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OUVRAGES RELATIFS AU CLIMAT DES ILES

et II sont relatifs à l'époque de Christophe Colomb ; le tome III, aux autres explorateurs de l'Amérique.

On peut clore cette série de collections par celle qui a été publiée récemment sous la direction de

ScnEFER. — Recueil de voyages et de documents^ pour servir à Vhisioire de la géographie depuis le XIIP jusqu'à la fin du XF//° siècle, publié sous la direction de Ch. Schefer et Henri Cordier. — Paris, E. Leroux, 1882-90. — 10 vol. gr. in-8.

On y consultera notamment pour l'Amérique les tomes III, IV, VI et VIL

§ 3. — Ouvrages relatifs aux productions des Iles.

Après les ouvrages descriptifs d'un caractère général, il convient de faire place ici à quelques traités plus spécialement relatifs soit au climat des Antilles, soit aux productions qu'elles offrent et notamment aux principales richesses végétales qui au xvii^ siècle ont provoqué l'exploitation méthodique et la colonisation définitive de ces îles, soit enfin à quelques monographies de telle ou telle de nos colonies antiliennes où l'historien peut trouver encore d'utiles renseignements.

Le climat des Iles a été l'objet d'observations et de réflexions plus ou moins judicieuses de la part de tous les voyageurs qui nous ont laissé leurs récits. En dehors des chroniques et des ouvrages généraux on pourra se reporter à la dissertation de

MoREAU DE JoNNÈs (Alex.). — Tâhlcau du climat des Antilles et des phénomènes de son influence sur les plantes, les animaux et l'espèce humaine. — Paris, Migneret, 1817, in-8 (83 pp.).

Ce mémoire, présenté à l'Académie des Sciences, est l'œuvre d'un homme qu'un séjour de quatorze ans à la Martinique joint à un esprit d'observation précise mettaient à même de faire

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d'utiles remarques. On doit à cet auteur toute une série de travaux sur la minéralogie, la faune et la flore de la Martinique ainsi qu'un

Essai sur ihijcjiène militaire aux Antilles. — Paris, 1816, in-8 ^

La question du climat des Antilles et de son influence sur la santé des Européens qui s'y établissent nous amène tout naturellement à effleurer une question dont la bibliographie complète demanderait à elle seule un volume : celle de l'origine de la syphilis et de ses rapports avec la découverte du nouveau monde. On sait en effet que ce mal a été longtemps considéré comme originaire des Antilles. Les compagnons de Christophe Colomb Tavaient, disait-on, rapporté des Terres Neuves en Espagne, puis à Naples, où, à leur retour, on les avait envoyés, sous Gonzalve de Cordoue, combattre l'invasion française conduite par Charles VII 1. Le retour de l'armée française en Italie et les guerres qui la menèrent bientôt par tous les champs de bataille de l'Europe occidentale suffisent à expliquer pourquoi les peuples terrifiés gardèrent à cette maladie, d'une violence nouvelle, le nom de mal français, alors que les Français l'appelaient eux-mêmes mal de Naples"^-. De nos jours la science moderne a cru trouver jusque dans l'antiquité la plus reculée les traces de ce mal redoutable \ auquel des circonstances mal expli-

1. On trouvera une bibliographie fort étendue des travaux de Moreau de Jonnès dans l'article rédigé sur lui, de son vivant, par Guyot de Fère pour Xdi Biographie Universelle (t. XXXVI, p. 501).

2. C'est encore au xviii*' siècle l'opinion de Labat [Nouveau Voyage, édition in-4, II, p, 120). — L'origine antilienne de la syphilis tirait pour les hommes du xvi® siècle une vraisemblance de ce fait que le bois de Gayac, ou Sainct-Bogs, panacée contre cette maladie, croissait lui-même aux Iles. Or, pensait-on, la nature porte toujours le remède à côté du mal. V., à ce propos, Léonard Schmaus: Lucubratiuncula de Morbo Gallico. — Augsburg, 1618, in-8 (décrit par Barrisse, B. A. V., Additamenia, n° 55).

