Essai sur les traités philosophiques de Cicéron et leurs sources grecques
On sait que les Romains n'ont pas eu de pliilosophie originale, et que, pour cette science, ils sont complètement tributaires des Grecs. Ils se sont bornés à traduire les idées étrangères,' sans rien ajouter, en retranchant plutôt : ils ont omis tout ce qui était trop subtil ou trop malaisé à comprendre^ Mais ils oat accommodé davantage à la vie pratique les recherches spéculatives des penseurs grecs. Ces caractères apparaissent nettement dans les traités philosophiques de Cicéron.
Ces traités, selon l'ordre des temps, se partagent en deux groupes : le premier comprend le de republica et le de leglbus, qui ont été écrits pendant la défaveur passagère dont Cicéron fut l'objet après l'exécution des complices de Catilina; le second renferme tous les ouvrages philosophiques de Cicéron composés dans les deux dernières années de sa vie. Il est probable que, pour le premier groupe, jCicéron imite Platon; pour le second groupe, il a dû non seulement imiter, mais^ncore traduire en partie les philosophes grecs. « Ses livres, écrit-il à Atticus, sont des copies (àTcoypa^a); ils ne lui coûtent pas grande peine, car il n'apporte que les mots, dont il ne manque pas/l). »
On a beaucoup étudié quelles étaient les sources de Cicéron dans ses traités philosophiques. Yan Heusde a cherché ce qu'il avait emprunté de Platon (2). Ce savant a le tort de conclure trop vite à une imitation de Platon, lorsqu'il trouve une analogie entre un passage du philosophe grec et de l'auteur
(1) XII, oî. — (-2) Cicero oilo-\i-o,v, Utrccht, !83U.