CHLORE
17 août
10 gr.
4 gr.
9 gr.
3 gr. 50
6 gr.
4 gr. 20
10 gr.
S gr. »
15 gr.
6 gr. »
20 gr.
8 gr. »
24 gr.
8 gr. »
Les coliques disparurent au bout de quelques jours et l’amélioration des accidents saturnins s’accentua de plus en plus. Le malade eût une légère polyurie (2,200 gr. en 24 heures).
En septembre il sortit de l’hôpital.
Lésions des voies biliaires et fièvre intermittente hépatique. — La rétention biliaire chronique peut produire un abaissement dans le chiffre de l’urée. Ainsi, M. Harley (1) cite un cas de rétention biliaire consécutive à un abcès de la tête du pancréas, dans lequel on avait remarqué, pendant la vie, une diminution dans le chiffre de l’urée, en même temps que la leucine et la tyrosine apparaissaient dans les veines. A l’autopsie, on retrouva ces mêmes substances dans le parenchyme du foie.
La lithiasie biliaire et l’angiocholite calculeuse, parmi leurs symptômes, en offrent un intéressant et remarquable, la fièvre revenant par accès intermittents.
Entrevue par Sœmmeringet Sénac, cette fièvre intermittente fut étudiée par Monneret, Niemeyer, Frerichs ;
(1) On jaundice; London, 1853, p. 80.
enfin par M. Charcot, dont quelques-unes des observations sont consignées dans la thèse de M. Magnin (1).
Parmi les caractères cliniques qui séparent cette fièvre intermittente de la fièvre paludéenne, il en est un observé pour la première fois par M. Regnard. C’est la diminution de l’urée dans les périodes d’accès. Ce fait est relaté dans une observation que nous reproduisons au complet (XXIII).
Il s’agit d une fièvre intermittente irrégulière chez un individu atteint d’ictère, en même temps que le foie présentait une augmentation de volume. Les jours où la température s’élève, le taux de l’urée diminue d’une açoncorrespondan te, ce qui est absolument le contraire dans la fièvre internrttente simple. De plus, les jours de fièvre, avec diminution d’urée, on a pu constater la présence de la leucine et de tyrosine dans les urines.
M. Brouardel (cité par M. le professeur Charcot dans son cours) (2) signale un cas qui vient confirmer l’observation de M. Regnard. 11 s’agit d’un homme atteint de coliques hépatiques, qui sont remplacées par une série d’accès fébriles, intermittents, inaugurés par un frisson. Or, le chiffre de l’urée des vingt-quatre heures qui, habituellement, est de 11 à 12, décroît régulièrement aux approc.es des accès, et, le jour même, descend à fi gr. 5 — 4 gr. 50. La leucine et la tyrosine n’ont pas été recherchées.
(1) Magnin, Thèse de Paris, 1809.
(2) Leçons du l#r mai 1876.
Observation XXIlt.
(M. Regnard. Mémoires de la Société de Biologie, d 873, p. 387) Lithiase biliaire ; obstruction incomplète du canal cholédoque : accès de fièvre intermittente. — Autopsie.
Andoque Jean, 68 ans, cocher, entre le 7 avril 1873 à l’hôpital Saint- Antoine, salle Sant-Louis, n°52, service de M. le 1> Dumontpallier. Cet homme a pendant longtemps abusé des liquides alcooliques, jamais pourtant il n’avait rien eu du côté du foie. Les artères étaient athéromateuses, le cœur présentait un léger souffle à la hase. Les poumons étaient emphysémateux et remplis de râles de bronchite.
Les déjections étaient depuis longtemps pénibles, mais jamais il u’avait eu d’accidents aigus. C’est dans cet état peu caractérisé que le malade fut admis. Peu après son entrée il eut des douleurs vagues dans l’hypochondre droit, puis de l’ictère, desselles décolorées, des urines acajou, quelques vomissements bilieux. La sensibilité du foie ne s’opposait pas à la percussion et on nota une légère augmentation de son volume.
L’ictère d’ailleurs ne tarda pas à disparaître et la bonne santé du malade revint. Il allait quitter le service quand un nouvel ictère revint et s’accompagna de phénomènes spéciaux. La peau fut plus colorée, les urines plus rouges; il eût quelques hémorrhagies par la bouche.
A ce moment apparurent les accès intermittents.
Ces accès survenaient plus souvent le soir que le matin ; le frisson commençait avec violence; il nous est souvent arrivé de voir le lit du malade remuer. Après trois quarts d’heure environ survenait un peu de chaleur; enfin succédaient des sueurs profuses; les draps étaient traversés, il fallait changer plusieurs fois la chemise du malade.
L’urine, qui les jours précédents avait été peu abondante, augmentait ces jours là sensiblement et malgré les sueurs, nous avons vu la quantité passer simplement de 700 gr. à 3000 gr. Le retour des accès fut très-régulier; tantôt ils revenaient tous les quatre jours, puis tous les deux jours, puis tous les jours. Vers la lin de la maladie ils s’apaisèrent et le 7 septembre ils disparurent pour ne plus revenir.
Le sulfate de quinine donné à profusion ne parvint même pas à retarder l’heure de leur début.
Il semblait qu’à chaque crise l’ictère augmentait, mais c’est là un élément bien difficile à apprécier.
Un peu d’ascite se manifesta, puis disparut en même temps que l’ictère commençait à s’effacer.
Le malade revenait encore une fois à la santé. Mais le 6 juin un nouvel ictère reparut accompagné de frisson .
J’étudiais en ce moment l’augmentation de l’urée dans la fièvre paludéenne.
J’eus l’idée de rechercher cette augmentation dans la fièvre hépatique; quel ne fut pas mon étonnement en voyant qu’il y avait diminution.
Dès lors l’urine fut scrupuleusement recueillie et analysée chaque jour.
Les résultats furent réunis en courbe en face de la courbe thermique, et l’on put voir que les jours de fièvre il y avait toujours discordance entre les deux tracées, que l’urée diminuait quand augmentait la température. A ce moment aussi la tyrosine put être constatée deux fois dans l' urine fébrile évaporée.
Courbes recueillies pendant toute la durée des accès (3 mois),