‹ Essai sur les repeuplements artificiels et la restauration des vides & clair�eres des for�etsChapitre 100 sur 150 · Figure · texte numérisé non relu

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t62 DÂTAILS PRATIQUES SUR LBS PLANTATIONS FORESTIÈRES

/ ' conque. Puis, elle prend la plus petite des plaques gisant au pied

du monticule, de manière à tenir dans chaque main une corne du croissant, et l'applique, Yherbe en dessous, sur le côté nord de la butte, en ramenant les cornes autour de la base du monticule Jusqu'à la paroi méridionale, où elle les enfonce légèrement dans le terreau. Dans cette opération, les plaque» doivent être soulevées loin de terre,et non pas trainées, ce qui aurait pour inconvénient de faire glisser le terreau du côté opposé et de déranger Tassiette du plant.

La seconde plaque est fixée comme la première, elle recouvre la paroi méridionale et repose par ses cornes sur la première plaque. Aucune ouverture ne doit subsister entre les deux plaques et autour de la tigelle. On retire du monticule les rameaux qui pourraient se trouver engagés sous la couverture.

50. BuTTAGB DES HAUTES TIGES. — Quaud OU cst couduit à employer des hautes tiges, on marque leur emplacement au moyen de piquets fichés en terre suivant l'alignement et l'espacement choisis. Les plants sont placés auprès do ces piquets et immédiatement sur l'herbe qui couvre le sol. L'ouvrière arrange les racines de la main droite et, de la gauche, maintient la tige bien d'aplomb en se gardant de peser dessus. Par planteuse, il faut deux ou trois femmes apportant le terreau. Le premier panier est versé sur les racines assez lentement pour que la planteuse ait le temps de les bien revêtir. Deux autres paniers suffisent pour confectionner le monticule complet.

La levée des gazons se fait comme précédemment (§ 49); on donne toutefois aux plaques des dimensions plus grandes, et on les lève à une certaine distance des buttes. L'ouvrière qui gazonne forme autour du monticule une série de couches qui donnent à la • butte une assiette très solide, ce qui dispense d'employer des tuteurs ou appuis. Il est bon de battre les plaques avec le plat de la main, après l'achèvement de la couverture. On n'a pas à craindre ici de trop comprimer le terreau qui s'^ trouve amoncelé en quantité notable autour de l'arbre. On doit éviter de laisser les buttes ouvertes au sommet; car aux inconvénients déjà signalés se joindrait celui d'exposer lesarbresà l'action des vents qui peuvent les ébranler et les renverser.

51* BuTTAGB DES PLANTS EN MOTTE. — Les plants OU mottc doivcut être pris dans un sol tenace et compact. Avant de les employer, il est bon d'enlever le talon argileux qui forme la base, afin de faire porter les racines sur le gazon du sol qui reçoit la plantation.

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On place la motte sur le gazon naturel. L'ouvrier la saisit de la main gauche, en maintenant le plant bien vertical. La femme chargée du transport du terreau lui en remet un panier qu'elle prend de la main droite et vide à moitié de la main gauche. Cela fait, elle retire cette dernière main de dessous le petit monticule qu'elle a ainsi formée et obtient une motte parfaitement assise. Il faut par ce moyen beaucoup d'adresse.

On peut faire verser le terreau autour des plants parles femmes mômes qui l'apportent. D'autres femmes passent dans les lignes pour mettre les plants bien d'aplomb et donner aux buttes une forme convenable. Le terreau s'affaisse sensiblement après qu'il a été déposé ; il convient donc de le ramener au sommet du monticule de manière à recouvrir la motte de 2 ou 3 centimètres de terreau. Autrement cette motte se trouverait à nu et se dessécherait.

Legazonnement des buttes a lieu comme il a été dit (% 50).

52. Application du buttage aux pentes rapides. — - M. de Manteuffel certifie que sur les parois rapides de collines ou de montagnes, le système des buttes est non seulement possible, mais avantageux.

Il faut alors chercher pour chaque plant un emplacement convenable, sans s'astreindre à une régularité difficile à obtenir. On fait niveler au besoin à la houe les places où les buttes doivent être dressées. La mise en place a lieu comme il est dit ci-dessus (§ 43 à 52), sous les réserves suivantes:

En levant les plaques de gazon^ on doit user de précaution et ne pas ameublir la surface du sol, afin de ne pas faciliter le ravinement par les eaux pluviales. Pour gazonner les buttes, il est inutile de s'occuper de l'orientation de chacuned'eUes. On donnera aux plaques une position horizontale, et l'on gazonnera le côté en aval avant de recouvrir le côté en amont. On fera en sorte que ce dernier gazon vienne, par ses deux cornes, reposer sur celui d'enbas. En usant de cette précaution, la butte ne glisse jamais et la réussite delà plantation est assurée.

53. Exemple frappant. — « Aux environs de Leisnig (dit M. de Manteuffel, page 217), on e?t parvenu à reboiser plusieurs côtes tellement raides qu'on a dû y pratiquer des marches ou d'étroits escaliers, pour permettre aux ouvriers d'arriver aux places où ils devaient mettro 1<^ plants. Sur ces pentes abruptes, couvertes de pierrailles et de cailloux, le terreau faisait complètement défaut. On le prépara, soit sur le haut de la montagne d'où il fût descendu

à l'aide de glissoirs en bois, soit au bas de la côte, d'où on l'amena avec bien de la peine sur les lieux où l'on plantait. Sur l'une de ces parois, il n'y avait pas moyen de se procurer du gazon propre à couvrir les buttes. On le remplaça par de la mousse qu'on dut couvrir avec des pierres plates, à l'effet de la retenir en place. — La réussite de ces plantations, gui aujourd'hui (1868) achèvent leur huitième ou dixième année, a surpassé toutes nos espérances, et encourage à continuer le reboisement de terrains juscpi'iGi complètement improductifs. »

54. Appucation du buttagb aux terrains tourbeux. — Dans les terrains tourbeux, le système du buttage a été expérimenté en France avec un certain succès. Un réseau d'assainissement doit être préalablement établi. Les terres provenant des fossés ouverts peuvent au besoin fournir une certaine quantité de terreau.

Si on suppose qu'un mètre cube de terreau puisse servir à la confection de 200 buttes, chaque butte aura 5 décimètres cubes, ce qui est suffisant pour des résineux (épicéas, par exemple), âgés de trois ans. Dans ces conditions, et en admettant un espacement de 1 o". 50, soit 4445 plants par hectare, la dépense peut être évaluée comme il suit: (Département de Seine-et-Oise. — Voir, Fillon, page 135 et 286).

55. DÉPENSE DU BUTTAGB DE l'épicéa (Francb). — 1° Confection du terreau, 6 heures de travail à fr. 30 l'une, pour un mètre cube, soit 1 fr. 80 c.

Avec ce volume, on forme 200 buttes.— Pour 1.000 buttes, le prix est de '9

2* Prix du mille d'épicéas, de 3 ans, en pépinière . .

3*' Extraction et transport des plants. Transport du terreau, mise en place, confection des buttes,recouvrement en plaques de gazon, le mille •« 25

Total pour mille plants .... 38 fr.

Pour 4.445 plants couvrant un hectare, la dépense est v

de - . ^ 168 fr. 90 c

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