Bibl. Nat. P
.Si
lion of a \'oya{;c of Ihe Sieur de Montauhan , \ Gapl. of the FreeboolcM's in Guinca in Lhe Ycar | 1695, etc. 7'he Whole neiuïi/ Tran.slafed Inio Enf,4ish and Illuslrated \ wilh 25 Copper J^lafe.s. \ London : Printed l'or: Th. Newhoroiv^h at Lhe I Golden Hall \\\ S^ Paul's Ghurch Yard, John Nichol \ son at the Kings Amis in Little Britain, and Berij. | Tooke at the Middle Temple Gaie., Fleestreet. 1699. — 3 tomes en 1 vol. in-8 (i> Une, tome 1 : 180 pp., 1 carte ; lome II: 180 j)p., 0 lî'nc. ; tome III ; 2 irnc., 204 pp.).
C'est sans doute ce recueil qui fut l'archétype de ceux publiés à Trévoux en 174i et 1775, en 4 vol. in-12, avec planches. C'est sous cette dernière forme que l'histoire des flibustiers d'OExmelin a valu à ce dernier sa grande popularité '.
iî 3,
Les sources de seconde main.
Bien que l'histoire des Antilles Françaises n'ait guère été entreprise encore d'une manière vraiment scientifique, on ne peut cependant négliger a priori les travaux qu'à diverses époques des auteurs de compétence variable ont entrepris sur tout ou partie de cette histoire. Beaucoup n'ont eu pour sources que ce que nous connaissons nous-mêmes. La plupart même s'en sont tenus pour la période qui nous occupe à la seule Histoire des Antilles du P. Du Tertre ou encore à celle de Rochefort. Il y en a encore qui n'ont même pas poussé leurs recherches si loin et se sont contentés de copier des copies. Il est donc inutile de s'astreindre à une étude de tous ces auteurs. Il suffit de s'arrêter
1. Nous no saurions diie quel raj)poit il peut y avoir entre l'œuvre d'Exqlemelin et Touvrafi^e cité dans le catalogue Mlllek de 1887, n" 0")l,et ({ue nous n'avons pu consulter :
C.oMi'AKN (Claes). — ■/ Hetjin. Middcn en Jî>/n(le der See lioorertjen ; hoe hi/ met irei/nich schepen de zee onrei/li'ch (leinneclil. een oncfeloofel buf/l en (frool (jehil schepen (jerooft heefl. — Amsterdam, ^^'e^(l. (1. de (ir(M»L
I7')7. in- 1. liu.
aux principaux, eu se bornant à nommer les autres. Mais il ne faut pas oublier que quelques-uns ont pour nous une réelle importance, parce qu'ils ont pu se servir de documents disparus aujourd'hui ou du moins que nous ne connaissons pas. Parmi ces derniers il faut citer tout d'abord :
Labat (le R. P.). — Nouveau Voyage aux Isles de l Amérique. Contenant Vhistoire naturelle de ces pays, Vorigine, les mœurs, la relic/ion et le gouvernement des habitans anciens et modernes ', les guerres et les événemens singuliers qui y sont arrivez pendant le long séjour que Vauteur y a fait ; le commerce et les manufactures qui y sont établies et les moyens de les augmenter... ouvrage enrichi de plus de cent cartes, plans et figures en taille-douce. — Paris, G. Cavalier, 1722, 6 vol. in-12.
Telle est l'édition originale de cet ouvrage célèbre ^ : on la trouvera à la Bibliothèque Nationale sous la cote Lk^^^ j3 • elle n'est pas très rare du reste et a elle-même été suivie de nombreuses rééditions. Le voyage du P. Labat a en effet joui au xviu^ siècle d'une vogue surprenante et on n'en connaît pas moins de six éditions françaises outre celle ci-dessus, savoir :
Trois en Hollande :
La Haye, Husson, 1724, 6 vol. in-i2
1738, 2 vol. —
et trois à Paris -^ qui, à vrai dire, pourraient être considérées comme une seule :
Paris, Delespine, 1742, 8 vol. in-1 2
— T. Legras, — 8 —
— de Nully, — . 8 —
éditions plus complètes que les trois précédentes. Et de plus
1. LEChEnc (Bihliotheca America, 1878, p. 344) considère à tort comme orig-iiiale réditioii de La Haye, 1724, 2 vol. iii-4. C'est une erreur inex[>lieable chez un ])il)liog'raphe aussi soigneux.
2. Os deux éditions ne dilïerent que par le format, 1 Toutes ti-ois à la Bil)liothè(iue Xationale.
151) soLiuiKs DE l'histoire des amtlles françaises
une réédition moderne, un peu abrégée quant aux procédés de cultures coloniales, conforme pour le reste à celle de 1722, publiée à
Paris, Lefebvre, 1(S31, J volume in-8.
L'ouvrage avait du reste été traduit en hollandais sous ce titre :
— Nieuive Beizen naar de Franse Eilanden van America. En ini
Nederduiischinl ligt gehragi door W. C. Dyks. — Amsterdam, B. Lakeman, 1725, 2 tomes en 1 vol. in-4.
On le trouve également sous cette forme en 4 vol. in-12. Il fut aussi traduit en allemand et s'intitvile alors :
— Reisen nach West indien oder den im Amerikanischen Meer-
liegenden Insein. Nach der neuesten Pariser Ausgabe ûher setzel auch mit nothigen Anmerkùngen ùnd vollstàndigen Begistern versehen von G. F. Casimir Schad. — Nûrnberg,
Toutes ces éditions et traductions sont accompagnées de cartes, plans et figures comme l'édition originale.
