‹ Essai sur les températures locales dans les affections chirurgicalesChapitre 1 sur 4 · SUR · texte numérisé non relu

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La thermométrie locale déjà appliquée depuis un certain nombre d'années, mais à de rares intervalles et presque exclusivement aux recherches physiologiques, semble, depuis deux ans, vouloir se faire aussi dans la clinique la place qu'elle avait su se créer dans la physiologie expérimentale.

Toutefois, les observations assez peu nombreuses (au moins celles qui ont paru) dans lesquelles ce nouvel élément a été utilisé pour venir en aide au diagnostic, ressortissent, pour la plupart, ou domaine de la pathoogie inte rne.

Frappé de co fait, et persuadé que les aQ'eclions chi-

rurgicales, souvent palpables, souvent sensibles à l'œil nu, pouvaient, plus que des lésions viscérales profondes, présenter sous le rapport des températures locales, des particularités tout au moins intéressantes, sinon utiles dans tous les cas, M. le D"" Terrillon, en prenant à la Pitié, pendant les vacances, le service de M. le professeur Verneuil, voulut nous confier le soin d'assurer, de confirmer ses prévisions, et de tirer les conclusions pratiques des faits observés,

En acceptant cette tâche, nous avions calculé les avantages de ce travail, non les difficultés.

Les avantag-es découlaient de l'originalité relative du sujet, du grand nombre d'observations personnelles que nous allions être obligé de suivre, de la nécessité oiî nous nous trouvions de guetter, pour ainsi dire, l'arrivée des nouveaux malades, avant qu'aucune application topique, aucune opération ne fussent intervenues.

Les difficultés, insensibles au début, se sont dévoilées par la suite, alors que quelques conseils, quelques encouragements eussent été nécessaires.

Nous étions, après deux mois de labeur, près d'abandonner notre sujet, lorsqu'à ce moment M. le D*" P. Redard nous est fort à propos venu en aide. M. le D'" P. Redard, dont nous ignorions les travaux, a recueilli dans ces deux dernières années, au moyen d'appareils thermo-électriques spéciaux, un nombre considérable d'observations sur les sujets les plus variés. Ces observations prises plutôt à un point de vue scientifique, il nous semble, et dont un petit nombre a été publié, paraîtront prochainement en un volume qui fera, sans

nul doute, autorité dans la matière. C'était donc pour nous une bonne fortune que de pouvoir parler de notre sujet avec quelqu'un qui s'y intéressât, qui en connût les détails et la critique.

Nous avons depuis lors observé plusieurs fois en commun, et sauf deux au trois exceptions, de nos recherches faites avec deux appareils différents, les unes ont confirmé les autres.

Notre étude personnelle, n'embrassant une période que de quatre mois, ne s'est pas bornée à une ou deux lésions. Plusieurs années passées dans un même service, ou le parcours quotidien des divers hôpitaux pendant quelques mois eussent été nécessaires pour un travail de ce genre. Nos visées étaient plus modestes.

Suivant le conseil de M. Terrillon, nous nous sommes arrêté sur les tumeurs, les ecchymoses, les contusions, etc., en un mot, surtout ce qui paraissait justiciable d'une application thermométrique. Nous avons pu ainsi recueillir une certaine quantité de faits, dont la moitié environ, ayant trait à des lésions diverses s'étant présentées une seule fois, ne nous permettra d'établir que des données. Quant à l'autre moitié, concernant des affections assez fréquentes et qui se sont, pour cette raison, présentées au moins deux fois, nous avons pu, avec l'excellent concours des quelques observations de M. Redard y créer des groupes et en tirer des conclusions.

Chemin faisant, nous avons noté un assez grand nombre de remarques de thermométrie physiologique tant

normale que pathologique ; elles seront relevées à la suite des divers groupes auxquels elles se rattachent.

On nous reprochera peut-être avec quelque raison de n'avoir pas suffisamment suivi nos observations ni contrôlé plus souvent nos premières explorations. C'est là un défaut dont l'inconvénient nous est apparu au dernier moment, mais auquel il était, dès lors, difficile de remédier. Les expérimentateurs qui viendront après nous devront se garder contre cet écueil né de notre inexpérience.

De ces quelques explications se dégagent les réflexions suivantes :

Notre travail, travail d'essai, avait pour but de jeter à travers un champ d'étude peu exploré jusqu'ici, un certain nombre de jalons dont la position devait être, nous l'espérions, vérifiée et acceptée dans la suite.

Nous nous étions avancé dans cette voie, parce qu'on nous y avait fait entrevoir la possibilité d'y découvrir, pour certaines affections chirurgicales, un nouvel élément utile au pronostic^ au diagnostic et au traitement.

C'est un résultat que, malgré nos efforts, nous n'avons qu'imparfaitement obtenu.

Nous adressons 'toutefois nos remerciements à notre excellent maître M. le D"" Terrillon, à qui nous devons le sujet de cette thèse, et à M. le D"" Redard dont les conseils nous ont éLo si précieux, et dont les notes détachées de son prochain ouvrage, et qu'il nous a autorisé à publier par anticipation, donnent à notre travail un poids qu'il n'eûl sans doute pas acquis par lui-même.

Historique.

Les travaux relatifs à la thermométrie locale appliquée à la clinique, qui ont paru jusqu'à ce jour ne portent que sur un très petit nombre d'affections.

Deux thèses faites sous l'inspiration de M. le professeur Peter et ayant pour sujet, l'une : Des températures morbides locales dans les diverses périodes de la tuberculose pulmonaire {Bdignens. Th. de Paris, janvier 1879); l'autre : Températures locales dans la chlorose et la tuberculose au début. — Diagnostic différentiel (Forest, Th. de Paris, mai 1880), nous donnent les noms des divers auteurs qui ont traité ce sujet et les résultats par eux obtenus.

Au siècle dernier, Hunter prit la température sur une hydrocèle après ponction et injection. Il trouva 3 à 4 degrés Réaumur d'élévation.

Dans les premières années de ce siècle, Davy appliqua le thermomètre sur des régions du corps s'éloignant de plus en plus du cœur. 11 trouva un écart de 4 degrés \ /2 entre la température de l'aisselle et celle de la plante du pied de l'homme.

A une époque plus rapprochée de nous, Becquerel et Breschet appliquèrent de même le thermomètre dans plusieurs cas d'adénite aiguë, ils obtinrent des résultats identiques à ceux de Hunter.

Billroth établit, d'après un certain nombre d'observations, que la température des parties enflammées est toujours inférieure à la température générale.

Huppert également, dans des travaux publiés en 1873

Ces conclusions ont été reprises dans les deux thèses citées plus haut, par deux de ses élèves qui en ont tiré des indications rationnelles quoique très contestées, pour le diagnostic des cavernes pulmonaires (Th. de Bagneris) et pour le diagnostic différentiel de la chlorose et de la tuberculose au début (Th. de Forest).

En 1878, M. Voisin, à la Salpêtrière, déduisit d'un certain nombre de faits, que, dans le délire maniaque, à quelque folie qu'il appartienne, il y avait toujours élévation de la température locale prise sur la boîte crânienne; mais la seconde partie de ses conclusions se trouve en désaccord avec celles de Billroth, John Simon et Huppert. En effet, M. Voisin a trouvé dans certains cas la température locale supérieure à la température générale ; ce que n'avaient jamais observé les auteurs précités.

En 1879, Lombard en Angleterre, publia sur les températures cérébrales, considérées à l'état de repos et d'activité du cerveau, un ouvrage important dont on trouvera l'analyse dans le travail de M. Redard.

En janvier 1880, M. Colin (d'Alfort) fit à l'Académie, une longue communication sur laquelle nous aurons à revenir à propos du procédé opératoire. Dans son Mémoire, M. Colin qui, dit-il, s'occupe depuis 20 ans de thermométrie locale cite, les chiffres obtenus sur un cheval en appliquant successivement le thermomètre sur des parties de plus en plus éloignées de la région du cœur. Les parties observées sont au nombre de 18.

Ce qui frappe le plus dans le tableau de M. Colin, c'est le refroidissement rapide des régions, à mesure qu'elles s'éloignent des grandes masses du tronc, notam-

affirme avoir toujours trouvé la température générale supérieure à celle da foyer morbide.

John Simon qui, le premier, employa un appareil thermo-électrique pour la détermination des températures locales dans les foyers inflammatoires, confirma les conclusions de Huppert et Billroth, en signalant ce fait : le sang artériel arrivant dans un tissu enflammé est moins chaud que celui qui en sort.

Broca, le savant si regretté aunom duquelse rattachent, en France, parmi d'autres découvertes, les premiers travaux importants publiés sur la thermomètrie locale, put en 1873, par ce procédé, diagnostiquer une embolie cérébrale. Une note assez développée, De la thermomètrie cérébrale, présentée par lui au congrès du Havre, le 30 août 1877, fut très remarquée à cette époque, et devint sans doute le point de départ du mouvement qui se fit autoar de cette nouvelle méthode d'exploration, et alla s'accentuantpeu à peu depuis lors. Les premières observations de Broca sur la thermomètrie cérébrale datent de 1869. Les essais du même auteur sur la thermomètrie locale en général remontent à l'année 1865.

Dès 1863 cependant, M. Peter avait, sur le même sujet, commencé des recherches physiologiques et pathologiques ; mais sa première communication à l'Académie ne fui faite qu'en avril 1878; elle avait trait à la température locale dans la pleurésie. En septembre 1878, seconde communication sur la tuberculose commençante et confirmée.

Les conclusions de M. le professeur Peter étaientque, dans tout travail morbide, il existe une augmentation de température.

ment celui des membres à compter du genou et du jarret.

Dans le? observations de Davy, l'écart entre la température de l'aisselle et celle de la plante du pied de l'homme était de 4 degrés et demi ; pour le cheval cet écart est de 25 degrés et demi, et il se montre quelquefois encore plus considérable, dit le savant professeur d'Alfort.

L'élan était donné; l'année 1880 apporte un contingent notable à la question de la thermométrie locale ; mais ses applications ne portent toujours que sur des faits de physiologie normale ou de pathologie médicale.

