CARACTÈRES ANATOMIQUES
Nous De sommes plus au temps où Cabanis ne voulait voir dans les recherches d'anatomie pathologique que (( des descriptions le plus souvent muettes, comme le cadavre dont on les a tirées (1). » Grâce aux progrès de Fhistologie , nos modernes anatomopathologistes ont su faire parler ce cadavre muet ; et, s'il ne nous a pas tout dit dans cette question comme dans bien d'autres» ce qu'il nous a appris constitue, sinon la plus étendue , du moins la plus sûre partie de ce que nous savons aujourd'hui.
Les lésions anatomiques dans les affections catarrhales rentrent dans la forme dite catarrhale de l'inflammation des muqueuses.
I. Les auteurs allemands distinguent trois espèces d'inflammations des membranes muqueuses : l'inflammation catarrhale, l'inflammation croupale, l'inflammation diphthéritique ; le sens qu'ils donnent à ces mots de catarrhe , croup et diphthérie diffère à tel point de la signification qui leur est attribuée en France, qu'il est nécessaire d'en donner une définition précise (2).
(1) Cabanis, Observations sur les affecUons catarrhales. Petit in-S^», Paris, i807.
(3) Rindfleisch, Virchow's Arch., Bd. XXI.
L'inflammation catarrfaale, c'est rinBanunalion superBcielle avec hypersécrétion de la niuqueiise; dans rinflamroation cronpaie, il y a sécrétion «l'un exsudai fibrineux ; rioflammation diphthi^itiqae est caractérisée par rinfiltration dn ttssti coojonctif soos^ épithélial par des cellules de nouvelle formation ; celle infiltralion, en comprimant les vaisseaux, frappe de mort les tissus qu'elle envahit.
Cela posé , enlrons dans l'exposé anatomique des lésions de rinflammation calarrhale,
II. La muqueuse est d'abord rouge, sèche, luisanle ; elle est plus ou moins vivement et douloureusement impressionnée par Tair : cette excitation douloureuse est le point de départ d'actions réflexes (élernumenl , toux, etc.), puis elle sécrète, en plus ou moins grande ahondance , un liquide muqueux, clait'j (ilani, ayant souvent une saveur acre ou salée, et qui, par son conlat!t avec la peau ou les muqueuses, les irrite, et donne souvent lieu à des ulcérations superficielles, puis Técoulement séro-muquetlx, eUir et transparent, devient plus épais, jaunâtre, mucopurulent*
Altération de la muqueuse, altération des glandes, altération dû mucus, tels sont les trois points que tious allons successive m eut étudier :
Altération ih la mw/ueiise, — Dans les inflammations catarrhales aiguës, les cellules épilhéliales, quelle que soit du reste leur forme et leur nature {paviiiienleuses ou cylindriques , disposées en une seule ou en plusieurs couches), tendent d*abord , et cela tout au début de rinllammalioû, à prendre la forme sphérique par le fait du gonliement do proto-
pla»ma; quelques-unes d'etitre elles diîsparaissent, « La substance inlcrcellulaire (Killsuhstanz) devient liquide, et les cellules temlent à ^e séparer. »
Puis le noyau des cellules se gonfle et se divisé. La cellule elle-même peut se segmenter, niais seule>ment après la segmentation du noyau. On a signalé à cette période la formation endogène des glohules de pus dans l'intérieur dos cellules épitliéliales.
Les cellules ppithéliiiles ainsi modifiées so détachent facilement de la surface qu'elles recouvraient, se mélangent au produit séro-muqueux abondant de riiypersécrétioû glanduleuse, et sont entraînées avec lui.
La muqueuse est comme exulcérée : les terminaisons des nerfs subissent vivement le contact de l'air dont un épithélîum épais et un mucus concret ne les séparent plus ; de là les douleurs, de là aussi les niotivcraents réOexes qui succèdent aux irritations périphériques ; le clignement pour les ophthalmies ; pour le coryxa , réternument ; et k toUK aiguë, pénible, douloureuse, quelquefois déchirante dans les bron* cliites catarrhalcs. *
Alors aussi, d'après HindUeisch (1), les vaisseaux les plus superficiels de la muqueuse, c'est-à-dire lefe anses vasrnîaires sous-épithéliales se laissent traverser par des globules blancs , en sorte que le tissu do la muqueuse qui entoure ces vaisseaux nvnferme des globules puriilents, qui bientôt se mêlent aux cellules épithéliales désagrégées et sont eotrainées avec elles, mélangées comme elles, au produit séro-
(1) RiDdIleî&ch, loc. cil.
muqueux des glandes, dont Factivité normale s'exagère sous rinfluence de rirritation anormale, ce qui est un des principaux caractères généraux de TinflammatîoD (Vulpian) (!)♦
Si riiiÛaiiimalion est plus intense, ce ne sont plus seulement les globules blancs , mais les globules rouges du sang qui sortent des vaisseaux, et il peut se faire des hémorragies capillaires. Les malades, s'il s'agît d'une bronchite catarrhale, rendent des crachats striés de sang ; par Tobservation microscopique, on trouve mélangés aux globules de pus des globules rouges du sang intacts ou déformés, et des granulations ayant la couleur, la réfringence des globules rouges et provenant d*uue fragmentation de ceux-ci.
