OUVRAGES DE SECONDE MAIN : LE P. MARGAT
Marine, mais ses corrections exaspérèrent le susceptible Le Pers qui au fond semble ne jamais avoir bien su ce qu'il voulait. Après la publication de l'ouvrage , publication où Gharlevoix avait fait de son mieux pour concilier sa conscience d'historien avec les exigences de Le Pers, celui-ci demanda un congé, vint en France et prépara l'édition de son livre, remanié, complété, disposé en un mot de manière à confondre Gharlevoix. Pourquoi ne le fît-il pas ? Il est permis de croire que ses supérieurs le lui interdirent après avoir pris connaissance de la correspondance échangée entre lui et Gharlevoix et du mémoire soumis par celui-ci au P. de la Neuville, supérieur de la maison des Jésuites à Paris K
Il semble qu'un autre jésuite^ le P. Margat, également missionnaire à Saint-Domingue, ait eu lui aussi l'idée d'écrire vers la même époque un ouvrage historique et descriptif sur cette île. Dans sa correspondance avec Le Pers, Gharlevoix exprimait la crainte de marcher sur les brisées de cet autre confrère '^, et en juin 1730, le Journal de Trévoux ^ annonçait que le P. Margat préparait « pour l'impression... des Mémoires Géographiques, Historiques, Physiques et Economiques de Saint-Domingue ^. » Il semble que la publication de Gharlevoix ait découragé ce père, car nous n'avons de lui sur Saint-Domingue que des lettres, assez longues et documentées, mais rudimentaires au point de vue historique, parues dans la collection des Lettres édifiantes ^ .
On remarquera d'ailleurs ici que de même qu'au xvu® siècle les chroniqueurs, de même les premiers historiens des Antilles, ont
1. Ce mémoire se trouve dans le même volume, Saint-Domingue, I.