‹ Essai sur les sources de l'histoire des Antilles françaisesChapitre 64 sur 169 · Au moins pour V arrivée à la Martinique · texte numérisé non relu

Au moins pour V arrivée à la Martinique

2. Plus fécondes seraient peut-être des recherches faites à Rome, au Gesù et à la Propagande ; mais on sait que l'accès de ces archives est fort difficile. Du Tertre (I, p. 118) dit que la mission des Jésuites à la Martinique fut fondée par les PP. Bouton et Hempteau, à la demande de Du Parquet, appuyée par le président Fouquet. 11 parle aussi des succès remportés dans son ministère par le P. Bouton, « homme de mérite et excellent prédicateur » ; mais il ne dit ni la cause, ni la date de son retour.

la Compag-nie^. Sa relation emprunte donc à ces protecteurs un caractère quasi- officiel. On sait quel rôle important les Fouquet, père et fils, ont joué dans ces premières compagnies du temps de Richelieu - ; on sait par ailleurs qu'ils se sont partout montrés les zélés protecteurs des religieux et des missionnaires : il est permis de supposer que Fun d'eux ^ fut l'instigateur de la «Relation » du P. Bouton. Quoiqu'il en soit le bon père eut à écrire autant que possible en entrant dans les vues de la Compagnie des Isles. Celle-ci était, dès KHO, assez décriée : les lamentables insuccès de la Guadeloupe, la mort d'Enambuc remplacé par un homme autoritaire et difficile à diriger, l'esprit factieux qui commençait à s'insinuer aux colonies et devait y amener tant de troul)les, tout cela devait faire désirer à la Compagnie de voir le public favorablement informé de son administration non moins que des richesses de ses domaines. C est ce qu'eut à faire le P. Bouton, et nous devons le louer de ce qu'en de telles circonstances il ait encore su conserver une indépendance relative. Sa Relation est sans doute une apologie de la Compagnie des Isles et de ses officiers; c'est aussi un manuel de renseignements et de conseils pour le nouveau colon; mais c'est encore l'expression discrète des desiderata des vieux habitants: «... Il vous est important — dit-il aux SS. de la Compagnie dans sa préface — il vous est imjDortant qu'on sache que vous en avez tant fait par le passé et voulez tant faire cy-après en ces pays que ceux qui les décrient pour n'y avoir pas trouvé leur compte ne les blâment pas si iustement qu'on peut et doit blâmer leurs fautes et malversations, véritables causes du désordre ou ils se trouvent. Il vous est aussy important que les autres qui y veulent aller apprennent qu'ils peuvent

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