Le malade, de plus en plus faible, meurt dans la nuit
A l’autopsie, on trouve le foie petit ; il est le siège d’une prolifération interstitielle très-évidente. La partie du lobe qui recouvre la vésicule est amincie et laisse voir cette dernière par transparence dans un intervalle de 1 centimètre au moins.
La rate est difüuente et se décortique aisément.
L’aorte porte plusieurs plaques athéromateuses anciennes et les valvules sigmoïdes, diverses indurations de formation récente.
Les deux poumons dans les deux tiers supérieurs sont remplis d’une production miliaire abondante à laquelle la mort peut être attribuée.
Observation XTI (1).
Cirrhose.
Homme âgé de 36 ans, entré à l’hôpital Saint-Antoine, salle Saint-Lazare, service de M. Cadet de Gassicourt, le 16 novembre 1872, pour augmentation de volume du ventre, œdème des jambes et des bourses et gêne de la respiration. Le début de ces accidents remonte à plusieurs mois. Ce malade boit deux ou trois litres de vin par jour et de l’eau-de-vie. On constate une ascite considérable et une augmentation de volume du foie dont la hauteur (ligne du mamelon) mesure 14 centimètres. Le repos et les diurétiques permettent bientôt au malade de quitter l’hôpital. Mais il est obligé d’y rentrer le l°r août 1873. Le ventre est alors très-volumineux, les digestions sont pénibles, l’appétit a diminué, l’œdème des membres inférieurs est considérable. En quelques se-
(1) M; Fouilhoux. Thèse de Paris, 1874, p. 115.
mainesles mêmes soins, le régime lacté d’abord, suspendu à cause delà diarrhée, puis les diurétiques, amènent une amélioration notable. Les épanchements disparaissent, le foie diminne, l’appétit et les forces reviennent presque complètement. Le malade quitte l’hôpital dans un état excellent.
27 septembre. Le malade a rendu 41 grammes 37 d’urée pour 2,500 centilitres d’urine.
Le 29, 19, 35. Les dosages ont été faits avec l’appareil de M. Esbach; la quantité d’urée obtenue avec le procédé n’est jamais tombée au-dessous de 17 grammes. Lorsque le malade est sorti de l’hôpital (20 octobre) il y avait depuis quelques jours une moyenne de 24 grammes, la quantité d’urine a oscillé entre 1,500 et 2,500 centilitres ; les urines devenaient rapidement alcalines dans le vase qui les contenait. Aussi le procédé deM. Quinquaud (réactif de Millon) ne donnait que de très-minimes quantités d’urée : de 10 grammes à 1 gramme. L’azotate mercurique (procédé de Liebig) a généralement donné des chiffres plus élevés que l’azotite de mercure : mais quelquefois aussi, la réaction était nulle.
On ne peut pourtant pas supposer que toute l’urée se fût transformée en carbonate d’ammoniaque dans un liquide aussi étendu (2,000 centilitres en moyenne), puisque cela n’arrivait pas pour les urines placées dans les mêmes conditions. Des urines plus alcalines ont toujours présenté la réaction de l’urée avec l’azotate ou l’azotite de mercure, même après avoir été débarrassées de l’acide carbonique. Il faut donc admettre qu’il existait dans ce cas une grande quantité de produits azotés, décomposables par l’hypobromite de soude et que l’urée était en très-faible proportion.
Observation XIII (1).
• Cirrhose du foie.
Méchin (Elie), âgé de 44 ans, entre à l’hôpital Saint-Antoine, le 1S juin 1873 (service de M. Cadet de Gassicourt). Depuis trois se-
(1) Thèse de M. Fouilhoux, 1874.
maines, il a perdu les forces et l’appétit, ; ventre volumineux depuis très-longtemps. Antécédents d’alcoolisme, urines fortement colorées en rouge brun, abondantes et sans matière coloi'ante de la bile. Sous Tinfluence du repos, des diurétiques et des toniques, l’état général et local s’améliore et le malade quitte l’hôpital le 26 juillet;
Deux mois après, il y rentre. Abdomen plus volumineux. OEdème aux jambes. Un peu de fièvre, pouls accéléré : le foie mesure lo centimètres (ligne mamelonnaire) ; urines rares, d’un rouge jaunâtre très-foncé et chargées d’urates alcalins : pas de matières colorantes biliaires.
Vers le S octobre l’état s’aggrave ; gène de la respiration, langue sèche : prostration. En quelques jours amaigrissement extrême . teinte jaune bistre de la peau.
7. — Ponction abdominale : vomissements le lendemain. Les deux liquides ne contiennent pas d’urée ; le foie est dur, non mamelonné : il déborde les fausses côtes de 10 centimètres, sa hauteur est de 18 centimètres.
14. — Diarrhée, qui persiste jusqu’à la fin ; toujours un peu de fièvre : faciès altéré : œdème des jambes.