Figure
et, faisant passer le bas de celle-ci ou le haut des racines entre le pouce et Tindex de la main gauche, et par la fente longitudinale, il introduit dans l'outil lès menues et longues racines. Le même ouvrier met le fourreau dans le trou cylindrique ouvert par le plantoir, maintient le plant à profondeur convenable, et retire l'instrument en laissant les racines dans une position pendante. »
24. Emploi du fourreau articulé. — « Avec le fourreau articulé, l'ouvrier opère de môme qu'avec le simple ; il a l'avantage de pouvoir entr'ouvrir à volonté la fente longitudinale, soit pour introduire les racines dans l'outil, soit pour les en faire sortir. Il peut aussi, quand le fourreau est largement ouvert, entourer les racines avec de bonne terre ou du terreau, qu'il serre en refermant l'outil. Cette terre ou ce terreau adhère aux racines et reste autour d'elles dans le trou fait par le plantoir quand on retire le fourreau. »
26. Fixation du plant bn terre.-— « Pour fixer le plant en terre, le premier ouvrier enfonce le plantoir à côté du premier trou et parallèlement à ce dernier. Il tire à lui la poignée du manche, afin de serrer d'abord l'extrémité inférieure des racines ; appuyant ensuite en sens inverse sur la même poignée, il presse la terre contre la racine dans toute la longueur de celle-ci. Ensuite, avec le talon, il ferme le deuxième trou.
« La pression que le planteur exerce ainsi sur les racines est bien supérieure à celle d'un homme qui piétine la terre autour d'un plant. En effet, l'ouvrier agit avec toute sa force appliquée à l'extrémité d'un levier de i mètre 30, le point de la résistance étant à 20 ou 25 centimètres de l'autre extrémité ; la force dont l'ouvrier dispose est égale à son eJQTort multiplié par 2,60 à 3,25. Aussi le plant est tellement maintenu en terre, qu'en cherchant à l'arracher, on rencontre une résistance presque aussi grande que s'il s'agissait d'un plant naturel. »
26. Conditions favorables de la plantation. — « Les racines ligneuses adhérentes au sol ont leurs extrémités spongieuses placées au-dessous de celles des herbes et affranchies, par conséquent, de la concurrence vitale de ces dernières.
u Elles se trouvent dans un milieu aussi humide et aussi facilement pénétrable que celui d'où on les a enlevées.
c(La sécheresse n'est pas à craindre pour les racines; mais, comme l'écorce de la Uge est très sensible aux effets des rayons solaires, quand la circulation de la sève est suspendue ou ralentie par le fait de la transplantation, il importe, en plantant, d'incliner
25i DÉTAILS PRATIQUES SUR LBS PLANTATIONS FORESTIÈRES
le sujet dans la direction du soleil à midi. Dans cette position, les rayons solaires ne l'atteindront pour ainsi dire plus. »
27. Plantation oblique. — « Dans les sols qui manquent de profondeur, l'ouvrier enfonce le plantoir d'abord verticalement jusqu'à la roche ; puis, l'inclinant en soulevant la terre végétale, il fait un trou oblique, dans lequel, à l'aide d'un fourreau, il place les racines dans toute leur longueur. Il serre ensuite la terre avec le talon, comme s'il fermait un trou de taupe. Avec le pled,le planteur redresse légèrementla tige, qui ne tarde pas àreprendre la position verticale. Le plant est solidement fixé et la racine placée sous les herbes dans un milieu aussi humide que le terrain le comporte. Dans les sols secs>on fera bien de protéger les racines en recouvrant la places qu'elles occupent avec des pierrailles, gazons, etc., et surtout d'incliner les plants vers le midi, afin de diminuer l'effet funeste des rayons solaires sur la tige au moment de la transplantation (1). »
28. Avantages DU PLANTom sur la houe. — ce La plantation au plantoir des sujets de basses tiges est, à notre avis (M. Prouvé), bien préférable à celle en potets faits à la houe. En voici la cause : les trous ouverts à la houe ont rarement plus de 20 centimètres de profondeur. Or, la couche de terre de cette épaisseur est précisément la plus exposée à la sécheresse, surtout si la culture l'a privée de ses abris naturels. Les racines souvent raccourcies se trouvent en été dans une terre en poussière ou durcie par le soleil, le Jeune plant souffire plusieurs années, et, s'il échappe à la mort, la tige ne reprend son développement qu'après la reconstitution des racines.
