‹ Essai sur les variations de l'uréeChapitre 13 sur 70 · V. 840; D. 1017; Urée 8 gr · texte numérisé non relu

V. 840; D. 1017; Urée 8 gr

7 nov, V. 970; D. I€t9; Urée 9 gr. 50,

10 nov. V. 1440; D. 1015; Chlore, 7 gr. 8; Urée 10 gr. 80.

11 nov. V. 1645; D. 1017; Chlore 18 gr. ; Urée 13 gr. 25, 13 nov. V, 1500^ D. 1016; Chlore 8 gr. 5 ; Urée 15 gr.

18 nov. V. 1825; D. 1015; Chlore 9 gr. ; Urée 17 gr. 4.

19 nov. V. 1490; D. 1019; Chiure 7 gr. 43; Urée 15 gr. 50.

Cet abaissement dans la quantité d'urine, de chlorée et d'urée le 19, a sans doute pour cause Técoulement menstruel qui a commencé ce même jour.

Diabète sucré. — Avant les travaux de MM. Rayer et Bouchardat, on croyait que les urines des glycosuriques renfermaient toujoui*s une quantité d'urée inférieure à la normale. L'erreur venait de ce qu'on ne calculait que la proportion relative, et non le total des vingt-quatre heures, 't L*éHmination de l'urée, dit M. Bouchardat, en si grande quantité par les gly-* casuriques, est un fait très- remarquable, surtout si

— iî5 — on veut le rapprocher de cette circonstance que, chez eux, il y a toujours une notahle diminution dans l'énergie des phénomènes respiratoires et bien souvent un abaissement dans le chiffre de la température, ï)

Au début de la maladie, l'excrétion de Turée peut atteindre les chiffres de 80, 100 et 164 grammes (Cassan, thèse de Paris, 1874), même avec une alimentation insuffisante. Toutefois, l'inanition, qui résulte de pertes considérables en matières azotées, finit par diminuer le poids du corps et l'urée ellemême. Dans plusieurs cas, l'élimination abondante de matériaux azotés, a porté principalement sur les produits d'oxydation inférieure. Avec une polyurie excessive, les matières extractives- semblent augmenter plus que l'urée; avec un volume d'urine normal, les matières autres que le sucre sont en quantités normales. Le plus souvent la température est audessous du degré physiologique; mais si une cause quelconque vient à l'élever, la proportion d'urée augmente, les matières extractives diminuent, et le sucre peut disparaître (Kien, Hiilz, etc.).

Le D*" Woll (de Bonn), ayant rencontré l'inosite dans l'urine d'un diabétique, étudia ses variations; sa quantité toujours croissante devint inverse de celle de l'urée et du sucre. Ce dernier ayant disparu, et l'urée étant réduite à des traces, on put obtenir 18 à 20 gr. d'inosite en 24 heures.

L'azoturie a pris aujourd'hui une haute importance dans la pathogénie, le pronostic et le traitement du diabète à ses diverses périodes. M. Lécorché (1) la

(1) Gazette hebdomadaire, 1873.

considère comme le fait primitif et principal. Pour lui, la perte de ces quantités énormes d'urée par Turine, les sueurs et les matières fécales explique bien mieux les symptômes et les accidents ultimes du diabète que la glycosurie. M, Bouchard^ tout en réservant la question théorique, attribue à Tazoturie une grande influence sur Taggravation de l'état général: aussi introduit*iIdans le traitement de M. Bouchardat des précautions relatives à ce symptôme qu'il faut craindre d'aggraver. L'indication d'enrayer la désassimilation exagérée des tissus azotés doit être la base de tout traitement. C'est à ce résultat que les nombreuses médications, quelque soit leur point de départ théorique, doivent leurs succès* Il faut des toniques et des aliments pour réparer les pertes de l'économie et en faire les frais; on doit aussi recourir aux médicaments d'épargne pour atteindre plus directement la maladie; c'est ainsi qu'agissent Topium (Lécorché), la valériane (Bouchard), le bromure de potassium et Tarsenic. Ce dernier, administré dans un cas de diabète ave: azoturie, par M. Marvaux, depuis la dose de 2'"'",5 jusqu*à 7"*", 5 d*acide arsénieux, a fait descendre Turée de 164 grammes à un chiffre presque physiologique.

