CHRONIQUEURS FRANÇAIS I GUILLAUME COPPIEK
titre ci-dessus. Le P. Breton lui-même nous apprend qu'elle était en latin et comportait, outre dix chapitres sur les sauvages, le récit des faits survenus à la Guadeloupe de 1635 à 1643 K II est très regrettable que nous ne possédions pas cette relation, car elle est non seulement la première en date de toutes celles qui émanent des dominicains de la Guadeloupe, mais encore celle qui a servi de base à toutes les autres ~, notamment au P. Mathias Du Puis, au P. Du Tertre et même à Rochefort. Il semble qu'après avoir été présenté au P. Turc, le manuscrit du P. Breton dut être remis à son auteur ^ qui le possédait encore en 1665 ^. A cette date, le vaillant missionnaire, chassé de la Guadeloupe par le sieur Houel dès 1654, vivait en France dans l'observance plus stricte de la a congrégation de Saint-Louis ^ », et en publiant ses laborieuses études sur la langue des Caraïbes jugeait, avec le sang-froid d'une expérience longue et chèrement acquise, les œuvres où d'autres avaient depuis vingt ans brodé sur l'histoire des Antilles, d'après le fond primitif ^^ fourni par lui-même. Son récit original devait avoir la sincérité sans rhétorique d'une histoire vécue par un homme d'action, et écrite par un savant probe et modeste, et il faut espérer qu'un heureux hasard le fera découvrir quelque jour.
L'ordre chronologique appelle ici un petit livre assez rare et des plus singuliers tant par lui-même que par l'extravagante personnalité de son auteur :
CoppiER (Guillaume). — Histoire | et | voyage | des | Indes Occidentales | Et de plusieurs autres Régions maritimes et