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Les quantités d^urine et d'urée présentent des oscillations très-étendues. La densité, uniforme au début, baisse un peu vers la fin de la maladie. Le chloi^e a toujours été en très-faible proportion, ce qui s'explique parie défaut d'aliments. Les deux premiers jours.
il y a fort peu d'urine et d'urée. A ce moment, il survient un ictère, et les quantités d'urine et d'urée s'élèvent rapidement ; quand Tictère disparaît, elles retombent de 16 gr. à 4 gr. 56. La couleur des urines est néanmoins restée très-foncée, et l'acide nitrique fait apparaître une matière colorante noire, dont la quantité devient ensuite de moins en moins appréciable. Le dosage de l'urée a été fait par les procédés de M. Quinquaud et de M. Esbach. L'hvpobromite de soude donnait en moyenne de { à 3 gr. de plus que Fautre réactif, et la différence était relativement plus grande entre les chiffres les plus faibles; ce qui prouve que la diminution de Turée s'accompagnait d'une aug» mentation des produits similaires. Du reste, M. Hirne a constaté que les urines, concentrées par la chaleur, dégageaient une odeur de bouillon très-prononcée; l'examen microscopique et chimique lui a démontré la présence de matières extractives diverses.
Cachexies. — Quelle que soit la maladie qui amène cette altération de la nutrition, caractérisée par la pauvreté du sang et le ralentissement de tous les actes nutritifs (Robin), il en résulte une diminution des déchets organiques, surtout des principes azotés; l'urée peut descendre à une très-faible proportion. Il est étonnant, dit M. Andral, que l'insuffisance des matières albuminoïdes dans le sang et l'alimentation ne fasse pas diminuer aussi la température d'une manière notable. Mais lorsque cet abaissement arrive, il est brusque et sensible.
Cachexie cancéreuse. — Dans un cas de cancer uté-
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rin, Favre a vu l'urine devenirpeu abondante, et Turée disparaître. Ce phénomène doit être plus ou moins prononcé suivant l'importance des organes atteints. Lorsque la maladie a pour siège les voies digestives, la cachexie est alors Hâtée et compliquée par Tinanition. C'est pour cela que l'on trouve l'urine et Turée réduites au minimum, dans certains cas de cancer stomacal. Mais ce qui prouve l'influence de la cachexie, c'est que dans d'autres affections qui empêchent aussi d'ingérer ou de conserver les aliments, et qui amènent la mort par simple inanition, la quantité et la composition des urines ne sont pas si profondément modifiées.
Une femme atteinte de cancer du foie (observation recueillie par M. Hirne), rendait en vingt-quatre heures 700 c. c. environ d'urine et une quantité d'urée, qui a oscillé entre 6 et 7 grammes. Il y avait peu de matières colorantes.
Dans l'observation suivante, les urines ont toujours été peu abondantes, tantôt limpides et tantôt surchargées de matières sédimenteuses. La couleur était d'un routée foncé, la réaction fortement acide.
à droite la ligne médiane. Le traitement et le régime ont été aussi variés que possible; Testomac rejette absolument tout.
Les urines ont été soigneusement recueillies; je dois le rappeler, pour ne laisser aucun doute sur des chiffres qui pourraient sembler faibles. Il n'y avait souvent qu'une miction en vingtquatre heures et je ne crois pas que depuis longtemps la quantité ait dépassé 300 c. c.
Volume
Jours do mois.
des urines de 84 heures.
Densité.
Urée.
Chlore.
3 notembre.
Scorbut^ — En général, les caractère^ apparents de l'urine ne sont pas modifiés ; la composition seule est altérée, de même que celle du sang. L'analyse n'y découvre pas les effets ordinaires de la fièvre, lorsque la température est élevée. L'organisme se déminéralise, se désagrège, mais ne brûle pas comme dans les autres affections fébriles. Tous les principes de l'urine sont augmentés, à l'exception de l'urée, qui est en faible quantité. Dans un cas où la température était assez élevée, il n'y en avait que 9 gr. 60 en vingt-quatre heures (Leven). Le retour à la santé s'annonce par des proportions inverses.
