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DÉCOUVERTE DES ANTILLES FRANÇAISES

Pour préciser cette histoire en ce qui concerne les Antilles, il nous suffira donc de présenter ici un choix de relations, routiers, ou recueils célèhres, où ces îles sont citées ou décrites. L'ordre chronologique des premières éditions connues de chacun de ces ouvrages permettra de dater avec quelque précision Fétat des connaissances au moment où il a été composé.

La première notion qu'ait eue TanciQU monde des terres nouvelles découvertes par Colomb se trouve dans la fameuse lettre écrite par ce dernier aux Rois Catholiques, dès son arrivée en Espagne, au printemps de l'année 1493. L'histoire de ce document et la bibliographie de ses rééditions et traductions ne sont plus à faire après les importants travaux de M. Harrisse sur ces questions'. Bornons-nous à rappeler que le plus ancien exemplaire imprimé, aujourd'hui connu, de cette célèbre relation semble être le texte espagnol imprimé s. 1. n. d. [Valladolid, 1493], in-8 qui est conservé à la Bibliothèque Ambrosienne de Milan, exemplaire unique au monde 2. Une lettre semblable adressée en même temps par Colomb à son ami Gabriel Sanchez fut bientôt traduite en latin et publiée à Rome chez l'éditeur allemand Plannk, sous la forme décrite au n^ 1 de la Biblloiheca Americana Vetiistissima, Cette édition princeps se distingue des autres par l'omission injuste du nom de la reine Isabelle et par le prénom erroné de Raphaël, donné à Sanchez, dans le titre. Elle fut reproduite ainsi à Paris, à Anvers et à Baie. Les erreurs de titre en furent bientôt rectifiées à Rome même, et les nouvelles et nombreuses éditions de cet importante relation s'intitulent généralement :

1. Christophe Colomb... Paris, Leroux, d884, iii-8, t. 11^ ch. 1, « Propagation de la Nouvelle ». Cf. Lettre de Christophe Colomb annonçant aux Rois Catholiques la découverte du nouveau monde, bibliographie de la version latine. Paris, W'elter, 1894,in-16.

2L Une autre édition espagnole paraissait en même lempsà Barcelone, infolio. Le seul exemplaire connu s'en trouve à la Bibliothèque Lenox, à New-York. Elle a été reproduite en fac-similé à Londres, chez Quaritch, 1891, in-fol., sous le titre : The Spanish Letter of Colombus,

8 SOURCES DE l'histoire DES ANTllLES FRANÇAISES

C(tL(»Mn (Chr.). — Episiola, Chn'stofori Colom : cui elas iioslra multum dehel : de Insiilis Indie supra Gangem nuper invenlis. Ad qiias perquireiidas oclavo antea mense auspiciis et ère iuvictissimi Fernandi et Helisahet Hispaniarum Regum inissus fuerat: ad inagnificum dominum Gahrielem Sanchis eorunidem serenissinwruni Regum tesaurarium missa : quani nohilis ac litteratus vir Leander de Cosco ah Hispano idiomate in lalinuni convertit : tertio K al ^ Maii M.CCCC.XCIII Pontificatus Alexandri Sexti Anno primo. — Iii-4 (4 lînc., gothique '.)

Quant à riiistoire même de Christophe Colomb, elle est à elle seule l'objet de la volumineuse et d'ailleurs médiocre Bibliografia Colomhina, citée plus haut. Bornons-nous donc à renvoyer sur ce sujet à l'ouvrage bien connu de Washington Irving : A History of the Life and Voyages of Christopher Columbus. Londres, 1828, 4 vol. in-82, et à celui de Harrisse : Christophe Colomb. Son origine^ sa vie^ ses voyages. Paris, Leroux, 1884, 2 vol. in-8. Bien que les vojag-es d'Americ Vespuce aient surtout fait connaître le continent américain, nous ne pouvons les passer sous silence tant à cause de l'immense publicité donnée à ses lettres que parce que ses découvertes ont contribué à faire envisager les Antilles comme une partie d'un nouveau monde et non comme un archipel avancé de l'Asie. Le plus ancien document émané de lui semble être la pièce décrite par Harrisse sous le n^ 22 de la Bibl. Ani. Vêtus tissima "^, et intitulée simplement :

