CHAPITRE IX
DétoilA pratiques mmr les senaUi feresilem.
1. Objet et division de ce chapitre. —2. Labour à la charrue. Dépense.— 3. Semis à l'araire sur les sols préparés en plein. — 4. Semis à la charrue forestière. — 5. Semis à l'araire sur les sols non préparés. — 6. Semis par bandes préparées à la charrue. — 7. Confection des bandes à la pioche.
— 8. Défoncement et talutage des bandes. — 9. Confection des trous à la pioche. ~ 10. Talutage des trous. — 11. Rigoles en climat sec. — 12. Protection contre le ravinement. — 13. Dépense de semis, par bandes continues, à la pioche. — 14/ Dépenses de semis par fossettes, à la pioche
— 15. Dépense comparée dans les deux systèmes. — 16. Semis à la binette.
— 17. Semis au râteau. Dépense. — 18. Dépense des banquettes. — 19. Devis d'un semis sur banquettes, avec fossés d'assainissement. — 20. Repiquements au plantoir à nervures. —21. Plantoir-massue. —22. Des-
oription d'un repiquement de glands à la pioche. — 23. Dépense de ce repiquement. — 24. Tableau u9 17. — 25. Semis de résineux à la pioche.
— 26. Semis dans les gazons courts. — 27. Sainfoin en mélange. — 28. Organisation d'un chantier. — 29. Disposition des ouvriers. — 30. Mouvement descendant de s ouvriers. — 31. Dépense. —32. Quantité de graines à employer. — 33. Semis à la hache-près. — 34. Les semoirs Prouvé. — 35. Le semoir simple. — 36. Avantages de cet instrument. — 37. Le semoir à menues graines. — 38. Emploi et avantages de cet instrument. — 39. Dépense comparée de repiquements de glands. — 40. Dépense comparée d'un semis résineux. — 41. Emplois divers des deux semoirs. — 42. Utilité de l'enherbejment. — 43. Avantages du sainfoin. — 44. Semis mélangés. — 45. Enherbement d'un terrain nu. La fénasse et la bauche.
— 46. Semis de fourragères par potets. — 47. Devis de la dépense. — 48. Semis à la volée. — 49. Devis de la dépense. — 50. Enherbement dans les terrains à surface instable. — 5L Semis par sillons horizontaux. — 52. Devis de la dépense. — 53. Epoque des semis.
L Objet et division de chapitre. — Le présent chapitre a pour objet de compléter le précédent par cpielques détails pratiques sur les semis forestiers et sur les dépenses qu'ils exigent.
Ces détails seront donnés dans Tordre suivant:
V. — Semis sur les terrains labourés en plein ou non préparés.
2K — Confection des bandes continues.
3^. — Confection des bandes discontinues, potets, trous.
4®. — Semis à la binette et au râteau.
5®. — Banquettes surélevées.
6°. — Repiquements.
7®. — Enherbements d'abri.
2. Laboura la charrue. Dépense.— Nous avons indiqué précédemment (chap. VIII, § 11) la manière de procéder dans un labour en plein à la charrue. On peut évaluer comme il suit la dépense, en prenant le cas particulier d'un semis résineux en plein avec hersage léger, fait après ensemencement à la volée; (dans tout ce cl^apitre, on prend comme bases: la journée d'ouvrier à 2 firancs pour 10 heures de travail, la journée de tombereau à un cheval à 6 francs ; les prix des graines n'ont rien d'absolu, ni les quantités semées. — Le but recherché est. surtout de montrer la manière d'établir les comptes des semis).
1«' Labour 40 fr. c.
2« Labour 32
Graines mélangées (pin sYlvestre ailé, 10 kilog. à 6i'r.
l'un, et pin maritime aué, 7 kilog. à 1 fr. l'un) 67
Répandage à la volée 1 . 30
Hersage léger 5. 30
Frai a divers 2
Total 147 îr.tiOc.
La dépense serait réduite à H5 fr. 60 (147. 60 — 32) si le deuxième labour était inutile.
3. Semis a l'araire sur les sols préparés en plein. — Quand il s'agit de graines lourdes, à semer à une certaine profondeur, le semis à la volée avec hersage léger peut être remplacé par le semis à Taraire. Cet instrument sert à ouvrir les sillons. Voici comment on opère (Demontzey, Études sur le reboisement , 1878, page 181) pour les glands :
« Dans les terrains préparés à Tavance, on trace, dans une direction aussi horizontale que possible, im premier sillon au moyen de l'araire, derrière lequel marche un semeur qui place les glands au fond du sillon, de manière qu'ils se touchent presque (40 ou 50 par mètre courant). A une distancé pouvant varier, mais qu'il est préférable de maintenir de m. 75 à 1 m., on trace un nouveau sillon et ainsi de suite. Les glands demandant à n'être recouverts que de 2-3 centimètres ; on fait passer sur les sillons une herse légère, dont on diminue en tant que besoin la puissance en entrelaçant des branches flexibles entre ses dents, de manière que cellesci ne puissent trop s'enfoncer en terre et amener ime trop grande couverture sur les graines. ~ Ge mode de semis exige d'ordinaire, pai* hectare, de 20 à 25 hectoUtres de glands.»
