Mathieu, né le 9 mars 1605, ibid., f. 142 v», n
5. Longtemps après il en parle encore avec horreur dans son traité de la, mer Oceane,
88 SOURCES DE l'histoire DES ANTILLES FRANÇAISES
monté dans une belle Rattache nommée la Cardinale» ^ Il était seul Lyonnais parmi six cents émigrants, Picards, Bretons ou Normands, entassés pitoyablement, nourris plus mal encore et dont la plupart devait mourir de misère en arrivant aux Isles. Simple engagé, et comme tel soumis aux plus durs travaux, tel qu'un esclave, Goppier survécut pourtant, fit ses trois ans à Saint-Christophe, cultivant le petun ou tournant la tortue ''^ et prit part à la défense de l'île contre Don Fadrique de Tolède en 1629. Son récit vient donc ici compléter ou rectifier les deux relations que nous avons de ces événements -^ Réfugié à Saint-Martin, puis revenu à Saint-Christophe avec le navire du capitaine Giron, notre Lyonnais fut 15 à 16 mois retenu en otage par les Anglais qui de leur coté nous avaient confié un de leurs officiers, nommé JefTerson, pour affirmer la bonne intelligence entre les colonies voisines '^. Mais bientôt, dégoûté de la vie coloniale, Coppier ne songeait guère qu'à récolter le plus de de petun possible pour rentrer riche en France. Avec vingt-huit autres Français il affrétait un navire anglais la Marle-Irlandoiso \ mais, poursuivi par des corsaires près des Açores, rejeté parla tempête sur les cotes de Terre-Neuve et du Canada, il n'abordait qu'après de longs mois aux côtes de ITrlande. Là encore sa mauvaise étoile l'empêchait de se défaire de sa cargaison de tabac et il dut prendre le parti d'acheter le navire qu'il montait et d'aller croiser vers le nord ^* (peut-être pour vendre son petun en Allemagne?). Il semble que la fortune lui sou rît alors, quand un événement funeste, sur lequel il ne s'explique point, vint lui faire perdre le fruit de tant de labeur comme il arri-
\. Du Tertrk parle de ce lamentable voyage (édition de 1GG7, t. I, p. 15), et date le départ du 24 février 1627.
2. Histoire et Voyage des Indes Occidentales, préface et livre premier, pp. 30 et ss.
3. Du Tertre, op. cit., et lems. des Archives des Affaires étrangères, cité supra, p. 76.