Les altérations de Tépithélium présentent »ur les muqueuses des dîiïérents organes quelques particularités inléressantes :
1"* Dans les inflammations des muqueuses recouvertes d'un épithélium stratifié (ta bouche, le vagin, le canaldGl'urèlhrc),ûn constate dans les cellules épîthéliales une multiplication considérable des noj^aux. (Pour les anatomo-patbologîstes allemands, le catarrhe pulmonaire aigu ou pneumonie catarrhale est caractérisé, au point de vue anatomique, par le gonflement et la prolifération des celiules épithéliales qui , normalement, forment une simple couche pavimenteuse à la surface des alvéoles. Ces cellules d'é-
(1) Volpian, cité par Chalvel, De riDllammalioii /Thèse de concoure. Paris, 1869.
pithélium, mélangées au mucus et aux globules purulents, remplissont les cavités alvéolaires) ;
2** Dans les inflammations catarrhales des muqueuses qui sont recouvertes d'un épithélium à cils vibratils (les fosses nasales, le larynx, la trachée, les bronches, la cavité ulérinc) , les cellules d'épithélium à cils vibratils présentent des modifications intéressantes à étudier. Le pbteau qui porte les cils se dissont ; lu cellule devient irrégulière, gonflée; les cils vibratils sont déformés et semblent naître directement de protoplasma. Les noyaux se Eiultiplient; la cellule se segmente, et Ton trouve constamment dans le muco-pus produit par ces catarrbes a des cellules ayant la forme et les dimensious des globules purulents et qui sont recouvertes de cils sur la moitié de leur surface ') (Ranvicr).
Parfois ces globules à cils vibratils sont reUés par un lilamcnt, dont le diamètre et la longueur sont va* riables, à une autre cellule qui n*a pas de cils vibratils.
Toutes ces cellules j modifiées par le fait de T affection catarrhale et qui proviennent de T épithélium, peuvent présenter, à certains moments, des excroissances contractiles j amiboïdes, comme ceux des glo* bu les blancs du sang.
Il n y a donc pas seulement^ dans le flux catarrhal, exagération d'une sécrétion normale, mais multiplication ou prolifération et modification des éléments cellulaires ; c'est donc une inflammation.
Altération des glandes, — Quel est F état des glandes muqueuses dans les affections catarrhales aiguës? C'est un point intéressant de Fanatomie pathologique
générale, mais sur lequel nous Bravons que peu M
donnéps précises.
Voici ce qoo nous trouvons dans Fox (1) à propos des lésions du catarrhe aigu de l'estomac ; il est dîl que les glandes paraissent plus claires à la lumière réfléchie, plus foncées à la lumière réfractée (ces deux phénomènes disparaissent après additioD, à la préparation, d'un peu d'alcali caustique. ^^H
Les cellules se détachent facilement, et fréqtiem^^^ ruent on trouve le canal excréteur des glandes plein de fragments de ces cellul» s et de noyaux libres. D y a toujours un certain degré de dégénérescence graisseuse, La portion pyloriquo de Testomac est la plus fréquemment attuinte.
Un fait à ce point de vue est digne de remarque : les glandes de Testoniac (muqueuses et pepliques) sont, au point de vue fonctionnel, diverseniont atteintes ; il y a action exiigérée des sécrétions muqueuses, et arrêt presque complet des sécrétions peptiqucs. De là l'inappétence et les trouhles digestifs de rembarras gastrique fébrile, du catarrhe aigu de r estomac.
Sur la muqueuse de Festomac, on constate que les glandes sont saillantes et augmentées de volume ; il y a accroissement et végétation (prolifération) de leurs ceMuleSj et infiltration de leur tissu interstîtieU On constate aussi roxistenco d'érosions catarrhales (Jaccoud).
(1) Fox, Cc^ntribulion lo the patho!o«^y of lliegUndnlar slruclart of Ihe slonincli, resiilt of lh« inicroscoptcal eMmÎDatioQ. Tbe Laticiit, l0iuiUelt8jS.
Los glandes peuvent suppurer et s'ulcérer dans le
catarrhe ai^^u (Seitz)(l).
