‹ Essai sur les températures locales dans les affections chirurgicalesChapitre 4 sur 4 · Partie supér · texte numérisé non relu

Partie supér

— infér .

— intér.

— extér.

Sein gauche.

Sein droit.

Différence.

Le même jour, M. Redard a pratiqué l'exploration au moyen de son appareil thermo-électrique. Il a obtenu des résultats à peu près identiques ; élévation del^S; 1",2 ; 1°, dans les diverses régions de la tumeur.

On voit, par ces quatre observations de tumeurs malignes du sein, que la température est plus élevée sur la tumeur que sur la région symétrique opposée. Peutêtre même pourrait-on dire que la température y est d'autant plus élevée que la marche a été plus rapide, ou peut-être seulement que la tumeur est plus ou moins profonde.

G... (Marie), 22 ans, entrée le 4 novembre salle Saint-Augustin, n° 10.

Il y a trois ans et demi, une tumeur du volume d'une noix, est sentie pour la première fois dans l'épaisseur du sein gauche. Getie tumeur augmente, puis dimiime à l'époque des règles ; elle donne lieu à des élancements fréquents. Peu à peu le volume en a doublé. M. Veriieuil porte le di;ignoslic adénon)e et fait faire une compression ouatée assez énergique.

21 septembre. Sein gauche. Sein droi(. Différence. En dedans. 35° 33,5 1,5

En dehors. 35,4 34,5 0,9

Observation LVI.

Adénome superficiel du sein gauche.

M. Redard pratique, le même jour, l'exploration au moyen de son appareil. Il obtient des résultats conformes aux nôtres, J4 dixièmes d'élévation de température sur la tumeur.

La malade est sortie pendant quinze jours. Elle rentre le 23 décembre. La tumeur a plutôt augmenté, dit-elle. Elle épronve des douleurs dans tout le bras gauche, et trouve dans l'aisselle deux ou trois petits ganglions très sensibles à la pression. Les douleurs dans le bras sont attribuées par la malade à la fatigue. Nous appliquons de nouveau notre thermomètre.

28 décembre. Sein droit. Sein gauche. Différence. En haut. 35,2 34,5 0,7

En bas. -35,41 34,7 o,7

L'adénome superliciel produit donc, lui aussi, une élévation de la température à i-on niveau. Et selon qu'il est plus ou moins profond sans doute, comme dans les tumeurs malignes, l'écart est plus ou moins considérable.

La thermométrie locale superOcielle n'a donc rien à faire semblet-il dans le diagnostic des tumeurs bénignes et malignes du sein.

Abcès

Observation LVH.

Abcès du sein, à répétition (abcès chronique).

G... (Augustine), 20 ans, entrée le 10 octobre salle Saint-Louis, n» 22. Est accouchée le 24 juillet , a nourri pendant dix à douze jours et n'a pas pu continuer. Le sein droit s'est tuméfié; il s'est formé un abcès qui s'est ouvert de lui-même. Deux autrcb abcès ûr:t suivi, qui se sont ouverts dans les mêm.es conditions.

Enrn),daiis ces derniers temps, un quatrième abcès s'est reproduit et piraît envahir toute la glande mammaire.

11 octobre. Sein droit. Sein gauche. Différence.

Sur la pointe de l'abcès. 35,7 33,8 1,9

Mamelle. Part, supér. 35,4 33,5 ± 9

— Part. ext. 35,3 33,4 1,9

— Part. inf. 35,5 33,5 2°

— Port. int. 35,5 33,4 2,1

Observation LVIII.

Une aiguille dans le périoste humerai.

M... (Louise), 49 ans, entrée le 41 octobre salle St-Auguslin,brancard. Une aiguille longue de 5 centimètres environ dansle bras,et dont la pointe est probablement enfoncée dans le périoste liumérait la tête est très peu sensible à l'extérieur. Un peu d'inflammation des tissus circonvoisins. Nous appliquons le thermomètre pour juger s'il y a menace d'abcès prochain. L'écart entre les deux points symétriques n'est que de 1 degré 8 dixièmes. Il n'y a pas à attendre d'abcès.