« Avec le plantoir, au contraire, le sol reste le même à la surface, et la racine a toujours 0,10 à 0,40 de longueur dans un milieu constamment frais. L'équilibre entre la tige et la racine est maintenu, puisque aucune partie du jeune sujet n'a été retranchée.
« Pour planter au plantoir, il est très avantageux que le sol soit profondément humide. Les travaux se font à l'automne, en hiver ou au printemps.
« Le plantoir peut servir dans tous les terrains. C'est le seul outU qui pénètre profondément et sans difficultés à travers les pierrailles, gazons, etc. »
29. ÉCONOMIE DE Lx DÉPENSE. — « L'écouomie est considérable ;
i. Figure 29.
elle varie de moitié aux trois quarts sur le prix de la main-d'œuvre, sans tenir compte de celle résultant de la meilleure réussite des plants. »
Voici un exemple donné par M, Prouvé de l'économie à réaliser:
Plantation de mille chênes de 2 ou Sans.
Main-d'œuvre à la houe ^^^'\9a€ \
Valeur des plants 4 ) ) Bénéfice
Main-d'œuvre au plantoir 5 \ ( 15 fr.
Valeur des plants 4 J ^ ^^*)
Si on applique ces prix aux 3 cas d'espacement à 1 m., 1.20, 0.80, en tous sens, on obtient les résultats suivants:
Espac. àlm.-lO.OOOpl.àlahoue coûtent 240 f.: au plantoir 90 f. bénéfice 150f. 1.20- 6.944 — 167 — 63 — 104
30. RÉSULTATS OBTENUS. — M. Prouvé augurc de ses procédés les meilleurs résultats. Il cite de nombreux travaux de plantation exécutés depuis Tannée 1875 en Normandie, en Lorraine, à Fontainebleau, dans le Loiret, sur des versants à pentes variables, à diverses expositions, sur des sols variés, sans profondeur et sans abri.
« Le bon marché et la réussite des travaux faits Jusqu'à présent (août 1880), la faculté de planter sans abri, nous font espérer (ditil) que nos outils pourront être utiles au reboisement des plaines et des montagnes, à la conservation et à l'introduction des bonnes essences dans les taillis et à la régénération artificielle des coupes de futaie. »
Nous avons cité textuellement les instructions donnés par M. Prouvé afin de mettre les sylviculteurs désireux d'user de ses procédés à même de les expérimenter en pleine connaissance de cause. llTest à désirer que les expériences de l'espèce se multiplient afin de pouvoir contrôler d'une manière sûre l'efficacité des nouveaux instruments que nous venons de décrire et qui ont valu à leur inventeur diverses médailles, notamment à l'Exposition universelle de 1878.
31. Plantations en mottes et touffes. — Nous avons peu de chose à ajouter à ce que nous avons dit au sujet des plantations en mottes et en touffes (chap.X, § 45 à 48, 67). Quand nous traiterons plus loin la question de l'organisation des chantiers, nous donnerons quelques renseignements sur la dépense des plantations de Tespèce (Demontzey, p. 227).
2Sè DETAILS PRATIQUES SUR LBS PLANTATIONS FORESTIÈRES
difficultés, notamment en plein sud, quand le sol est sec, aride, peu profond.
L'exemple suivant, suivi d'un plein succès malgré les mécomptes qui avaient précédé, montrera ce qu'on peut faire en pareil cas.
38. La oote des Brulins. — Nous citons textuellement l'ouvrage précité (S 31).
« J'ai examiné des opérations de reboisement effectuées sur un versant exposé en plein sud, et J'ai promis d'en parler. Cette c6te présente une inclinaison de 30-45 degrés, et sa mise en valeur offrait de sérieuses difficultés; le lieu s'appelle côte des Brûlins, c'est tout dire ; à cause de sa configuration l'air n'y circule que médiocrement. Le sol était garni de bruyères ; il est composé de sable siliceux recouvert de terreau de bruyère. Le sous-sol est pierreux, difficile à travaUler et existe à une faible profondeur. »
39. Obstacles a vaincre. — «On comprend qu'il y avait surce point des obtacles sérieux à vaincre; plusieurs foison avaitessayé, vainement, d'y introduire les pins sylvestre et maritime, par la voie du semis en bandes alternes. Les semis par places avaient été également essayés avec un ameublissement insuffisant, il faut l'avouer, et avec peu de succès.