M, E. Roux a eu Tobligeance de me communiquer une observation de diabète sucré, recueillie à THôteU Dieu de Clermont-Ferrand, dans le service de M. le professeur Bourgade* Voici le résumé des nombreux dosages de sucre, d'urée et de chlorures qui ont été faits sur les urines de ce malade.

Obs. XVIII. — Diabète sucré.

Le nommé F. P..., âgé de 19 ans, de très-faible constitution, fut pris au mois d*août 1872 d'un malaise subit, qui s*accompagna bientôt d'une soif ardente, de maux de tète et de douleurs lombaires . Quelques temps après, Tappétit devint excessif et la sécrétion urinaire abondante; Tamaigrissement fit de rapides progrès; il survint de l'œdème aux jambes et de la bouffissure du visage. Au mois de décembre, le malade entra à l'hôpital. Les traitements les plus variés n'avaient pas encore modifié l'évolution de la maladie, à l'époque où l'observation fut suspendue.

Les quantités d'urine rendues en vingt-quatre heures variaient de 4 à 7 litres; elles dépassaient toujours celles des boissons ingérées; leur densité était inférieure à 1,035 ; réaction acide.

29 janvier 1873. Le malade a rendu, de cinq heures du matin à sept heures du soir, 4 litres 220 d'urine, 288 gr. 665 de sucre, 29 gr. 335 d'urée et 19 gr. de chlorures.

Le 30. Il y a eu, en vingt-quatre heures, 6 litres 160 d'urine, 412 gr. 59 de sucre, 29 gr. 34 d'urée et 28 gr. 57 de chlorures.

Le 31. On a obtenu 6 litres 83 d'urine, 480 gr. 92 de sucre, 41 gr. 31 d'urée et 21 gr. 61 de chlorures.

L'énorme quantité de chlorureS'a évidemment une origine alimentaire; celle de Turée doit être de beaucoup supérieure à la moyenne physiologique du malade, dont la taille et le poids sont, d'après l'observation, bien au-dessous de son âge.

M. Roux a fait, en outre, l'analyse de plusieurs échantillons d'urine excrétée aux divers moments de la journée, dans le but d'étudier certaines influences sur l'élimination du sucre, de l'urée et du chlore, et les rapports qui existent entre les variations respectives de ces principes. Les résultats, e^osé sous forme de courbe dans un même tableau, peuvent se résumer ainsi :

Les trois courbes s'élèvent pendant le jour, surtout après les repas, et atteignent leur minimum pendant

la nuit. Diverses influences impriment à rascension diurne de grandes irrégularités; la descente nocturne est» au contraire tout à fait uniforme. Le maximum a lieu entre cinq et sept heures du soir, le minimum vers quatre ou cinq heures du matin. Le sommet des irrégularités correspond aux heures qui suivent les repaSj il y a une dépression a l'heure qui les précède. Des trois courbes, celle du chlore est la plus irrégulière pendant le jour et la plus sensible à Tinfluence de repas. Cette mi5me circonstance fait subir à F urée des oscillations un peu moins étendues. La courbe du sucre est encore moins accidentée (Roux).

Polyurie avec azoturie. — M* Bouchardat a décrit, sous le nom de forme nouvelle de consomption, une maladie « dans laquelle il n*exîste d'autres signes anatomiques qu'une légère augmentation du foie dans les cas graves, avec un peu de sensibilité de cet organe. L*état général se résume dans un dépérissement graduel 9- Les urines ont été augmentées (2 à 4 litres; leur densité a varié de 1,017 ài,0;il; les matières solides ont atteint le chiffre de 221 grammes dont 133 grammesd*urée).M. Bouchardat explique cette évacuation exagérée de produits excrémentitiels par une destruction rapide des substances protéiques. liée ellemême à une activité exagérée de Tune des fonctions du foie

Dans lajK)?i/MrïV, avec augmentation de produits azotés, on trouve plusieurs types de composition des urines» selon que Télimination exagérée porte sur l'urée seulement, sur les autres principes ou sur tous à la fois(Kien).

De même que le diabète sucré, cette maladie a une tendance à la consomption, et quand cette période arrive, le chiffre des principes excrémentitiels tombe au-dessous de la normale. Leur dosage est donc un excellent moyen de juger de Tétat général et de l'action 'des médicaments destinés à enrayer la débilitation. Le maintien de Turée à un chiffre normal, dans les maladies à longue échéance, telles que le diabète insipide et glycosurique, prouve que la période cachectique est éloignée ou conjurée, et que la nutrition ne dépérit pas.

