‹ Essai sur les sources de l'histoire des Antilles françaisesChapitre 89 sur 169 · V. le titre complet et la description, infra, p. 12i · texte numérisé non relu

V. le titre complet et la description, infra, p. 12i

3. QuÉïiF et EciiARD, Scj'iplores ordinis Prœdicatorum, II, 713.

Mém. et doc. de l'École des Chartes. — VI

H 4 SOURCES DE l'histoire DES ANTILLES FRANÇAISES

Timpression bien des passages qui paraissaient trop sincères pour ne pas déplaire aux puissants du jour '. Du Tertre, du reste, ne s'en cache pas dans sa préface, et sa franchise nous est une garantie de plus de son imjDartialité et du soin qu'il mit à puiser ses renseignements aux meilleures sources. Il n'était pas à Paris lorsque parut cette deuxième partie de son Histoire et son éloignement l'empêcha d'en surveiller comme il l'eût voulu l'impression. Il ne revint au noviciat de la rue Saint-IIonoré qu'en 1683, et les auteurs des Scriptoi^cs nous apprennent qu'il y mourut en 1687, âgé de 77 ans.

Caractère du P. Du Tertre. — Telle fut la vie, singulièrement remplie, de cet homme d'action, qui fut en outre un homme d'étude consciencieux et peut-être même un m^^stique. L'ancien corsaire, l'ancien soldat de Guillaume d'Orange a laissé autre chose, en effet, que l'histoire des Antilles qui nous occupe. Il fut hagiographe à ses heures, et on lui doit une Vie de sainte Austreherte, vierge, publiée à Paris en 1651), in-12. Il est intéressant, pour qui étudie soigneusement ces chroniqueurs des Antilles, de rapprocher la rude vie d'aventures des missionnaires aux Isles et les paisibles études théologiques qui font leurs délices en France. Le P. Armand de la Paix, le P. de la Mare, tant d'autres que la fièvre et le surmenage devaient abattre pour toujours sur les côtes brûlantes des Indes, étaient à Paris des dialecticiens célèbres pour leurs controverses ou des prédicateurs fameux pour leur « onction ». Comme eux, le défenseur de Thoisj, le mandataire de Gérillac savait redevenir moine et célébrer comme il convient la naissance royale et l'humble dévotion de la fille de Badefroy, non moins que la sagesse profonde et les vertus exemplaires de l'abbesse de Pavilly.

Le P. Du Tertre, en elfet, était une intelligence souple éclairant une âme jeune, affectueuse, souriante et indomptablement brave. Il avait plus de pitié que les hommes de son temps. Le sort

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