« Dans de telles conditions il n'y a pas à hésiter, il faut planter, mais avec des mottes assez fortes, de manière à ce que la fraîcheur contenue dans la terre qui compose la motte puisse suffire jusqu'à l'enracmement des pins dans le sol naturel. »
40. Marche de l'opération. — w Une pépinière volante fut créée à proximité (450") du terrain à reboiser, en sol argileux et consistant afin d'avoir des mottes consistantes. On y éleva des pins pendant trois ans, et au printemps (avril) on procéda au transport par mottes contenant de. S à5 pins, dans les conditions indiquées cidessus (§ 34) en ce qui concerne le transport sur civières. L'extraction avait eu lieu à la bêche ordinaire, en cubes présentant 20-25 cent, de côté.
« Les places destinées à recevoir les plants étaient préparées à la bêche également, sur des dimensions un peu plus fortes que les mottes; ces dernières ont été ainsi mises en place facilement et les vides. existant entre elles et les parois du trou ont été garnis et même bourrés avec de la terre émiettée provenant de l'ouverture de celui-ci.
« Le succès a été complet. »
Les mottes ou touffes de plants étaient espacées à lm.20de distance. Il y en avait donc 6.944 par hectare.
41. DÉPENSE.— M. Fillon donne comme il suit le compte de la dé« pense de la plantation.
Prix de revient en pépinière volante de plants de 3 ans, \
le mille 6 fr. (
Extraction, transport et mise en place, fr. 025 par i ^* "•
motte, le mille 25 fr. J
Pour 6.945 mottes couvrant un hectare, la dépense est de 6.945X31 = 215 francs 30 cent.
« Avec de pareilles difficultés, il n'a pas été fait, on doit le reconnaître, une dépense exagérée. Je ferai remarquer (dit M. Fillon) que la pépinière qui a fourni les plants a pu être établie à proximité du terrain à planter et que des opérations analogues ont été exécutées où U a fallu payer 3 centimes et 3 centimes et demi de chaque motte; le transport étant plus fatigant, parce qu'il s'effectuait à plus longue distance. On n'a jamais dépassé le dernier prix. »
42.. RÉFLEXIONS SUR l'opération.— « L'opératiou était donc très simple en elle-même et ne demandait pas de grands efforts d'imagination, mais enûn la réussite aétécomplète.Sl,aulieudes'ohstineràsemer plusieurs fois, surtout avec des ameuhlissements insuffisants, on avait eu recours immédiatement à la plantation en mottes et par touffes, telle que celle qui a réussi, il est évident que l'on eût fait une grande économie, tout en dépensant en une seule fois une assez forte somme. Cette économie eût permis de reboiser une surface de terrain double, peut-être davantage. Iln'est donc pas indifférent do n'avoir pas à hésiter en face d'un terrain à boiser; il faut pouvoir et savoir appliquer le mode qui lui convient. Dans le doute même, j'ose le dire, il vaut mieux attaquer franchement la difficulté, surloutsieUe est réelle, et appliquer le mode de repeuplement relativement le plus coûteux, c'est-à-dire celui qui donne le plus de garantie pour le succès. »
43. Lbs buttes. — En ce qui concerne la plantation par buttes, nous rappelons que cette question a déjà été traitée (chap. X, § 23 à 32, 34,41, 69 à 77).
Dans ce qui va suivre, nous donnerons quelques détails pratiques sur le buttage : !<" des plantes à racines nues ; 2° des hautes tiges feuillues; 3® des plants en motte. Ces détails seront suivis de renseignements sur les dépenses du buttage.
Le sylviculteur qui, voulant procéder par voie de plantation en
260 DETAILS PBATIQUES SUR LES PLANTATIONS FORESTIERES
butte,dé8irerapo8séder sur ce mode des renseignements très détaillés et complets, devra se procurer Touvrage sur la matière (chez Rotschild, éditeur, 13, rue des Saints-Pères, Paris, prix : 2 fr.)* Cet ouvrage, rédigé d'une façon claire, méthodique et pratique, est le meilleur et le seul guide à suivre.
