LE LIVRE V DES « TTSCULANES
livre V des Tusculanes, VHnrfensliM était peut-être imité du r.ii-zzrx'.v.iq de Posidonius. Ajoutons que l'on retrouve chez les Stoïciens cette définition : » La [ihilosophie est la science des choses divines et humaines, des principes et des causes où elles sont contenues (1). »
Cicéron passe ensuite à rp.!ijet du livre V, qui est de prouverai que la vertu suffit au bonheur, ce qui était une doctrine propre j au Portique. « Les premières preuves (2) sont les arguments ordinaires du Portique. Cicéron doit les exposer de mémoire ; car il avait souvent discuté avec Antiochus et Aristus à Athènes sur la question de savoir si la vertu suffisait à rendre la vie heureuse, La réfutation des Péripatéticiens et des anciens Académiciens (-3) parait aussi ne pas être empruntée à une source particulière, mais aux souvenirs personnels de Cicéron. Celui-ci ne veut pas s'en tenir aux Stoïciens, mais avoir aussi recours à Platon (4) ; il trailuit deux passages du Gorgias et du Ménéxène, qui montrent que pour Platon. Ja..vertu...seHle était un bien. Déjà les anciens Stoïciens aimaient à appuyer leur doctrine sur l'autorité de Platon (5j. La même tendance apparaissait encore davantage chez Pauétius et Posidonius. Il n'est donc pas invraisemblable que Cicéron ait pris ces citations de Platon dans un ouvrage stoïcien. Ce qu'il y a de sûr, c'est que les raisonnements qui STÙvent (6) sont empruntés au Portique(7). •
Quel est le Stoïcien qu'a imité Cicéron '? Au premier abord on pourrait croire que c'est Chrysippe : en effet on trouve dans la cinquième Tusculane beaucoup de pensées que les anciens lui attribuaient. Mais n'oublions pas qu'il avait laissé presque toutes les parties de la doctrine stoïcienne si achevées qu'il semblait renfermer en sa personne tout le Portique. C'est à lui qu'on devait les raisonnements et les divisions dont les Sto'iciens postérieurs aimaient à se servir. Il ne faut donc pas
(1) De olf., I, 43, 133, et II, 2, 5. — (2) V, 3, 1-2-7, 20. — (3) CIi. 8-iO. - V'O ^ , ^§ 34; 37. Cf. 7(i — fa) Le disciple de Zenon, Aristoii do Cliios, avait écrit trois livres pour prouvei' (pie suivant Platon il n'y avait de bien que l'Iionncto. — (6) Cli. 13-l.S. — (7i Heine, Intro'. à la 'à-- éd. de^ Th.st., p. XXIV
s'étonner de trouver dans le livre de Cicéron des détinitions employées pour la première l'ois par Chrysippe.
Il est au contraire très important de rencontrer quelques détails qui ne conviennent qu'aux Stoïciens postérieurs; car Cicéron avait dû lire leurs écrits plutôt que ceux de Chrysippe.
Les Stoïciens, comme on sait, ajoutaient à leurs raisonnements et à leurs détinitions la réfutation des autres doctrines, si bien que chaque Stoïcien critique le système d'un philosophe contemporain. Ainsi Zenon attaque Arcésilas, Chrysippe Épicure, A ntipater Carnéade. De même le Stoïcien dont Cicéron s'est inspiré semble avoir écrit contre un Péripatéticien ou un Académicien. En effet Cicéron ne nomme qu'en passant les Épicuriens, et il accuse les Académiciens et les Péripatéticiens du même défaut d'inconséquence. Toute la discussion semble avoir pour but de les réfuter. Cette particularité conviendrait à un Stoïcien contemporain de Carnéade ou postérieur à lui. Carnéade soutint le premier que les Stoïciens appelant ::p3vciJ.iva ce que les Péripatéticiens appelaient à'(xQi, et les Péripatéticiens n'accordant pas plus d'importance que les Stoïciens à la richesse, à la sauté et aux autres biens naturels, il n'y avait entre les deux écoles qu'une différence de mots, ce qui n'était ^ pas un motif suffisant pour amener une séparation. Le Stoïcien qui a servi de modèle à Cicéron répond à Carnéade qu'il y a une grande divergence d'opinions entre les Stoïciens et les Péripatéticiens; les premiers nient que les biens extérieurs achèvent le bonheur; les Péripatéticiens, au contraire, disent que sans les biens extérieurs il n'y a pas de bonheur parfait. On critique surtout un philosophe qui avait soutenu que la vertu suffisait à rendre la vie heureuse, nuiis non complètement heureuse (1).
Quel était ce philosophe ? Si nous en croyons Cicéron, il y en avait non pas un, mais plusieurs qui avaient professé cette doctrine : Aristote, Speusippe, Xénocrate, Pyrrhon, Antiochus. Ce rapprochemçht des anciens philosophes (2) et d'Antiochus
(I) T)!W., V, |§ 23, 29, 40, 4T. — (2) Les anciens philosophes n'ont jamais enseigné rien de pareil. C'est ce (|ui est certain ponr Aristote. Muant