1. B. A. r.,pp. 1-23. — Cf. Russell-Bartlett, op. cit., I, pp. 6 et ss.,etc. Un exemplaire de ce rare document se trouve conservé à Paris, à la Bibl. Nat. Réserve P 2 (exposé sons le n° 364) : Cf. Major (J,-R.), Bihliography of llic first Icilcr of (Joliimbus dcscribing his Discovenj of the New AVo/'/J, London, 1872, in-8.

2. Traduction française par Defauconprct. Paris, Gosselin, 1828, 4 vol. in-8.

3. Pp. 5o et ss. — Cf. Russell-Bartlett, pp. 20 et ss. — Cf. Bibl. Nat., Réserve Pli. Sur Americ Vespuce, voir notamment les travaux de Varnua- GEN (F. -A. de) : Atneru/o Vefipucci, Lima, 1865, petit in-fol. ; Le premier voip-Kje iVAmerigo Vespucci, Vienne, 1869, petit in-fol.; Nouvelles

[Vesvi'cci {Amerï^^o)]. — Novus Mundus. ~ S. 1. n. d. [1503?], in-4 (g'oth., 4 irnc).

Cette lettre, écrite en italien à Laurent de Médicis, a été plusieurs fois rééditée sous cette forme, puis publiée avec de nouvelles relations, notamment dans la collection de :

Hylacomylus [Waltzemuller] ^ . — Cosmocjraphiae Introdiiciio .

Insuper quatluor Americi Vespiilii uavigationes

[In fine :] fiiiitum Vil Kal. Maij anno supra millesium VI. — Saint-Dié, 1507, in-4 2.

et surtout dans celle non moins célèbre des :

— Paesi novamenle ritrovati et novo mondo da Alberico Vespiitio Florentino intiiulalo .

[In fine :J Siampato in Vicentia cum la impensa de Mgro Henrico Vicentino & diligente cura & industria de Zammaria sue fiol, nel Mccccc vij adi iij de novembre, — in-4 (titre r. et n., 6 ffnc, 120 fine, de texte -^j.

Ce recueil de voyages, le plus ancien qui ait été composé dans les temps modernes, a joui d'une vogue considérable. Attribué par les uns à Fracanzio da Montalboddo, par les autres à Alessandro Zorzi, il fut bientôt traduit en français par Mathurin du Redoiier dont le livre parut pour la première fois à Paris, 1515, in-4 4. Rappelons que le IV^ livre de cette collection est consacré aux voyages de Christophe Colomb.

Plus importantes encore sont les « Décades » de Pierre Martyr

rechercJies sur les derniers voyages du grand navigateur florentin, Vienne, 4870, petit in-fol.

1. Sur cet auteur, voir [d'Avczac :] Martin Hylacomylus Waltzemuller. Paris, Cliallamel, 1867, in-8.

2. Bibl. Nat., Réserve G 1058. — Cf. IIarrisse, B. A. V., n>^ 45, pp. 89. et ss.

3. Bibl. Nat., Réserve P 7. — Cf. Brunet, Manuel du libraire, IV, col. 1156. — Harrisse, B. a. F., pp. 96 et ss.

4. Bibl. Nat., Réserve P 8. — Cf. Brunet, ibid., col. 1159. — Harrisse, op. cit., p. 145.

10 SOURCES DE l'histoire DES A^TILLES FRANÇAISES

d'Angleria (ou d'Anghiera). La j^remière forme sous laquelle le public en ait eu connaissance est celle-ci :

Angleria (P. -Martyr d'). — P. Martyris Anffli [sic] ^ mediolanensis opéra. Legalio Bahylonica. Oceani decas. Poemala. Epifframmata. Ciim PrevUegio.

