CHAPITRE PREMIER
DES PROCÉDAS d'exploration DE L ETAT aéwéRAL.
§ I. -^ De rezploratlon par la chaleur.
Lorsque Ton applique la main sur la poitrine ou l'abdomen d'un fébricitant, on éprouve une sensation de chaleur. Cette sensation est variable non pas seu' lemeût par son degré, son intensité, mais encore par sa qualité : tout en élevant le thermomètre au même degré, elle sera par exemple brûlante, mordicante, désagréable à la main, chez tel malade, insensible, ou à peu prèr, à la main chez tel autre, sèche chez l'un, moite chez l'autre. Une main expérimentée peut seule apprécier ces qualités de la chaleur ; au moins l'on ne possède encore aucun instrument qui soit sensible à ces différences ; seul au contraire le thermomètre peut donner avec exactitude le degré de cette chaleur.
Sont-ce là du reste de véritables qualités de la cha-» leur elle-même? Ne faut-il pas y voir plutôt le résultat de sensations produites par les divers état parti « culiers dans lesquels se trouve la peau du sujet? Poser la question c'est la résoudre*
Quoi qu'il en soit, il y a deux moyens d'exploration de la chaleur: \a palpaiion et la thermométrie.
La palpation doit s'exercer principalement sur la poitrine, l'abdomen, sur les parties couvertes qui n'ont pu se refroidir par l'exposition à l'air; il faut la pratiquer doucement, la main restant en place assez longtemps pour se mettre en équilibre de température avec la peau du sujet.
Des thermomètres. — Les thermomètres peuvent se diviser in trois grandes classes :
Les thermomètres à lîjpikle^ les thermomètres thermo* électriques^ les thermomètres à air.
Les thermomètres à liquide sont journellement employés en clinique k Texelusion des autres. Ce n'est pas à dire pour cela que les piles thermoélectriques ne soient capables de rendre des services au clinicien ; nous croyons, au contraire, qu elles sont appelées k remplacer les thermomètres k liquide. Le temps n'est peut-être pas éloi|^né oii Ton réussira a les adapter aux besoins de la clinique ; alors en une minute et par la seule application d'une de leurs parties sur la peau du sujet, on obtiendrait la température cherchée ; i'exaelitude et la rapidité des observations y gagneraient également.
Ce progrès est à réaliser; jusqu'à ce jour, en effet. les piles thermo-électriques et mémo le thermographe de Marey, qui est un thermomètre k air, n*ont pu servir qu aux patientes et minutieuses expériences des physiologistes. Pour les piles thermo-électriques le problème du reste est celui-ci : avoir toujours sous la main un milieu à température constante, dans lequel on plonge la seconde soudure (1) ; disposer F appareil de façon à ce qu'il soit solide et portatif.
Il y a deux espèces de thermomètres à liquide : les uns sont à mercure, les autres à alcool; chaque espèce a plusieurs variétés, qui diffèrent par leur
(1) On Sîiit, en effet, que les piles ibermo-ôIecLnquea sg composent esseiitiL4lemGnt de deux sotjdurcs de mfilaux b(''tt'rogène3 (antimoine et bismuLb, par exetnpîe), sur le trajet d'im IH conducteur en communication avec un galvanomètre. Lorsque ces deux sdudureg sont à des tempérai urcs différentea, il se produit un courant dont l'intensité est proportionnelle à la différence des températures»
forme, leur dimension, leur réserv^oîr, leur échelle.
Les conditions requises pour un bon thermomètre clinique sont les suivantes ; sùlidité suffistmtH^ maniement et transport faciles, échelle de longueur convenable et subdivisée en dixièmes, ou au moins en cinquièmes de degré ; réservoir de O^'OOS de diamètre environ. Wunderlich préfère pour Taisselle un réservoir de forme sphériquj; pour le rectum et le vagin il recommande la forme cylindrique (1). Nous croyons la forme cylindrique préférable pour tous les cas, àcausede la plus grande surface qu*elle offre à la réception de la chaleur. Enfin exactitude et sensibilité sont des conditions indispensables.