Nous citons aussi brièvement que possible et selon leur date les diverses communications faites sur ce procédé tant à la Société de biologie qu'à l'Académie ou à la Faculté de médecine dans ces douze derniers mois.

Société de biologie (séance du 10 janvier 1880). — Présentation d'instrument, et résultats obtenus dans les affections pulmonaires. M.Laborde, au nom de M. Mortimer-Granville (de Londres.)

Académie de médecine (séance du 27 janvier 1880). — M. Colin. Détermination de la température des parties superficielles du corps.

Société de biologie {Sésuice du 7 février 1880.) — Températures locales chez les |phthisiques, par M. Lépine, de Lyon.

/Société de biologie, (séance du 24 avril 1880). — Présentation d'instrument et résultats obtenus dans la thermométrie cérébrale. M. Amidon.

Th. de Paris, 1880. M. Forest (voir plus haut).

Société de biologie (séance du 19 juin 1880). — Températures cérébrales superficielles. M. Franck.

Société de biologie (séance du 17 juillet 1880). — Note sur un appareil thermo-électrique destiné à la recherche des températures locales. M. Redard.

Congrès de Reims 1880. — Séance du 19 aoûL Thermométrie cérébrale. M. Franck.

Société deôiologie{sé8inG6 du 23 octobre 1880). — Température de la peau du thorax à l'état physiologique et dans la pneumonie et la pleurésie aiguës. — M. P. Redard.

Dans la même séance, M. Franck présenta une thèse intitulée : Contribution à V étude des températures péripliérigues et particulièrement des températures dites cérébrales dans les cas de paralysies d'origine encéphalique par H. Biaise, Th. Montpellier 1880.

Les conclusions de ce travail très volumineux établissent qu'il n'existe aucun rapport entre les températures centrales de la substance cérébrale et les températures périphériques des parties correspondantes du cuir chevelu. Ces conclusions sont donc en contradiction avec les données acquises jusqu'à ce jour. Ce résultat ne saurait nous étonner en ce qui concerne la thermométrie cérébrale, laquelle paraît destinée à subir encore de nouvelles fluctuations dont il n'est d'ailleurs pas facile de déterminer les causes.

En résumé, la clinique médicale s'était fait la plus arge part dans toutes ces recherches. La chirurgie n'y avait, pour ainsi dire^ pas de place.

C'était une lacune à combler.

Nous apportons à cette tâche le faible contingent de nos pénibles, quoiqu'intéressantes recherches; et les résultats

obtenus quoique très incomplets, ne nous permettent pas départager l'opinion de M. le professeur Gavarret disant que « pour constater la température des parties superficielles du corps, le thermomètre ne peut rendre que très peu de services. » [De la chaleur 'produite par les êtres vivants, p. 104).

Appareils. — Les appareils dont se sont servis les expérimentateurs en thermométrie locale ont été le plus souvent des thermomètres à mercure. La forme en a beaucoup varié, les uns vantant le réservoir spiralé, d'autres le réservoir discoïde, d'autres, le réservoir conique, etc.

M. Colin, dans sa communication à l'Académie de médecine (Séance du 27 janvier 1880) relative à la température superficielle du corps, regrette « que les physiciens, aujourd'hui si féconds en découvertes et en applications merveilleuses ne nous donnent pas les instruments propres à obtenir rapidement et sûrement toutes les indications thermométriques dont la physiologie et la clinique peuvent avoir besoin à chaque instant. » Puis, parlant des thermomètres affectés à la détermination de la température générale, il fait remarquer que « le plus souvent, le réservoir en est si volumineux qu'ils mettent quatre, cinq minutes et plus, à donner la température cherchée, de sorte que, si l'on est pressé ou impatient, on lit trop tôt une indication fautive. Enfin, et c'est là leur défaut capital, ils se prêtent mal à la détermination de la température des surfaces. »

La communication de M. Colin est accompagnée de la présentation d'un instrument dont la sensibilité et la

précision ne laisseraient rien à désirer. Mais c'est là, fait-il remarquer, un objet d'art réservé à un petit nombre d'expérimentateurs. »

Si les éloges de M. Colin à l'endroit de cet appareil sont mérités, nous ne pouvons que regretter de n'avoir pas été du « petit nombre des expérimentateurs. » Mais nous déclarons n'avoir pas eu connaissance d'un instrument aussi parfait.

M. le D' P. Redard, dans son prochain ouvrage, consacrera un chapitre spécial à la description de ces divers instruments, avec figures à l'appui. Pour lui, disons-le tout de suite, un bon thermomètre à mercure pour températures locales, est encore à trouver. Aussi, après les avoir tous essayés, après en avoir lui-même fait construire de formes variées, rejette-t-il le plus grand nombre d'entre eux (nous n'avons pas en vue celui de M. Colin) comme incommodes ou même infidèles, pour s'en ienir à l'appareil thermo-électrique construit sur ses indications et présenté par lui à la Société de Biologie (séance du 27 juillet dernier.)

Nous avons, pour notre part, vu maintes fois la manœuvre de l'appareil de M. Redard. Nous n'hésitons pas à reconnaître qu'une fois équilibré, - est d'un maniement simple et commode, qu'il est très sensible, et que les indications en sont faciles à lire. Mais le fonctionnement du galvanomètre exige un plan bien horizontal : le défaut de plan horizontal peut, il est vrai, être corrigé au moyen de trois ou quatre vis de rappel ; toutefois cette correction, nécessaire après chaque transport du galvanomètre, constitue une perte de temps notable, si ce transport

doit être effectué auprès de 4 ou 5 malades dans un espace de temps déterminé.

L'appareil thermo-électrique est , croyons-nous , le meilleur sans contredit, pour les expérimentations cliniques faites en laboratoire, alors qu(! le malade se déplace près du thermomètre et non le thermomètre près du malade. Mais il convient moins dans les cas, fréquents en chirurgie, oià l'individu à expérimenter est, par la nature de son affection, forcé de g'arder le lit.

L'instrument que nous avons choisi pour notre usage, comme remplissant les conditions, nécessaires de rapidité, de commodité j et précision est le thermomètre à mercure construit par M. Alvergniat, et désigné par lui sous le nom de thermomètre Voisin.

La figure hors texte ci-jointe, en grandeur naturelle, en donne une vue très-exacte

Cet instrument est rapide. En effet: 1° La quantité du mercure contenu v est évaluée à 3 millimètres cubes au maximum. Un thermomètre orcHnaire à température générale en contient de 40 à 50 mm. c, peut-être plus. 2° Le réservoir a un diamètre de 1 mm. 3 dixièmes environ; aussi, appliqué avec une pression très-légère sur la peau, esl-il en contact avec elle par toute la moitié du cylindre qu'il représente. Le réservoir d'un thermomètre à température générale, cylindrique d'ordinaire, mais aplati si on le veut, n'arriverait pas, dans les mêmes conditions, au contact de la peau par la moitié de sa surface; il faudrait toujours tenir compte de l'épaisseur de la couche de mercure.

Donc en raison de la petite quantité du liquide, et de

la surface relalivement grande de contact, cet instrument est rapide; et cette rapidité est telle que, si l'on a eu soin, au début d'une observation , d'échauffer, pendant une demi-minute^ le réservoir dam la pulpe des doigts^ et qu'on l'applique immédiatement après sur la région à explorer, on peut lire le résultat définitif au bout de deux minutes et demie, trois minutes au plus.

Il est commode, et applicable partout, sur toutes les saillies. Qu'on veuille prendre la température, au niveau par exemple d'une fracture de la malléole externe. La région, gonflée à ce niveau, permet très bien l'application de l'instrument. Mais qu'on vienne à porter le réservoir sur la malléole externe opposée, très dépourvue de tissu celiulo-adipeux en général, l'observation, déjà délicate avec l'appareil Voisin, devient incorrecte avec d'autres instruments dont la surface plus large, n'a pas au contact, de ce côté, tous les points qu'échauffait la peau du côté de la fracture.

De plus, les autres thermomètres sont fixés sur les régions malades, au moyen de bandes, de courroies, etc. Ce procédé, pratique en médecine, l'est beaucoup moins en chirurgie où les régions à explorer sont souvent très douloureuses et ne tolèrent pas la moindre pression. Comment, par exemple, fixer un thermomètre sur une orchite? Notre appareil, tenu à la main, n'a pas d'inconvénient pour le malade ; il fatigue peut-être un peu plus l'observateur ; mais on nous en voudrait de compter avec de si petits détails.

Enfin, il est précis, suffisamment précis. En effet, la loupe qui surmonte le tambour, et à travers laquelle se fait la lecture, permet, avec un peu d'attention, d'ap~

Parizot. 2

précier parfaitement les dixièmes de degré. Toutefois, un observateur peu au courant, doit se méfier de la loupe ; il se passe là un phénomène de réfraction qui devient rapidement une cause d'erreur s'il n'y prend g-arde.

Voici ce qui peut arriver. Le thermomètre, tenu à la main par le tambour, est appliqué sur une région. Au bout de trois minutes, on note le degré. Les positions de la main, du thermomètre et de la région restent les mêmes; mais l'observateur fait un mouvement de tête, puis revient; il trouve une différence de 5 dixièmes à 1 deg-ré en plus ou en moins ; et cependant la colonne mercurielle n'a pas bougé. Que s'est-il passé?

Le rayon visuel ayant repris, à peu près, sa position, n'est cependant pas retourné dans son axe primitif, mais s'est élevé ou abaissé d'une certaine quantité, ce qui a produit l'écart plus ou moins considérable.

Or entre les deux résultats, lequel choisir.

Nous nous croyons autorisé, après avoir pris plus de 750 températures au moyen de l'appareil Voisin, à énoncer le principe suivant, dont l'application constante nous permet de garantir l'exactitude de nos chiffres.

