GONDmONS SPÉCIALES DES SEMIS ARTIFICIELS. — Il faut biCU
remarquer que les graines rencontrent dans un semis artificiel des conditions toutes différentes de celles que présente un semis naturel. Dans ce dernier cas, la semence répandue est abondante, et pourvu qu'une faible partie réussisse, le repeuplement complet est assuré ; le couvert, si précieux pour résister aux froids de Thiver, est donné par les feuilles, la mousse, l'abri des arbres.
Dans un semis artificiel, il faut compter avec la quantité de graine à employer; l'économie commande d'employer la moindre quantité possible. De plus, comme les semis se font d'ordinaire dans des terrains nus ou du moins fort peu couverts, les graîines sont exposées à geler et à se gâter dans l'intervalle de temps qui sépare la dissémination de la germination. Les sangliers, mulots, etc.... se jettent aussi sur ces graines pendant la mauvaise saison qui fournit peu de ressources pour l'alimentation; de là des ravages qui peuvent compromettre le succès du semis.
61 CoNnrrioNS spéciales des semis en montagne et dans les REGIONS méridionales. — Daus les hautes montagnes, les semis d'automne présentent un inconvénient majeur. Levant de trop bonne heure au printemps, les semis se trouvent exposés aux gelées printanières qui se font sentir parfois juqu'en juin, au moment de la phase la plus critique de leur existence.
Dans de tels climats, les transitions d'une saison à l'autre sont
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très brusques. Des grandes chaleurs de Tété on passe aux frimas de rhîver. les hauteurs deviennent inabordables, et le semis d'automne devient impossible. Par contre, les printemps dans ces régions sont de faible durée; il faut donc profiter du court intervalle qui sépare la fonte des neiges de la sécheresse et des chaleurs de Tété; et procéder rapidement au semis en aidant le travail de la germination.
6f . Imboersion dans l'eau. — Pour activer ce travail, nous avons déjà signalé le procédé d'immersion des graines dans l'eau (chap. VI, § 38).
Pour l'épicéa, les pins à crochets, sylvestre, noir et laricio, il suffit d'une immersion de 48 heures, vu le peu de dureté de l'enveloppe. Le pin cembro exige 15 Jours, et le mélèze 15-21 jours.
Ces délais peuvent être diminués en mélangeant l'eau avec du purin dosé au cinquième environ, ou en ajoutant à l'eau quelques gouttes d'acide chlorhydrique.
Cette immersion doit avoir lieu autant que possible sur le lieu môme où se fait le semis. Des barriques défoncées d'im côté sont employées à cet efiet. On a soin de remuer fréquemment les graines pour obliger celles qui surnagent à se tremper, et on ne les extrait qu'au moment où la pression de l'ongle permet de les ouvrir facilement. L'immersion est calculée de manière à assurer le service journalier des semis; autrement on aurait des graines trop trempées, et si on les retirait momentanément de l'eau, de telle manière qu'il s'écoulât un certain temps entre leur exposition à l'air libre et le semis, on s'exposerait à leur voir perdre l'humidité nécessaire au succès d'une rapide germination.
63. Conclusion. — Malgré les préférences signalées ci-dessus pour les semis de printemps, il importe de ne point se montrer exclusif. Quand on a de vastes étendues à ensemencer, on peut être obligé de diviser le travail et semer aux deux saisons. Il faut alors tenir compte des chances contraires et répandre la graine en conséquence, en variant la quantité.
Mous analysons ci-après diverses circonstances dans lesquelles il y a lieu de s'écarter de la règle dictée parla nature.
l"". Quand il s'agit de semences qui viennent de loin et qu'il y a intérêt à employer le plus tôt possible. 2^. Quand les semences sont un peu délicates et qu'il y a lieu de redouter les gelées pour les jeunes plants qui se montrent avant l'hiver. 3» Quand on craint les ravages des sangliers, mulots.4<' Quand le semis a lieu dans des terres qui se déchaussent dans les hivers rudes, parce que ces terres se
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gonflent par suite des gelées et mettent les graines à découvert. 5«. Quand on sème sur des terres fortes qpi forment une croûte dure, sous rinfluence d'un hiver humide et d'un printemps seo ; les jeunes tiges trouvent alors un obstacle pour sortir de terre, si on ne procède à un hersage pour briser la croûte superficielle. 60 Quand le climat fait prévoir des gelées tardives au printemps, etc., etc.
64. Quantité db grainbs a employés. — La quantité de graines à employer varie avec la fertilité du sol, sa pente, le climat local. Elle augmente avec les dangers q[ui menacent les jeunes plants dan? les premières années, sécheresses, gelées, ravages des animaux. Elle dépend enfin de la grosseur de la graine, du mode de culture donné au sol, de la qualité même de cette graine, de la saison du semis.
Le tableau suivant indique les chiffres à adopter, dans des conditions moyennes, pour le semis sur un hectare.