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Le tableau de l'Isle de Tabago, préface

2, Je cite l'édilion de 1G65, in-4, la plus complète et la plus fréquente.

les Iles de Saint-Christofle, de Nieves, de la Gardeloupe, de la Martinique et autres Iles Antilles, pp. 281-300.

Chap. II. De l'Etablissement des François dans les Iles de Saint-Barthélémy, de Saint-Martin et de Sainte-Croix, pp. 300-

Chap. III. De l'affermissement de la Colonie Françoise de la Gardeloupe par la paix qui fut faite avec les Caraïbes de la Dominique en l'an 1640, pp. 311-322.

Chap. IV. Du Trafic et des occupations des Habitans Etrangers du pais: Et premièrement de la culture et de la préparation du Tabac, pp. 323-331.

Chaj). V. De la manière de faire le Sucre et de préparer le Ging-embre, l'Indigo et le Cotton, pp. 331-338.

Chap. VI. Des Emplois les plus honorables des Habitans Etrangers des Antilles : de leurs Esclaves et de leur Gouvernement, pp. 338-344.

Les chap. VII, IX à XXIV sont consacrés aux Caraïbes.

Le chap. VIII est une « digression » sur les Apalachiteset leur pays (Floride).

L'auteur. — Voilà quel est l'ouvrage qui a joui longtemps d'une faveur égale, ou presque égale, à V Histoire gértérale des xintilles du P. Du Tertre, et que ce père traite avec une colère méprisante qui perce à maint endroit de son œuvre. Chose singulière pour l'auteur d'un livre aussi répandu, Rochefort est peu connu et difficile à connaître. Du moins n'ai-je pu encore démêler sa biographie. Lucien de Rosny le qualifie de a religieux carme et ministre à Rotterdam^ », rapprochement étrange de deux professions qui s'excluent. De certains passages de son Histoire^ il semble résulter que César de Rochefort était Français ; du moins parle-t-il des Français comme de ses compatriotes ^^ et les étrangers dont il reproduit les lettres le traitent-ils comme

1. Les Antilles^ élude d'ethnographie et d'archéologie américaines... Paris, 1886-7, 2 vol. in-4.

2. Histoire des Antilles, préface, in fine : « nos François ».

142 SOURCES DE l'histoire DES ANTILLES FRANÇAISES

un Français K II est extrêmement probable qu'il était protestant, à voir avec quelle considération il parle des ministres et du culte protestant des Anglais et Hollandais des Antilles -. Son amitié respectueuse pour le commandeur de Poincy n'est pas une objection à cela, car Ton sait que Poincy, tout dignitaire de Malte et officier du Roi Très Chrétien qu'il était, ne craignait point de s'entourer de protestants, ce que Du Tertre et d'autres lui ont du reste souvent et vivement reproché. On ne peut pas davantage tirer une objection sérieuse de ce que Rochefort dit avoir été aux Antilles « cheminant en notre vocation selon l'ordre que la providence nous avait adressé » ^ : si ces paroles sont d'un missionnaire, elles ne sont pas nécessairement d'un religieux catholique, et l'on peut parfaitement leur donner pour auteur un ministre protestant voyageant pour secourir ses coreligionnaires ^. Il n'y aurait du reste rien que de très naturel à ce que, protestant français, il ait été de bonne heure fixé en Hollande, à Rotterdam, où ont été imprimés tous ses livres ^. Tout ce que nous apprend son Histoire des Antilles^ c'est qu'il fit plusieurs voyages aux Antilles et sur la côte du golfe du Mexique, où il visita la colonie de la Palme ^. Il nous dit dans l'Avertissement au Lecteur de son édition de 1665 qu'il y a « dixset ans » qu'il est « de retour du dernier des voyages » qu'il y a faits. Il voyageait donc avant 1648, et ses souvenirs personnels pourraient nous paraître bien

1. Histoire des Antilles, édition de 166r3, lettre du sieur Edouard Grœves : « Bien que votre nation soit une des plus illustres... qu'on doive appeler votre France... la joie de toute la terre. »

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