Les médicaments d'épargne, qui diminuent les pertes de matière azotée chez les glycosuriques, ont, dans ce cas, une action non moins efficace. M. Bouchard a vu, chez une femme rendant 16 litres d'urine par jour et 35 grammes d'urée, la liqaeur de Fowler (12 gouttes) faire tomber en cinq jours la quantité d'urine à 8 litres et celle de Turée à 12 grammes. Dans un cas de diabète insipide, où la polyphagie, la polydipsie, la polyurie et Tazoturie existaient au plus haut degré (54 grammes d'urée en vingt-quatre heures), M. Hirne a constaté l'influence favorable de la valériane (communication orale).

Polyurie avec diminution d*urée. — On observe une excrétion abondante et passagère d'urine, pendant la période critique et la convalescence de cjertaines affections aiguës, à la suite d'une ingestion copieuse de boissons, et dans quelques affections nerveuses (épilepsie, hystérie). La proportion de l'urée est ordinairement diminuée, surtout dans les mictions qui suivent les attaques épileptiques et hystériques.

Lsi polyurie simple peut exister sans excès ni dîmînution d'urée» et persister longtemps sans apporter le moindre trouble à la sanlé géoëraïe. D'après rexpérimentation et la pathologie, on doit penser que sa loiTalisation nerveuse est très-voisine de celle du diabète, ce qui expliquerait la réunion fréquente de ces deux phénomènes (Robin), Toutefois lu clinique et TaTiatomie pathologique rencontrent souvent des faits entre lesquels il est difficile d'établir une liaison physiologique. Tel est peut-être le cas suivant:

ÛBSERVJITION XIX.

Tumeur cérébrale , d*origine srpbUitique et dont !e siège est douteux; symptômes divers, entre autres une tendance au recuU qui fait supposer une lésion du cervelet; symptômes de paralysies successives, alternes et variables. Polyurie passagère, comme les autres phènomônci* (elle dure un mois ou deux) : urines claires, limpides» contenant 18 grammes d'urée au total.

A Tautopsie, tumeur cérébrale dans Tépaisseur du lobe frontal gauche et un foyer d'hémorrhagie datant de plusieurs mois au niveau de l'arbre de vie du lobe gauche du cervelet; plus, un grand nombre de petits foyers hémorrhagiques dans le lobe cérébral droit* Rien au plancher du quatrième ventricule (Hirne).

Dans certains cas de nervosîsme prolongé, on observe, avec des symptômes hystériques, une polyurie qui s'accompagne d'une grande diminution d'urée. Les matières extractives éprouvent quelquefois des oscillations inverses. M Kiener (thèse de Strasbourg) en cite un exemple. Cette môme observation nous fait voir que l'urée peut s'éliminer en abondance, en même temps que la diurèse baisse subitement de plusieurs litres, c*est-à-dire, lorsque les fonctions nerveuses et la nutrition reviennent à Fétat normal.

Le cas suivant est un exemple de polyiirie hystérique , dans laquelle tous les matériaux solides de l'urine sont diminués. Je n'ai dosé, il est vrai^ que le chlore et Turée, mais on peut affirmer, d'après la densité, que la diminution portait sur tous les autres principes.

Observation XX.

B..., âgée de 30 ans, entre, le 3 décembre 1873, dans le service de M. Cadet de Gassicourt, pour quelques douleurs qui ont accompagné le retour des règles, supprimées depuis cinq ans, époque à laquelle elle a accouché à terme d'un enfant mort-né. C'était sa seconde grossesse. La première, quatre ans auparavant, avait été heureuse. À la suite du premier accouchement, elle est restée dix mois sans voir ses règles. Après le deuxième, elles sont revenues deux ou trois fois pour disparaître complètement. Depuis cette époque, cette femme a remarqué qu'elle buvait plus que d'habitude. Cette année, au mois de février, elle a eu, dit-elle, une maladie caractérisée par des vomissements, de la diarrhée, de l'anorexie et qu'elle croit être une fièvre typhoïde. Mais ce récit très-obscur et entrecoupé de rires et de pleurs sans motifs nous éclaire moins sur son passé que sur l'éftit actuel; cette femme est évidemment hystérique, quoiqu'elle n'ait jamais eu d'attaques. Outre les troubles de l'intelligence, on constate de l'anesthésie à la région épigastrique et au membre inférieur droit. Elle n'éprouve qu'une faiblesse générale; les fonctions digestives ne présentent d'autre particularité qu'une soif insatiable. La quantité des urines est à peu près égale à celle des boissons ingérées ; elles sont naturellement très-limpides et incolores. On prescrit la valériane à partir du 8 décembre. Voici les résultats de quelques analyses.