Ailéraliom du mucus. — Le liquide filant, visqueux, que sécrètent lus menibrancs,doitàuncorpsprotéique, la mucîne, ses propriétés essentielles : mêlée à Tcan, la mncitie la rend sirupeuse et filante ; l(i iuuctuo ne se coagule point par la chaleur» comme le ferait r«lbumine, elle se distinguo de la pyîne (matière aUmminoitle do pus) on ce qu elle est précipitée en ilocons épais par le sublimé, tandis que la pyinc ne précipitij pas.
Le mucus normal est alcalin ; il renferme un acide libre mal déterminé , et de la soude libre unie à la mucine (Hartmann), Lorsque la sécrétion s'altère par le fait du catarrhe, on constate Texistence d*un corps nouveau qui n'existe pas dans le mucus normal, Falburnine, et cela avant qu'il y ait du pus en plus ou moins grande quantité mélangée au mucus (Vogel), Le mucus nasal renfermant en excès du chlorhydrate d'ammoniaque (Donders) devrait, à rexistence de ce composé, sa saveur salée et son action irritante,
La matière des diarrhées, clans le catarrhe intestinal, renfermerait avec des traces d'albumine, du chlorure de sodium et du phosphate ammoniaco-magnésieii (Jaccoud). D'après Lehmunn le mucus devient plus riche eu matières grasses à mesure que Falhumino augmente, Bamberger a trouvé au nombre dos substances iuorgajuiques du crachat des catarrhes, des chlorures et des piiosphates eu grande pro-
(1) Seîtf, GatArrh und Inliuenza» Uediciaische sludîe, in Mûqchen» 1865.
poiiion, peu dr* sulfatoa, plus de soude que de po* tasse.
Voici une des analyses données par Biermer, dans un cas de catarrhe aigu» Les autres analyses se rapportent aux catarrhes chroniques.
Sur 1 000 parties, on trouva :
Eau 979,948 sur 1000
Maliéres solides. , .... 20,054 —
Elémenls orgaoliiiies i:ï,G99 —
Élémenls ii]organîi|iie8 6,355 —
ftlaLières exlraclives par Talcool* , 7,701 — Matières citrûclives par Teati. . • 4,730 —
Il y a deux points essentiels sur lesquels n'existent' pas aujourd'hui de données précises, et qu'il serait intéressant d'étudier : d'abord la proportion de chlorure de sodium, puis la proportion d*albuaiîne dans les diverses sécrétions catarrhales. Des chiffres, sur ces deux points, seraient préférables à la détermination do matières extractives par F alcool ou Teau, matières dont la nature ne nous est pas connue.
Nous avons terminé l'étude générale des lésions de la muqueuse dans l'inllammation catarrhale aiguë ; il est intéressant de rechercher si ces caractères sont bien cousiants et, sans parler de Tinflammation diph> théritique, si rinflammation dite croupale ne se rapprocherait pas de rinflammation catarrhale par descarac* tferes communs.
Souvent, après la mort de malades ayant pendant la vie rendu des fausses membranes, on ne trouve
à Fautopsie que les lésions du catarrhe ordinaire (ï!aj'em)(l). D*autres fois les faussos mcoibranes sont ramollies, semi-liquides ^ ressemblant à du lait caillé (diphthérile coulante). Dans ce cas, suivant Biermer (2), elles seraient principalement composées de cellules épithéliales granuleuses et de mucine.
D'après les recherches de Bindfleisch (3) et de E* Wagner, les fausses membranes seraient formées de couches alternatives (en assez grand nombre) de fibrine et de cellules épîthéhales; la matière fibrineuse se coagulant, à mesure qu elle s'exhale, entre les cellules, il se forme ainsi une sorte de réticulum fibrineux.
Cette variété d'inflammation s'éloigne peu du processus catarrhaL La diiïérence principale consiste en ce que les cellules épithéliales altérées produisent, dans leur cavité, une substance analogue à la fibrine et que celle-ci en sort pour se prendre en masse avec les éléments cellulaires (E, Wagner).
On voit assez souvent les deux formes d'exsudation catarrliale et croupale réunies chez le même sujet : c'est-à-dire qu'une fausse membrane présente une couche catarrhale interrompue en plusieurs points par une couche fibrineuse (Rindfleisch).
(i) Baye m, Thèse d'a^égadoQ. Paris, 1869. (S) Bienner, Haodbuch der 8|ieciafeii Fath. uod Therap», V* BJ. (3) Rindileisch^ Virchows Archives, Bd* XX[*
ÛàilACTËRES 8YMPT0MATIQUES OÉJPTÉRADX DES AFFEC- TIONS CATARiltlALES. — DE L*ÊLÊMENT CATARRHAL DANS LES MALADIES GÉNÉRALES, LES MALADIES IN- FECTIEUSES ET LES FIÈVRES.