[in fine :] Impressum Hispali cum summa diligencia per Jacobum Gorumberger alemanum. Aano millesimo quingentesimo XI. Mense vero aprili. — In-fol. (74 ITnc, gothique, carte des Antilles).

Ami des grands explorateurs et conquérants de l'époque, membre lui-même du Conseil des Indes, Pierre-Martyr était mieux que personne à même de bien parler du nouveau monde- L'édition ci-dessus ne contient que la première de ses « Décades ».

11 en composa huit qui parurent ensemble pour la première fois sous le titre suivant ^ :

Angleria (P. -Martyr d'). — De Orbe Novo Pétri Martyris ab AngleriaMediolanensisprotonotariiCesarissenatoris décades. Cum privilégie imperiali. — Compluti, apud Michaelem d'Eguia, annoMDXXX. — In-fol. ;(2 ffnc, m -[- cxm ff., 3 ffnc).

Le traité suivant est l'œuvre d'un géographe de profession, hydrographe et explorateur.

Enciso (Martin Fernandez de). — Siima de geographia'que irata de todas las partidas i provincias del monda : en especial de las Indias i trata larganientedel arte del marear : Juntamente con la esphera en romance con el regimienlo del Sol i del norte : nuevamente hecha : con previlegio real.

1. Sans doute pour Angleri[iJ; le signe abréviatif de er ayant été oublié, V. Harrisse, B. a. V., p. 122. — Additions, p. 54 — Brunet, I, col. 292. — Sur cet auteur, v. la thèse de M. Mariejol, Pierre Martyr d'Anghera, sa vie et ses œuvres. Paris, 1897, in-8.

2. Bibl. Nat., Réserve P 13. — Cf. IIarrisse, B. A. V., p. 275. Sur cet auteur et sur les autres géographes de cette époque, consulter la collection : Baccolta di documeiiti e studi publicati dalla B. conunissione Colombiana pel quarto centenario délia scoperto delV America. Roma? Forzani, 1892 et ss., 6 vol. in-fol.

[in fine :] fue impressa en la nobilissima i muy leal ciudad de Sevilla por Jacobo Cromberger aleman en el afio de la encariiacion de Nuestro Seilor.de mil i quinientos i diez i nueve. — Iii-fol. (76 ffnc, gothique ^.)

Cet ouvrage est le premier traité de géographie espagnol où il soit parlé de l'Amérique. L'importance que lui donne cette circonstance est encore accrue par le fait qu'Enciso connaissait les Indes pour les avoir parcourues lui-même -. Son livre eut d'ailleurs plusieurs rééditions dont la dernière nous semble être celle qu'a entreprise M. Médina (Santiago-de-Chile, 1897, in-fol.).

OviEDo (G. F. de). — Oviedo de la nalural hystoria de las Indias. Con previlegio de la S. C. C. M.

[in fine :] Por industria de maestre Remon de Petras i

se acabo en la cibdad de Toledo a. XV. dias del mes de Hebrero de A.D. XXVI ano. — In-fol. (52 ff., 2 Ifnc, gothique ^.

Importante description qu'il ne faut pas confondre avec l'ouvrage historique d'Oviedo cité plus loin. — Chargé de hautes fonctions dans les Indes Occidentales, l'auteur semble avoir écrit cet ouvrage pour faire connaître à l'Empereur les richesses de ses lointains domaines ^. Fort importante notamment pour les Antilles, sa relation a servi de source aux écrivains postérieurs, Acosta, Nierenberg, etc.

Moins personnel, mais plus important, du moins au point de vue figuratif, est le recueil de :

BoRDONE (B.). — Libro di Benedetto Bordone nel quai si ragiona de tuile V Isole del monde con lilor nomi aniichi& nioderni^

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