11 octobre. Bras gauche. Bras droit. Différence

Sur le point le plus douloureux. 32,4 30,6 1,8

Sur un point moins douloureux. 31,1 30,7 0,4

Nous avons plusieurs fois pris la température des abcès bons à ouvrir. Nous avons toujours trouvé un écart de près de 3 degrés, souvent plus, entre ce point déterminé et le point opposé symétrique.

Dans l'observation LVII, l'écart n'est que de deux degrés; mais nous avons affaire à un abcès subaigu.

Dans l'observation LVIII, la différence n'étant que de 1,8, il n'y pas imminence d'abcès, mais simplement inflammation par corps étranger. C'est précisément dans des cas de ce genre que le thermomètre, appliqué chaque jour localement, pourrait venir en aide au pronostic.

Observation LIX.

Ganglions scrofuleux de l'aisselle et de la région sus-claviculaire,

B... (Julie), 26 ans. Entrée le 14 septembre 1880 salle Saint- Augustin, n° 2. A la fin de février dernier, une petite tumeur de la grosseur d'une noisette s'est révélée sous le bras pour des élancements très marqués.

A l'entrée à l'hôpital, la tumeur a acquis le volume d'un œuf.

Une autre tumeur du même genre s'est montrée au-dessus de la clavicule gauche il y a trois mois. Grossissement lent, pas d'élancements de ce côté.

Nous avons exploré trois fois en l'espace de dix jours, puis, une quatrième fois six semaines après, les deux tumeurs.

Voici nos résultats d'abord pour la région de l'aisselle, puis pour la région sus-claviculaire.

Tumeur axillaire, 15 septembre.

22 septembre.

24 septembre.

13 novembre.

Côté droit.

Côté gauche, 34,8 35° 34,1 36,7

Différence.

Tumeur sus-claviculaire.

15 septembre.

22 septembre.

24 septembre.

13 novembre.

Côté gauche. 35,5 36° 35,5 37°

Côté droit.

Différence.

Dans les premiers jours de décembre, M. le prolesseur Verneuil a fait l'ablation du ganglion axillaire seulement. La malade va bien.

Comme on le voit, l'exploration thermométrique n'a rien à faire dans ce cas. Les résultats en sont contradictoires aux diverses époques; les gang-lions étant pla-

ces très profondément n'ont aucun retentissement sur la température superficielle de la région.

Observation LX.

Température dans un torticolis et dans une névralgie dentaire inférieure.

P..., étudiant en médecine, pris d'une violente névralgie dentaire, se fait une injection de morphine dans la peau du cou, vers l'angle inférieur de la mâchoire. Le lendemain torticolis du côté de l'injection (à gauche). Quant à la névralgie dentaire, elle n'a été en rien influencée par la morphine

22 novembre. Côté gauche. Côté droit. Différence. Vers l'angle infér, de

la mâchoire. 35,3 35» 0,3

Vu la névralgie dentaire et faute de point douloureux hien défini, nous appliquons empiriquement le thermomètre au niveau du trou mentonnier. Nous obienons une élévation de 0,2 dixièmes du côté non atteint.

Nous nous bornons à constater ces résultats sans essayer d'en tirer de conclusions.

Observation LXI.

Lipome de la région sus-claviculaire gauche.

L.,. (Elise), 49 ans. Entrée salle Saint-Augustin, n" 3,1e 22 septembre. Il y a quinze mois qu'uiî petit noyau de la grosseur d'un pois s'est montré dans la région sus-claviculaire gauche. Accroissement très lent. En 1879 la tumeur a atteint le volume d'un petit œuf de poule. Depuis la (In de juillet, elle a doublé, puis triplé de volume. Elle ne produit aucune gêne pour la respiration ni pour la déglutition.

23 septembre. Côté gauche.' . Côté droit. Différence. Sur la tumeur :

En dedans 33,7 36,3 — 2,6

En dehors. 34,2 35,8 — 1,6

En bas. 32.4

En haut. 35,4

Au milieu. 32,5 35,5 — 3,0

L'ablation a eu lieu le 25 sepleiribre. La malade sort complèlement guérie le 8 octobre.

