Essai sur les symptomes protubérantiels de la méningite tuberculeuse
Deux notions importantes nous ont guidé dans cette étude. La première est un principe de pathologie générale du système nerveux que nous avons entendu formuler à la Salpêtrière par M. le professeur Charcot, La deuxième est un fait d'observation très-simple, un contraste entre les données de l'anatomie pathologique et la physiologie pathologique de la méningite tuberculeuse, telle qu'on la trouve consignée chez les classiques.
Un caractère commun aux maladies de l'encéphale et de la moelle est de présenter d'une part une uniformité presque absolue dans les symptômes, d'autre part la multiplicité et la variété la plus grande des lésions et des types cliniques. Il y a dans les procédés de la pathologie, ce qu'on voit en musique. Avec sept notes on a pu produire les airs les plus variés. Avec un nombre limité de symptômes, qu'on retrouve dans toutes les maladies du sysème nerveux, combinés de différentes façons, la nature a pu produire les formes cliniques les plus variées.
La méningite tuberculeuse ne fait pas exception à cette règle. C'est grâce à elle que nous avons pu reconnaître certains symptômes à peine indiqués dans les traités de pathologie, tels que la déviation conjuguée des yeux; la rotation de la tête; les troubles de sensibilité, certaines attitudes fixes, etc., qui sont ici, comme dans les cas d'hémorrhagie cérébrale pour les deux premiers symptômes, comme chez les hystériques pour le dernier, l'expression univoque de lésions diverses d'un seul et même organe.
L'étude de la méningite tuberculeuse ne peut donc que profiter d'un rapprochement, d'une comparaison entre ses
symptômes et ceux des autres maladies du système nerveux. Et réciproquement la pathologie du système nerveux peut profiter des études faites sur la méningite : Je n'en veux d'autres preuves que les remarquables travaux de de MM. Rendu (1) et Landouzy.
Mais ces auteurs ont étudié des faits presque exceptionnels. Les hémiplégies qu'on puisse sûrement rattacher à une lésion du corps strié (Rendu), ou à une lésion corticale (Landouzy) (2), sont dans l'histoire de la méningite tuberculeuse des symptômes intéressants mais non pas des symptômes vulgaires.
Ce qui est vrai pour les symptômes est vrai pour les lésions. On sait depuis longtemps que la méningite tuberculeuse est en général une méningite basilaire. Il faut ajouter qu'elle occupe le plus souvent la région de la protubérance et des pédoncules, et plus rarement la région bulbaire.
Dès lors comment ne pas s'étonner du silence des auteurs à ce sujet? Il semble que la protubérance soit indifférente aux lésions dont elle est le siège, qu'elle n'ait pas de langage propre, individuel ; n'est-ce pas plutôt que les symptômes protubérantiels ne se présentent pas d'euxmêmes à l'observateur ; celui-ci doit les chercher et les rattacher à leur véritable origine. Il y a donc sur ce point une lacune à combler.
Nous ne pouvons entrer en matière sans remercier tout d'abord notre vénéré maître M. Bergeron, dont nous avons pu hautement apprécier les enseignements et la bienveil-
(1) Rendu Recherches sur les paralysies liées à la méningite tuberculeuse, 1873.
("2) Landouzy. Contribution à l'étude des convulsions et paralysies liées aux méningo- encéphalites fronto-pariétales. Thèse de Paris 1876,
lance pendant notre année d'internat, et qui a dicté luimême une partie des observations contenues dans ce travail.
Nous devons aussi des remerciements à IVl. le D'G. Noël qui a bien voulu nous diriger dans nos expériences.
in 2010 witii funding from
Open Knowledge Gommons and Harvard Médical School
http://www.archive.org/details/essaisurlessymptOOdrey