Quels thermomètres doit-on préférer? Les thermomètres à mercure se mettent moins rapidement au niveau thermique, mais ils sont plus exacts, la colonne liquide se brise moins facilemenL Les thermomètres à alcool se mettent plus rapidement au niveau thermique; le coefficient de dilatation de Talcool étant environ sept fois celui du mercure, la course de Tatcool est beaucoup plus longue pour un réservoir donné. Mais la colonne alcoolique est plus fragile; Taccroissement progressif du coefficient de dilatation de Talcool rend impossible la concordance absolue des thermomètres à alcool et à mercure dans tout leur parcours, à moins qu'ils n'aient été gradués deprés par degrés d'après un étalon, ce qui exige un travail minutieux et élève nécessairement beaucoup le prix de Tinstrumenl*
Où faut-il appliquer le thermomètre? comment doit-on rappliquer? Il s*agil, qu'on ne Toublie pas,
(l) Wundorlidi, Archiv fur phjsinlog. Ueilkuncîo, 184?, 1843, 1856, t857, 1858. —Archiv dcr Hcilkundo, B. u n. uu
de recherchor non pas la température extérieuro, la température do k peau, mais bien la tempt' rature intérieure. La bouehe, lo creux do TaissoUe, le rectum, le vagin ont été proposés comme lieu d'élection pour rapplication du Ihorniomètre,
Lorsqu'il s'agit do la bouehe, il faut placr^r F instrument sous la langue, et avoir préalablement soin, estait nécessaire de le dire? de Tessuyer et de le laver; le malade devra, pendant toute la durée de l'exploration, respirer par le nez. Le procédé n*est pas passé dans la pratique, il expose à plusieurs causes d'erreur; d'abord il arrive souvent que le sujet respire par la bouche, en dépit dos recommandations; la présence d'uu corps étranger, pendant la durée toujours assez longue de l'observnlion, gêne le malade, provoque des mouvements de déglutition et surtout un afflux do liquide salivaire, qui rerroidit le réservoir et incommode le patient, auquel enfin il répugne souvent d'introduire dans sa bouche un instrument, dont il soupçonne, avec juste raison parfois, la propreté, et qu'il sait avoir été employé chez d'autres malades.
Pour les mensuralions rectales ou vaginales, Vinstrument doit être plongé profondément dans la cavité. L'avantage de ce procédé est do donner réeliement la température intérieure du malade- Mais cet avantage est dô médiocre importanco, en comparaison du dégoût et do la répugnance qu^inspirentdes manœuvres toujours plus ou moins blessantes pour la pudeur; d'ailleurs, bien que la température de Taisselle soit toujours un peu inférieure k celle du rectum ou du vagin (de 1^ tout au plus^ Béhier), elle oscille parallèlement et fournit par conséquent des indica-
lions toujours comparobles et crune exaclUodo sntisfnisnnte.
Pour mesurer la chaleur dans Fûîsselle, après avoir essuyé avec soin le creux axillaîro, on introduit soigneusement le thermomètre dans le fond de cette cavité, en évitant autant que possible le contact des poils, c'est-à-dire en le mettant surtout en contact avec Tun des angles formés par la paroi interne avec la paroi antérieure on la paroi postérieure de la région. Cela fait, on ramène le brus dans Fadduction, et Ton place la main en pronalion sur la région mammaire du côté opposé. Los couvertures doivent être ramenées jusqu'au cou du malade, g'jl est couché, ou les vêtements boutonnés, s'il est debout; on évite ainsi à la fois lo refroidissement du malade et les influences extérieures agissant sur la colonne liquide. Si le malade est trop faible pour garder la position que nous venons d'indiquer, il faut le faire coucher dans le décubttus latéral droit, siFin»^ trument est appliqué à droite etvice versa ^ ou bien il Tant soutenir le bras par un coussin, ou bien encore le maintenir soi-même appliqué contre le thorax.
On a essayé d'exprimer en minutes le temps que doit durer Tapplicalion de Tinstrument; une pareille indication est nécessairement erronée ; ce que Ton doit recommander, c'est de laisser Tinstrument dans Faisselle jusqu'à ce que deux lectures successives convenablement espacées montrent Fétat stationnaire de la colonne thermoraétrique.