Cttliirriies mt|nts des memtiraiiea tnoqueiises*
Les caractLres locaux peuveot avoir leur siège : sur la conjonctive, !a pituitairc, la muqueuse larjugobroDchique, la muqueuse gastro-mteslmale , les muqueuses vésjcale, utérine, etc.
Mais le$ dt'terminalions du catarrhe (en aUacbant à ce mot TiJée générale des prédispositions individuelles et de la constitution m/'clicalc doirinante) ont presque exclusivement leur sit^f^'c sur les muqueuses oculo-nasale, laryngo-bronchiquc, gastro-intestinale.
Les caractères généraux que présentent ces déterminations locales du catarrhe nous seront donnés en étudiant successivement les principaux symptômes des diverses inilammatious catarrhales et rappelant leurs caractères communs : ces caractères, nous les emprunterons aux descriptions des livres classiques^ et parliculitTcment au plus récent traité de pathologie interne publié en France (Jaccoud).
Le catarrhe nasal est souvent accompagné et même précédé d'un mouvement fébrile avec courba^
-silure générale : « La fièvre peut acquérir une violence inusitée et faire craindre, pendant un ou deux jours j Tapparition d'une maladie bien plus sérieuse qu'un simple catarrhe nasal. »
a ... La marche du coryza aigu est franchement rémittente, n Le matin, les symptômes sont au minimum ; à partir de raprès-midi, ils vont croissant jusqu'au soir.
Sous le nom à* ophthalmie catarrhale^ nous comprenons cette variété récemment décrite par Grosselin^ ophthalmie épidémique et contagieuse , et qui n*est ni purulente ni granuleuse (t).
La maladie se propage d'une personne à l'autre, dans de petits foyers que Ton peut circonscrire nettement, « mêlée à d'autres déterminations locales du catarrhe ».
Elle est caractérisée par la photophobie : il y a d'ft^ bord sécheresse, puis apparition de filaments muquélix sur la conjonctive, lesquels se mêlent aux larmes qui s'écoulent abondamment.
Elle se produit en vertu d'une prédisposition particulière de l'économie, etc.
Chez l'adulte, le catarrhe aigu du larynx n'est caractérisé, le plus souvent, que par la douleur locale, l'altération de la voix et la toux* Les pfaénôtiiènes gé^ néraux sont ordinairement nuls ; dans d'autres cas, ils consistent simplement en une courbature légère avec céphalalgie et anorexie ; a parfois il y a un ma-
(l)Gosselin et Lanoelongue, article Conjonctive, Nouveau Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques^ t. IX, 1869, et Gosselin, Mémoire sur Torigine, par contagion, des conjonctivites catarrhales, Arch. gén, de médecine, avril i869.
Uàse très*pronoiicé et une fièvre marquée pendant les deux ou trois premiers jours**. 9
Dans le catarrhe aigu simple des bronches, on observe parfois de la «céphalalgie gravative », la diminution do l'appétit; et, chez les enfants, il peut y avoir « pendant les deux ou trois premiers jours, un léger mouvement fébrile, surtout marqué vers le soir.,. 1: Ceci a lieu pour les formes légères qui constituent phitôt une indisposition qu'une maladie. Dans la forme intense , les symptômes sont mieux accusés... La maladie débute par de la courbature, de la céphalalgie, du malaise général €t « par une fièvre que caractérisent de petits frissons répétés, une élévation thermique à maximum vespéral, à rémission matinale très-accentuée. «> ^^M
Et, second fait important à noter au point de vuô^ des caractères généraux de ces inflammations eatarrhales-., a les phénomènes fébriles précèdent, parfois d'un jour ou deux les symptômes thoraciques...i Ces pneumonies calarrhales s'accompagnent d'une réaction fébrile médiocre, d*une expectoration souvent abondante h caractères incertains, et rappelant imparfaitement Texpectoration caractéristique de la pneumonie franche. La douleur de côté est faible et s'effaco bientôt. Dans ces cas, si la médication est trop dépressive, Tadynamie survient promptement (ChauiTard)*
Ce caractère rémittent de la fièvre, cette intensité des phénomènes généraux ( courbature , frissons , fièviT, douleur), tout à fait hors de proportion avec Téteudue des lésions locales et précédant souvent de quelques jours leurs premières manifestations, se ren-
coatreni également dans 1& catarrhe gastro * intestinal, etc.
Le malaise, la courbature, la prostration, la fièvre plus vive le soir (rémitlenic) et di'butant par alternatives do frissons et de chaleurs, sont aussi des symptômes essentiels de la pneumonie catarrhale.
Ainsi, en résumé, les caractères généraux des affections catarr haies locales, au point de vue de leurs symptômes» sont, comme symptômes généraux^ courbature, frissons in*égiiliers avec chaleurs, Bèvre rémittente précédant souvent de deux ou trois jours les symptômes locaux.