Dans ce cas, le diagnostic avait quelques raisons d'hésiter entre un abcès froid, une tumeur malig-ne et un lipome. La thermométrie locale, donnant un abaissement considérable de la température sur la tumeur, a permis a priori d'écarter les deux premières affections pour s'en tenir à la troisième.

Observation LXII.

Kyste de l'ovaire.

T... (Michel), 27 ans. Entrée le 24 juillet salle St- Augustin, n° 1. Début du kyste il y lo mois. La tumeur, prédominante à gauche au mois d'octobre 1879, semble depuis le mois de mai 1880 être tout entière passée à droite. A la fin d'octobre'ponction exploratrice qui confirme le diagnostic longtemps incertain.

Nous avons, avec une constance dont les motifs nous échappent, pris jusqu'à 42 températures en trois séances sur l'abdomen de cette malade.

Voici les conclusions qui découlent de ces recherches: 1° La température a toujours été 'plus élevée à droite^ du coté où prédominait la tumeur.

2° Dans la position horizontale, le sujet couché sur le dos, la température est plus élevée sur les parties déclives qu'aux alentours de la Ugne blanche et sur la ligne blanche même.

3° Dans la région du pli inguinal, la température est de près d'un degré plus élevée que sur les régions les plus chaudes de l'abdomen.

Résumé.

La thermométrie locale superficielle nous indique, entre la température des parties malades et celle des parties saines symétriques, un écart variable dont on a pu tirer des éléments importants pour le diagnostic, le pronostic et le traitement.

Diagnostic : 1° Du siège des fongosités dans les tumeurs blanches. Ces fongosités présentent dans les cas graves, une élévation de 4 à 5 degrés sur la température delà région symétrique opposée;

2° De l'hygroma d'avec l'hydarthrose. L'hygroma se traduit par une élévation de température très marquée au niveau de la bourse séreuse enflammée, beaucoup moins marquée sur les parties latérales. Dans l'hydarthrose cette élévation est généralisée à toute la région ;

3° De la hernie étranglée-sphacélée dont la température relative paraît se trouver abaissée de b dixièmes (Obs. XXXVII) ;

4° Du lipome. Celui- ci engendre, au niveau de la région soulevée, une différence en moins égale à 3 degrés, par comparaison avec les points symétriques ;

5° Des gommes périostiques. Elles semblent donner lieu à une faible augmentation de chaleur du côté malade, et un peu plus tard, à la suite du traitement, aune diminution de cette même chaleur ;

6** Des abcès froids. Ces abcès ne sont /roî£?^ que relativement à la température des abcès chauds, mais présentent en réalité une augmentation faible il est vrai (de 3 à 5 dixièmes), de la T. locale. (Obs. XXXIV).

Pronostic. — Pour diverses affections, hydarthroses, tumeurs blanches, orchites blennorrhagiques, inflammation an voisinage d'un corps étranger, etc.,. le pronostic semble devoir être d'autant plus bénin que l'écart des températures entre les régions symétriques est moins accentué.

Traitement. — Sous le rapport des indications du traitement, Ja température locale fournit également quelques indications utiles, par exemple :

1° Dans les tumeurs blanches. Lorsque l'écart entre les deux articulations symétriques atteint 5 et 6 degrés, l'immobilisation absolue paraît indiquée ;

2° Dans l'entorse datant de moins de 24 heures, l'inflammation du voisinage de l'articulation ne débute guère avant cette époque. Le traitement devra donc varier selon qu'on aura affaire à la première ou à la deuxième période;

3° Dans les gommes périostiques, dont le diagnostic est quelquefois difficile et incertain. La température locale, dans ces cas, donnant un écart très faiblo entre la région malade et la région saine symétrique confirme la nature syphilitique de la tumeur etpermet d'instituer le traitement avec plus d'assurance.

Pour tous les autres cas rapportés dans notre travail, la thermométrie locale nous a permis de trouver un certain nombre de données intéressantes au point de vue de la physiologie pathologique, mais dans lesquelles nous ne trouvons actuellement que peu d'intérêt pratique pour la clinique chirurgicale. Nous n'avons donc pas a la rappeler dans un résumé.

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