Quant à Fauteur de cet ouvrage si connu , il l'est trop luimême pour que je m'attarde à sa biographie '. Je rappellerai seulement qu'il vint aux Antilles en 1694 et y passa onze ans, entre la Martinique et la Guadeloupe, jouant bientôt dans ces deux îles un rôle qui, vu son intelligence souple et variée, aidée d'une activité infatigable, ne pouvait être médiocre et auquel les tragiques événements de la guerre de la Succession d'Espagne devaient donner une portée considérable. Son « Nouveau Voyage », écrit en Europe après son retour, est le récit de ces onze années. Mais il contient bien autre chose ! Le P. Labat
1. Jean-Baptiste Labat, frère prêcheur et missionnaire, né à Paris en 1663, entré au noviciat en 168^), curé, puis supérieur de mission, vicaire général et préfet apostoli(}ue aux Iles du Vent de 1694 à 1705, de 1706 à 1716 en Italie, puis à Paris, où il mourut en 1738. (Cf. BUjliogrnpIiie générale de IIoEFER, etc.)
OLVKAdbJS \)E SKCUNDE 31AliN : CI1AKLI<:V(>IX lo7
était un esprit curieux de toutes sortes de connaissances, une intelligence merveilleusement ouverte au monde extérieur, un de ces hommes qui ont dans le style la digression spontanée, parce que, dans la vie, il leur est impossible de voir sans regarder, d'entendre sans écouter, de percevoir, en un mot, sans apprendre et sans se sentir tout prêts à enseigner. Sans doute les renseignements recueillis par de tels hommes sont souvent superficiels et sujets à caution. Mais ils sont précieux quand même, parce qu'ils nous instruisent d'une foule de détails qu'un historien plus sérieux aurait négligés. C'est le cas pour Labat : à propos d'un ananas, d'un fait d'armes ou d'une promenade, il cite le trait de mœurs curieux ou l'anecdote inédite. L'un et l'autre sont utiles à l'historien. Labat a pu connaître encore des contemporains des Du Parquet, des Houel, des Poincj^ et par leurs enfants surtout recueillir maints détails qui ne sont pas sans valeur. Faire l'histoire des origines de nos colonies Antiliennes avec le seul Labat serait une entreprise folle, mais la tenter sans lui serait enlever à l'histoire du pittoresque et de la saveur. 11 faut donc suspecter ses récits pour tous les faits auxquels il n'a pas été mêlé i, mais il faut l'avoir lu si Ton veut se faire une idée nette des mœurs de la société des Isles au xvu^ siècle.
Beaucoup plus importante est une œuvre longtemps considérée comme une source de premier ordre pour l'histoire de Saint-Domingue, et qu'une critique toute récente a cherché à disqualifier. L'auteur et le sujet méritent que nous nous arrêtions plus longtemps à :
CiiARLEvoix (le P. de). — Histoire de Vhle Espagnole ou de S. Domingue Ecrite particulièrement sur les mémoires mss. du P. J. B. Le Pers y jésuite^ missionnaire a S. Domingue et
1. Beaucoup de contemporains ont attaqué Labat, je ne crois pas qu'on l'ait fait avec plus de violence que le P. Le Pcrs dans ses lettres inédites au P. de Gharlevoix (Bibliothèque de l'École Sainte-Geneviève, mss. Saint- Doininc/ue, I). 11 traite de « moineries » les récits de Labat, mais il n'était guère plus compétent sur ce qui nous intéresse. V. infrn.
158 soi.KCEs DE i/nisToiiU': L>i;s am'ii.ll:s fhançaisks
.sur le:s pièces oriijiiuiles (/ui se conservent nu dépôt de la nuiriue ^ — Paris, ,1. Guériii, 1732,2 vol. in-4 (vol. I, xxviij et 482 pp., 30 irnc, 7 caries, vol. II, \vi-50() pp., 30 lînc., 1 1 cartes).
On remarquera que, dès le titre, l'auteur nous indique sa source principale. Pour apprécier sa valeur historique il est donc indispensable : 1" de rechercher cette source et d'en peser la valeur ; 2*' d'examiner cjuel parti Charlevoix en a tiré dans son œuvre .
Ces principes ont été suivis déjà par un des derniers auteurs qui aient écrit sur les Antilles, M. Henri Lorin, auteur d'une thèse latine sur les flibustiers de Saint-Domingue -. M. Lorin a eu la bonne fortune de trouver à la Bibliothèque Nationale ^ un manuscrit du P. Le Pers ; et ce manusciit contient précisément une critique violente de Charlevoix ^. De Pélude de ce texte et de son rapprochement avec V Histoire de rislc Espagnole^ M. Lorin a cru devoir tirer des conclusions que nous ne pouvons adopter. Les voici :
« Le Pers, Societatis Jesu consors, multos annos degit in insula S. Dominici, a 1705 ^. Historiam illius colonise variis libellis exposuerat, multosque de quibus loquitur, ipse cognoverat. Hanc tamen operam amissam desideraremus, si Charlevoix, ejusdem Societatis consors. Le Pers manuscriptis edendis pnrpositus, offîcium paulo diligentius usurpa sset : quipj^e cjuum Charlevoix su3.m. Histoire de S^ Domingue protulisset (Parisiis, 1730- 31, 2 vol. in-4), Le Pers illam corrigere suscepit, ut nimium
1. Bibl. Nat. Lk^-, 187. On trouve des exemplaires antérieurs, conformes de titre et de composition à Tédition ci-dessus décrite, mais parus à Paris, chez Pralard, chez F'rançois Didot, etc., 17.30 ou 1731. Il existe encore une autre édition de : Amsterdam, F. L'Honoré. 4 tomes en 2 vol. in-12.