On a proposé, afin de rendre Fobservation plus rapide, d'échaulTer le thermomètre à quelques degrés au-dessus de la température supposée du malade, et
d'attendre la chute de la enlonne. Hiriz (1) déclare C6 procédé plus expéditif, mais moins sûr. Nous ne nous expliquons pas pourquoi.
ApH's ces considérations préliminaio res, passons a rétude des divers niûdèle^ Û 1 de thermomètres cliniques.
1" Thermomètre onlf nuire ^ ou de Guértird, — C'est un thermomètre (fig, 1) à échelle divisée généralement en cinquièmes de degré seulement, embrassant Tintervalle compris entre — 10 et
Cet instrument est incommode à manier, à cause de la longueur et do la IVagilité de sa tige. L'étendue de son échelle est d'ailleurs inutile. De plus, la longueur de 1 inslrumont, comme le dit très-bien Potain, devient une cause d'erreur. Une portion considérable da la colonneliquide se trouve en effet inutilementexposée aux influences extérieures, ce qui fausse les indications quant a la température organique. L'exploration clinique tenant compte de dixièmes de degrés, celte source d'erreur n>sl pas à négliger ; elle s'accentue d'ailleurs à mesure qu'une température plus élevée, prolongeant davantage la colonne liquide, en expose une
Fi(î K — Tliprm^mètrÉ* ordînair<^ ou de Guérard*
{]) Article Cftakttr ûu Dictionnoirc de médecine rt de chirurgie pniliqucg. Paris 1807. t. Vï,
plus grande étendue aux influences perturbatrices.
2" Thermomitre de Roberi'Latour{l). — Robert-Latour a fait construire un thermomètre coudé à angle droit : l'un des côtés est horizontal et contient le réservoir à mercure ; l'autre vertical porte une échelle sur ivoire. Nous ne pensons pas que cette disposition offre des avantages qui en compensent la complication.
3* Thermomètre de Potain (2). — ^Aucundes thermomètres employés à l'usage clinique n'échappe à ce dilemme fâcheux : être d'une longueur excessive et gênante, ou bien offrir des degrés si peu étendus que les subdivisions n'en sont appréciables qu'avec de grandes chances d'erreur ; si Ton se résigne à l'embari^as d'un instrument très-long et incommode, il reste encore une autre difflculté, c'est que, pour allonger suffisamment la course de la colonne mercurielle, il faut ou bien en réduire le calibre au point de rendre presque indispensable l'usage de la loupe, ou bien agrandir tellement le réservoir qu'il présente une masse relativement considérable et difficile à échauffer; enfin, en raison de la longueur de l'instrument, qui laisse une grande partie de la tige exposée à l'air extérieur, l'indication qu'il fournit se trouve toujours trop basse d'une quantité qui varie entre un et cinq dixièmes de degré. Toutes ces difficultés exposées et discutées par Potain sont résolues par lui de la manière suivante (ûg.2):
(!) Robert Latour, Revue médicale 1852, Voy. aussi Alvarenga, Précis de ihermométrie clinique de Lisbonne, 1871.
(2) Société médicale des hôpitaux, séance du 13 décembre 1867. Union médicale. 1868, 3« série, t. V, p. «21.
L'alcool colore en rouge est plus facilement visible que le mercure, son coefficient de dilalalion étant environ sept fois égal à celui de ce métal, il permet d'obtenîrune course beaucoup plus grande avec un réservoir d'une capacité donnée* On peut donc restreindre la eapacilé du réservoir et conserver encore une course suffi santé • Mais par cela même que le réservoir est très-petit^ la quantité de liquide contenue dans la colonne thermomélrique est relativement plus considérable, et Faction perturbatrice de la tempegl rature extérieure plus prononcée. L' auteur
Sfl a calculé que pour Tindication tbermo-
mé trique de + 40\ la tige plongée dans une atmosphère ambiante u -h IS**, produirait une erreur do 1" au moins. De plus, raccroissement progressif du cocfOcîent de dilatation de l'alcool apporte un autre genre de perturbation et rend impossible la concordance des thermomètres i\ alcool avec les thermomètres a mercure dans tout leur parcours (à 43" l'erreur en plus serait de 2°),
Pour obvier à ces inconvénients, la colonne tbermométriquo est divisée en deux portions, Tune, la plus importante, graduée de + 33* h -h 43". est formée d*un tube trèscapillaire, ce qui permet, avec un réservoir très-petit, une course très-longue; Faulre, de 0 à 32% qui n'a pas besoin d* échelle, a an diamètre triple, ce qui permet d'en réduire la longueur.