3. V. notamment les travaux du D'' Buret sur la Syphilis à Ninive et à Babylone (Clermont-sur-Oise, 1892, in-8), à Herculanuin et à Pompéi {ibid.^ 1892) à l'époque féodale [ibld., 1893), etc., etc.

quées auraient seulement donné vers le temps des guerres d'Italie une virulence inconnue jusqu'alors. A ceux que tenterait Tétude de cette question, il suffit de rappeler ici que la Bibliothèque Nationale possède déjà sur les maladies vénériennes plus de huit cents ouvrages ^ et de signaler la bibliographie remarquable qu'a faite de ces matières le D^'

Pkokscii (J. K,). — Die Lilieratur ûher die venerischen Kraiikheileii von clen ersten Schriften ûher Syphilis ans deni Ende des XV. Jurhundertes Lis Eiide i 889. — Bonn, 1889- 1892. — 4 vol. in-8 2.

On se référera notamment: au tome I, pp. 195-198 : Bibliographie .^ pp. {^^-221 : Geschichte, pp. 221-2^ : Histoj^ische Zeugen und Dokumente, pp. 244-253 : Géographie '^.

Quant à la Flore que le climat tropical développe sur le sol fécond des Antilles, elle a naturellement excité de bonne heure l'attention des voyageurs, mais il vaut mieux, pour s'en faire une idée plus exacte, se reporter aux descriptions modernes, plus soignées et plus scientifiques, qu'aux chroniques primitives, parfois un peu rudimentaires. Outre les ouvrages déjà cités de du Tertre ^, Rochefort, Labat, etc., l'on consultera donc, entre autres :

Plumier (Charles). — Descriplion des plantes de V Amérique avec leurs figures par le R. P. Charles Plumier religieux minime

\. Ils sont rangés sons la cote Td'*^ i-83G.

2. T. 1, Allgemeiner Theil; t. II et III, Besonderer Theil; t. IV, Register. Cette bibliographie comporte aussi les articles de revues.

3. Outre les travaux de Buret cités plus hautsurl'origine delà syphilis, consulter encore en dehors des livres énumérés par PnoKScn : Morgan. La S. son âge et ses rapports avec l'antiquité de Vhomme. Clermont, 1893, in-8 ; PitOKSCH, Geschichte der venerischen Krankheiten, Bonn, 189o, 2 vol. in-8, etc., cf. RosENBAUM, Gcschichte der Lustseuche ini Altertunie, Q*" édition. Halle, 1893, in-8.

4. Tome II de VHistoire générale des Antilles, édition de 1067. Au point de vue descriptif surtout, cet auteur doit être préféré à Rochefort qui n'a point, comme lui, étudié lui môme sur les lieux les plantes el les animaux dont il parle. Cf. infra, chap. II, § 2.

Méin. el doc. de l'École des Charles. — ^'l 3

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— Paris, Imprimerie Royale, 1693, iti-fol. (2 fTiic, 94 pp. — cviii pi.),

Sous ce titre général c'est en effet une étude spéciale de la flore antilienne que présente cet ouvrage, résultat d'un voyage d'études fait aux Iles par l'auteur en 1689. Une refonte de ce travail, augmentée des nouvelles observations recueillies par Plumier au cours de deux autres voyages, en 1693 et 1695, fut publiée longtemps après sa mort (1704), avec des commentaires du botaniste hollandais Jean Burmann, sous le titre plus précis qui suit :

Plantariim Americanarum fasciculos X, continentes plantas quas olim Car. Plunierius delexit atque in insulis Anlillis ipse depinxit; edidit^ descriptionihus et ohservationihiis iUuslravit J. Burniannus. — Amslelodami, in Horto Medico, 1755-60, in-fol. (262 pp., 2 ffnc, 262 pL, portr. en tête du vol. — 10 parties en 1 vol.).

On pourra les comparer avec fruit aux dessins conservés à la Bibliothèque Nationale, département des Manuscrits, sous ce titre :

Plantae Antillanae. — (xNouv. acq. fr. 3539-42).

Ce recueil comporte 3 vol. grand in-folio et 1 vol. (tome IV) petit in-folio. Les tomes I, II et IV sont composés de dessins à la plume, très soignés, représentant des plantes et des animaux des Antilles. Le tome III est formé d'aquarelles et ne comprend que des plantes. L'ouvrage est anonyme, mais plusieurs dessins portent la brève et énigmatique signature : Bar. dels Guadeloupe 117 i que nous n'avons malheureusement pas encore pu identifier d'une manière satisfaisante ^

1. Peut-être faudrait-il lire : Bar. del[uiivil\ et attribuer ce travail soit à Pierre Barrère (1690-17;)3), auteur d'un Essai sur Vhlstoirc naturelle de la France Equinoxiale (Paris, 1741, in- 12), soit à J. Barré de Saint- Venant (1637-1810), planteur de Saint-Domingue et auteur d'un traité Des Colonies modernes sous la zone torride (Paris, 1802, iii-8).