Ceux-ci caractérisent ce qu'on désigne sous le nom ^inflammations caiarrhaks : muqueuse rouge, sèche, luisante, tendue eidouloureuse, vivement impression* née par Tair ou tout autre corps irritant (ce qui amène, par action réflexe, des phénomènes convulstfs, éternument, toux, etc.); puis sécrétion d'un liquide séro-muqucux d'abord transparent, plus tard épais, muco-pnrulent.
Cette inflammation peut, par propagation, gagner le stroma de la muqueuse ; il en résulte et une inflammation phlogmoneuse » au décours d'une affection catarrimle ; mais le point essentiel est celui-ci : Tiuflammation est toujours primitivement catarrhale.
Les médecins allemands ont,, dans cette question, montré combien peu ils se souciaient de Tobservation clinique. Kicmeyerjrauteur d'un des traités classiques les plus justement estimés de l'autre coté du Rhin, aitribueau catarrhe toute espèce do causes ; non-seulementles irritants mécaniques.mais toutes les hj'perhémies. Le catarrhe bronchique est le résultat d'un
obstacle au retour du sang des veines broBchiques et pulmonaires dans le cŒur malade, etc. : l*aoteur û'éludie que TinÛammation superficielle des moqueuses.
Cette notion du catarrhe, limitée à Tune de sesa^ ractéristiquGs, 1 inflammation de la muqueuse « est étroite et stérile. Nous voyons, eu France, ud de nos meilleurs observateurs cherclier instinctivenaent à dégager la notion ancienne du catarrhe de la caractértslique anatomique trop étroite dans laquelle elle se meut de nos jours ; aussi est-ce à son livre que nous avonsemprunlc les citations textuelles dans lesquelles nous voyons qu'il est dit expressément que, parmi les états uiurbides décrits sous les noms de : caiarrke nasal ^ bronchique^ gastrique^ etc., « un très-grand nombre» présentent des symptômes communs : troubles généraux précédant FinOammation catarrhale, fièvre rémittente hors de proportion avec Fintensité des lésions locales, crises irréguliëres, mal déterminées, etc.; ceux-là seuls sont les catarrhes du nez, du larynx ou dos bronches ; les autres sont des formes légères* superricielles, peu intenses do la rhinite^ de la laryngite, do la bronchite aiguë.
Ces aiïcctions catarrhales se rattachent, comme nous l'avons vu, dans Itur évoiuiion, aux constitutions médicales, et ont, en pathologie générale, une signification élevée et une trfcs-réelle importance; c*est donc à tort que Niemeycr reproche aux anciens d*avoir donné exclusivement ce nom « aux inflammations des muqueuses qui sont dues h des refroidissements, et contre lesquelles on doit mettre en usage les infusions de sureau et les gihts de flanelle 30.
— nn-r.
Affections g^énérales calarrhales i fièvre eataivliala t grippe.
De la fièvre catarrhale. — Existe-t-il, en dehors de la grippe epidémique^ une fièvre ayant une étiologie, une symptomatologic spéciales, une marche et une solution déterminées et à laquelle on doive donner le nom de « fièvre catarrhale » ? Bien qu'un grand nombre d'auteurs, et des plus autorisés (Forget, par exemple) refusent aux fièvres catarrhales, comme aux fièvres bilieuses, leur autonomie propre , les faisant rentrer, ainsi que les anciennes fièvres muqueuses, dans le cadre commun de la fièvre typhoïde, nous admettrons une fièvre catarrhale dont le type le plus simple est le a rhume fébrile » . Cette affection si fréquente, est presque toujours déterminée par un refroidissement brusque et subit et suppose toujours une aptitude, une prédisposition morbide spéciale. Elle débute par un sentiment de malaise général avec sensibilité au froid, puis des frissonnements répétés, de la douleur de tête, de l'enchifrénement, du coryza, une fièvre rémittente, enfin il survient de la sécheresse à la gorge, une toux sèche , pénible, bientôt suivie d'une abondante expectoration de crachats muqueux ou muco-purulents, un état saburral, de l'embarras gastrique; la maladie se termine par des sueurs abondantes ou des urines critiques.
La fièvre catarrhale (la grippe sporadique) est le lien commun qui, sous l'influence d'une même constitution médicale, relie entre elles toutes les déterminations du catarrhe \ xx ne saurait mieux la com-
— sé-
parer qu'à la lièvre Thumatismale, Uen commun des déterminations du rhumatisme.
Mais le mouvement fluxionnaire de la fièvre catarrhale peut être plus intense; il peut s'étendre dans les bronches jusqii*aux dernières divisions, jusqu'aux alvéoles (pneumonie cafarrhale).
La fièvre catarrhale est une de nos grandes pyreiies saîsotmiferfs ; elle appartient aux constitutions médicales les plus communes sous nos climats ; elle est sporadique ou épidémique.