Fifî.a, IJjcr-
Il en résulte un instrument très-court dont Iqi course est cependant très-étendue dans sa portion destinée aux observations, d'où la possibilité de loger avec le réservoir, dans le lieu dont on veut prendre la température, la plus grande partie de la colonne thermométriqne de 0 a -J- 32**, qui se trouve ainsi soustraite à l'influence perturbatrice extérieure.
Le reste de la colonne est pourtant encore exposé à cette influence, mais si Ton ne gradue par comparaison avec le thermomètre étalon qne Tespace compris en-* tre +35^ et + 40*; Terreur est à peu près nulle; elle oscille entre un 1/100* ou 1/150* de degré pour les températures comprises entre ces deux chiffres.
La longueur du thermomètre construit d'après ces données est de 0"12, le réservoir est cylindrique; long de 0"02, et d'un diamètre un peu moindre que le reste de l'instrument; la partie de la colonne non graduée a 0" 02 de long, cel^e qui est graduée a 0"06 ou 0" 07 ; les deux diamètres différents du tube sont entre eux : : 3 : 1. Le diamètre du plus fin est de moins de uiî demi-millimètre.
L'inconvénient grave de la formation des bulles est prévenu par une dilatation en forme d'ampoule dont Fastré aîné, le constructeur, a imaginé de faire précéder l'entrée du tube capillaire; cette ampoule est suivie à l'origine même de ce tube par un rétrécissement très^étroit; les bulles qui pourraient résulter des secousses imprimées à l'instrument se trouvent ainsi détruites et la colonne indicatrice se montre toujours entière.
Cet instrument est très-sensible et très-exact ; son petit volume permet de le loger dans la trousse ordi-
naire; la lecture df»s degrés de réchelle y esl peutêtre un peu diflicile, et l'inconvénient de la formation des bulles n*est pas absolument prévenu,
4** Thermomètre de Jaceoud [{). — Jaeeoud a fait construire par Fastré des thermomètres qui lui paraissent répondre à tous les besoins de la clinique, 11 en explique ainsi les avantages :
a Bien que Fascension de Talcool soit pins prompte que celle du mercure, j'ai fait choix de ce dernier agent, parce que la mensuration gagne en précision ce qu'elle perd en rapidité^ et parce que Ton évite ainsi un inconvénient fréquent des thermomètres à alcool, savoir la rupture de la colonne liquide, et sa division en segments isolés ; d^ailleurs , le constructeur, par un procédé qui lui appartient, a obtenu la fixité à peu près complète du zéro de réchelle. L'instrument, de très-petit volume, a une longueur totale de0'"16, sur lesquels trois appartiennent à la ouvette. Entre Textrémité supérieure de celle-ci et le chiffre te plus bas de l'échelle est un espace non gradué de 0** 01 ; par suite de cette disposition, réchelle tout entière émerge de la cavité axillaire lorsque rinstrument y est placé, et la lecture des chiffres inférieurs ne présente aucune difficulté, L' échelle graduée limitée aux exigences pathologiques comprend 10" (de H- 35** à + 44*'); chaque degré est divisé en dixièmes, figurés par des traits transversaux, dont le cinquième (demi-degré) dépasse quelque peu les autres. L'appréciation des dixièmes acquiert par là une extrême facilité, et comme le milieu de Tespace en-
^1) Palbolûgie interne, it>70, t I, p. 76.
filtre deux dixièmes est aisément discerné, la mensuration peut être faite par vingtièmes. »
— Nous possédons un thermomètre d'origine allemande , portant la suscription : « Thermometer in 1/10 tels centigrade », d'une sensibilité extrême. Il ne diffère de celui que décrit et propose Jaccoud que par la longueur qui mesure environ 0",22,etla graduation entre + 22® et + 47*; la cuvette a 0"",02de longueur et 0-,007 de diamètre; Téchelle est sur papier, ce qui rend la lecture plus facile, mais les indications moins sûres , la fixité du papier n'étant pas absolue. Ces différences n'empêchent pas les instruments d'être à peu près semblables. Il est d'ailleurs certain que le modèle allemand est de date antérieure. L'instrument de Jaccoud n'est donc qu'une imitation.