On devra rapprocher de ces travaux anciens sur la flore de nos colonies antiliennes ceux entrepris par nos voisins sur des sujets semblables, et notamment Fouvrag-e de

Sloane ( H.). — Catalogusplanlarum quœ in Insula Janiaïca sponte proveniunt vel vulgo colnniur cum earumdem synonymis el locis nalalihus^ adjeclis quibusdam qufc in insuli,s Madera^ Barbados^ Nieves el Sancti Christophori nascunfur. Seu prodronii hisloriœ naluralis Jamaïcœ. — Londini, Brown, 1698, Pet. in-8, 4 ffnc, 232 pp., 22 ITnc.

première édition, ou plutôt première esquisse de l'important ouvrage suivant :

A voyage to ihc Islands Madera^ Barbados^ Nieves^ Saml- Chrislophers and Jamaïca wiih the Naiural Hislory of ihe lasl of those Islands. — London, for the author, 1707-25 (2 forts vol. in-fol., 27 i pL).

Citons enfin, pour clore cette série, l'ouvrage de

Desgolutilz (E.). — Florepiiloresqueet médicale des Antilles^ ou Histoire naturelle des plantes usuelles des colonies françaises, anglaises^ espagnoles et portugaises. — Paris, 1833, 8 vol. in-8 (600 pi. col.),

qu'il convient de préciser à l'aide du récent et savant travail de

Duss et Meckkl. — La Flore phanéroganiique des Antilles françaises (Martinique-Guadeloupe). — Paris, Challamel, in-8.

De toutes les productions végétales des Antilles, celles qui semblent avoir attiré les premières l'attention de l'Europe sont les plantes auxquelles, avec plus ou moins de raison, Ton crut dès le principe pouvoir attribuer des vertus curatives. On sait de combien de précieuses acquisitions la découverte du nouveau monde a enrichi notre thérapeutique '. Les plantes médicinales

4, V. notamment à ce sujet la dissertation de M.K. IIartwich, Die BedeutuiKj der Enldcckung von Anieriha fur die Drogenkunde. Berlin, 1802, in-8.

ne semblent pas cependant avoir tenu jamais une place importante dans le trafic des Antilles françaises. Nous nous bornons donc cl citer sur ce point la collection suivante :

Histoire des Drogues^ Espiceries et de certains medicamens simples^ qui naissent es Indes^ tant orientales que occidentales, divisée en deux parties. La première composée de trois livres: les deux premiers de M. Garde du Jardin, et le troisiesme de M. Christophle de la Coste. La seconde composée de deux livres de M. Nicolas Monard traittant de ce qui nous est apporté des Indes Occidentales, autrement appelée les lierres Neuves. Le tout fidèlement translaté en nostre vulgaire François sur la traduction latine de Clusius ; par Anthoine Colin, apothicaire de Lyon. — Lyon, Jehan Pillehotte, 1602, in-8 (7 ffnc 720 pp., 15 ffnc, fig.).

Comme son titre l'indique, cet ouvrage n'est qu'un recueil et une traduction. Les différents traités dont il est la réunion étaient déjà fort connus. En effet, le premier, œuvre de Garcia da Horta (Garcie du Jardin), avaitparupour la première foisàGoa, en portugais, dès 1563. La traduction abrégée de Charles de l Ecluse (Clusius) parut tout d'abord à Anvers en 1567 et fut rééditée en 1574, 1579, 1593. Dès 1576 il en existait une traduction italienne par Annibale Brigantl (réimprimée en 1582, 1584,1589, 1605, 1616). Le second traité, dûkChristobald'Acosta (de la Coste) est moins important et se trouve rarement séparé. 11 n'en est pas de même du livre de Nicoloso de Monardes, dont la première rédaction, publiée à Séville en 1561, s'intitule : De las drogas de las Indias. Augmenté d'une étude sur la « pierre bezaar » (1569), puis d'une seconde partie et d'un traité sur la neige (1571), il se trouve complet pour la première fois en 1574, sous ce titre :

Prima g segunda y tercerapartes de la historia médicinal de las cosas que se traen de nuestras Indias Occidentales qui sirven en Medicina. Tratado de la piedra Bezaar, y de la yerva Escuerconera. Dialogo de las grandezas del Ilierro

y de sus virtudes médicinales. Tratado de la Nieve y del Lever frio. — Sevilla, Alonso Escrivano, 1574, in-i, 5 irnc, 206 ff., 1 ffnc, f\g.