Volume

Joon da mois.

des arioes de 24 heures.

Densité.

Urée.

Chlore.

5 décembre.

lOCl

L'observation est restée inachevée. On voit cepen-

dant par ce petit nombre d'analyses que Furée est considérablement diminuée, et que les chlorures sont en quantité à peu près normale. Il semble que Texcré tien va s'élever avec la quantité d*urine, puisqu'il y a 2 litres de liquide et 4 grammes d'urée de différeace entre les chiffres correspondants du 5 décembre et ceux du 8 décembre. C'est alors que Ton prescrit la valériane à dose croissante, à partir de 8 gr. d'extr., et aussitôt la composition des urines est modifiée; après quatre jours, Furée est réduite de moitié, les chlorurt*s mômes sont légèrement diminués; mais la polyurie» que Ton voulait combattre, devient au contraire plus abondante* Nous avons déjà vu que ce médicament a une influence plus rapide et plus accentuée sur Fazoturie que sur réliminatiun de l*eau (Bouchard); cette observation en est u.ie preuve. La polj^urie aura peutêtre subi à son tour une diminution plus tardive, correspondant k une seconde période des effets physiologiques de la valériane.

Oligurie et amirie hystériques.— On a observé, dans certains cas d'hystérie, la suppression plus ou moins complète des urines, à l'état de symptôme permanentj durant plusieurs semaines ou plusieurs mois. Les observations les plus récentes et les plus rigoureuses ont été faites par MM. Charcot, Fernet, Secouet, etc.

La sécrétion urioaire, réduite à quelques centimètres cubes de liiuide, élimine de très-faibles quantités d*urée. C'est à la sortie des produits excrémentitiels par une voie anormale qu'il faut attribuer Tabsence des accidents qui compliquent ailleurs Tinsuffisance

rénale. L'émonctoire naturel est en partie suppléé par la surface digestive. Des vomissements, parfois incoercibles, et qu'il faut d'ailleurs se garder de combattre, préviennent Taccumulation de l'urée et en éléminent d'assez grandes quantités, pour que la proportion contenue dans le sang ne soit pas de beaucoup supérieure à la normale (Charcot et Grehant). Toutefois, cette dépuration supplémentaire serait insuffisante , si la désassimilation n'était pas ralentie «elle-même ; dans d'autres cas où, l'excrétion urinaire étant supprimée, la formation de l'urée est restée normale, le concours de tous les émonctoires est impuissant à prévenir l'intoxication uromique. Il faut évidemment que, chez les hystériques, les troubles nerveux, qui ont déterminé la perversion fonctionnelle des reins, s'accompagnent aussi d'un ralentissement des métamorphoses organiques. C'est ce que démontre le dosage de l'urée excrétée en vingtquatre heures par toutes les humeurs normales ou pathologiques (vomissements, urines). Dans le cas de M. Charcot, la totalité de ces liquides ne contenait que 3 gr.878 d'urée.

Certaines a/fi?ctzows convulsives (éclampsie, tétanos, strychnisme, etc.) élèvent la température et diminuent la quantité d'urée. L'élévation thermique augmente avec la violence des contractions et la gravité de la maladie. Pour expliquer la séparation de ces deux phénomèes, on a pensé que l'excès de chaleur avait pose l'écauur tat particulier des muscles, une sorte de combustion locale (Carville). M. Muron a trouvé que l'exhalation de l'acide carbonique était plus considéable.

Il n'en est pas de même dan s V apoplexie ^ où la tem* pérature s*élève aussi quelques jours avant la mort, MM. Charcot et Bouchard ont remarqué que l'urée, normale au début comme la chaleur, augmentait avec elle. D'après ces auteurs, la mort des apoplectiques arriverait donc par un mécanisme qoi rappelle entièrement celui de la fièvre»

TABLE DES MATIÈUIS

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