Après deux minutes et demie ou trois minutes d'exploration, la colonne mercurielle est stationnaire ; l'observateur, avant de considérer comme définitif le chiffre qu'il vient de lire, juge si le trait le plus rapproché du ménisque, et indiquant soit un degré soit un demi-degré, est exactement horizontal. Il voit dans ce cas tous les traits supérieurs formant chacun une concavité dirig-ée en haut et d'autant plus marquée que les traits sont plus élevés. Les degrés inférieurs présentent un phénomène inverse, e/est-à-dire que leur concavité est dirig-ée

en bas. Mais si, par suite de la mauvaise position primitive de la tête ou de l'instrument, le trait le plus rapprochédu ménisque n'est pas exactement horizontal, l'observateur n'a qu'à déplacer son axe visuel en haut ou en bas, et le résultat cherché est vite obtenu.

Nous ne pouvons entrer ici dans des explications plus détaillées à l'endroit de ces jeux de réfraction à travers la lentille. Mais nous croyons en avoir dit assez pour être compris de ceux qui auront à faire usage de notre thermomètre (1).

Au dernier moment, on nous annonce un nouvel appareil pour températures locales, basé, d'après le système de Bréguet, sur l'inégale dilatation linéaire ou cubique des divers métaux à diverses températures. Cet appareil sera excellent, nous n'en doutons pas ; mais nous croyons, pour notre part, que les cliniciens devraient plutôt chercher à déterminer les conditions d'application des instruments existants qu'en créer de nouveaux.

Procédé opératoire. — « Davy, dit M. Gohn, dans sa « communication à l'Académie, a cherché à déterminer « la température de la peau, la température des sur- « faces... et il a eu lejbon esprit de ne pas la modifier « ou de ne pas l'exagérer comme on le faitaujourd'hui ; « il a voulu déterminer la température vraie de la peau,

(1) Nous avons plusieurs fois entendu dire de notre instrument qu'il deeait être fragile. Pourquoi ? — Noua n'en avons eu à notre disposition qu'un seul pendant quatre mois et demi, et toujours le même. L'unique précaution que nous avons prise pour lo conserver a été de lui éviter tout choc violent ou une chute do hauteur. Tous les thermomètres en sont là.

« et non celle que la peau peut acquérir au bout d'un « certain temps, en un mot, il l'a prise telle qu'elle est, <i et non telle qu'elle devient par le réchauffement. »

Nous sommes heureux de nous être trouvé, dès le début de nos travaux, en conformité d'opinion avec deux éminents observateurs, Davy, et après lui M. Colin. En effet, toutes nos applications locales du thermomètre ont été faites à découvert, sans aucune protection du réservoir contre l'influence de l'air ambiant (cette dernière manière d'agir est en partie combattue par M. Colin).

Nous avons, de ce procédé, fait très rapidement notre règle de conduite, à la suite d'une série d'observations minutieuses contrôlées par des intéressés, au nombre desquels s'est trouvé plus tard M. le D"" Redard.

Il nous a été ainsi démontré que, avec notre appareil, et dans toute application ne dépassant pas trois minutes, entre deux observations successives, l'une à réservoir découvert, l'autre à réservoir recouvert de ouate, la différence de hauteur se chiffrait par 2 dixièmes, rarement 3 dixièmes de degré en plus du côté de l'observation à couvert.

L'erreur était donc négligeable, d'autant que nous n'avions jamais eu l'idée d'obtenir les températures absolues des affections observées, mais bien le rapport entre la température de la région malade dans ces mêmes affections, et la température de la région symétrique du côté sain.

Au reste, M. le D' Redard dont la compétence dans la matière est indiscutable, ne couvre pas plus que nous les régions sur lesquelles fonctionnent ses plaques thermoélectriques.

Ce résultat assez inattendu, à ne s'en rapporter qu'aux travaux faits jusqu'ici sur le sujet, doit être attribué, selon nous, aux causes suivantes : i" Surface du réservoir en contact avec la peau, relativement étendue ; 2° Faible quantité de mercure à échauffer ; avantage consid érable auquel vient s'ajouter le faible degré du pouvoir émissif de (ce métal ; 3° Circonscription (vu le faible diamètre du réservoir) de la partie libre de ce réservoir par une couche d'air tellement voisine de la peau que cette couche non agitée est à une température très rapprochée de celle de la peau elle-même.

Pour tous ces motifs, nous croyons, comme M. Colin, qu'il ne faut pas, dans la détermination des températures locales superficielles « faire intervenir une cause sé- « rieuse d'erreur résultant de l'application d'ouate, de « coussins ou de ceintures qui échauffent plus ou moins a les parties explorées. » Et nous adoptons absolument, pour le procédé opératoire, les trois premières conclusions du professeur d'Alfort : « 1° Appliquer le ther- « momètre, dans les régions à explorer, tout en le sor- « tant de la poche ou de la main, afin qu'il soit à une a température voisine de celle qu'on veut déterminer; « 2° Le maintenir exactement en contact avec la peau. » Nous ajouterons: avec une pression égale sur les points opposés et symétriques. « 3° Eviter de souffler sur le « réservoir en suivant ou en notant l'ascension de la « colonne mercurielle. »

Quanta la quatrième conclusion ainsi conçue : « 4° Don- « neraudisqued'étoffe destinéàneutraliserractiondel'air « la forme d'une cupule, d'une demi-coquille ou toute

« autre, de façon que ce couvercle ne soit pas en contact « avec le réservoir. » d'après nos observations, et en raison du but que nous nous sommes proposé d'atteindre, nous nous permettons de la considérer comme inutile. Toutefois, nous regardons comme indispensable la précaution suivante, avant toute exploration : si la région à observer est enveloppée de bandes, de compresses ou enduite d'un topique, et que la région opposée symétrique soit à découvert, il faut, dix minutes ou un quart d'heure avant l'application du thermomètre, enlever bandes, compresses ou topique, qui, provoquant la congestion sanguine aux alentours, ne pourraient que fausser les résultats obtenus.

En ce qui concerne plus spécialement le mode d'application de notre thermomètre, nous n'avons que peu de choses à ajouter.

L'instrument, maintenu au moyen de deux ou trois doigts fixés en divers points du tambour, est appliqué par le réservoir sur la région à explorer. La pression doit-être médiocre, mais égale dans les points opposés et symétriques, comme nous venons de le dire plus haut. L'œil suit, à travers la loupe, les mouvements de la colonne mercurielle. Une recommandation utile, c'est de s'asseoir dès le début près du malade et de prendre là un point d'appui pour le bras et la main qui soutiennent le thermomètre ; sans cette précaution, après 4 ou 6 applications successives, on éprouve une sensation de fatigue rapide.

Ces explications données, nous nous croyons autorisé

à attacher quelque valeur aux observations ci-jointes de thermométrie locale superficielle : elles constituent la partie capitale de notre travail.

Mais, nous dira-t-on, ces températures sont des températures de surface, des températures de la peau.

C'est vrai ; nous ne faisons pas difficulté de l'avouer. Mais comme il est bien certain (toutes nos explorations le démontrent) qu'il y a un rapport sensible entre la température des couches non pas profondes, mais seulement moyennes d'une rég-ion, et la température superficielle de cette même rég-ion, et que de plus, ce rapport ne varie guère, la chaleur superficielle s'élevant ou s'abaissant d'une certaine quantité, selon que la chaleur de la couche moyenne s'élève ou s'abaisse de la même quantité, nous ne croyons pas l'objection bien fondée.

Nous avons d'ailleurs toujours pour nous M. Colin, di- « sant :La preuve que les données du thermomètre apte pliqué à la surface de la peau sont extrêmement rappro- « chées de la vérité est, qu'elles sont sensiblement équiva- « lentes à celle de l'instrument engagé dans un trajet (( sous-cutané creusé par la sonde ou le trocart (chez les « animaux.) » {A.cad. àe médecine^ 27 janvier 1880).

Nous donnons ici avant nos observations personnelles, au nombre de 57, un certain nombre de conclusions que M. le D" Redard a bien voulu nous communiquer, sur les articulations. — Les premières ont trait à la physiologie normale,- qui, ne rentrant pas dans notre cadre, n'a en aucun cas, fait le sujet de nos explorations.

Les autres, au nombre de trois ou quatre, se trouvent

confirmées par quelques-unes des observations publiées dans ce travail; nous avons eu soin de le noter chaque fois que l'occasion s'en est offerte.

Relativement à la lecture de nos chiffres, dans la colonne Diff. (différence), les quantités exprimées sont positives toutes les fois qu'elles ne sont précédées d'aucun signe.

Dans le cas contraire, elles sont précédées du signe — moins,

La première colonne à gauche donne toujours (sauf dans la deuxième exploration de l'observ, XXV) la température de la partie malade.

SUR LA TEMPÉR.\TURE LOCALE DES ARTICULATIONS A l'ÉTAT NORMAL ET PATHOLOGIQUE.

Par M. le D-" P. Redard.

Conclusions»

I. — A l'état normal, la tempsrature qui recouvre les articulations est variable. Suivant la température extérieure, suivant que le membre est recouvert par un corps isolant, de la ouate, des draps de lit, ou exposé à l'air libre, la température varie de 4, 5, 6 degrés.

II. A mesure que l'on s'éloigne du tronc la température des articulations est moins élevée.

La moyenne des chiffres observés pour les articulations principales est :

Articulation du genou, face ant 34»

— — face post. poplitée 35,5

Articulation tibio-tarsienne, face ant

— — parties latérales

— — face post

Ai'ticulation du coude, face ant

— — face post. (au niveau des culs-de-sac). .

Articulation du poignet, face ant

— — face post

Ilf. — La température locale des articulations est plus élevée dans le sens de la flexion, au voisinage des gros vaisseaux^ que dans le sens de l'extension.

IV. — Les mouvements répétés de flexion et d'extension des articulations pendant 5 à 6 minutes élèvent localement la température au niveau de l'articulation en travail (de 5 dixièmes à 1°), et la température du membre jusque dans des points éloignés. C'est ainsi que les mouvements répétés de l'arliculation tibio-tarsienne élèvent la température du membre jusqu'à la racine. (2 à 4 dixièmes.)