5** Thermomètres de Leyser (de Leipzig). — Il y en a deux. L'un a 0",205 de longueur sur 0",012 de diamètre; le réservoir sphérique n'a que 0",008 de diamètre ; l'échelle entière s'étend de 0'' à + 46% et n'est graduée en cinquièmes que de + 20" à + 46®. L'autre, plus long et divisé en dixièmes à partir de 0*, a un réservoir cylindrique. L'étendue de l'échelle de ces deux instruments au-dessous de + 25^ n'est d'aucune utilité.
6** Thermomètre de Celsius. — 11 y en a un courbe et un droit. Le courbe est formé de deux branches s'unissantà angle droit; l'horizontale porte le réservoir; la verticale, l'échelle graduée de 0 à + 55'», et subdivisée en cinquièmes.
Le droit est plus court que la branche verticale du courbe ; son diamètre est moitié moindre que le dia-
— n mètre de celui-ci, réchello très-dislinctement mar^ quce et divisée en dixièmes, s étend do -h 20^ à + 45,.
{flg.3).
tCes doux Ihermomètres sont h nit^rcure et à réservoir rylindrîque; leur éehelie est facile à lire. Ils joignent la sensibilité à la solidité. Plus volumineux que le modèle do l'o- "" tain, ils sont encore très-portatifs. Le courbe est peu employé, son échello est d ailleurs trop étendue; lo droit est au eontroiro trèsrépfindu.
Le thermomètre do Jaccoud , ceux de Leyser et ceux do Olsius, ont leur tige enfermée dans une gaîno ou chemise en verro. Cette gaine protège la colonne liquide contre les iolUienees perlurhatrices extérieures. Elle supporte en outre réchelie généralement sur papier.
7'^ Anfrun (1), recommande un thermomètre h alcool, à réservoir cylindrique; réchello gravée sur verre s'étend de -h 27** à + 50^, subdivisée en cinquièmes de degré* mètrcdcaisiu*^ La longueur de T instrument est d© '*"'' 0'", i4o, le diamètre de 0",005.
La colonne alcoolique est fragile, la transparence de Talcool rend la lecture diflioile, ce sont là de graves défauts que ne rachète aucun avantage réel.
7"* Thermomèireàmaœima, à bulle iFmr permanente de Niederkom. — C'est un thermomètre à mercure à
(!) Anfruiî ; De la valeur diagnosliqtieet pronostique de la tomératur© et du pouls, ttièse dePai'îs, (868, p, 5,
échelle graduée par degrés et dixièmes, dont la co* lonnoa été brisée parriritroducliond*une bulle d*air trèS'Dne, au-desâus de laquelle reste une fraction de liquideâervant d'index et occupant environ 1". (1)
La bulle d'air est une cause d'erreur Irès-frrande ; elle se dilate en eflet, et beaucoup, sous rintluence extérieure et sous riniluence de la température du sujet lui-même. Il en résulte que F index donne toujours des indications trop élevées et que Terreup est d'autant plus marquée que la température à mesurer eâtpluâ haute.
8® Thermomètre à maxima de Walferdin.' — Il est aussi à index de mercure, mais Tindex est séparé par une simple brisure de la colonne mercurielle sans introduction de bulle d*air. Pour obtenir cette brisure au point voulu, on chaufïe le réservoir jusqu'à ce que le mercure commence à pénétrer dans une ampoule qui termine le tube capillaire de rinstrument. En donnant un coup sec, on détache le sommet de la colonne, et, dès que celle-ci est redescendue d'une très-faible hauteur, on chauffe l'ampoule pour faire rentrer dans le tube la portion de mercure qui y était restée.
Les thermomètres à maxima ont l'avantage de faciliter les observ'ations, mais jusqu'à ce jour les modèles proposés ne sont pas adaptés aux besoins de la clinique.