4. Semis a la charrue forestière. .— L'emploi de la charrue forestière (chap. VIII, § 13) a permis de réaliser de notables économies dans le repeuplement des vides incomplètement peuplés de la Touraine. Nous citerons à ce sujet les résultats suivants de travaux sur de grandes étendues :
« La charrue forestière parcourt, suivant la ténacité du terrain, de 18 à 25 ares par heure ; et l'on peut espérer, dans les grandes journées et dans les terrains légers, un labour de 2 hectares par jour. Chevaux et conducteurs coûtent 15 francs; c'est donc une dépense qui, à raison de la durée du travail, varie de 7 fr. 50 centimes à 13 francs par hectare. » (Annales forestières, 1860, page 97). — Il y a à ajouter à cette dépense minime les frais de la semence et du répandage.
S'il s'agit d'un sol argilo-siliceux, durci, garni d'herbes et de bruyères, un double labour coûte 48 francs par hectare (3 chevaux et 1 conducteur mettent 16 heures pour labourer un hectare, à raison de 3 francs l'heure : prix de la forêt domaniale de Chînon, Indre-et-Loire, en 1880). En admettant l'emploi de ôhectohtres de glands à l'hectare, ce qui est suffisant dans un vide en paitie re-
peuplé par semis naturels provenant des arbres voisins, on établira comme il suit le devis de la dépense à l'hectare.
Doub!e labour 48 fr. »
Ramassage de 6 hectol. de glands à 5 fr. l'un 30 a>
Transport et semis à la volée , 7 »
Total 85 fr. »
5. Sbmis a l^arairs sihi les sols non préparés. — « Dans les terres non préparées à Tavance, on peut employer l'araire pour semer les glands par bandes alternes (Demontzey, page 181). On jalonne une première ligne aussi horizontale que possible, puis au moyen de Taraire on creuse un sillon de 20 oent. environ de largeur. On ouvre, tout contre, un second sillon dont le déblai vient combler le premier. Un ouvrier muni d'un râteau de fer marche derrière l'araire et fait tomber avec son outil dans le second sillon, pour le remplir k moitié, la terre meuble qui demeure en forme de crête sur le premier; puis marche le semeur, qui pose ses glands en ligne de manière qu'ils se touchent presque (40 en* vlron au mètre courant). Une fois ce deuxième sillon ainsi semé, on en ouvre un troisième destiné à fournir, pour une partie de son déblai, la couverture de terre nécessaire aux glands, qui se trouveront ainsi semés en ligne au milieu d'une bande cultivée de 60 cent, de largeur. Cela fait, on passe le' râteau sur cette bande pour égaliser le sol et enlever les pierres trop fortes, qui pourraient empêcher les jeunes semis de bien lever.
c< On établit ensuite, dans les mômes conditions, une nouvelle bande séparée de la première par un écartement susceptible de varier de 1 m. 50 à 3 mètres d'axe en axe. La quantité de glands nécessaire à l'hectare varie alors de 16 à 8 hectolitres. »
6. Sbmis par bandbs préparées a la charrub. — Le labour à la charrue, par bandes alternes, (chap. VIII, § 12) permet de réaliser une notable économie sur le labour en plein. On peut évaluer comme il suit la dépense en prenant le cas particulier de bandes cultivées de 2 mètres de largeur séparées par des bandes Incultes de 2 mètres de largeur également, pour un semis résineux analogue à celui du § 2.
1*' Labour 24fr. c.
2« Labour 16 »
Graines mélangées (pin sylvestre ailé, 6 kilog. à 6 fr. Tun;
pin maritime ailé, 4 kilog. à 1 fr.^i'un 40 »
Répandftge de la graine * * * 1 »
Hersage Léger 4 >
Frais 1 . 50c.
Total .... 86 fr.SOc.
La dépense serait réduite à 70 fr. 50 c. (86. 50 — 16) si le deuxième labour était Inutile.
Pour juger de Téconomie réalisée, on peut rapprocher oes chiffres de ceux du § 2.
7. Confection des bandes a la pioche. — Quand lesïbandes sont étroites et le terrain incliné, on se trouve parfois obligé de confectionner les bandes à bras d'homme, à la pioche. Nous donnons ci-après quelques détails pratiques (Demontzey, p. 157) applicables à un versant incliné et exposé au ravinement.
« Le surveillant jalonne les lignes et trace sur le sol les emplacements des bandes ou des trous, en maintenant toujours leur longueur dans le sens horizontal. Les ouvriers sont échelonnés de manière à occuper chacun une de ces lignes horizontales, mais sans être placés tous sur la même ligne de plus grande pente, à cause du danger que peut présenter la chute des pierres enlevées ou remuées parle défoncement. On établit dans ce but les ouvriers en virée très oblique à la ligne de plus grande pente, et Ton commence toujours pax le haut du versant.