V. — A l'état pathologique, la température ne peut donner des renseignements utiles et précis que dans l'exploration des articulations superficielles. Les articulations profondes (coxo-fémorale, humérale dans le creux de l'aisselle) peuvent être violemment enflammées alors que la température de la peau qui les recouvre est à peine élevée de 5 à 6 dixièmes.

VI. — Dans l'entorse, la température locale s'élève quelques heures après l'accident, atteint son minimum du deuxième au quatrième jour, pour diminuer ensuite.

Dans les cas d'entorse compliquée (épanchement sanguin, arthrite) la température locale se maintient très élevée pendant toute la durée de l'affection.

Dans certains cas, la températvre locale reste longtemps encore élevée, hien que le membre paraisse revenir en apparence à r état normal. L'élévation de la température, dans ce cas, est importante à connaître ; elle nous paraît indiquer la persistance d'une inflammation articulaire.

Avec l'élévation de la température, on observe delà gêne dans les mouvements, des douleurs persistantes.

L'exploration de la température locale dans les cas d'entorse chronique donnera des renseignements sur la persistance de la phlegmasie articulaire et servira par conséquent de guide au traitement.

VIÏ. — Dans la contusion articulaire, l'élévation de la température locale est en rapport avec la violence de la contusion et le degré de l'inflammation.

VIII. — Dans les épanchements sanguins articulaires, la température locale s'élève du troisième au quatrième jour pour persister à un degré plus ou moins élevé selon la violence de l'inflammation.

IX. — L'arthrite traumatique s'accompagne d'élévation de la température au niveau et au voisinage de l'articulation atteinte (de 2 à 3 degrés.) Dans les cas oii l'articulation doit suppurer, l'élévation de la température locale est très notable, se rapprochant de la température générale. (Dans aucune de nos observations la tempé-

rature g-énérale n'a été dépassée par la température locale.)

X". — Dans les arthrites aiguës d'origine rhumatismale, blennorrhagique, puerpérale, l'élévation locale de la température est très marquée. Cette élévation n'existe pas seulement au niveau, mais au voisinage de l'articulation et même dans tout le membre correspondant. Le maximum d'élévation a lieu au niveau du foyer inflammatoire. Dans les cas de fièvre intense, la température générale de la peau s'élève et tend à se rapprocher de la température centrale. C'est ainsi que dans un cas d'arthrite rhumatismale violente, nous trouvons :

Dans les tumeurs hlancUe,^ la température locale donne des renseignements utiles.

Au niveau des fongosités superficielles, la température locale, comparée à celle des parties voisines est plus élevée de 3 à 5 dixièmes. L'hydarthrose élève moins la température que la présence des fongosités.

Dans les cas de formation de pus, la température de l'articulation s'élève principalement au niveau des points fongueux ou d'ostéite en voie de transformation purulente. Autour des trajets fistuleux la peau présente, ' comparée à la température des parties voisines , un abaissement thermique.

Dans l'arthrite sèche , la température locale ne subit

Température du genou malade.

— du genou sain

— axillaire.

pas de variations notables, les élévations observées ne dépassant pas 3 à 4 dixièmes.

Dans les ankyloses anciennes , on trouve souvent des élévations de 5 dixièmes à 1°. Ces élévations indiquent un certain degré de persistance d inflammation articulaire. La recherche de la température locale pourra fournir, dans ces cas , d'utiles indications pour le traitement. (L'observation XVIII vient à l'appui de cette assertion.)

XI. — L'hydarthrose s'accompagne toujours d'une élévation de température de 5 dixièmes à 1° pour l'hydarthrose chronique d'origine rhumatismale, de 1° à 2° pour l'hydarthrose traumatique au début.

XII. — Les corps étrangers articulaires s'accompagnent d'une élévation locale modérée de la température qui indique la coexistence d'une inflammation articulaire.

OBSERVATIONS PERSONNELLES TutnewrH btaÊte^es.

Observation I (1).

Tumeur blanche du genou.

L... (Honorine), 21 ans,couturière. Entrée salle St-Augustin,n° 27 le 21 avril 1880. Antécédents personnels strumeux, ganglions, blépharite, etc. En 1877, chute sur le genou gauclie qui dans les jours suivants devint le siège d'un gonflement considérable. Une série de

(1) Toutes nos observations ont été (sauf trois) recueillies dans le service de M. le professeur Verneuil à la Pitié.

traitements lui furent appliqués successivement sans grands résultats. A l'hôpital, on applique un appareil amovo-inamovible. Electrisation fréquente. Au bout do quelques jours, une petite tumeur qui disparaît revient, puis disparaît, pour revenir encore, se montre à la région externe du genou gauche.

Le 20 juillet, on applique deux cautères sur cette région, et on enferme tout le membre dans un appareil ouaté, pendant un mois.

Lorsque nous commençâmes ?i observer la malade, le genou formait une tumeur sphérique-volumineuse avec prédominance de la région externe. La cuisse, et surtout la jambe ont diminué de volume. L'écart de température entre les deux articulations correspondantes est très marqué.

4 septembre.

Part. int.

Part. ext.

Genou gauche.

Supér.

Moy.

Infér.

Infér. post.

Entre les^eschares.

Sur une eschare.

Genou droit.

Différence, 2«

31,2 moy. 4°

15 septembre.

Genou gauche.

Genou droit.

Différence.

Part. ext.

Part. int.

Part. ant.

8 octobre.

Genou gauche.

Genou gauche.

Différence.

Part. ext.

Part. ant.

Part. int.

Jambe.

Dans le courant du mois de décembre, nous avons plusieurs fois désiré soumettre la malade à une dernière exploration ; mais le membre atteint était toujours enveloppé dans un appareil que nous ne pouvions pas ôler nous-même. Nous croyons cependant qu'il y aurait intérêt à poursuivre celte observation.

Observation II.

Tumeur blanche du genou.

S.. (Eugénie), 22 ans, couturière, entrée le 28 janvior 1880, salle St-Augustin, n" 12. Arthrite fongueuse du genou droit ayant débuté vers le mois de février 1879 à la suite d'une chute. Pas d'antécédents personnels ni d'antécédents de famille. Par le repos, l'appareil araovo-inaniovible, et l'électrisation fréquente, l'état du genou s'est beaucoup amélioré ; mais la marche n'est pas possible sans béquilles.

Au moment où nous prenons la température pour la première fois, l'inflammation est encore assez vive, puisqu'elle se traduit par des différences de plus de 2 degrés d'un côté à l'autre.

2 septembre. Genou droit. Genou gauche. Différence.

Part. ext. 32,8 30,3 2,5

Part. int. 33,7 31,5 2,2

25 septembre. Genou droit. Genou gauche. Différence.

Part. ext. 33,7 30,7 3°

Part, lut. 33,7 30,3 2,4

Part. ant. 30,4 31,5 1,1

Dans les premiers jours d'octobre, la malade est envoyée au Vésinet. La marche n'est toujours pas possible sans béquilles.

Elle revient à l'hôpital le 2 novembre. Le genou est à peu près toujours dans le même état. Tout le membre intérieur droit à diminué de volume, et sa température est moins élevée que celle du membre correspondant.

4 novembre.

Côté droit.

Côté gauche.

Différence.

f Part. int.

Genou, ] Part. ant.

( Part. ext.

Cdisse, tiers moy.

Jambe, tiers moy.

21 décembre Part. ext.

Part. int.

Part. ant.

Jambe.

Geaou droit.

Genou gauche.

Ditîérence.

Cuisse.

23 décembre Part. ext.

Part. int.

Part. ant.

Jambe.

Genou droit.

Genou gauche.

Différence.

Cuisse.

Notre exploration du 21 décembre nous révélant entre les températures des deux articulations symétriques un écart que nous n'avions pas constaté jusqu'alors, nous avons recommencé l'épreuve le surlendemain. Les chiffres se sont maintenus élevés ; et cependant la malade n'accuse pas d'aggravation dans l'état de son genou. Là encore l'observation serait à suivre.

De ces deux premières observations relatives à des tumeurs blanches, nous tirons les conclusions suivantes :

1. La température d'une tumeur blanche en voie d'évolution présente un écart de près de 3 degrés en plus sur la température de l'articulation opposée symétrique.

2. Lorsque la tumeur tend à la suppuration, comme dans l'observation I, oii l'on avait agité l'opportunité de la résection, l'écart peut atteindre 4 degrés et même plus. Dans le cas contraire, l'écart diminue peu à peu à mesure que se fait la réparation ; mais il ne disparaît pas complètement. (Conclusion X de M. Redard.)

3. L'application locale du thermomètre permet de déterminer les points fongueux ou d'ostéite en voie de transformation purulente. (Conclusion X de M. Redard.)

4. Ces points fongueux sur lesquels la température est la plus élevée sont situés dans nos deux observations à la partie externe de l'articulation. Ce phénomène est d'autant plus sensible qu'à l'état physiolog'ique la rég-ion interne du genou présente une élévation de température de 6 à 8 dixièmes de degré sur celle de la région externe;

5. Dans la tumeur blanche du genou, la température de tout le membre correspondant paraît légèrement abaissée fobs. II) ; ce qui s'explique du reste par l'atrophie consécutive à cette affection. Dans l'observation I oii l'atrophie est également marquée, il y a au contraire une élévation qui pourrait peut-être s'expliquer parce fait que la malade tient habituellement sa jambe enveloppée de ouate.

(j. La température de la région antérieure ou rotu lienne à l'état physiologique , est sensiblement moins élevée que celle des parties latérales. A l'état pathologique, elle atteint et dépasse souvent celle de la face interne.

Observation III.

Scapulalgie.

T. .. (Barthélémy), 22 ans. Entré le 20 novembre, salle Saint- Louis, n" 35. Premières douleurs dans l'épaule gauche il y a trois ans. Traitements divers. Depuis quatre mois, le bras se meut difficilement dans son articulation ; dans les mouvements peu étendus, qu'on peut lui faire décrire, il entraîne avec lui tout le moignon de l'épaule. Pas de douleurs intra-articulaires. Amaigrissement du moignon de l'épaule et du bras.

