II INTRODUCTION
latin. Cieéron peut avoir suivi non pas Platon, mais un auteur qui s'était inspiré de lui. L'imitation de Platon ne serait ainsi que médiate, La même critique s'adresse à Baumhauer, qui a examiné ce que Cieéron devait à Aristote (1).
En 1753, on trouva dans les ruines d'Herculanum les fragments d'un traité épicurien où l'on crut reconnaître le modèle de Cieéron jiour une partie du livre I du de nutura deorum. Les fragments du traité grec et le passage de Cieéron furent comparés avec soin dans une foule de dissertations. On pensait avoir un exemple de la manière dont Fauteur latin composait ses livres de philosophie. Dès lors on rechercha, par des analyses minutieuses et des inductions délicates, de quels ouvrages grecs s'était inspiré Cieéron dans chacun de ses traités philosophiques. M. Madvig, dans les notes de son édition du de fîniMts, et dans les excv.rsiis qui la terminent, examine quelles ont pu être les sources de Cieéron pour les cinq livres de cet ouvrage. Nous ne nommerons pas ici tous ceux qui ont entrepris pour les autres traités ce que ;\r. Madvig a fait pour le definibus; ils seront mentionnés dans la suire de cette étude. Nous citerons seulement ;\[. R. Hirzel, qui a étudié avec beaucoup de subtilité quels modèles grecs a suins Cieéron pour le de na.tv.ra deoruin. le de finibus et \e de offïciis, les Académiques et les Tusculanes (2).
Nous avons cru qu'il n'était pas sans intérêt de réunir dans un travail d'ensemble le résultat des recherches isolées sur les sources grecques de Cieéron dans ses traités philosophiques (3). Mais pourrons-nous arriver à des résultats cer-
(1) Bevi Arixtotelia in Ciceronis scriptis, Utrecht, 1^1. — (Q) L'ntersuchunijm zu Ciiero's phtlosopliisc'nen Schriften, Leipsick, 1, ISTT ; II, l et 2, 188-2 ; 111, 1883. — (3) En même temps qu'on examine quels ont été les ouvrages grecs imités par Cieéron, on peut se demander comment il a traduit en latin les expressions philosophi([ues venues du grec. C'est ce qu'a fait H. Estienne dans son Lexicon Ciceronirinnni gripco-latinum, reproduit par M. Clavel. (De Ckerone Gvœcorum interprète, Paris, 1868.) M. Bernliardt a aussi écrit une dissertation où il énumère les mots nouveaux que Cieéron, dans ses traités philosophiques, a. traduits ou imités du grec. {De Ciierone Grwcœ phihsophi'e interprète, Berlin, 1865.) « Les ouvrages de