« L'ouvrier, muni de sa pioche à pic (1), ouvre la bande, rejette derrière lui avec le taillant toute la terre et enlève les pierres qu'il pose sur le bord intérieur de la bande . Dans le cas où les déblais fournissent une grande abondance de pierres, il convient de. les poser en talus naturel toujours et non en forme de petite muraille qui n'ofTre aucune garantie de durée, peut être affouillée et occasionner par sa chute des dégâts parfois importants. En tous cas, les pierres ne devront jamais être disséminées ni jetées çà et là ; elles seront au contraire toujours posées à la main et bien calées. »
. 8. DÉFONCEMENT ET TALUTAGE DES BANDES. — « Si la bande doit
avoir 50 cent, au plafond, il sufûra de la creuser à pic sur une largeur de 40 cent., après quoi on talutera le bord supérieur sur une largeur de 10 cent. , pour obtenir la largeur voulue. En creusant ainsi avec une largeur diminuée de 10 centimètres au moins, on réalise, outre une économie de travail, le double avantage de ménager autant que possible la stabilité du sol dans certains cas donnés, et de placer au-dessus de la bande une couche de terre végétale relativement meilleure et plus favorable aux jeunes plants.
« A mesure que le défoncement et le talutage sont opérés, l'ou-
i. Figure 7.
vrier nivelle avec soin la surface de la bande de manière .à la rendre bien unie et à lui donner une inclinaison contraire à la pente du terrain. »
9. Confection des trous a la pioche. — «Les trous sont creusés d'après le» mêmes indications ; mais, à cause de leur faible longueur, il importe que, pour finir le défoncement d'un trou, Tou- VTîer se transporte à l'extrémité opposée à celle par laquelle il a commencé, et se place d'une façon entièrement inverse à sa position première ; une fois là, il applique quelques grands coups de pioche pour donner au fond du trou une longueur égale à celle du dessus. Sans cette précaution, on risquerait d'avoir un trou beaucoup plus étroit en bas qu'en haut, et le défoncement ne remplirait pas son but.
« Dans ce genre de travail, le surveillant doit empêcher autant que possible ses ouvriers de donner des coups de pioche répétés. C'est en quelques grands et solides coups que le trou doit être faft, si l'on veut opérer économiquement, et tout ouvrier qui n'est pas capable de travailler ainsi doit être renvoyé du chantier ou employé à d'autres travaux.
« Si le terrain où l'on opère est raviné, on aura soin de ne pas prolonger les bandes ou creuser des trous jusqu'au bord même du ravin, et on arrêtera le défoncement à 1 mètre au moins de ce bord, afin de laisser un intervalle de terrain stable. »
10. Talutagb des trous. — « On talute le bord supérieur des trous comme celui des bandes, ce qui permet de gagner au moins 10 centimètres pour la largeur à la surface, de diminuer d'autant l'épaisseur du défoncement, de relever légèrement le plafond audessus du sol naturel en vue de parer au tassement ultérieur qui se produira par suite du foisonnement, et de supprimer la fente dangereuse qui se manifeste très souvent, après le tassement, entre le terrain naturel et la terre cultivée. Enfin on aura soin de donner au plafond un léger devers opposé à la pente du versant ; cette précaution est des plus utiles pour empêcher l'écoulement des eaux pluviales et l'entrainement des terres.
11. Rigoles en climat sec. — « Dans les climats très secs, il est même souvent avantageux de sillonner le sol par une série de petites rigoles, légèrement tracées en forme de che\Tons aboutissant chacun & une couple de trous et dirigeant sur eux les eaux qui tombent dans leurs intervalles.
n,sa. ■«&1I4CKS sra lks eemis forestiers » ,vr« LERA^TXEUENT,— «OnreneontreHouvenl, -^ .•- T^s lie terrain qui ae sont pas des ravina, - - ~ ;if:çcvas ou des bandes ordinaires risqueraient
• r'^'iinels, si l'on a des pierres sur place, on .. n-.v.rtremeut de chacune des lignes de bandes ! riiïrs du pli de terrain, un petit mur en pierres r--: ^>noDCé au parement d'aval ; on lui donne ■V .%':iiiniètres environ, et à son amont on le ni- '~~> >i>ifiue ; on a ainsi une série de bandes à talus -:u'. ^mpêclier toute érosion de la part des eaux ; -«, on remplacera le mur par une fascine de
«^-.^v.— -.'B SEMIS PAR BANDES CONTINUES A LA PIOCHE. — On
^^ ^to>^ .-^'lame il suit la dépense d'un serais résineui, par -^ ^j^. -.É.-mn'sAla pioche, à l'hectare.
«. a^ 'V-: Tdinaire facile àpiocher (bandes de m. 30, espacées ^ , » :^ ».-i'.* cultivés.
-^^-..-.•^ du sol à 2 fr.W l'are 55fr.20c.
« « is; *U>- de pin s;lvestr« à. 6 Ct. l'on, et 5 kilog. »*,d« 1-111 maritime à 1 Ir 65 fr.
^^111 ir " vi recouvremeut de la graine 6 SO
Total 127 fr.TOo.
^Mp> >"' 'lil'ficile, exigeant un ameublissement complet.
fttf*T.tium (lu sol à 3 fr. 90 l'are 89fr.l0c.
■4ntB?»i -<->iii^ et frais, comme ci-dessae 72 SO
Total les fr. 20c.