3 décembre. Epaule gauche Epaule droite. Différence . Part. ant. 32,5 34,3 — 1,8

Part. post. 32,7 32,1 0,6

Le 5 décembre, le malade est endormi; on tait faire au bras des mouvements de rotation forcée. Les jours suivants, le malade trouve de l'amélioration à son état.

23 décembre. Epaule gauche. Epaule droite. Différence.

Part. ant. 34,5 35,4 — 0,9

Part. post. 34° 34 » »

Part, super. 34" 33,5 0,5

De celte observation, nous tirerons la conséquence déjà signalée par M. Redard (conclusion V), que dans les lésions articulaires profondes la thermométrie locale superficielle n'a aucun rôle à jouer.

MtydarthroseH.

Observation IV.

Hydarthrose chronique du genou, d'origine rhumatismale.

R... (Edgard), maçon,20 ans. Entré salle Saint-Louis, à la Pitié n» 18, le 9 septembre 1880, pour une hydarthrose chronique du genou gauche.

Ce malade a eu, en 1879, un rhumatisme articulaire ayant duré six semaines, et dont il a été complètement guéri. 11 a repris son travail pendant six mois.

Au mois de juin dernier, deux tumeurs molles paraissant contenir du liquide se sont montrées au genou gauche, l'une à la région antéro-externe, l'autre à la région postéro-interne. Lorsque le malade entre à l'hôpital, la tumeur antéro-externe présente le volume d'un œuf de poule, la postéro-interne celui d'un œuf de pigeon. La flexion du genou est douloureuse.

Parizot. 'à

13 septembre. Genou gauche. Genou droit. Différence.

Sur la tum. ant. ext. 33,3 30,3 30

Part, int. 34° 3l',7 2,3

Surlatum. post. iut. 34,8 33,3 1,5

Part. cxt. 34° 31,8 2,2

Sous l'influence d'un repos de quinze jours, les deux tumeurs ont à peu près disparu ; la flexion n'est presque plus douloureuse; elle peut se faire à peu près complètement.

25 septembre. Genou gauche. Gonou droit. Différence. Sur la tumeur ant-ext.

presque disparue. 33,5 34,3 0,8

Sur la tum. post-int. 35o 34,7 0,3

Part. int. 33,8 33,6 0,2

Part. int. • 33,5 32,2 1,2

Sur le cul-de-sac ant. 33<» 32,3 0,7

Le malade sort très amélioré, peut-être guéri dans les premiers jours d'octobre.

Observation V.

Hydarthrose chronique dans la convalescence d'une pleurésie.

V... (Jean), 57 ans. Entré le 4 décembre, salle Saint-Louis, n» 13.

Il y a deux ans, au quatrième mois de la convalescence d'une pleurésie, est apparue une hydarthrose du genou gauche qui s'est améliorée rapidement au bout de deux mois. Dans les premiers jours d'octobre 1880,1e genou a commencé à enfler ; amélioration. Il y a huit jours, nouvelle poussée inflammatoire. A l'entrée à rhôpilal, le genou gauche est très volumineux ; la jambe du même côté est le siège d'un œdème très marqué; ce dernier phénomène se présente, mais très atténué, à lu jambe droite.

Ce malade est un hépatique, a dit M. le professeur Verneuil.

6 décembre. Genou gauche. Genou droit. Différence

Région ext. 33,5 29° 4,6

— int, 33,5 30,5 3°

— ant. super. 33 2 }

— ant. inf. 33,7 ( «^«y- ^7,6 moy. 5,8

Observation VI.

Hydartkrose ou épancliement hydro-hématique du genou gauche.

P... (Etienne), 45 ans. Entré le 9 septembre, salle Saint-Louis, n" 7. Rhumatisant. Chute sur le genou gauche cinq jours auparavant. A l'entrée, un peu de gonflement de la région ; tous les caractères d'un épanchement intra-articulaire.

10 septembre.

Région ext.

— int.

Genou'gauche.

Genou droit.

Différence.

15 septembre.

Région ext.

— int.

Genou gauche.

Genou droit.

Différence.

On avait dès le premier jour, à la suite] de notre première exploration, appliqué sur le genou malade, de la glace en permanence. Au moment de notre seconde exploration, le 15 septembre, laglace manquait depuis le matin.

Nous avons constaté une différence très marquée de température entre les deux genoux, plus marquée qu'aux premiers jours.

Cette différence s'est maintenue dans la troisième observation.

24 septembre.

Région ext.

— int.

Région ant, sur le culde-sac.

Genou gauche.

Genou droit.

Différence.

, Quelques jours après, le malade a été soumis à la compression ouatée. Il est sorti vers la fin d'octobre avec cet appareil, et nous

.'avons pei' l'i de vue. Sous le rapport du traitement cependant, l'oi)servation r-- rait peut-être intéressante s suivr- .

An dernier moment (8 janvier) nwus apprenon.; que ce malade est lentré à rhô[)ital dans le service de M. le l)"" Brouardel; il soulire to 'ours de son genou et ne peut presque pas marcher.

Observation VII.

liydarthrose datant de trois mois.

L...(i. '! ,ène , ! •> ans et demi. Entré le 27 juillet 1880, salleSainl- Louis, n" 3. Vers 20 juin début de l'hydarthrose, due apparemment b. ^ profession de i. ideleur ar tour exercée par le malade, surtout SI ;'• Il nsidèii; .'<; siège de la lésion au genou gauche.

Le ; 0 u lat, p luction capillaire et compression.

Le 15 septembre, le band; ;e compressif est enlevé. Il reste du liquide.

16 septembr Côté gauche. Côté droit. Différence. Rég. ext. 34,S 33,7 1,1

— int. ;]3,4 34,7 0,7

— antér. 35,4 34,4 1»

Sur le cul-de-sac antér. 34" 33,2 0,8

Le malade sort vers la lin de septembre.

Observation VIII.

Hvdarthrose consécutive à une fracture.

M... (Ai; le), 57 ans. Salle Saint-Jean, n° dO.Fracture bi-malléolairc gauclK ùa lù de 70 jours. L'hydarthrose du genou a débuté trois semaiiieH ipr.'^ la fracture; elle est donc au cinquantième jour enviiv l'o 'c douleurs. Diathèse rhumatismale.

10 iiovem.H O. Genou gauche. Genou droit. Différence.

Rég. antév. 33,3 29,7 3,6

— ext. 33,7 29,5 4,5

~ int. 33,4 31,5 1,9

Ci*

Observation IX.

Hydarthrose du genou datant de trois semaines.

G... (Paul), 23 a. is: entré le i!8 .-c , salle Saint-U ais, i° 53. Contusion du genou droit aya it doi } na' ; ne iVf'aiilirose légère, à en croire la thermo t'éirie, ma'.y.é I . 0; floiiieii assez considérable de la région antérieure du genou.

14 septembre. Genou droit. Genou gauche, Dififéi-ence. Rég. ext. 34,5 34,5 i '

— int, 33,7 34° — <',3

— antér. 35,5 32,6 ',9

Le malade sort à peu près guéri le 23 septembre.

Les cinq cas d'hydarthrose que nous venons de rapporter ne nous donnent guère de notions intorossantes à retenir.

L'écart entre les températures est très variabl chez les divers individus do it l'articulation malade présente extérieurement ri subjectivement les mêmes caractères, li y aurait la des observations plus nombreuses et surtout plus complètes à prendre, nous nous empressons de l'avouer.

Faisons remarquer en passant que nos ohiffV , pour l'hydarthrose rhumatismale, comm lourco i- ' ' ;ine traumatique, sont plus tievés que eoux do M. il lard. (Conclusion XI.)

Uygrowna»,

Observation X.

Hygroma aigu, à la suite d'une chute.

B... (Henry), 43 ans, entré le 21 septembre, salle Saint-Louis, n" 51. Gonflement de la bourse prérotulienne droite. Ecchymoses latérales au-dessus de l'articulation. Douleurs peu accentuées- Les mouvements de flexion du genou sont possibles, mais la marche fatigante.

22 septembre. Genou droit.

Genou gauche.

Différence.

Rég. int. 34,7

Rég. int. sur l'ecchymose. 33,7

— ext. 35,6

Rég. ext. sur l'ecchymose. 33,1

— ant. 35,5

Nous avons plusieurs fois voulu faire sur ce malade une nouvelle exploration; mais son genou a toujours été enveloppé, jusqu'à son départ.

Observation XL Hygroma chronique à la suite d'une chute datant de deux mois.

15... (Adrien), 26 ans. Entré le 8 octobre, salle Saint-Louis, n° 47. Il y a deux mois, à la suite d'unechute sur un moellon, la bourse prérotulienne gauche a augmenté de volume. Douleurs peu vives; aspect conique de la région prérotulienne ; le malade n'est pas très incommodé; mais il craint que cela ne devienne grave. On lui conseille simplement le repos.

8 octobre Genou gauche.

Genou droit.

Différence.

Rég. ant. 31,7 Rég. ext. prérotxilienne. 32,3 Rég. int. prérotulienne. 32,4

Observation XII.

Hygroma ch'-oniqua à la suite d'un choc.

V... (Désiré), 62 ans, venu du dehors en consultation. Choc sur le genou droit il y a deux mois. Trois semaines après seulement, la bourse prérotulienne a été le siège d'un gonflement notable; actuellement elle présente la grosseur d'au œuf de pigeon. Presque indolore au repos, elle gêne un peu la marche.

7 décembre. Genou droit. Genou gauche. Différence. Rég. ant. et sup. 28" 26,4 1,6

— ani. et inf. 28» 26,4 1,6

Les observations X, XT, Xll, relatives à deshyg'romas nous donnent des résultats faciles à prévoir à l'avance :

1° La température estplusélevée dans l'hygroma aigu que dans l'hygroma chronique.

2° La température est surtout élevée au niveau de la bourse séreuse ; elle l'est moins sur les parties latérales de l'articulation (Obs. X.) Cette remarque pourrait être quelquefois utile au diagnostic différentiel entre l'hydarthrose et l'hygroma, en supposant la confusion possible

T... (Joseph), 29 ans, entré le 23 septembre, salle Saint-Louis,*

Entorses.

