‹ Essai sur les sources de l'histoire des Antilles françaisesChapitre 131 sur 169 · Bibl. Nat. Lk · texte numérisé non relu

Bibl. Nat. Lk

Mém. et doc. de l'Ecole des Chartes. — VI 12

178 SOURCES DE l'histoire des ANTILLES FRANÇAISES

Créole comme Dessalles, Fauteur de cet ouvrage n'a pas eu comme ce dernier la volonté de faire œuvre originale à force d'érudition. Il a ses défauts, l'amplification facile, sans avoir ses qualités estimables de recherche et de patience. Il a pu se rendre compte, et il Favoue dans sa a Causerie au Lecteur », de l'inanité de bien des sources orales, et l'on peut supposer qu'il a construit son histoire sur des bases plus solides pour ce qui concerne les périodes récentes (xviii^-xix*^ siècle). Mais, pour les origines, il ne semble pas avoir eu de sources différentes de celles qu'avaient eues Sidney Daney et bien d'autres, c'est-à-dire, avant tout. Du Tertre. D'ailleurs, il ne donne jamais aucune référence et paraît donc pouvoir être tout à fait négligé pour l'époque antérieure à 1664 (t. I, pp. 1 à 143, chap. I à XI de son ouvrage).

Margry (P.). — Origines transatlantiques : Belain d'Esnanibiic et les Normands aux Antilles, d'après des documents nou~ vellement retrouvés... — Paris, A. Faure, août 1863. In-8, TV pp. ,2 pi., 10*2 pp., l fnc. ^.

Si des hommes — toujours trop nombreux — comme Dessalles et tant d'autres, savent peu et écrivent beaucoup, il en est aussi, et Margry était de ceux-là, qui ont beaucoup fouillé, beaucoup copié, beaucoup noté, mais peu écrit. La plaquette ci-dessus est, avec deux articles cités plus loin, le seul produit du travail énorme fourni par cet érudit sur toutes les sources de l'histoire des Antilles, ou à peu près. Aucun homme n'a jamais, semble-t-il, recherché avec autant de patience et de suite tous les documents qui de près ou de loin pouvaient avoir trait à l'histoire de nos colonies antiliennes, à la généalogie de leurs principales familles et de leurs grands hommes, que sais-je encore. La Bibliothèque Nationale, qui est entrée en possession de ses papiers après sa mort, a plus de deux cents registres bourrés de copies et d'extraits de pièces originales, de notes plus ou moins laconiques, sans compter des boîtes de fiches où Margry a accumulé

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OUVRAGLOS :\IODKMM-:s DE SECONDE iMAlN 170

les faits et les remarques de toutes sortes sur notre ancienne marine et l'histoire de nos colonies K Or de tout cela, il n'est sorti presque rien, pour les Antilles du moins, car l'Amérique du Nord lui doit un volumineux ouvrage -. Et qui plus est, il est presque impossible d'en rien tirer, l'auteur n'ayant presque jamais accompagné ses notes et extraits de la moindre référence. Il faut que le hasard des recherches en nous faisant refaire le chemin parcouru par lui, nous amène à identifier telle copie ou telle citation. Il m'est possible d'affirmer que Margry a dû dépouiller non seulement presque toutes les archives des Colonies et de la Marine, mais une grande partie du fonds Amérique aux Affaires étrangères, beaucoup de manuscrits et d'imprimés de la Bibliothèque Nationale et d'autres ; il a connu également la collection des Jésuites (Ecole Sainte-Geneviève) et les archives de quelques notaires. Mais, sauf pour ces derniers, presque jamais il n'indique ses sources.

La notice sur Belain d'Esnambuc participe de ces qualités et de ces défauts : elle a été faite sans nul doute sur des documents originaux et absolument neufs ; mais à part les registres de quelques paroisses de Normandie et de quelques notaires, aucune de ces sources n'est indiquée avec exactitude. Et pourtant bien des affirmations de Margrj sont très hardies, très nouvelles et devraient être appuyées sur des documents nets et précis ! Par contre, l'auteur ne néglige pas un des petits journaux de province qui ont parlé de lui à l'occasion de la fête en l'honneur de d'Esnambuc qu'il avait provoquée à AUouville en Caux ^. C'est que cette brochure est en somme surtout une dissertation d'actualité, destinée à raj^peler aux Normands une gloire locale et à rectifier, à propos d'une fête commémorative au pays de Caux, quelques détails mal connus

1. Les papiers de Margry occupent à la Bibl. Nat. les n^^ 9256 à 9510 des Nouv. Ac({. fr. On y trouve même des originaux (9319. Cf. si/pra, p. 100).

2. Mémoires et Documenls pour servir à l'histoire des origines françaises des pays (l'on fre-mer. Paris, Maisonneuve, 1879, 1888, 6 vol. in-8.

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