Maladie d'Addison. — Chez deux individus atteints' de maladie bronzée, Rosenstirn a constaté une diminution permanente et considérable de l'urée, et une augmentation notable de la quantité d'indican qui devient de H à 12 fois la normale. {Revue des Soc. méd., tome 1, 1872.) La cachexie qui accompagne sou- Fouilhoux. 9
vent cette affection nous explique le ralentissement' des actes nutritifs. Quant au second fait, ce serait encore le cas d'examiner s'il existe des relations entre les proportions inverses de l'urée et des principes colorants, ceax-ci provenant d'une transformation anormale de la matière azotée, Ce rapport ou cette coïncidence s'observerait dans d^autres maladies (altérations du foie); mais les analyses ne sont pas assez nombreuses ni assez précises pour autoriser une hypothèse quelconque-
Leucocythéniie, — * D'après une observation du D'' Siger, où l'analyse des urines a été faite, il semble que cette maladie ne ralentit pas la production de l'urée autant que pourrait le faire supposer raltération du sang. Il s agissait d*une femme profondément anémique, dont la rate étaittrès-voluraineuse et la température hyponormale. Le chiffre de Turée était de 20 grammes. Sous l'influence d'inhalations oxygénées, il s'éleva à 23 grammes, au bout de trois jours (Arch. of scient, and practical medicine, 1873, New- York).
Chloroscn — Il est naturel de supposer que Turée est en faible proportion dans l'urine des chlorotiques; cependant M, Bouchard a souvent constaté une augmen* tation du poids des matières fixes. Peut-être ce fait a-t-il pour cause un de ces changements passagers que présente parfois cette affection. C'est ainsi qu'on observe chez les personnes chlorotiques, généralement très-nerveuseSi une fièvre légère qui s'accompagne de sensations de chaleur et d*une température unpeusU' périeure au maximum physiologique (Andral). Si les
urines proviennent de cette période d'excitation, leur composition peut être modifiée.
Anémie. — L'urine est en quantité normale, mais sa densité est considérablement abaissée par suite de la diminution des matériaux, solides. Becquerel a vu descendre le chiffre de l'urée à la moitié et même au quart de la normale. L'abaissement serait, d'après certains auteurs, proportionnel àlddéglobulisationdu sang; cette excrétion augmenterait ensuite comme le nombre des globules (Ludwig). On pourrait donc, par l'analyse des urines, aussi bien que par celle du sang, observer les progrès de l'anémie et leseffets de la médication reconstituante. Dans le cas que je vais «iter^ on voit le minimum d'urée coïncider avec les symptômes de l'anémie la plus prononcée. Ce chiffre a dû être encore plus faible, car la malade entrait déjà en voie de guérison, lorsque je fis la première analyse. Le retour des forces fut assez rapide, et leur progression régulière coïncida avec une ascension parallèle des chiffres de l'urée. Le chlore a suivi les mêmeâ oscillations, mais sa quantité a toujours été très* élevée.
Obs. XVII. — Faiiase couche, Hémorrhagies. Anémie aigué» {service de Af. Cadet de Gassicourt),
Femme âgée de 40 ans, blanchisseuse, entrée à Thôpital Saint* Antoine le 25 octobre 1873. Examen de la malade le 15 novembre. Il y a sept semaines, elle a eu une fausse couche, à deux mois environ de grossesse. Même accident lui est déjà arrivé en 1868, mais sans conséquences fâcheuses. Dans Tintervalle, elle a eu une grossesse heureuse Ce dernier avortement est attribué à an excès de travail : après quelques jours de malaise, il est survenu une hémorrhagie en caillots, qui a cessé aussitôt et recommencé quelques jours après, pour disparaître encore durant
deux ou trois jours et revenir brusquement sous forme de caiilots abondants. Ces pertes nnt duré six semaines, sans traitement; elles ont cessé depuis cinq à six jours. Lorsque cette femme a Hé transportée à rhôpital, sa faiblesse était extrême; ellle avait des éblouissements» des bourdonnements d'oreilïe et la voix presque éteinte. Aujourd'hui, 15 novembre» eus phénomènes ont disparu, ainsi que rhémorrhagie. Mais le pouls est encore faible et rapide, et on entend au cœur et dans les vaisseaux un soyffle très-fort; la pâleur des tissus est três-prononcûe» Jusqu'ici, elle a suivi un traitement tonique et un régime réparateur : limonade vineuse, extrait de quinquina, pilules de Vallet et les aliments les plus reconstituants.
L*analyse des urines, faite à une époque malheureusement trop éloignée du début de Tanémie, nous montre Turée suivant une progression croissante et proportionnelle à la reconstitution du sang et au relèvement des forces,
5 nov. Urines limpides, pâles, à réaction fortement acide* V. 970, D. 10151 Chlore 6 gr. 50 ; Urée 7 gr. 20
6 tiov. Mêmes caractères physiques.