Observation XIII.

Entorse radio-carpienne datant de trois semaines.

n° 10. Entorse du poignet droit, il y a trois semaines, et peut-être, à en croire les explications du malade, luxation de l'articulation radio-carpiennen. Un camarade aurait fait immédiatement laréducion.

A l'entrée, le poignet est le siège d'un léger gonflement; les doigts sont dans une demi-flexion qu'on ne peut redresser.La main se meut difficilement sur l'avaiit-bras, et on constate très sensiblement la diastase du radius et du cubitus.

23 septembre.

Poiguet droit.

Poignet gauche.

Différence.

Rég. dorsale.

— ext.

— ant.

— int.

Nota. — La température a été prise trois semaines après l'accident.

Observation XIV.

Entorse médio-tarsienne gauche.

R... (Emile), 24 ans, entré le 23 septembre, salle Saint-Louis, n" 43 bis; on constate tous les signes d'une entorse médio-tarsienne.

La température pri^e trois ou quatre heures après l'accident donne :

23 septembre. Pied droit. Pied gauche. Différence. Mail. ext. Rég. gonflée

et douloureuse. 36° 36" »

En avant de là mail. ext. 36,2 34° 2,2

Mail. int. 36,3 35,6 0,7 En avant de l'articulât.

tibio-tarsienne. 36,4 35,5 0,9

Observation XV.

Entorse tibio-tarsienne,

S.. (Pierre), oO ans, entré salIeSaint-Gabriel, n° I2,le9 novembre. Chute sur un frottoir le 8 novembre.

Nous explorons la région malade après quarante-huit heures.

10 novembre. Pied droit. Pied gauche. Différence. Mail. int. 36° 32o 4»

— est. 35,1 31,3 3,8 Région de la mortaise. 33,8 32,7 1,1

Observation XVI.

Entorse péronéo-tibiale inférieure.

C... (Léon), 40 ans, entré le 2 décembre, salle Saint-Louis, n° 21.

Le 1" décembre chute dans laquelle le pied gauche s'est trouvé pris sous le siège.

Nous explorons la région malade quarante-huit heures après

l'accident. Le gonflement est peu considérable, mais l'écart de

température est très marqué.

3 décembre. Pied gauche. Pied droit. Différence. Mail. ext.

2 travers de doigt

au-dessus. 33,7 26,5 7,2

4 travers de doigt

au-dessus. 33,2 27,8 5,3

Mail, int.

2 travers de doigt

au-dessus. 30,5 27,7 2,8 Région ant. 31,5 26,1 5,4 Région ant-ext. au niveau de l'articul. péronéo-tibiale. 33,7 26,2 7,5 Région pos-tcxt au niv.

de la même art. 33,5 26° 7,5

Les conclusions à tirer des observations XIV, XV, XVI) sont conformes à celles de M. Redard, qui dit (conclusion VI) que « dans l'entorse, la température locale s'élève quelques heures après l'accident, atteint son minimum du deuxième au quatrième jour pour diminuer ensuite. »

L'observation XTII.compliquée probablement d'un peu d'arthrite à la suite de la luxation n'infirme en rien ces conclusions.

Arthrites.

Observation XVII.

Luxation de la rotule en en dedans, datant d'une quarantaine d'années. — Arthrite.

B... (Sylvain), 64 ans, entré le 23 novembre pour contusions diverses. L'intérêt que présente ce malade vient d'une luxation de la rotule droite en dedans, sur l'origine et les causes de laquelle le malade, très alcoolique, ne peut donner de renseignements précis. Il dit porter cette infirmité depuis l'âge de {2 ans, et n'en avoir jamais été beaucoup incommodé ; il tire un peu la jambe en marchant; la flexion se fait dans une très petite étendue.

Nous explorons un peu au hasard, au moyen du thermomètre, l'articulation du genou, siège delà luxation, et nous trouvons :

30 novembre. Genou droit. Genou gauche. Différence. Région int. 32<» 30,2 2,2

— ant. 31,8 28,5 3,3

— ext. 29,5 29,9 0,4

Malgré les quarante années écoulées depuis l'origine de la luxation, il y a donc persistance d'une inflamina-

tion assez sensible qui se traduit par 3 degrés au thermomètre. Nous avons interrogé le malade pour savoir si dans la chute qui lui a occasionné ses contusions, le genou droit avait porté; mais il n'a ' pu nous donner aucun renseignement à cet égard, si ce n'est qu'il ne souffre pas actuellement de son genou.

D'ailleurs ce résultat ne saurait nous étonner, puisqu'il vient à l'appui d'une des conclusions de M. Redard citée dans le cours de ce travail (conclusion X), laquelle s'appuie sur l'observation suivante :

Observation XVIII, — (Communiquée par M. le D"" Redard).

Ankylcse aucienne. — Guérison apparente. — Elévation de la

température.

B..., âgé de 38 ans, a souffert pan'^ant quatre ans d'une tumeur blanche du coude droit, terminée par ankylose. Depuis 1878, le membre est dans la flexion, complètement ankylosé. Le malade n'éprouve pas de douleurs; il n'existe pas de trajets fistuleux.

Atrophie très notable du bras et de l'avant-brab. L'exploration comparée des deux régions au moyen de l'appareil thermoélectrique donne :

Face antérieure plus chaude, du côté ankylosé de 10 divisions.

— postérieure — — de 12 —

La température moyenne est :

Pour le côté ankylosé 31,4.

Pour le côté sain 30,3.

Il existe donc une élévation assez notable de la température du côté ankylosé (malgré l'atrophie) qui indique la persistance d'une inflammation articulaire que rien extérieurement ne peut faire prévoir.

(Rapprocher de ces deux cas XVII et XVIII la conclusion X de M. Redard.)

Observation XIX.

Genu valgum. — Ostéoclasie. — Arthrite. — Ostéotomie.

Marie B...,19 ans, entrée Je 18 février 1880, salle Saint-Augustin, n" 14. Genu valgum droit datant de i876.

Deux tentatives d'ostéoclasie faites en avril et mai derniers, par M. Verneuil, Arthrite consécutive encore sensible au moment où nous commençons à observer la malade.

2 septembre. Genou di oit. Genou gauche. Différence. Région ext. 34o 32» 2<»

— int. 35,8 34,8 2°

6 septembre. Genou droit. Genou gauche. Différence. Région ext. 36° 34,3 1,7

— int. 35,5 34,2 1,3

Le d6 septembre, M. le B"" Terrillon fait l'ostéotomie.On place le membre fracturé dans un appareil pliUré où il reste environ cinquante jours. Malgré ce laps de temps écoulé, les ligaments articulairesont encore conservé une grande laxité. Au ISdécembre, la malade peut à peine se soutenir sans béijuilles, et ne peut en aucune façon plier le genou. Le cal est très volumineux en dehors.

14 décembre. Genou droit.

Genou gauche.

Différence.

Coudyle int. 34,8

A quatre trav. de doigt

au-dessus 34,7

Condyle ext. 33,5

A quatre trav. de doigt

au-dessus, sur le cal. 34,4

Région aat. 33,5

A propos de cette observation nous nous permettrons la remarque suivante. La dernière tentative d'ostéoclasie avait eu lieu au mois de mai, c'est-à-dire 5 mois avant l'ostéotomie. Au cinquième mois, il existait encore des symptômes notables d'arthrite. L'opération faite dans ces conditions au voisinage de l'articulation enflammée ne courait-elle pas le risque de produire des résultats peu^satisfaisants ?

Ce qui est certain, c'est que, trois mois après l'ostéotomie, la malade n'a pas encore recouvré l'usage de son membre; elle ne peut plus plier le genou, et le cal est encore extrêmement volumineux.

Fractures anciennes et récentes.

Observation XX.

Cal d'une fracture de la rotule datant de quatre mois. Artlirite aiguë.

L.. (Léon), 34 ans, entré le 10 oetobrCj salie Saint-Louis, n° 3. Fracture de la rotule le 31 mai 1880. Cunsolidation suffisante qui permet le 10 août d'envoyer le malade à Vincennes, avec un apparei, silicate. Le 7 octobre il repiend ses occupations, sans appareil ; mais le même jour, en marchant, il éprouve une sensation de craquement dans le genou, accompagné d'une vive douleur ; la marche est possible quoique pénible.

A l'examen nous découvrons une ecchymose très marquée sur toute la face antérieure et supérieure du tibia.

11 octobre.

Genou gauche.

Genou droit.

Différence.

Rég. int.

— ext.

Surle fragment supér.

de la rotule.

Sur le fragment inf.

Sur le cal.

Sur l'ecchymose.

Observation XXI.

Cal d'une fracture de la rotule datant de neuf semaines.

D.. .(Jules), 24 ans, entré le 12 octobre, salle Saint-Louis, n* 32. Fracture de la rotule gauche des plus évidentes méconnue, paraît-il, et traitée par des cataplasmes; elle remonte à neuf semaines et est consécutive à une chute sur le genou. Au bout de trois semaines de repos sans appareil, le malade s'est levé. Il ne vient à l'hôpital maintenant que parce qu'il est un peu gêné pour fléchir la jambe sur le genou.

13 octobre. Genou gauche. Genou droit. Différence. Rég. ext. 34,8 30,1 4,7 — int. 34,9 30,7 4,2 Rég. ant. sur le cal. 35,4 29,4 G»

Observation XXII.

Fracture de l'extrémité inférieure du radius au 32* jour.

X..., environ 60 ans,entréele 13seplc.:ibre, salle Saint-Augustin, no 4. Fracture de l'extrémité inférieure du radius, et luxation sous» coracoïdienne au premier di^grc.

On a dû, dans l'espace d'un mon, changer deux fois l'appareil silicaté qui ne remplissait pas exactement les deux indications de réduction. La région dorsale de la main est tuméfléc et douloureuse à la pression.

14 octobre. Bras gauclie. Bras droit. Différence. Au poignet.

Région, ext. 35,8 30,2 5,6

— post. 34,1 30,3 3,8

— int. 34,2 30,2 4°

— ant. 35.5 32,7 2,8

Observation XXIII Fracture de l'estrémitô inférieure du péroné au SQ^jour.