Quels sont les caractères généraux de cette Bèvre? Nous allons la décrire dans ses éléments les plus simples, dans sa marche !a plus commune.
L Elle débute par un sentiment de malaise, de lassitude générale, de courbature, par des frissons erra*tiques mêlés de chaleur, par une douleur de tête (ce* phalalgie sous-orhitaire) intense et contusive, par des douleurs dans les membres.
Souvent la prostration est extrême et contraste avec le peu de gravité de la maladie, avec la faible intensité du mouvement fébrile; la température s'élève de ! et demi à 2 degrés au-dessus do la température moyenne ; les courbes ne fournissent aucune indication précise (Wunderlich)* Il y a souvent désaccord entre la chaleur fébrile et la fréquence du pouls.
Le mouvement fébrile, peu intense le matin et dans la journée, rcdouldant toujours dans la soirée et pendant une partie de la nuit, pour s*apaiser et s'éteindre vers le matin, est un des symptômes les plus constants et les plus caractéristiques de la fièvre catarrhale, si bien que plusieurs auteurs, Frank notamment, en font une a fièvre réuiittente ».
IL Tels sont les phénomènes du début, telle est la première période de la fièvre catarrhalc. Bienïôt survient une toux sècho avec une douleur à la poitrine, légère d'abord, puis vive et dôchiraate, avec un sentiment d'oppression pénible; puis, dans les fosses nasales, une sensation incommode de chaleur, de sécheresse et de picotement ; la bouche et la gorge sont sèches.
m. La toux, do sèche qu'elle étaitj devient humide et grasse {coctum) ; elle n*est plus pénible et déchirante ; les crachats séreux, puis séro-muqueux, deviennent jaunâtres, épais, muco-purulenls. Protégée contre Taction irritante de l'air par la formation de nouvelles cellules épithéliales succédant à Firritation des vaisseaux, et caractérisant la période dite de coction, la muqueuse n'est plus aussi irritable, et la toux réflexe n'est plus aussi fréquente ni aussi pénible .
Les fosses nasales, d'abord sèches, laissent suinter un liquide séreux, acre et salé, puis Qlant, muqueux, puriforme, tenace et, à la fin, presque concret.
A cette période survient un état saburral plus ou moins accusé, perte d'appétit, dégoût pour les aliments, constipation suivie de diarrhée.
La diarrhée, des urines sédimenteuscs, des sueurs partielles, sont, dans la fièvre catarrhalc, la solution critique la plus ordinaire ; mais ces crises ne .sont jamais franches : elles sont irrégulières, vagues et incomplètes.
Aux douleurs de tète, aux douleurs vagues des membres peuvent se joindre des douleurs articulaires et des névralgies-
La fièvre catarrlmlG ii*est pas toujours aussi simple ; elle peut atteindre un degré d*intcûsit6 qui la rap* proche des iièvres graves. Cette forme a été bien dé* crite par Brochin, dans rarlicle Catarrhe (en voie de publication) du Dktioïinaire encyclopédique.
Dans ces formes jutenses et graves de la fièvre catarrhale, la prostration est plus grande et va jusqu'à raccahlcnient ; on éprouve des bourdonnements d'oreille avec diminution de Fouïe , Aq^ vertiges, des douleurs contuaivea dans les articulations et dans les muscles.
Le coryza est pénible ; fécouleraent, abondant, acre, est strié de sang [épistaxis). Il y a une sensation d'ardeur et de douleur vive à ta gorge avec difficulté trèsgrande dans la déglutition, dyspnée et anxiété précordiale. Le pouls est fréquent, quelquefois irrégulîerj petit et presque filiformo (adynamic).
Les melades ont des douleurs gastralgiques, des nausées et parfois des vomissements : ils sont agités pendant la nuit, no dorment point et la fièvre redouble d*intensité.
Les urines sont rouges, sédiraenteuses, et sont rendues avec un sentiment de cuisson pénible, qui peut aller jusqu'à la dysurîe.
La durée de la maladie, qui n'est ordinairement, dans les formes bénignes, que d'une semaine, peut être de deux à trois semaines.
Les crifles sont lentes, irrégulières, mal définies : elles consistent en sueurs profuses, urines se décomposant facilement, diarrhées, furoncles, quelquefois même des abcès (J.Frank). Dos névralgies persistantes, des paralysies générales ou partielles que Ton
doit faire rentrer dans la classe des paralysies amyotrophiques si bien décrites par notre maître, M. 6ubler, ont été signalées après ces fièvres catarrhales intenses. Nous en parlerons plus loin.
Nous n'admettrons que ces deux formes dans les fièvres catarrhales.
Spéellieité de l'élément eaCarrhal.
Caractères généraux des afTections catarrhales au point de vue de la spécificité.
