‹ Essai sur les sources de l'histoire des Antilles françaisesChapitre 108 sur 169 · Ibid. Avertissement au Lecteur · texte numérisé non relu

Ibid. Avertissement au Lecteur

4. Du Tertre (t. I, p. 173) rapporte que le sieur Levasseur chassa de l'Ile de la Tortue le sieur de Rochefort, son ministre. Est-ce le nôtre?... On remarquera que dans son livre Rochefort ne souffle mot de la Tortue, ce qui laisse le champ libre à toutes les conjectures.

5. Remarquez aussi le ton élogieux avec lequel il parle des Païs-Bas et de leurs habitants et la dédicace de ses œuvres à des personnages de ce pays (Bevereu, Lampsius).

6. V., édition de 1665, la lettre du gouverneur de cette colonie. Cf. Avertissement au Lecteur. Du Tertre (édition de 1667, préface) d't que Rochefort, u ministre à Roterdam », alla <'■ deux fois aux Isles».

éloignés, si la première rédaction de son ouvrage avait précédé de peu sa première édition (1658). Mais dans la préface de cette édition, Rochefort nous apprend que « le premier plan de cet ouvrage fut dressé à Paris il y a déjà plus de sét ans » ^ C'est donc vers 1650 qu'il commença d'écrire. Or il avoue lui-même que (( ce livre n'est presque qu'une copie » de divers mémoires fournis par des voyageurs dignes de foi. Si l'on rapproche alors la date de 1651 de celle du ms. de la Bibl. Nat. N. A. fr. 9319 (1648) -, on ne peut s'empêcher de trouver une certaine vraisemblance à l'accusation de vol et de plagiat portée par Du Tertre contre Rochefort. On se rappelle ce que dit Du Tertre de sa première rédaction : «... je ne pu empescher qu'elle ne me fut dérobée et que trois ans après je n'apprisse que l'on parlait de la faire imprimer sous un autre nom que le mien... ^ » Du Tertre le prévint, dit-il, et Rochefort ne fît paraître son livre qu'après avoir reçu assez de documents pour pouvoir le grossir quelque peu.

Ses sources. — De qui fut-il ainsi informé et quel parti sut-il tirer de ses sources ? Du Tertre dit nettement de l'ouvrage de Rochefort que « presque tout... estoit si fidellement tiré de mon Livre, qu'il n'y a pas mesme obmis les fautes que j'y a vois faite ''. n Nous pouvons trouver un peu d'exagération dans cette boutade de bon père auquel un peu de mauvaise humeur était bien permise ! Mais nous savons par Rochefort lui-même qu'il entretenait un « dous commerce de lettres », avec le commandeur de Poincy, homme bien informé s'il en fût, et qui aurait même corrigé de sa main l'ouvrage composé sur des matériaux en grande partie fournis par lui. Du moins Rochefort avoue « que c'est de cette excellente plume que nous tenons la plus grand' part de tout ce qu'il y a de plus net et de plus exact dans cet Ouvrage. . .

1. Edition de 1658, préface : phrase supprimée dans les éditions postérieures.

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