SIGNE CERTAIN DE MORT RÉELLE
L'artériotomie résout le problème du diagnostic différeotiel de la mort réelle et de la mort apparente.
Le 20 avril 1852, je fus appelé, place des Vosges, n^ 1. M, Juste Olivier, propriétaire de celte maison, avait perdu la veille un de ses enfants âgé de douze ans. L'heure fixée pour les funérailles approchait et M""' Oii^ vier, se refusant à croire à la mort de son fils, avait défendu de procéder aux derniers préparatifs* Toutes les raisons fondées sur la nature d*une maladie longue et dont Tissue fatale était prévue depuis plusieurs mois,
i . Ce mémoire développe le contcoii d'un plt cachelé, dont TAcadémie de médecine avait accepté le dépôt» le S8 janvier 4863.
le le publie sans suppression ni addition, tel qu'il fut déposé au secrétariiit de rAcadémie, le 13 décembre * 872, avec demande de renvoi a la Commission des prix d'Ûurches.
Les notes seules sont de date récente.
16 ART£rIOTOM1£.
celles résuUant de la constatation de tous les caractères de la mort, persistants depuis plus de vingt -quatre heures, mes pressantes instances d'ami de vieille date de la famille, furent sans résultat. Les parents et de nombreux amis étaient déjà rassemblés. Que faire? que dire encore? La pauvre mère ne pouvait et ne voulait être ni consolée, ni convaincue. ■
Mais si M'"* Olivier était douée d'une vive innagination, elle avait aussi une grande instruction et le jugement très-droit. Sous finfluence d'une profonde émotion, je lui dis enfm : ■
« Madame, je veux cependant vous convaincre et ne vous laisser aucun doute : vous le savez, la mort c'est la cessation des fonctions de tous les organes j or les organes ne fonctionnent plus lorsqu'ils ne reçoivent plus de sang* Si la circulation du sang cesse, toutes les fonc- ■ tions cessent : il y a mort. — Constater que la circulation du sang a cessé, c'est donc constater que la vie a fait place à la mort. On constate que la circulation du sang a cessé j par l'absence du pouls dans les artères et des battements et des bruits du cœur. J'ai constaté l'absence des pulsations artérielles ; j'ai ausculté le cœur, je n'ai perçu aucun battement ni aucun bruit : c'est prescfue — probant. L'extrême faiblesse des pulsations artérielles, " des battements et des bruits du cœur, un développement insuflisant de l'ouïe de celui qui observe peuvent, dans quelques cas, laisser des doutes et causer des erreurs.
\RTÉniOTOMlE.
Je ne vous dis donc pas : c'est probant; maiSj presque probant,
u Vous voulez une preuve qui ne vous laisse aucun doute, vous la voulez certaine : je vais vous la donner-
t( Après la mort» on trouve vides de sang les vaisseaux qui transportaient ce liquide du cœur à tous les organes; c'est une observation qui a été faite de tout temps par tous les anatomistes ; aussi , avant la découverte de la circulation^ on pensait que ces vaisseaux, les artères, con* tenaient deTairMe vais mettre à nu une artère de votre enfant, celle où nous observons habituellement le pouls. Je constaterai d'abord Tabsence de pulsations; puis, j'ouvrirai cette artère et, si nous constatons qu'elle esl vide et que l^ circulaiion du sang ne s'y fait plus, serezvous convaincue de la mort de votre enfant? »
A rinstant même, 51"^ Olivier me déclara qu'après cette démonstration, elle n'aurait plus aucun doute, ni aucune crainte.
Je mis donc à nu, suivant les règles de fart, l'artère radiale; n'ayant perçu aucune pulsation, je coupai l'artère, maintenue isolée sur la sonde cannelée : pas une goutte de sang ne sortit. Ayant alors soulevé Textrémîté cardiaque de ce vaisseau, je constatai et fis constater par les assistants que Tartère était vide et que la circulation du sang avait cessé *.