‹ Essai sur les sources de l'histoire des Antilles françaisesChapitre 58 sur 169 · Bibl. Nat, Inv. M · texte numérisé non relu

Bibl. Nat, Inv. M

72 SOURCES DE l'histoire DES ANTILLES FRANÇAISES

de Bihlioiheek der Rijks-Universiteit te Leiden. — S^ Gravenhage, 1882-84, 2 vol. in-4.

Cet inventaire, précédé d'une étude d'ensemble des deux grandes collections étudiées, énumère les opuscules dans Tordre chronologique ; le tome J va de 1500 à 1648, le tome II de 1649 h 1702. L'absence d'index de noms propres ou de matières allonge les recherches, que facilite un peu cependant le soin mis par l'auteur à résumer autant que possible chaque page dans son titre courant.

Knuttel (D^ W. p. C). — Catalogus van de Pamfletten-Verzaineling Berustende in de Koninklijke Bibliotheek hewerkt, met aanteckeningen en een Register der Schrijvers voorzîen. — S' Gravenhagen, 1889, in-4.

L'ordre adopté dans ce répertoire est également l'ordre chronologique; le premier fascicule (Eerste Deel, eerste stuk) va de 1486 à 1620 ; le second (Eerste-Deel, twcede stuk) va de 1621 à 1648. Un index alphabétique de noms d'auteurs complète utilement ce recueil. Ajoutons que ces deux inventaires, si soignés, si considérables qu'ils soient, ne prétendent pasdépasser le cadre, large d'ailleurs, des bibliothèques pour lesquels ils ont été faits. Ils ne sauraient donc absolument dispenser qui veut être complet de recourir à d'autres bibliographies ^ et notamment au travail plus ancien, mais encore si estimable de

AsiiER (G. M.). — A Bihliographical and Historical Essay on the Dutch Books and Pamphlets relating to Neiv Netherland and to the Dutch West-India Company and to its possessions in Brazil^ Angola, etc., and also on the maps, arts, etc., of New Netherland, with fac-similé. — Amsterdam, 1854-67, in-4.

\. Par exemple aux catalogues de la librairie Muller, d'Amsterdam, cités plus haut, dans V Introduction.

CHRONIQUES FRANÇAISES DU XVll® SIÈCLE 73

§ 2. — Critique des sources de première main françaises.

Les sources narratives françaises, contemporaines des faits qu'elles nous font connaître et ayant, comme telles, pour nous la valeur de documents «vécus», sont de deux sortes. Les unes sont des pièces plus ou moins longues, plus ou moins importantes, destinées à faire connaître au public tel ou tel événement notable ou à renseigner tel ou tel personnage officiel sur un événement quelconque. Les autres sont des chroniques au vrai sens du mot, dans lesquelles leurs auteurs ont rapporté, en partie de mémoire, en partie d'après des témoignages recueillis par eux, la suite des faits qui ont précédé, accompagné, quelquefois même suivi le séjour plus ou moins long quils ont fait dans telle ou telle colonie française des « Isles ».

A la première catégorie appartiennent les mémoires ou rapports que Ton trouve dans les fonds des archives des Affaires Étrangères ou des Colonies en nombre de plus en plus considérable à mesure que Ton s'avance dans le xvii^ siècle. Pour l'époque des origines de nos colonies antiliennes, un seul document de ce genre me semble, par Timportance des événements qu'il rapporte non moins que par sa longueur, digne d'une étude spéciale comme source narrative. Plus rares encore sont pour l'histoire des Antilles dans la période qui nous occupe les documents fournis par cette informatrice nouvelle, aussi précieuse que redoutable à l'historien : la presse périodique . Nous les examinerons à leur date.

Les chroniques par contre sont de beaucoup les sources les plus importantes de cette époque. Or ellesont en général, quelque soit leur lieu d'origine ou la date à laquelle elles aient été rédigées, un trait commun qui les caractérise : elles ont toutes pour auteur des missionnaires^. De même en efPet que dans la société

1. La relation de Coppier(v. infra, p. 85) fait seule exception à cette loi, mais elle ne l'infirme pas.

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primitive du niojen âge, les clercs, représentant les seuls éléments cultivés, devaient seuls pouvoir nous transmettre la chronique des temps dont ils étaient les contemporains, de même dans les sociétés rudimentaires qu'étaient encore nos colonies antiliennes avant l'époque de Colbert, les clercs seuls — ici, les missionnaires — possédaient une culture suffisante pour pouvoir être les annalistes des âges héroïques qu'ils traversaient. De plus, ces missionnaires étaient presque tous des religieux de ces ordres actifs qui colonisèrent « spirituellement » les Antilles : Capucins, Jacobins, Carmes et Jésuites. Deux seulement font exception ; mais l'un, Biet, s'intitule encore « prêtre missionnaire », et Tautre, Rochefort, est un ministre protestant fort zélé, qui du reste écrit sur des documents à lui fournis par des religieux catholiques ^ On peut donc dire en toute sincérité qu'ils confirment la règle.

Connaissant leurs auteurs, on ne sera donc pas surpris que ces chroniques primitives aient des caractères communs et comme un air de famille qui les distingue. Ce sont en général des récits de voyage et de séjour, écrits au retour des « Isles » par l'un de ces religieux, soucieux de satisfaire la curiosité de ses amis pour ces lointains pays dont on contait encore tant d'étranges choses et, en même temps, de travailler encore à l'édification des âmes en rapportant avec soin les conversions opérées sous ses yeux, tant parmi les colons que parmi les sauvages. Aussi ne faut-il pas s'étonner outre mesure de trouver dans ces récits une naïveté, une fraîcheur, même un souci du merveilleux qui surprend un peu dans le siècle de Descartes. La nature luxuriante et le mirage des régions tropicales n'y prêtaient-ils pas ? Tel qui eût raisonné fort sensément entre la porte du Louvre et la porte Saint- Denis était disposé à voir des merveilles un peu partout lorsqu^il avait franchi (( les amitiés ». Le lecteur, né Français, restait-il

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