B... (Eugène), 35 ans, entré le j7 septembre, salle Saint-Louis,

Fracture du péroné guérie; cal peu sensible au toucher; la marche sans béquille est encore difficile, surtout si le malade vient à poser toute la plante du pied sur le sol.

5 novembre. Pied gauche. Pied droit. Différence. Mail. ext. sur le cal. 34° 29,5 4,5

— un peu au-dessous 33,2 30,5 2,7

— un peu au-dessus, 32,8

Mail. int. 33,6 31° 2,6

Région ant, 32,5 30,3 2,2

Nous croyons devoir faire observer, pour expliquer l'élévation de la température dans tout le pied gauche, que le malade a commencé à marcher depuis quelques jours; et l'effort développé pour y arriver ne laisse pas que d'être douloureux, comme nous venons de le dire plus haut. Il y a donc dans toute la région un certain degré d'inflammation que traduit l'écart des températures entre les deux pieds.

Ces quatre observations XX, XXI, XXII, XXIII, et la dernière partie de l'observation XIX prouvent que le travail de réparation d'une fracture s'accompagne toujours d'une élévation considérable de la température locale au niveau et aux alentours de cette fracture. Cette élévation se maintient très longtemps sur le cal fibreux ide la rotule, (nous ne l'avons trouvée nulle part aussi • étevée) et indique sans nul doute, la persistance du tra-

vail. 11 serait intéressant d'explorer à ce point de vue, une fracture de la rotule remontant à 2 ou 3 ans.

Quant aux conséquences cliniques de ces remarques, elles ne nous apparaissent pas encore bien clairement.

Observation XXIV.

Fracture de la malléole externe droite datant de trois jours.

M... (Charles), 25 ans, entré le 2 novembre, salle Saint-Louis, n°17. Il y a trois jours, le malade a fait une chute dont il ne peut expliquer le mécanisme.

M. Verneuil porte le diagnostic de : fracture de la malléole externe droite, avec entorse tibio-tarsienne.

3 novembre.

Pied droit.^

Pied gauche.

Différence.

Région externe,

mail. ext.

2 travers de doigt

au-dessus

6 travers de doigt

au-dessus

2 travers de doigt

au-dessous

Rég. dorsale sur l'arti-

cul. tibio-tarsienne

La fracture ici était douteuse pour quelques-uns ; M. le professeur Verneuil nous la démontra évidente.

L'application thermométrique immédiate indiquait^ bien une élévation très marquée de la température. Mais nous avons vu que l'entorse peut donner les mêmes résultats.

Observation XXV.

Atrophie du membre inférieur droit, consécutive à une coxalgie.

G... (Jules), 18 ans, entré le 22 avril 1879, salle Saint- Louis,n''S8, Coxalgie droite; amélioration par suite de l'immobilisation pendant six mois; mais la cuisse et la jambe ont considérablement diminué Je volume. La marche n'est pas douloureuse, avec les béquilles; mais la flexion de la cuisse sur le bassin est impossible.

Le 10 septembre 1880, le malade inquiet nous appelle au passage pour une douleur vive dans l'articulation tibio-tarsienne gauche. La veille, il a voulu marcher plus que de coutume, se forcer, selon son expression, et pendant la nuit, toute la région du cou-de-pied s'est légèrement gonflée,

10 septembre. Pied gauche. Pied droit. Différence. Mail. ext. 32,2 25,6 6,6

int. 33 25,8 7,2

Quelques jours après, la douleur et l'inflammation du pied gauche ont disparu; mais il n'en reste pas moins un écart sensible entre la température du pied gauche et celle du pied droit, écart dû, sans nul doute, à l'atrophie suite de coxalgie.

22 septembre. Pied gauche. Pied droit. Différênce. Mail. ext. 25,2 23 1,8

int. 27 24,'2 2,8

Observation XXVI.

Atrophie du membre inférieur gauche, consécutive à une fracture de l'extrémité supérieure du fémur mal consolidée.

ans, entré salle Saint-Louis, n" 36.

Parizot.

— oO —

Fracture de l'extrémité supérieure du fémur ia;auche romontaiit, à quatorze mois environ. Le malade ayant voulu être soigné chez lui, n'y a pas trouvé tous les soins que réclamait son état. Actuellement, il se tient appuyé sur une canne dont il ne saurait guère se passer, et il marche très péniblement. Tout le membie du côté de la fracture est sensiblement atrophié.

4 novembre. Côté gauche. Côté droit. Différence.

Cuisse. Tiers sup. 33,5 34,4 — 0,9

— inf. 32,3 33,8 —1,5

Jambe. Tiers moyen 31,7 32,8 — 1,1

Pied. Rég. dorsale. 27,2 26,5 0,7

De ces deux observations XXV et XXVI, il résulte que la température est toujours abaissée dans une région atrophiée et que cet abaissement peut atteindre plus de deux degrés. Il serait intéressant de rechercher si, sous l'influence de l'électrisation pratiquée en pareil cas, la température ne remonte pas peu à peu suivant la réparation plus ou moins marquée des parties. Nous avions commencé quelques recherches dans ce sens ; mais le manque de temps ne nous a pas permis de les continuer.

Memiea ei varicoeèie.

Observation XXVII.

Hernie inguinale droite étranglée depuis deux jours et demi.

D... (Edouard), 40 ans, entré salle Saint-Louis, n» 53, le 21 septembre. La hernie qui s'est montrée à droite, il y a six ans, est sortie le 18 septembre au matin et n'a pu rentrer depuis.

Dès ce moment, le malade a éprouvé les symptômes de l'engouement, puis de l'étranglement.

Opération le 21 au soir. Adhérences nombreuses.

21 sèptembre. Aîne droite. Aîne gauche. Différence.

L'opération a réussi, malgré les difficultés qu'elle a présentées Au bout de si.\ semaines, le malade sort parfaitement guéri.

Observation XXVIII.

Hernie inguinale datant de quatre jours.

F... (Emile), 46 ans, 'entré salle Saint-Louis, n° 38, le 16 octobre.

Le 9 octobre, en faisant un effort, sensation d'un coup dans l'aine gauche. Aussitôt le scrotum agontlé notablement, le malade a senti que cela lui tirait le cœur, selon son expression. Au bout de deux heures, puis le surlendemain, quelques vomissements glaireux, majs surtout des hoquets. A l'entrée à l'hôpital, on essaye le taxis qui ne donne pas de résultats. Lorsque nous examinons le malade le lendemain, nous trouvons tout le scrotum gauche triplé de volume et de l'empâtement sur le trajet du cordon; la région est un peu douloureuse.

13 octobre. Côté gauche. Côté droit. Différence. Sur le cordon 35,4 34,4 1 Sur le testicule, p. înf. 35 33,5 1,5 Sur le testicule, p. sup. 35,4 32,5 2,9

Après huitjours de repos pendant lesquels il ne s'est rien passé d'anormal, le malade sort de l'hôpital avec un bandage.

Dans ces deux observations de hernie, nous notons d'un côté l'abaissement de la température au niveau de la hernie étranglée depuis deux jours et demi et dont le sac était, pour cette raison, en[partie sphacelé ; de l'autre côté l'élévation de cette même température sur une hernie récente, peut-être engouée, et sur lesquelles on avait pratiqué sans résultat des tentatives de taxis.

Observation XXIX.

Communiquée par M. P. Redard

Sch..., 24 ans. Varicocèle gauche très marqué.

Cordon volumineux; veines de l'épididyme tumétiées. Testicule gauche légèrement atrophié.

Testicule droit : cordon et épididyiue normaux.

Recherche de la température au moyen de l'appareil thermoélectrique :

Au niveau de la tête de l'épididyme, plus chaud de 10 divisions du galvanomètre.

Au niveau du cordon variqueux en plusieurs points, plus chaud de 12 divisions du galvanomètre.

Cordon variqueux. Côté sain.

Au niveau du testicule, on trouve égalité de température.

„ Cordon variqueux, 36.5

En moyenne: côté sain, 35.

Le cordon du côté du varicocèle est donc pluschaud,en moyenne

de 10,5.

OrcMte»

Observation XXX.

Orchite blennorhagique.

L..., 30 ans, entré le 12 octobre, salle Saint-Louis, n" 47. Orchite gauche.

La dernière blennorrhagie remonte à cinq mois; elle a été mal soignée par le malade. Il y a dix jours, le testicule gauche a commencé à se gonfler et à devenir douloureux ; mais la douleur est

supportable. Les symptômes sont très bénins, et le fifonflement peu accentué.

13 octobre^ Testicale gauche. Testicule droit. Différence. Part. inf. 35° 33,5 1,5 Part. raoy. 35° 33,3 1,7 Part. sup. 350 33,7 1,3 Sur le cordon. 35,6 35" 0,6

Observation XXXI.

Orchite blennorrhagique.

H... (François), 26 ans, entré le 43 novembre, salle Sainl-Louis, n° 53.

Blennorrliagie ayant débuté il y a six semaines; elle a été coupée net au moyen d'injections il y a quinze jours.

Il y a trois jours, douleurs dans l'aine, puis, presque immédiatement dans le testicule droit. Gonflement médiocre, maisplus marqué que dans le cas précédent.

Les symptômes y sont également un peu plus accentués.

14 novembre. Testicule droit. Testicule gauche. Différence. Part. inf. 36,9 34,8 2,1 Part. moy. 36,4 34,7 1,7 Part. sup. 36,9 35,2 1,7

Sur le cordon. 36,4 36" 0,4

Observation XXXII.

Orchite et épididymite tuberculeuses (comm. par le P. Redard).

P..., âgé de 29 ans. Testicule gauche induré; pas d'atrophie. Epididyme considérablement augmenté de volume, avec des noyaux indurés dans toute son étendue, principalement à la base. Canal déférent induré. Pas de rougeur à la peau.

Testicule droit et épididyme sains.

Exploration par l'appareil thermo-élrctriquc:

Queue de l'épididyme plus chaude du côté malade, de 8 divisions du galvanomètre.

