‹ Essai sur les traités philosophiques de Cicéron et leurs sources grecquesChapitre 48 sur 70 · LE LIVRE II DU « DE NATUR.V DEORUM · texte numérisé non relu

LE LIVRE II DU « DE NATUR.V DEORUM

tincte, tandis que les Stoïciens ne voyaient là qu'un des aspects, un des attributs de l'esprit universel répandu dans les choses (1).

Mais telle était la conception de la religion primitive des Romains. Les dieux n'étaient pour elle que des abstractions : ce qui le prouve, c'est le nom numina (2) qu'on leur donnait. On était resté presque deux siècles avant de les représenter par des figures matérielles. La théologie stoïcienne devait faire sourire dans ses efforts pour rendre compte des mythes religieux de la Grèce (o). Elle aurait mieux réussi sans doute pour les dieux primitifs de la religion italique ; car son système d'interprétation était conforme à l'esprit romain.

Un autre rapport entre la théologie stoïcienne et- l'esprit romain, c'est le rôle utilitaire qu'elle attribuait aux dieux. Les Stoïciens voyaient surtout dans les dieux des bienfaiteurs de l'humanité. La doctrine des causes finales avait été indiquée pour la première fois par Socrate ; mais ils l'avaient reprise et dévelop])ée. Ils se conformaient ainsi à la tendance générale de leur système : le panthéisme, qui divinise tout, doit soutenir que tout est bien dans le monde et que tout est créé pour l'utilité de l'homme. Les Romains, de leur côté, auraient probablement négligé les pratiques religieuses, s'ils n'avaient cru recueillir ainsi de grands avantages, en se rendant les dieux favorables, ou en détournant leur colère (4).

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