Des courbes (hermomêiriques. — L'observation thermométrique n'a de valeur réelle au point de vue diagnostique et pronostique , qu'autant qu'elle est
(I) Société médicale des hôpitaux, séance du S7 mars 1868. ^ Union médicult, t. V, ^i* etrieip. 720,
suivie* Deux explorations par jour suffisent, Tune 1© matin, Tautrc^ le soir à des heures fixes. Pour tirer de ces explorations tout le parti possible, il ne faut pas se contenter d'écrire eu chiiîres, los unes a côté des autres, les températures obtenues : une pareille série de chiffres frappe peu fimagination et est difficile à analyser. Il est de première utilité de construire ce que Ton appelli' une courbe Iherraoraétrique. CVst dans ce but qu\u*t été dressés les registres Ibermomé triques, ou plus simplement les papiers à courbes que tout le monde connaît. Il en est de nombreux spécimens; nous recommandons le simple papier quadrillé, nommé papier d'arpenteur, sur lequel sont trois espèces do quadrillages, les uns représetitent des eeutimélres carrés, et sont en traits plus gros que les autres; les autres des dcmi-eentimètres carrés, en traits moyens, et les plus petits des millimétrés carrés, en traits beaucoup plus Ons, En prenant pour chaque jour une colonne verticale, d'un demi-eeiitimétre de largeur, pour chaque degré nue colonne horizontale d'un centimètre, ou obtient des courbes trés-satifaisantes.
Du reste tout papier offrant des colonnes verticales correspondant aux jours, et des colonnes horizontales correspondant aux températures, remplit le but suffisamment.
Gertnins auteurs conseillent de ne construire la courbe qu'à la (in de la maladie; nous n'hésitons pas à déclarer ce conseil mauvais; nous crovons, bien au contraire, qu*il faut construire la courbe jour par jour; on se rend ainsi beaucoup mieux compte de la marche de la température, et Ton saisît bien plus sûre-
— 2n — ment et plus facilement les indications qu'elle fournit.
Conclusion. — En résumé tout thermomètre est bon s'il est sensible, si Téchelle s'étend au moins de + 33' à + 48*, et si les divisions y sont assez apparentes pour être lues facilement. Mais s'il nous fallait choisir, le thermomètre de Potain, le thermomètre de Jaccoud et celui de Celsius , se disputeraient notre préférence. Pour la pratique de la ville l'instrument de Potain , très-portatif , exact, se mettant rapidement au niveau thermique, nous semble le meilleur ; pour les salles d'hôpitaux, nous choisirions les modèles de Jaccoud ou de Celsius.
§ 2. — De la pesée.
La pesée des malades, des convalescents et des enfants nouveau -nés donne des renseignements précieux tant au point de vue de la physiologie qu'au point de vue du diagnostic et du pronostic des maladies. Elle donne la mesure exacte et mathématique, le chiffre du symptôme amaigrissement, qui se substitue à l'évaluation très-approximative fournie par la simple inspection. Nous supposons du reste la valeur du symptôme amaigrissement reconnue et appréciée, nous ne la discutons pas. Trop souvent on se borne à estimer ce symptôme, on ne le chiffre pas. Est-ce donc qu'on ne sait pas se servir d'une balance? Evidemment non ; pourtant soit indifférence ou laisser aller, on se contente d'un à peu près à peine suffisant pour la pratique journalière, mais dont l'observation sérieuse et scientifique ne saurait se con- Jeannel. 3
tenter. Chez les enfants le symptôme amaigrissement
acquiertune importance extrême, nous serions même tenté d'en comparer la valeur a celle du symptôme chaleur. Un à peu près, une vague estimation deviennent alors absolument insuffisants, il faut un chiffre, il faut des pesées exactes.
Les pesées se font a i*aidede balances de construction variée. Sans enlreriei dans la théorie, nous distinguerons trois espèces ou modèles de balances: 1" La balance ordinaire ou trèbuchei consiste essentiellement en un levier du premier genre à bras égaux, nommé fléau, à chaque extrémité duquel sont suspendus des bassins ou phiteaux dont Tun reçoit Tobjet à peser, Tautre les poids destinés à lui faire équilibre.