Partie moyenne du testicule induré plus chaude de 10 divisions. Au niveau de la tête, plus chaude de 5 divisions. Au niveau du cordon, plus chaude de 2 divisions. Températures comparées :

Côté sain. Côté malade.

Queae de l'épididyme. 33,8 35,8 Partie moyenne du testicule induré. 34° 36° Au niveau de la tête. 33,4 35,4 Au niveau du cordon. 33° 35<»

Huit jours après, nouvelle exploration :

Côté sain. Côté malade.

Queue de l'épididyme. 33,3 35,3 Partie moyenne du testicule induré. 33,6 35,6 Au niveau de la téte. 32,9 34,9 Au niveau du cordon. 32,5 34,2

En résumé, dans ce cas, il existe une élévation de température dans toute la région scrotale du côté oii siège une orchi-épididymite tuberculeuse.

Observation XXXIII.

Orchite tuberculeuse.

B... (Adolphe), 41 ans, entré le 10 octobre, salle Saint-Louis n» 6.

Depuis trois ans, deux ou trois fois chaque année, le testicule gauche se tuméfiait sans douleurs bien vives; puis la tuméfaction disparaissait.

Depuis 4876, les érections et les désirs se sont maintenus; mais l'éjaculation du sperme n'a plus lieu.

Au mois de mai 18s0, la tuméfaction qui s'était produite comme

d'habitude n'a pas disparu; elle s'est accompagnée de douleurs vives .

Il s'est formé un abcès qui s'est ouvert au bout de huit jours et adonné issue à des espèces de petites membranes, dit le malade.

Actuellement, il se fait de temps à autre un suintement de liquide séreux. Nous avons affaire à un tuberculeux tout près de la deuxième période.

11 octobre Testicule gauche.

Testicule droit.

Différence.

Tête de l'épidid. 35,4

Part. moy. ant, 34,1

Queue de l'épidid. 34,8

Part. moy. post. 35,3

Par ces quatres observations dont deux relatives à l'orchite tuberculeuse, et deux à l'orchite blennorrhagique bénigne, nous voyons qu'il y a, dans les deux cas égale élévation de température de toute la région. Quant à établir par la thermométrie que c'est spécialement l'épididyme et non le testicule qui se trouve atteint par l'inflammation, nous ne croyons pas que cela soit possible. Les enveloppes du testicule sont trop lâches pour permettre une application aussi précise.

Gotntncs périostiQue»,

Observation XXXIV.

Gomme syphilitique de l'omoplate.

M...' (Alphonse), 51 ans, entré le 21 octobre, salle St-Louis n°Ab. Antécédents syphilitiques. Il y al8 mois, tumeur du volume d'une noisetlequi occupe la face postérieure de l'omoplate droite ; en trois mois elle acquiert tout son volume, c'est-à-dire qu'elle s'étend à toute la fosse sous-épineuse à peu près.

On hésite entre deux diagnostics : Ostéo-sarcome et gomme syphilitique.

II y a d5 jours M. Yerneuil a pratiqué dans le tumeur deux ponctions successives. La première a donné la valeur d'un dé à coudre de liquide aqueux; la deuxième quelques gouttes de sang.

On a alors soumis le malade au traitement anlisyphiiitique.

Nous faisons une première exploration ihermométrique au début de ce traitement.

5 novembre. Côté droit. Côté gauche. Différence. Part. sup. 33,8 32,9 0,9

Part. moy. " 33,8 33,2 0,6

Part. inf. 33,8 32,5 1,3

Le malade sort très amélioré vers la fin de novembre. Nous le revoyons le 13 décembre; le volume (ie la tumeur est réduit des trois quarts tout au moins. Le malade est très satisfait.

13 décembre. Côté droit. Côté gauche. Différence.

Part. inf. 33° 33,7 —0,7

Part. moy. 32,7 33,1 —0,4

Part, sup. 33» 33,4 —0,4

La relation entre les températures respectives de l'ostéo-sarcome et de la gomme pêriostique n'étant pas encore établie, les chiffres donnés par la première exploration ne pouvaient aider en rien au diagnostic différentiel, non plus qu'au diagnostic d'avec l'abcès froid, suite de carie osseuse, dans lequel on constate également une élévation de quelques dixièmes de degré.

Mais les résultats de la deuxième exploration nous paraissent intéressants à noter.

Observation XXXV.

Gomme pêriostique? de l'articulation du coude.

B... (Guillaume), 63 ans. Entré, le 13 novembre, salle St-Louis, n" 38. Antécédents syphilitiques très douteux.

En 1878, arthrite du coude droit ayant suppuré quelque temps; Guérison.

Le malade est emballeur et se sert cDntinuellement de son bras droit. Il y a deux mois, les douleurs ont reparu dans l'arliculaqui s'est tuméfiée, surtout à la région externe et où s'est formé un abcès qu'on a ouvert, en ville. A l'entrée du malade, cet abcès laisse encore écouler un peu de pus'.

On hésite entre deux diagnostics : tumeur blanche ou gomme syphilitique.

15 novembre.

Coude droit.

Coude gauche.

Différence.

Région ext. au niveau

de l'épicondyle.

Deux trav. de doigt

au-dessous.

En arrière de l'épicond.

Région postérieure au-

dessus de l'olécrâne.

Rég. int.

Dès les premiersjours, on a institué le traitement antisyphilitique. Le 22 décembre, au moment de faire une nouvelle exploration, :nous trouvons le gonflement plus accentué, quoique les douleurs : soient moins vives ; il est vrai que le bras est dans une gouttière.' m n'y a pas d'amélioration, au contraire.

21 décembre. Coude droit. Coude gauche. Différence. Un peu en arrière

de l'épicondyle. 37o Si» 6° iK deux travers de doigt

au-dessous. 36,6 32,5 4,1

Région ant. 35° 33° 'Hfi

— int. 350 31,8 3,2

Pour nous, si nous en croyons le thermomètre, le ddiagnostic de gomme périostique devrait être écarté pour fêtre remplacé par celui d'arthrite suppurée.

Kystes Observation XXXVI Kyste hydatique du foie.

A. .. (Jeanne), 26 ans, entrée le 10 novembre salle St -Augustin n" 22. Kyste hydatique du foie à droite ayant débuté il y a deux ans. Première ponction faite par M. Verneuil à la fin de mai 1880; elle donne 3 litres et demi d'un liquide citrin. Deux mois après le liquide s'était reproduit. Le 13 novembre nouvelle ponction qui donne 5 litres d'un liquide jaune, semblable à du faro, dit M. le professeur Verneuil; cette coloration parait due à la communication du kyste avec les voies biliaires.

13 nov. (avant la ponction). Côté droit. Côté gauche. Différence. Région ext. 35,1 35,8 — 0,7

— moyenne. 35° 35,3 — 0,8

Creux épigastrique un peu en dehors de la ligne

médiane. 35,8 36,1 — 0,3

Le liquide s'est de nouveau reproduit ; la malade rentre à l'hôpital le 12 décembre.

Phénomènes généraux peu marqués ; amaigrissement.

13 décembre. Côté droit. Côté gauche. Diffe'rence. Rég. ext. de la tumeur. 34,8 35,7 — 0,9

Rég. int. 34,5 35,4 — 0,9

Nota. — L'examen histologique du liquide n'a donné ni crochets ni traces de membranes.

Observation XXXVII.

Pleurésie enkystée ou kyste hydatique. (1)

B. .. (Pierre),35 ans, entré le 13 novembre; salle St-Louis, n° 59. Il y a un an, bronchite ou pleurésie ayant duré 5 à 6 mois.

(1) Une nouvelle ponction pratiquée dans les premiers jours de janvier 1881 a donné trois litres environ de liquide purulent.

Au mois de mai dernier, période d'oppression respiratoire. Amélioration passagère.

Au mois d'août nouvelle période d'oppression. Quintes 'de toux revenant 2 ou 3 fois le jour, lorsque le malade change de position, mais non la nuit pendantl e sommeil; appétit à peu près conservé.

Al'enti'ée, on constate une tumeur assez étendue située au-dessous du sein droit, et se prolongeant sur le côté.

14 novembre. Côté droit. Côté gauche. Différence. Sur la tam. en haut. 34,2 35,7 — 1,5

— en bas. 34,5 35,5 — 1°

Ponction le 15 novembre. 3 litres de liquide jaune citrin; pas de crochets, ni de membranes.

Huit jours après, nouvelle exploration.

22 novembre. Côté droit. Côté gauche. Différence. Sur la tum, en haut. 34,5 34,5 » »

en bas, 34,2 35,2 — 1°

Faisons remarquer tout de suite que, dans la première exploration, la différence de température se chiffre par : — 1, 3 du côté droit où se trouve une couche de liquide interposé, et que dans la seconde, cette différence de température n'existe plus, en haut, par suite de la disparition partielle du liquide après la ponction.

Observation XXXVIII.

Kyste poplité,

C... (Charles), 34ans, entré le 10 novembre salle St-Louis, no^O. Kyste poplité gauche ayant débuté vers le mois de mai dernier, et ayant atteint la grosseur d'un œuf. En juillet, première ponction. En octobre le kyste se remplit.

15 novembre. Creux poplite gauche. Creux poplité droit. Différence Eu haut. 32° 33,2 — 1,2

En bas. 31,9 33,4 — 1,5

Ces trois observations XXXVI, XXXVII, et XXXVHI, nous permettent de conclure que, dans les cas ou la peau et une mince couche de tissu musculaire s'y rattachant reposent sur une collection liquide morbide qui n'est pas franchement inflammatoire, la température de cette partie de la peau est sensiblement plus basse que celle du coté opposé. Cette conclusion n'est pas applicable aux abcès froids, comme le prouvent les observations suivantes.

Observation XXXIX.

Communiquée par M. le Û"* D. Redard.

X..., â^é de 22!ans. Abcès.froid datant de deux ans. La peau est saine ; pas de rougeur.

Au niveau de l'abcès, l'exploration des 2 parties semblables avec les plaques termo-électriques donne:

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