Les afTections catarrhales peuvent contracter, à un moment donné, le caractère infectieux qui n'est pas nécessaire à leur essence. Elles sont alors comme infectieuses, et peuvent devenir des sources de conta-^ gion. Elles élaborent sur la surface des muqueuses, des produits spécifiques facilement entraînés au dehors (Chauffard. Bulletins de f Académie de médecine, t. XXXIV, 1869, p- 62).
Monneret dit expressément que sous le nom de a maladies catarrhales » (1) on doit comprendre a un ensemble de maladies fébriles qui dépendent d'un état général de l'organisme, d'une expression appelée fièvre catarrhale. Les trois maladies locales, les trois déterminations qui portent spécialement un nom, tout en se rattachant à l'élément général, sont la grippe précédemment étudiée, la coqueluche et la diphthérie.
Nous allons rappeler quels sont les caractères généraux symptomatiques qui rattachent la coqueluche et la diphthérie aux affections catarrhales.
(1) Monneret^ Traité élémentaire de pathologie ioterne, t. III, p. 454, 1866.
FS
1* Caqueàêche.'^MoimeTti définit la coqueluche une fièvre catarrhale spécifique couta^eose ; U y a Uois actes essentiels dans la coqueluche : fièvre, pb^S* masîe catarrhale^ coavulMms^aaiiodiqiies des Toitt respiratoires. De ces trots éléfneiitef deux : la fiàvrs, la phlegmasie catarrhale, constituent rafiection cslarrhale«
Dam la majorité des cas, la coqueluche préseole trois stades : stade catarrhal, stade spasmodique, stade de déclin.
La période catarrhale, à son début, ne diffère pas du catarrhe ordinaire : c'est le même enchifrtoeinent, le même malaise général et lorsqu'il y a de la fièvre^ ce qui est ordinaire, elle est rémittente ou même intermittente à reprises vespérales» tout comme dans la laryngo-hronchite simple. La toux ne présente alors aucune particularité et la coqueluche ne peut être prévue que d'après les circonstances extrinsèques, c'està-dire d'après la notion d'une épidémie régnante oa d'après la possibilité d'une influence contagieuse. (Jaccoud) (i),
A l'occasion du t^'pe de la fièvre, nous ferons avec Monneret (2) une remarque : la fièvre est parfois intermittente et on peut admettre qu'à titre de névrose elle détermine de pareils ellets.
Cullen a toujours vu se produire la fièvre sous la forme rémiltcnto quotidienne.
A la quatrit^me période, à la fin, au déclin, la fièvre redevient calanhale (crachats muqucux), la fièvre ne
(1) JaccouJ. hc. cit,iU H, p. 805.
(2) Monmiti, ioe. cit. p. 4iS5.
reparaît plus qu'à des intervalles irréguliers et disparaît bientôt eniièremeiit.
La contagion est géoéralement admise. On a dit qu'elle se faisait médiatement par les vêtements, les pièces de literie, etc. Il est plus probable que le contact direct, rinspiratioD d'un air infecté par le malade ou deratmosphère dans lequel il vit, sont nécessaires pour provoquer la maladie.
On a dit que la coqueluche n'atteignait qu^une seule fois le même individu ; il n existe que peu d'exceptions à cette règle.
2" La diphthérie est une affection catarrhale que, dans certaines circonstances, rorganisme devient apte à transformer en une maladie spécifique féconde (Chauffard).
Il est certain, et nous Favons dit t^n parlant des lésions auatomiques do Taffection catarrhalc, que des fausses membranes dites «croupales» ont présenté des couches alternativement catarrhales et croupales*
Mais la lésion anatomique n est pas tout* A cet égaj'd^ robservation clinique nous apprend deux choses : sous rinfluenco d'une constitution médicale catarrhalc, on voit souvent survenir un, deux, trois cas isolés de diphthérite ; puis un autre j fécond en raison du terrain où il a pris naissance, est autour de lui le point de départ d'une épidémie de diphthérie.
On peut dénier rexphcation quo nous cherchons à donner de cette coïncidence, la relation que nous voulons établir : le fait ne peut être nié,
La contagion diphthérique est certaine, mais peu connue dans son mode d*action, Les médecins ont
éprouvé cruellement la vérité de ce fait que de coa-
rageuses ei^périences négatives ne sauraient mettre on doute. Tous les médecins des hôpitaux ont religieusement conservé le souvenir de Gilette, praticien instruit, modeste et courageux, enlevé par une contagion locale évidente. On y pourrait ajouter les noms d^autres victimes non moins dévouées : c'est tout un martyrologe.
Il convient d*insister sar les symptômes de la diphtliérie qui constituent 1 mvasionj et précèdent par conséquent le croup. La durée est variable, de cinq à dix ou douze jours.