2' La balance romaine est un levier du premier genre à bras inégaux; le bras de la résistance y est dix fois plus long que le bras de la puissance; un poids unique mobile le long du bras de la résistance permet d'effectuer toutes les pesées comprises dans de certaines limites; ce poids agit en effet avec d'autant plus d'intensité qu'il se trouve aune plus grande distance de Taxe de suspension du levier.
L*Â bascule est une espèce de romaine, disposée de telle sorte que le corps k peser appuie sur un bras de levier iO fois plus court que celui des poids titrés. L'équilibre étant établi, il faut multiplier par 10 le poids ou les poids placés sur le plateau. C'est la balance généralement employée pour peser les adultes;
3* Le pemn est un simple ressort; le degré do distension de ce ressort indiqué par une aiguille sur un cadran est proportionnel au poids du corps que Ton suspend à Tune de ses extrémités, Tautre extrémité restant accrochée à un point fixe,
4* Enfin la balance Moberval généralement adoptée par le petit commerce, est une modification de la ba-» lance ordinaire qui porte ses plateaux à découvert audessus de ses deux bras égaux; elle est commode pour la pesée des nouveau-nés.
On a inventé pour le pesage et à la fois la meniBUration des nouveau-nés un certain nombre d^instruments particuliers dont les principaux sont : 1* le Baromacromètre de Stein l'ancien (1) : balance munie d'un ressort qui indique sur une échelle le poids (Bopoç) de l'enfant et d'une règle graduée appliquée sur le plateau qui sert à en déterminer la longueur, ((xaj^poç) ; 2** un instrument analogue d'Osiander (2) constitué par un trébuchât muni d'un quart de cercle (3); le Pœdiomèire de Siebold (4), modification du baromacromètre muni d'un appareil qui permet de déterminer les diamètres de la tête, des épaules et des hanches.
Mais il nous faut avouer que ces instruments sont surtout du ressort de l'obstétrique.
Odier et Blache ont fait construire en 1866 une balance romaine (fig. 4) destinée spécialement à peser les nouveau-nés (5) : Le levier CC se sépare en trois parties égales ; on peut ainsi placer letout dans une boîte très-portative. Le poids qui sert à faire les pe-
(i) Stein (Georg.W,,)KleineWerkezurprakti8chenGeburt8hûlfe. Mit Kupfern. Marburg, 1798, p. 124.
(2) Osiander (F.-B.) De homine quomodo liât, etc., cum descriptione staterae portatilie ad examinandum iniantum neonatorum pondus nuper inventas. Gœttîngen, 1846.
(3) Siebold (A. E.}De pœdiometro commentarius, Berolini, 1818.
(4) Tous ces instruments sont représentés dans Tatlas de Buscb. Busch W. A. Atlas der in 50 lithographischen Tafeln bestehenden Abbildungen zur Theoretischen und praktischen Geburtskunde. Berlin 1838.
(5) Bulletin de TAcadémie de Médecine, 4866.
sées consiste en une sphère métallique D, percée d'un canal central dans lequel s'engage la lige du levier; un ressort à prtission placé dans ce même canal maintient le poids dans la position où on Famène,
Fig. 4* — Balance dlîJitrel Blnclie paur pfvr Iw nauvcao-nés.
A. Crocbpt où I'©ti suspcricj ÏVnrant.
J!. Anneau par lequel oa sautieut U balance.
ce» Levier.
D. Poids.
On soutient Finstrument à Faide de Fanneau B; et Fenfant à peser est s^^spendu au crochet A. Cette balance est sensible à 10 gr. près.
Citons encore un modèle de balance romaine pour les pesées des enfants; c'est une sorte de bascule qui supporte le berceau. Le D' Groussin» inventeur de cet appareil commode, lui donne le nom de Berceau de croissance.
Concit/mm. — Pour les pesées des adultes la bascule est sans contredit la meilleure balance; pour les pesées des enfants, la romaine d'Odier et de Blache ou la simple balance de lloberval sont préférables en raison de leur simplicité et de leur facile maniement. Le berceau de croissance do Groussin pourrait être recommandé aux familles aisées*