‹ Essai sur les sources de l'histoire des Antilles françaisesChapitre 63 sur 169 · Bibl. Nat. L^2k · texte numérisé non relu

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80 SOURCES DE l'histoire DES ANTILLES FRANÇAISES

Si les renseignements du P. Sommervogel sont exacts (et on a lieu de le croire, bien qu'il ne cite pas de source précise) le P. Bouton ne serait donc pas à proprement parler un apôtre des Antilles. Il n'aurait passé que fort peu de temps à la Martinique. Son ouvrage ayant paru en octobre 1640, et en admettant qu'il ait mis six semaines ou deux mois à son voyage de retour (ce qui était alors la durée moyenne), nous pouvons conclure qu'il avait quitté la Martinique vers juin ou juillet. Or il nous apprend luimême(chap. I,p. 1) qu'il avait quitté Nantes le 25 novembre et il n'arriva en la Martinique que» le Vendredi saint ». Si donc nous acceptons la date de 1640 que donne le P. Sommervogel i, nous sommes amenés à conclure que le P. Bouton ne passa guère à la Martinique que trois mois. Si au contraire nous prenons 1638 pour date de son départ pour les Antilles, c'est quinze mois qu'il y aurait passés au total. L'une et l'autre hypothèse concordent avec les dires de l'auteur qui avoue n'avoir passé à la Martinique que (( quelques mois » (Dédicace).

Quoi qu'il en soit, ce premier chroniqueur de notre colonisation aux Antilles n'était pas lui-même un colonisateur. Les papiers des Jésuites de Paris n'ont rien fourni qui permît de conjecturei' 1;a raison de son voyage aux Isles ni celle de son prompt retour -. Mais, en revanche, le P. Bouton lui-même nousapprend ce qui l'a poussé à publier la Relation de son voyage et de ce qu'il avait pu voir dans notre colonie. En dédiant son livre aux Seigneurs de la Compagnie des Isles, il prétend faire quelque chose pour leur service et n'écrire que pour leur (( contentement et satisfaction ». A l'entendre, il semble même qu'il aurait « repassé les mers » pour « donner au public ce petit narré » sous le nom de

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