Traduit directement en italien par Annibale Briganti en 1575, cet ouvrage le fut en latin par Ch. de l'Ecluse en 1579. A partir de cette date on le trouve en général réuni aux traités d\\costa,de Horta et quelquefois à d'autres, également mis en latin 23ar Glusius. Le premier en date de ces recueils semble celui qui fut édité par Plantin en 1582. C'est l'un d'eux que traduisit Colin et qui 23arut pour la première fois en français sous la forme ci-dessus décrite. Il en existe une deuxième édition également publiée à Lyon en 1619; elle contient notamment, en outre des traités qui composent la première, un traité du baume d'Arabie j)ar Alpin K

Si les ouvrages médicinaux de cette époque n'ont en somme guère d'intérêt au point de vue des Antilles, il n'en est pas de même de ceux qui traitent du tabac. L'usage de cette plante, pris par les premiers explorateurs espagnols aux indigènes des Grandes Antilles, a eu sur la destinée des colonies européennes dans ces parages une telle influence, il a d'autre part excité en Europe tant de détracteurs et de défenseurs passionnés, il a en somme pris une telle place dans les habitudes de la vie moderne qu'on ne peut se désintéresser ici de la littérature qu'il a fait naître. Cette littérature, dans la période contemporaine de nos premiers établissements aux Indes occidentales, éclaire en effet l'historien sur l'importance qu'avait prise dès le début du wif siècle le besoin factice créé dans l'Europe par cette mode singulière ; importance assez forte, il ne faut pas l'oublier, pour avoir provoqué à elle seule la fondation des colonies anglaises

I. On peut rapprocher de ce recueil les compilations faites sous le môme temps par divers auteurs, surtout des Allemands, telles que celle de GuiLiELMus Piso : Historia naturalis Brasiliœ. Lug^d. Batavorum, 1648, in-fol. (édition augmentée sous le titre : De Indiœ uiriusque re naturali et meclica lihri quatuordeciin. Amsterdam, 1658, in-4).

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et françaises auK Iles du Vent et avoir permis aux premiers colons de ces îles dy réaliser des fortunes. Il s'est trouvé nombre de collectionneurs recherchant les ouvrages relatifs au tabac et à ses usages. Les catalogues de vente de ces collections forment donc des bibliographies du sujet; mais ils ne sont pas si fréquents qu'on pourrait le croire. Citons le catalogue officinal de Dufossé sur le tabac, le café, les cultures coloniales, déjà mentionné plus haut \ et l'inventaire de

Bragge. — Bibliotheca, Nicoliaiia : A catalogue of hooks about Tohacco^ together with a catalogue of objects connecled ivith ihe use of tobacco in ail ils forms^ collected by William Bragge, F. S. A. — Birmingham, 1880, gr. in-8(248 pp., 2 fînc, 8pp.j.

Ce catalogue qui ne comprend que les livres et objets réunis par l'auteur dans sa collection, comporte en fait de livres 409 numéros assez soigneusement décrits et rangés chronologiquement de 1547 à 1879. Cette liste est donc loin d'être complète. Sans avoir la prétention de l'être davantage, nous nous bornerons à signaler ici une douzaine d'opuscules intéressants pour l'époque qui nous occupe :

EvERART (Aegidius). — De herba panacea quam alii tabacum alii petum aut Nicotianam vocani brevis commeniariolus . Compendiosa narratio seu tractatus de usu j'adicis Mechoacan. Galeni libellus de Theriaca adPisonem : Galeni de antidolis. — Antverpiae, apud Joannem Bellerum, 1587, in-12 (fnc, 334 pp.).

Neander (Joh .). — Tabacologia, hoc est Tabaci seu Nicotianœ descriptio medico-chirurgico-pharmaceutica veleius preparaiio et usus in omnibus corporis humani incommodis.,, — Ludg. Batavorum, ex Officina Isaaci Elzevier, 1622, in-4 (18fFnc.,236 pp., 2 ffnc.,9 pi.).

Il existe une édition semblable mais avec titre gravé et 20 iTnc

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