‹ Essai sur les variations de l'uréeChapitre 50 sur 70 · Parmi les personneâ présentes à c@Ue opération, et encore · texte numérisé non relu

Parmi les personneâ présentes à c@Ue opération, et encore

tS ARTÉniOTOMIE-

M, Nogent Sainl-Laurens, ancien juge de paix de5 Batignolles et père du célèbre avocat, avait, comme tant d'autres* la crainte d'être enterré vivant. Il m'avait soik vent entretenu, comme son médecin et son ami, de celle crainte qui le préoccupait. Je lui avais dit que je con naissais un signe certain de distinguer la mort apparente de la mort réelle, et, sur ses instances, je ne lui en fis M pas mystère. Convaincu que ce signe est infaillible, il rac fit promettre que, si je lui survivais, comme c'était probable d'après son grand âge, je m'assurerais de la réaJité de sa mort, en constatant par T ouverture d'une artère la cessation de la circulalion. — J'ai dû remplir ma promesse le 12 mai 1872.

J*ai eu d'autres occasions de pratiquer rartériotomie dans des cas semblables, toujours avec le même résultat.

vivantes, je ciLerai M. Chartes Clémeat, actuellemcnl rédacteur du Jûumai des Débats; M. Rucliet, ancien président du Conseil d*Êtal du cantOQ de Yatid, un des notables de la colonie suisse de Paris; M. Juste Olivier, pêre de Fenfant, Suisse Vaudois bien connu à Paris par de remarquables publications littéraires, quelques-unes en collaboration avec M™* Olivier^

4. L'illustre historien mort récemment» M. Michelet, avait la même apprêbeusion. « Gomme il n'existe, dit-il dans son testament rendu public, aucun signe certain de la mort que la décomposition, dans plusieurs contrées de la Suisse et autres pays^ on l'attend et l'on garde le corps h visage découvert. J'ai pris cette précaution pour les miens. Je désire qu'on la prenne pour moi, à moins que M. Robin, ou un autre docteur de mes amis, n*ait fait Tautopsie. »

ARTÉRiOTOMIE. 1»

J'ai pratiqué rartériotomîe dans d'autres circonstances : — morts accidentelles,, rapides ou subites. — Après des soins longtemps et inutilement prolongés, j'ai voulu me convaincre si la mort était apparente ou réel le, si ce corps qui ne me paraissait plus qu'un cadavre n'était pas un être encore vivant auquel Je devais continuer mes efforts de salut.

Appelé plusieurs fois au poste du Palais de Justice, auprès de noyés qu'on venait de sortir de la Seine, alors que tous mes soins avaient échoué, je n'ai cru devoir me retirer qu'après avoir pratiqué l'ouverture de l'artère.

Appelé aussi au dépôt de la Préfecture de police, en l'absence des médecins de cet établissement \ dans des cas divers de mort soudaine^ après avoir inutilement prolongé toos les moyens de rappel aux fonctions de la vie, je ne les ai suspendus qu'après avoir constaté que la circulation était abolie.

Voici deux observations :

Le 14 avril 1869^ Carpentier (Ferdinand) est amené du commissariat de police voisin au dépôt de la Préfecture; il s'allaîsse en route et ne donne plus signe de vie.

Malgré ma persévérance, mes soins restant sans résultat, j'ouvre la radiale relie est vide, la circulation a cessé,

i , Ces appels ont été fréquents', par mon domicile, je suis le médecin le plus rapproché du dépôt de la Préfecture,

jl ARTËBIOTOMIC.

Le 11 mars 1871, je suis appelé au dépôt de la rectare* Eléonore Compoiot, jeune fille de dix-neuf ans a été trouvée suspendue à la croisée de sa cellule par tm mouchoir qui lui serrait ie cou ; elle ne donne plus signe de vie- Tous mes moyens d'action ayant échoué, j'ouvre la radiale, — elle est vide, la circulation ne se fait plus*

Qu'il soit bien entendu que je n*ai jamais pratiqué rarlériolomîe qu'après avoir inutilement ausculté le cœiir et constaté l'absence des pulsations artérielles :

Ainsi, les cas dans lesquels j*ai pratiqué rarlériotO' mie appartiennent à deux catégories :

Dans la première, une maladie plus ou moins longue avait précédé la mort; ropératîon n'a jamais été pradquée qu'après la constatation du décès par le médedn vérificateur. ^

Dans la seconde catégorie, la mort était accidentelle et rapide; j'avais épuisé iiiutilemcni toutes les ressources de l'art pour obtenir un signe de vie; j'observais tous lejfl caractères de la mort réelle ou réputée telle. J'étais à ce moment pénible et qui arrive toujours, oii le médecin, ayant perdu toute espérance, n'a plus qu'à se retirer* Je n'ai pas cru alors ma mission terminée. Dans Tespoir de constater, par la persistance de la vie organique ^ que la vie animale n'étaii que suspendue, y B,i pratiqué l'artériotomîc.

AilTÉRlOTOMlE. 2!

Dans tous les cas, je n*aî eu mal heure asemeiit à recueillir que des faits négatifs : — la circulation du sang avait cessé, — la mort était réelle. — Mais si, dans un seul de ces cas, j'avais pu constater la persistance du cours du sang, quelque faible qu'il fût, n*y aurait-il pas eu indication formelle de persévérer dans un traitement énergique? Et quel moyen autre que rartériolomie aurait pu fournir cette indication et redonner Tespoir si encou* rageant d*un succès possible ?

ARTERIOTOMIE

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