‹ Essai sur les variations de l'urée et de l'acide urique dans les maladies de foieChapitre 12 sur 24 · MALAADIES DU FOIE DÉTERMINANT UNE DIMINUTION DU TAUX DE L’URÉE · texte numérisé non relu

MALAADIES DU FOIE DÉTERMINANT UNE DIMINUTION DU TAUX DE L’URÉE

Le deuxième groupe comprend des laits dans lesquels on a constaté une diminution plus ou moins prononcée dans la production de l’urée.

D’après les renseignements fournis par la clinique et par les autopsies, il y a lieu de croire que ces faits se rapportent, en général, à des lésions plus ou moins profondes du parenchyme hépatique, tantôt attaquant l’organe dans toute son étendue, comme la cirrhose et l’atrophie jaune aiguë, tantôt se circonscrivant et ne détruisant le tissu du foie que sur un ou plusieurs points comme le cancer, les kystes hydatiques, les abcès des pays chauds.

Certaines maladies fébriles graves, telles que la variole, la fièvre typhoïde, le typhus, lorsque apparaissent les lésions de la dégénération granulo-graisseuse du foie, déterminent un abaissement notable du chiffre de l’urée et doivent, par conséquent, trouver place dans cette description, à côté des lésions hépatiques diffuses, à évolution rapide, comme l’atrophie jaune aiguë.

La colique de plomb, compliquée de la rétraction du foie, si bien étudiée par M. le professeur Potain, produit également une diminution notable dans le chiffre de l’urée excrétée : pour cette raison, nous devrons le mentionner en ajoutant que la lésion qu’elle détermine est une simple lésion fonctionnelle et transitoire du foie.

Certaines maladies des voies biliaires avec oblitération dans la plupart des cas (par un calcul, un cancer de

la tête du pancréas, etc.) et rétention de la bile, lorsqu’elles s’accompagnent d’une altération concomitante du parenchyme hépatique, déterminent une forme particulière de fièvre intermittente symptomatique à laquelle on a donné le nom de fièvre intermittente hépatique. Or, à l’encontre de la fièvre intermittente vulgaire qui, pendant toute la durée du paroxysme fébrile, offre une augmentation considérable de l’urée, relativement à la période apyrétique, la fièvre intermittente hépatique pendant les jours où la température s’élève, présente une diminution correspondante dans le taux de l’urée. Voilà donc une différence bien tranchée qui doit faire ranger ette fièvre hépatique dans les maladies du deuxième groupe.

Cirrhose. — Il y a longtemps déjà que la diminution de l’urée avait été constatée dans l’hépatite chronique. Rose, Henri (de Manchester), Berzélius, Prévost et Dumas, sans preuves bien régulières, il est vrai, sont affirmatifs à cet égard. D’autres cliniciens arrivèrent à des conclusions différentes.

Ainsi Andral, dans trois cas de cirrhose, a trouvé de 20 à 22 grammes d’urée pour 1,000. Frerichs a quelquefois constaté en pareille circonstance que l’urine diminuait et qu’on trouvait une forte proportion d’urée, de créatine, de créatinine et d’acide urique.

De ces observations, on ne peut rien conclure, attendu qu’elles ont été faites sur de simples échantillons et non sur l’urine de 24 heures.

Actuellement on peut dire que le nombre des faits connus est assez grand pour permettre d’établir comme

une règle que Je taux de l’urée des vingt-quatre heures est toujours diminué dans les cas de cirrhose atrophique ou même hypertrophique.

Dans l’observation XI, la plus forte quantité de l’urée éliminée fut de 24 grammes par litre, la plus faible de 13 gr. 4. La moyenne oscillait entre 16 et 18 grammes.

Dans l’observation XII, la quantité d’urée obtenue n’est jamais tombée au-dessous de 17 grammes par litre.

L’observation XIII offre une diminution encore plus considérable, puisque le chiffre de l’urée s’est abaissé à 12 gr. 10, même à 5 et 6 grammes par litre.

