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Les données allemandes

La méthode utilisée par les diverses études allemandes parues

sur le sujet consiste à comparer le montant de l'importation globale par l’Allemagne d’un produit donné au montant de la production totale de cette matière dans le territoire dont on réclame la cession,

Il importe donc d’observer dès l’abord que l’Allemagne dans ces études suppose que les territoires qu’elle convoite lui seraient remis non pas à titre de mandats, mais à titre de simples colonies d'exploitation, délivrées de l’obligation d’observer dans leurs rapports avec les différentes nations étrangères la règle de la Porte Ouverte. Elle suppose en outre que dans un tel régime la totalité de la production de ces territoires serait dirigée vers la métropole. |

Par ailleurs, les études ainsi présentées ne tiennent pas compte de l’obligation où se trouverait l’Allemagne, dans l’hypothèse d’un transfert, de racheter une partie au moins des biens étrangers situés dans les territoires en cause : cette obligation serait particulièrement lourde dans les cas précisément où l’Allemagne, appliquerait à ces territoires une méthode d'exploitation privilégiée excluant l’octroi aux étrangers d’un régime libéral d’établissement.

Enfin les études allemandes ne font pas entrer en ligne de compte l'obligation pour l’Allemagne d’assurer le service de la dette extérieure des territoires soumis au transfert.

On exposera ici les évaluations allemandes relatives d’une part à la nature et au montant de la production des anciens territoires coloniaux, d’autre part à la valeur des exportations de ces territoires.

Nature et montant de la production des anciens territoires allemands

Oléagineux

a) Le montant des importations allemandes globales d’oléagineux s’est élevé en 1934 à 719.469 tonnes. La moyenne de l’exportation annuelle des oléagineux en provenance des anciens territoires allemands s’est élevée pendant les années 1932-1934

aux chiffres suivants :

POS Re ele ae RCE emule Dies ce ee 11.770 CANTON ET Een ne la shal el o1e 44.590 LEUR U SE 1 ANR TN RE EI EE UE 25.890 AHLTES DOSSESSIONS A. 2e due es 0 eee 400 79.300

Dans ces conditions, la production des anciens territoires allemands correspond approximativement à un quart (exactement 23 %) de l’importation totale de l’Allemagne.

b) On ajoute que ces quantités pourraient être très largement accrues par un nouvel effort d'exploitation. On cite l’exemple du Cameroun. On admet que la superficie susceptible d’être utilisée au Cameroun pour l’exploitation des palmeraies n’est inférieure que de moitié à la superficie actuellement exploitée

au Nigéria. Or, la colonie du Nigéria exporte une quantité de noix palmistes environ sept fois supérieure à celle qu’exporte le Cameroun, une quantité d’huile de palme seize fois supérieure. En Allemagne on espère ainsi qu’un effort d’exploitation nouveau permettrait de tripler ou de quadrupler la production de noix palmistes au Cameroun, — la portant ainsi à 120.000 tonnes environ — et d’octupler celle de l’huile de palme, l’élevant dans ces conditions à 40.000 tonnes.

On estime que de pareils progrès pourraient être également attendus d’autres territoires.

c) Enfin, ajoute-t-on, le développement de la production d’oléagineux permettrait dans une certaine mesure de réduire le montant des importations de soja.

Depuis quelques années, en effet, l’Allemagne s’efforce de diminuer la part du soja dans l’importation des oléagineux qui lui sont nécessaires. Le pourcentage des importations de soja s'élevait en 1933 à 51 % de l’importation globale des oléagineux ; en 1935 cette proportion n’était plus que de 38 %. Le rendement en huile du soja est en effet assez sensiblement inférieur au rendement des autres oléagineux (1).

Etant donné la richesse des territoires allemands en oléagineux on pourrait concevoir, dit-on, le remplacement d’une nouvelle part des importations de soja par des importations d’une quantité correspondante des autres oléagineux.

Sisal

Au cours des dix dernières années les importations de sisal en Allemagne se sont accrues dans une forte proportion.

Importation nette Chanvres Sisal Pourcentage LOT RARE Re AA Are 53.682 3.208 6 LODOSETRRCTENORRE RE 43.583 14.565 33,5 LOS ASS EN ER 53.991 28.033 51,9 LISE NE IRAN STE 75.994 52.697 69 LORIE RER Res 54.174 37.971 70

Il résulte de ces statistiques que l’importation de l’Allemagne en sisal s’est élevée en 1935 à 37.971 tonnes. L’exportation totale de sisal en provenance de l’ancien Est-Africain allemand est de 70.000 tonnes environ.

1. Rendement du soja en huile comparé au rendement d’autres oléagineux : d’après le Deutsche Volkswirt.

soja arachide noix coprah palmiste He ee te 15,9 42,8 46,7 62,9

TOUrTEAU A EN NETREE 82,0 56,6 52,9 36,0

On souligne dans les études allemandes l’importance des bénéfices que la possession du Tanganyika, à cet égard, apporterait

à l’Allemagne, Phosphates

L’Ile de Nauru exporte chaque année 619.800 tonnes de phosphates ; l’excédent d’importation de l’Allemagne est de 830.500 tonnes. La proportion est donc d’environ 75 %.

