PAMPHLETS ÉTRANGERS
en vertu desquels les Espagnols prétendaient avoir le droit de traiter en pirates tous les Européens trouvés au delà des tropiques, non moins que la manière dont ils appliquèrent parfois ces principes aux colonies européennes naissant en ces parages. On trouvera plus loin i quelques textes diplomatiques qui éclairent cette histoire. Mais Ton sait déjà qu'à cette lutte sans merci entre galions et navires interlopes correspondait dans le monde des idées une polémique non moins ardente entre partisans du monopole commercial et défenseurs de la libre navigation par toutes les mers. Dès 1608 le célèbre Usselincx -, le principal fondateur delà Compagnie hollandaise des Indes Occidentales, revendiquait pour ses concitoyens le droit de trafiquer aux Indes et il démontrait en même temps l'indubitable source de profits que serait pour eux ce trafic dans un pamphlet retentissant :
Usselincx (Willem). — Vertoogh^ hoe nootwendich mit ende profijtelîck het sy voor de Vereenighde Nederlanden te bchoiiden de Vryheyt van te handelen op West Indien. Inden vrede metten Coninck van Spaignen. — S. 1. n. d., in-4 (10 Ifnc, gothique).
La même année, ce pamphlet, traduit en français, paraissait à La Rochelle où ses théories libérales ne devaient pas manquer d'être bien accueillies ^. L'année suivante les mêmes idées inspiraient le traité plus célèbre encore de
Grotius. — Mare liberum, sive de jure qiiod Balavis compelit ad indicana coniniercia dissertatio. — Lugduni Batavorum, ex