DES URINES
en 24 heures.
DENSITE.
URÉE
28 octobre.
Abcès du foie. — Dans les abcès du foie la destruction du parenchyme, étendue ou partielle, s’opère suivant un mode aigu ou subaigu. Il y a donc plus ou moins de fièvre et cette intervention rend l’abaissement du chiffre de l’urée encore plus intéressant. On doit, sur ce sujet, à M. Parkes (1), des observations significatives, dont les premières furent faites dans l’Inde, il y a une trentaine d’années. Dans les Indes, dit-il, j’ai examiné les urines de malades atteints d’hépatite et d’abcès hépatiques : dans quelques cas j’ai trouvé une augmentation de l’urée, dans d’autres, la quantité en était normale ; dans certains enfin, cette quantité était diminuée ou même manquait complètement. Recherchant la cause de ces différences, il m’a semblé qu’il fallait l’attribuer à l’étendue de la partie en suppuration. Lorsque la suppuration était excessive, la partie sécrétante du foie étant presque entièrement détruite, la proportion d’urée était considérablement descendue, et cette diminution était en rapport avec l'étendue de la partie en suppuration.
Depuis, M. Parkes a eu l’occasion d’étudier, en Angleterre, un vaste abcès du foie dont on retira, à plusieurs reprises, par la ponction, plus de 600 g r. de pus, ce qui prouvait qu’une grande partie du parenchyme était détruite. Dans l’intervalle des ponctions, le malade continuait à s’alimenter : de plus, il avait un peu de fièvre. Or, malgré ces deux causes d’accroissement du chiffre de l’excrétion d’urée, l’analyse des urines dénota une diminution considérable de 1 urée , ce qui fit dire à Parkes : « Ou bien que les cellules de pus en voie
(1) Parkes. The Lancet, t. I, april 8, p. 467.
de formation s’emparaient de l’azote, ou bien que l’interruption de l’action propre des cellules hépatiques empêchait la formation de l’urée. Cette dernière hypothèse est la plus probable, puisque plus tard, 'après chaque opération, les cellules hépatiques et les vaisseaux étant moins comprimés, l’urée augmentait considérablement, bien qu’après la ponction il se produisît un développe ment plus rapide des cellules du pus. »
La rareté de l’abcès du foie, dans nos climats, rend compte du petit nombre d’observations publiées sur cette maladie.
L’observation XXI, recueillie à l’hôpital Saint-Antoine dans le service de M. le Dr Brouardel, renferme deux dosages d’urée opérés sur l’urine des vingt -quatre heures.
Le chiffre de l’urée est notablement abaissé (8gr. 205) et (9 gr. 625). Ce qui concorde avec les faits étudiés par M. Parkes.
Observation XXI (1).
Abcès du foie.
Lanoir, âgée de 49 ans, marchande des quatre saisons, entre le février 1873 à l’hôpital Saint-Antoine, pavillon 111, n° 14, service de M. Brouardel.
Il y a 13 mois, elle fut prise, dans la région hépatique, d’un point douloureux qui persista pendant deux mois sans ictère, ni embarras gastrique.
Elle entra à l’hôpital temporaire où elle fut soignée pour une pleurésie droite. Elle sortit en décembre 1874.
Etat actuel. — Les trait9 tirés expriment la souffrance. L’abdo -
(1) Thèse de M. le Dr Dubain, 1876, p. 25.
men est augmenté de volume ; ses parois sont sillonnées par. des ramifications des veines abdominales.
C’est le foie qui forme la tumeur abdominale. Il occupe l’hypoclionclre droit, la région épigastrique et l’hypochondre gauche. En bas, il déborde de 17 centimètres dans sa plus grande étendue. La palpation est douloureuse.
Les urines examinées renferment à peine quelques traces de matière colorante biliaire, mais ni sucre, ni albumine. La quantité rendue dans les vingt heures est de 800 gr., renfermant 8 gr. 205 d’urée.
Les jours suivants l’état s’aggrave.
Devant le tracé thermométrique, le diagnostic kyste hydatique d’abord posé est repoussé et remplacé par celui d’abcès du foie.
Le 10 février une nouvelle analyse des urines fait constater quelles renferment une quanitté à peine appréciable de matière colorante.
La quantité de liquide rendue (600 gr.) renferme 9 .sr. 625 d’urée.
La malade meurt le 17.
A l’autopsie on trouve un vaste abcès du foie sur les parois duquel s’ouvrent les orifices de canaux biliaires, desquels on fait sourdre par la pression une bile muqueuse.
Rétraction du foie dans la colique de plomb.- — La colique de plomb s'accompagne fréquemment d’une rétraction du foie qui se fait dans toutes les dimensions de cet organe, comme l’a montré M. le professeur Potain. — Le plus souvent, le foie reprend ses dimensions quand la colique disparaît, et cette rétraction n’est pas en rapport avec la gravité des autres symptômes et l’intensité des douleurs abdominales. Cependant, il arrive qu’après la disparition du phénomène abdominal le foie reste fort petit. Quoi qu’il en soit, pendant la période des coliques on peut observer une diminution considérable du chiffre de l’urée. — Ainsi dans trois cas, M. Brouardel (mémoire cité) a vu l’urée descendre au chiffre de 3 grammes, tan-
dis que, dans les intervalles, ce chiffrée- s’élevait à 12 ou 13 grammes.
L’observation XXII montre que, pendant les attaques de coliques, le chiffré de l’urée s’est abaissé à 10 gr., 9 gr., G gr.; tandis qu’après les coliques, ce chiffre s’est élevé à 20 et 24 gr. On peut noter également une diminution de l'acide urique en rapport avec celle de l’urée.
D’après M. le D1 Bouchard (1), pendant la période d’ intoxication, par le plomb, il y a diminution de l’urée, de l’acide urique et du chlore, par suite d’un ralentissement dans les phénomènes de désassimilation. Or, si l’urée se forme dans le foie, et que cet organe devienne insuffisant (foie petit), n’est-il pas permis de croire à la possibilité d’une désassimilation imparfaite entraînant, comme conséquence , l’élimination de l’urée par les urines en moindre quantité?
Observation XXII (Inédite (2).
Colique de plomb.
Le nommé Chauser, 45 ans, journalier entre à l’hôpital Saint- Antoine, service de M. le DrMesnet, au n" 16 de la salle St-Louis.
Ce malade présente tous les signes d’une intoxication saturnine bien caractérisée. Actuellement il travaille dans une fabrique de minium.
Il est en ce moment sous le coup d’attaques de coliques de plomb.
Son haleine offre la fétidité habituelle : la sertissure des gencives présente la coloration gris bleuâtre.
Il se plaint de quelques douleurs, s’étendant dans la continuité des membres inférieurs, ce qui pourrait bien être l’arthralgie du minium. En outre il présente un début de paralysie des extenseurs.
(J) Comptes-rendus de la Société de Biologie, 13 juillet 1873, et J. Renaut, thèse d'agrégation, 1875.
(2) Communiquée par le D1’ Quinquaud,
Le foie est petit; la teinte générale du malade est subictérique. Les urines offrent une coloration foncée.
La densité est de JO lo.
Voici le résultat de l’examen des urines fait au point de vue des variations de l’urée et de l’acide urique. Les analyses portèrent toujours sur l’urine des 24 heures.
JOURS
UREE.