Dans le travail auquel nous avons fait allusion plus haut, M. Brouardel relate un certain nombre de cas de cirrhose atrophique observés dans la période de l’ascite. L’urée de vingt-quatre heures, chez les malades, n’a jamais dépassé 9 grammes; elle n’a atteint ce chiffre qu’une fois. Elle est souvent descendue à 3 grammes et une fois à 1 gr. 88.

Dans la cirrhose hypertrophique, le taux de l’urée diminue également. M. Hanot(l), dans sa thèse, relate une observation prise dans le service de M. Bucquoy et dans laquelle l’analyse de l’urine fut laite par M. Byasson. Le chiffre de l’urée, dans les vingt-quatre heures, a oscillé entre 4 et 9 grammes.

La proportion des urates est très-accrue et ces sels se déposent spontanément, par le refroidissement sous forme d’un précipité rougeâtre très-épais.

(1) M. Hanot. Thèse de Paris. 1875, p. 55.

Observation XI (Inédite).

Le 10 février 1875, entre au n° .33 de la salle Saint-Augustin, service de M. le Dr Brouardel, le nommé Golmans (Joseph), polisseur sur blanc, âgé de 62 ans.

Cet homme raconte qu’aux approchesde L'hiver il ressentit quelques traces d’une maladie sourde, vague, jusqu’au jour où à la suite d'un refroidissement il fut obligé de se mettre au lit.

De la fièvre de la céphalalgie, des douleurs de reins le gardèrent au repos forcé trois semaines durant, jusqu’au 11 ou 12 janvier par conséquent.

A cette époque il tenta de se remettre à son travail, mais deux jours après, les mêmes symptômes le reprirent. Depuis, quelques coliques qui durèrent trois ou quatre jours et qui passèrent d’ellesmêmes le reprirent et furent suivies d’une diarrhée assez forte. Selles absolument liquides. A la fièvre et à la céphalalgie se mêlent de nombreux et petits frissons. Jusqu’au 8 février les selles demeurèrent liquides et assez nombreuses, atteignant presque habituellement la moyenne de cinq ou six par jour. Dimanche dernier, par exemple, il alla à la garde-robe huit fois. Quelque peu de sang mêlé aux matières fécales. De même au début de la maladie il avait présenté quelques épistaxis légères.

Etat actuel. — Il dit n'avoir jamais éprouvé de douleur à l’hypochondre droit. 11 n’a jamais eu non plus d’ictère. Aujourd’hui on constate une face terreuse : deux selles par jour et diarrhéiques. Céphalalgie persistante. Pouls petit et fréquent.

Rien au cœur.

Rien au poumon, qu’une respiration légèrement soufflante. Grande faiblesse qui a nécessité son transfert à l’hôpital.

Membres amaigris. Abdomen présentant une ascite peu considérable. Cette hydropisie n’a été remarquée par le malade qu’au mois de janvier : ses membres avaient un peu gonflé au mois de septembre.

Foie peu volumineux, dur, atteignant à peine le rebord des fausses côtes.

Urines d’un jaune orangé très-foncé, tirant sur le rouge orangé, denses.

(1) Nous devons cette observation à l’obligeance de M. le docteur Brouardel.

j La circulation veineuse abdominale n’cst pas plus sensible que normalement.

14. — 9 gr. 78 centigrammes d’urée par demi-litre; quelques dépôts filamenteux.

16. — N’a rejeté que 120 centigrammes d’urine en 24 heures ; 2 gr. 928 d’urée ; 24 gr. par litre.

17. — N’a rejeté que 150 centigrammes d’urine en 24 heures; 2 gr. 700 d’urée; 18 gr. par litre.

18. — N’a rejeté que 90 centigrammes d’urine en 24 heures ; 1 gr. 971 d’urée ; 21 gr. par litre.

19. — Les urines conservent leur couleur : les selles atteignentle chiffre moyen de trois ou quatre, en vingt-quatre heures, sont diarrhéiques et fatiguent le malade. L’appétit est conservé au point qu’il mange deux portions; les digestions se font bien.

20. — 11 a rejeté 140 cc. d'urine ; 16 gr. 7 d’urée par litre.

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