Métaux précieux et diamants

L’exportation globale d’or des anciennes colonies allemandes s'élevait en 1934 à 322.602 onces. — Pour les diamants le montant de l’exportation s'élevait à 258.967 carats.

On sait qu’au Tanganyika, la production de l’or a subi au cours des derniers mois une hausse considérable. Depuis la découverte des mines d’or du Tanganyika jusqu’à 1935, 380.000 onces d’or avaient été extraites; depuis 1922 des prospections ont été entreprises par une série de sociétés anglaises disposant d'importants capitaux. Dans les premiers mois de 1936, 50.557 onces avaient été produites (correspondant à une valeur de 250.237 livres sterling).

Autres produits

Pour d’autres produits, la comparaison suivant la même méthode des besoins allemands et des ressources des territoires coloniaux donne les résultats suivants :

Excédent Exportations

d’importations totale des Pourcentages allemandes territoires Bois tropicaux .......... 248,0 54,5 22,0 CACAO MEME ES EE 101,3 35,9 35,6 OS PEAUX Le ere 157,1 5,6 3,5 Caoutchouc. ............. 60,2 2,0 3,4 PE UN AVE APERETER 337,4 7,3 2,2 (te MATE A RE AREA RER 164,7 0,9 0,6

Valeur des exportations des anciens territoires allemands

Situation actuelle. — 1. Le montant des exportations à destination de l'Allemagne des anciens territoires coloniaux allemands s’est élevé au cours des dernières années à :

(en millions de marks)

Cameroun Est. Sud-Ouest | Togo Autres È Africain Africain Possessions HOT ATENE 122 1,8 1,8 0,1 0,0 1033 ES 22 1,8 1,8 0,1 0,0 TOSLEMNE A RE 3,9 3,6 551 0,7 0,5

Le montant de ces exportations s’est au total accru dans la proportion suivante :

(en millions de marks)

Pour le Cameroun, les principaux produits exportés sont les fruits tropicaux (bananes); l’exportation totale du Cameroun à destination de l’Allemagne étant de 9,1 millions de marks, l’exportation des fruits s’élève à elle seule à 7,3 millions de marks.

En ce qui concerne l’Est-Africain allemand, l’exportation du sisal avait à elle seule une valeur de 3,1 millions sur une exportation totale vers l’Allemagne de 3,6 millions.

Le Sud-Ouest Africain exporte vers l’Alelmagne avant tout des peaux : la valeur de ces exportations s'élevait en 1935 à 3,2 millions de marks. — Il s’agit surtout de peaux des agneaux Karakoul, dont l’élevage a subi récemment dans le Sud-Ouest Africain allemand, un important développement (1).

Le Togo a exporté vers l’Allemagne en 1935 pour 0,6 million de reichsmarks de coton — l’exportation totale, à destination de l’Allemagne, de ce territoire étant de 0,7 million de reichsmarks. Les autres anciennes possessions allemandes ont exporté pour 0,5 million d’oléagineux.

2. Si l’on compare le montant total de ces exportations au montant total des importations du Reich, on obtient les résultats suivants :

Importations allemandes

(en millions de marks) Proportion LOTAIGS AT TERRES RESTE 4.159 100.

En provenance des anc. colonies. 19 0,45

1. Développement de l'élevage des moutons Karakoul dans le Sud-Ouest africain :

TCB E R n gs TS CR 97.000 pièces.

POP ER e Liber ee NE PES EEE 224.021 pièces.

LOS ot see TT 441.754 pièces.

LISLESS ESS RS EN ER NE ER 384.844 pièces,

ne

3. Si l’on considère non plus seulement le montant des exportations à destination de l’Allemagne, mais le montant total des exportations des anciennes colonies allemandes, on constate que celui-ci s'élevait en 1934 à 156 millions de marks.

Pour la même année, le montant total des importations allemandes était de 4.451 millions de marks.

Les exportations globales actuelles des anciennes colonies allemandes correspondent donc en valeur à 3,5 % environ des importations totales de l’Allemagne.

Prévisions ou développement possible des exportations des anciennes colonies allemandes, au cas de rétrocession au Reich. — On évalue en général en Allemagne à 500 millions de marks (au lieu de 156 millions) le montant total des exportations éventuelle des anciens territoires coloiïiaux allemands au cas où, ces territoires étant rétrocédés au Reich, l’Administration allemande mettrait en application un programme d’exploitation plus poussée.

Pour déterminer la proportion du montant total des exportations des anciens territoires allemands, dans ce cas au montant total des importations allemandes, on suppose qu’alors le montant total des importations allemandes s’éleverait comme aujourd’hui à environ 4 milliards de marks. La proportion ainsi obtenue est alors d'environ 12 %.

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