44. BUTTAGB DES PLANTS A RACIIiKS NUES. LeS CORDEAUX. — - A TOC-
casion du buttage des plants à racines nues,rauteur du système recommande l'emploi de cordeaux en chanvre goudronné, pour éviter les modifications de longueur dues à la dessiccation ou Thumidité, et même l'emploi de cordeaux de chanvre entourant un fil de laiton. Ces cordeaux portent des morceaux de ruban de distance en distance pour marquer l'espacement à donner aux plants. Un petit piquet en bois ou en fer est attaché à chaque extrémité.
On a deux cordeaux semblables tendus parallèlement à la distance choisie, au moyen de deux baguettes marquant la distance des files de plants.
Des ouvrières sont espacées le long des cordeaux et déposent sur chaque emplacement le terreau qu'elles portent dans un panier.
45. Les paniers de terreau. — Auprès de chaque tas de terreau se trouvent deux ouvriers munis chacun d'ime pelle et d'une houe. Ils remplissent les paniers que les femmes occupées à l'enlèvement du terreau viennent échanger contre leurs paniers vides. Les tas trop compactes sont bouleversés à la houe, les paniers sont remplis uniformément; enfin, en cas de pluie, on doit faire nettoyer de temps en temps les paniers, pour enlever la terre qui reste attachée au fond.
46. Dressage des buttes. -— Le transport du terreau et le dressage des buttes sont faits par des femmes, des enfants, ou les ouvriers les moins habiles. Chaque femmes porte deux panier dont l'approvisionnement se fait régulièrement par un échange continu de paniers vides contre des paniers pleins. Quand les buttes ont été dressées aux endroits indiqués par le premier cordeau, deux jeunes garçons enlèvent ce cordeau par-dessus le second déjà en position, et le buttage se continue le long de ce second cordeau.
47. La mise en place. — Quand on a terminé autant d'allées de buttes qu'on veut employer de planteuses, on commence à mettre les brins en place. Chaque femme *>**** — '^ -ne fiie à eUe, portant dans la main gaul^b^ un panier Ss sous de la toile humide ou du tgu^^ l-ais. Po xnt en place, elle
dépose le panier auprès de la butte fraîchement confectionnée, et des deux mains entr'ouvre celle-ci de manière^à mettre à nu le tapis végétal inférieur. Elle prend alors dans le panier le plant dont elle étale les racines sur le gazon du fond et les recouvre d'une couche de terreau bien divisé. Il se forme ainsi un petit monticule qu'on doit bien se garder de comprimer.
Afin de bien planter en ligne et d'éviter que les femmes, avec leurs jupes, ne viennent à firôler et incliner les plants fraîchement buttés, il est essentiel que les planteuses aient le visage tourné du côté où la file a été entamée et alignent chaque plant sur ceux qui sont déjà placés.
48. Levée dbs.piaquks de gazon. — Pour le ver les plaques, on se sert d'une houe (1) dont la lame, d'une largeur uniforme de 17-19 centimètres, doit être légèrement inclinée d'arrière en avant, être bien coupante et d'un poids convenable. La plaque de gazon est coupée et déposée au pied de la butte, sans qu'on ait besoin de la saisir avec les mains, ce qui évite la rupture de la plaque. Cette manœuvre a lieu quand les plaques sont prises à côté des buttes. Un ouvrier avance après les planteuses et lève pour chaque butte deux plaques qu'il dépose au pied de ladite butte, comme il est dit ci-dessus, sans y toucher avec la main
Si le gazon ne peut être pris sur les lieux mêmes, on l'apporte sur des civières en bois, et des ouvriers spéciaux le déposent au pied de chaque butte, et non pas sur les parois. Des femmes prennent les plaques des deux mains, afin d'éviter qu'elles ne soient brisées, et les emploient comme il est dit-ci-dessous (50).
La confection des plaques exige des ouvriers habiles et dociles. Le nombre à employer est subordonné à celui des autres ouvriers et aux difficultés qui se présentent dans chaque cas spécial. Il est nécessaire que l'approvisionnement des plaques à pied d'œuvre se fasse assez rapidement, de telle sorte que les buttes soient gazonnées aussitôt que possible après la mise en place des plants.
Tout ouvrier maladroit en confectionnant les plaques doit être employé au transport du terreau.
49. GAJZONNBiiBNT DES BUTTES.— Il faut^pouT gazounor les buttes, autant de femmes que pour la mise en place. Chaque femme a sa file de buttes spéciale.
En premier lieu, la femme arrondit des deux mains la butte, si la forme en a été dérangée. Il faut éviter un tassement quel-