ou saignées ayant 40 centimètres sur les trois dimensions, de telle sorte que les talus soient droits ^ alors qu'ils sont inclinés dans les fosséi principaux et secondaires.

Le rayon d'assainissement d'un fossé ou d'une saignée varie avec la nature du sol. On peut admettre, en moyenne, que, pour 3 centimètres de profondeur, on assainit 1 mètre de largeur horizontale. Ainsi un fossé deO m. 60 de profondeur produira son effei

de chaque côté, à ^ , soit 20 mètres de distance. Dans ces conditions, les eaux s'écouleront, mais plus ou moins vite, suivant la compacité du sol.

11 y a généralement intérêt à multiplier les fossés où saignées, sauf à en réduire les dimensions. L'écoulement ou l'égouttement des eaux de pluie, à travers le sol, au moment des grands dégels et des grandes pluies, se fait beaucoup plus promptement; la dépense est moindre; enfin les curages sont plus faciles et moins

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coûteux, et il est nécessaire de procéder souvent à ces travaux d'entretien, sous peine d'annuler Teffet des conduits d'assainisse" ment.

Or il est essentiel, dans les terrains nouvellement semés» de faire dispaxaitrô le plus rapidement possible les eaux 8urabondantes« sous peine de compromettre le succès des semis»

57. De l'Irriga'tion. — Dans un sol très sec, il peut y avoir intérêt à faire une irrigatioui si la disposition topographique du sol le permet, et si Teau est à proximité. Le tracé des fossés d'irriga* tion est commandé par le relief du sol, mais les pentes de ces fossés doivent être faibles, de telle manière que Feau y coule doucement et puisse s'inûltrer à travers le sol.

Nous avons signalé au chap. I, § 18, les grands avantages que présentent le« fossés d'irrigation, au point de vue de la croissance du bois.

58. Epoque de préparation nu terrain. — La préparation du terrain par les divers procédés qui viennent d'être indiqués peut se faire en toute saison, sauf pendant les fortes gelées. £n principe général, il convient de mettre im intervalle de quelques mois entre la préparation du sol et le semis. Si la terre est légère, eile a le temps de se raffermir avant de recevoir la graine. Si elle est compacte, les gelées l'attaquent et la soulèvent en tous sens, la rendent plus meuble, et par suite plus favorable au développement du semis.

Les écobuages doivent nécessairement précéder le semis de plusieurs mois, autrement le sol serait trop chaud. Quemd on veut utiliser l'abri fourni par la végétation superficielle, on doit attendre que celle-ci ait repris possession du sol ; deux ou trois années doivent alors s'écouler entre l'écobuage et le semis sur la bruyère courte. Danâ le plateau central de la France, cet écobuage longuement préparé est très favorable aux semis à la volée «ans autre pré^ paration du terrain.

Ajoutons que, semant généralement au printemps (comme nous allons le voir, § 58), on peut utiliser l'été etl'automne qui précèdent, et même parfois quelques Jours d'hiver; on se procure plus aisément des ouvriers après 1^ moisson. La campagne de Réparation du sol étant ainsi très longue, les travaux, souvent considérables, se font en temps voulu et sont tout prêts quand arrive la . saison favorable au semis,

59. Saison la plus favorable au semis» -^ En prifidpe, la saison

laplusfavorable pour faire les semis artificiels est celle ûxée par la nature. Mais il est essentiel que toutes les circonstances qui accompagnent le semis ne contrarient pas le vœu de ladite nature.

Lorsque cet accord n'existe pas, il est nécessaire de changer Té- T)oque du semis, s'il doit résulter des effets utiles au succès de Topération. Un exemple éclaircira ce qui précède.

La nature fait tomber les faines en automne sous Tarbre qui les porte. [La feuille les recouvre, et au moment de la germination d'avril, l'arbre qui les a produites leur donne im abri contre la gelée.

Un semis artificiel fait, en automne, en terrain découvert, lève également en avril ; mais les jeunes plants périssent infailliblement, par l'efiét des dernières gelées du printemps, à cause de l'absence d'abri.

Dans ces conditions, on prévient les dangers de la gelée en semant seulement au printemps les graines des arbres dont les jeunes plants sont sensibles au froid ; ils ne lèvent alors qu'à Té* poque où la gelée n'est plus à redouter.

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