‹ Essai sur les sources de l'histoire des Antilles françaisesChapitre 71 sur 169 · Hjid., pp. liil · texte numérisé non relu

Hjid., pp. liil

CIIRONIQUEUKS FRANCIAIS ! GIILLAUIVIE COPPIER 89

vait sur les côtes de Normandie. « Naufrag-ium in portu! » est la seule exclamation pleine de réticences qui clôt le récit de ses aventures K Fit-il réellement naufrage? son navire fut-il saisi par des créanciers ou confisqué pour n'être pas en règle avec les juridictions maritimes de Tépoque? Le jeune clerc lyonnais devenu à son corps défendant, tour à tour colon et planteur, puis capitaine de marine, n'avait-il point été quelque peu forban et n'eut- il pas quelque mésaventure avec la justice de son pays? Toutes les hypothèses sont permises devant le silence singulier de l'auteur. Une seule chose semble certaine c'est que notre aventurier, revenu pauvre à Lyon ~ et n'y trouvant sans doute pas la vie facile, repartit de nouveau pour les Antilles en 1646 '^. Il n'était plus évidemment sans ressources, puisqu'il pouvait alors armer pour son compte « dans Nantes en Bretagne... un vaisseau nommé r Armand ^. Il s'était sans doute associé à un ancien maître des comptes de Nantes, le sieur Du Goudray, pour mener une colonie à la Martinique. Du moins savons-nous qu'il habita cette île plusieurs années « et ce sur le morne aux bœufs proche la case du sieur du Coudre... ^)) Il est également permis de croire que les affaires de Guillaume Goppier prospérèrent dès lors suffisamment pour lui permettre de revenir finir ses jours dans sa ville natale. L'histoire de nos colonies n'est pas sans exemples de ces simples engagés, arrivés aux Isles « avec une chemise et un calleçon de toille » et qui en quelques années parvenaient à amasser

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