Les phénomènes morbides sont ceux de la fiè^ cataiïhale (1). Les malades sont pris do frissons, de chaleur, de courbature et d*accnblement; la fièvre est rémittente (le visage est gonllé dans la fièvre, pâle dans la rémission fébrile)*
Les yeux sont rouges, larmoyants; le nez, tuméfié^ fournit une sérosité plus ou moins abondante; le malade perd Fappélit; sa langue est couverte d'un enduit saburral; il a des nausées et des vomissements.
Bem affeolloiui qui peuvent «no céder max. mirecllans ratarrhales*
A. Affections âiathésiquei^
Parmi les maladies aiguës do causes communes, les alTections catarrbales seules peuvent déterminer des maladies chroniques. (Chauffard, Cours de la Faculté,
(l)MonDeret, ioc, cit. p. 470, HII*
Les scrofules et les tubercules sont inOuencéfl dans leur genèse, leur évolution et leur marche, par les airections catarrhales. C'était un fait autrefois de notion comomne; voici ce que disait, à ce sujets Lepecq de !a Clôture {Observations sur /es maladies épidémigues^ in-4'', 1776] : ftLc catarrhe est de longue durée chez les jeunes gens qui ont la lihre délicate, et dangereux pour ceux qui ont les poumons tendres (p. 49), j» Nous emploierions aujourdliui d'«utres mots; ceux du médecin de Rouen ont vieilli et nous les trouvons vulgaires, mais nous ne dirions rien do plus certain et do plus vrai*
I, n estj dît fîuéneau de Mussy, im symptôme trèscommun dans les races tuberculeuses ei qui n est qu'une disposition du lympliatismo : c'est la disposition catarrhale : catarrhes oculaires, kératites chroniques ^ catarrhe nasal opiniâtre, puriforme, tendant à Fozèncj etc. {!).
L'altération du système lymphatique, dit Pidoux, joue un très-grand rôle, et dans la scrofule et dans la phthisie pulmonaire; et la scroftde est de toutes les maladies chroniques capitales^ lapins féconde en tubercuhsation des poumons (2),
II, A bien considérer la scrofule , dit Pidoux, se« déhuts sont surtout signalés par des fluxions catarrhales sur presque toutes les membranes muqueuses, etc. (3).
(t)Giiéiieau de Mtiâsy, Causes et Ira îtement de la lyberculisntioa pulmohftire, 10-8% p. i7. Pari», t8C0»
{t} ?[dmi, ConûéétuHùns sur tes variétés de la pbthisie, 18@4, p. tl.
(3) Pidoux^ lutroduction n une doclrine Douvelle de h phttiîsie putnioBaire (eilrait de rUaîoii médiciite, avril el mai 1865, p. I7)i
Nous ne saurions prendre, pour appuyer la thèse que nous défendons, de meilleurs arguments empruntés à des auteurs plus compétents et mieux autorisés,
B, Nétral^iet et paralyiies.
Comme accidents nerveux pouvant précéder, accompagner ou suivre les affections catarrhal es, signalons d'abord les convulsions chez les enfants.
Nous trouvons dans le livre si érudit et si complet de Seitz de précieux documents : chap. VII, Sur les névralgies^ etc. Ainsi pendant Tépidémie de 1842 (à Paris), on observa, parmi d'autres acccidents, le cas d'une femme qui, à la suite de la grippe, eut une paralysie complète de tout le côté gauche (1).
Kocticr rapporte que pendant T épidémie observée à Hall (hiver année 1841), il vit un malade qui eut, à la suite de Tinfluenza, une paralysie de tous les membres, Moll a fait des observations analogues (racbiidgie, tremblement, fourmillements et paralysies dans les extrémités inférieures). D'après Fîichs (3), on voit apparîdtre, tous les trois ans, dans les zones froides (dans le pays des Esquimaux, Groénlandais, Samoyèdes, etc.), des catarrhes bronchiques avec rhume de cerveau, céphalalgie, etc., suivis de faiblesse des membres et niême de paralysies complètes.
Quelques-unes de ces observations sont trop peu précises ; les autres nous semblent pouvoir se rattacher à la grande classe des paralysies amyotrophiques.
Nous mentionnerons, comme se rattachant encore
(!) Seîlz, hc ûiL, Kaiarrh uni lotSuenza.
(2) Fuch&,Die Epidemische EraoJtheiteû, etc., Weïmin, 1860,
aux accidents consécutifs des affections catarrbales (puisque la Jiphthérie se relie si étroitement au catarrhe), les paralysies générales ou partielles diph- Ihériques.
On comprendra comment etponrquoi dans un sujet si étendu que celui qui nous est donné et qui cependant est limité, nous mentionnerons ces paralysies sans les décrire ; car Té tu de des paralysies diphthériqnes suffirait à faire l'objet d'une longue et importante monographie.
Les névralgies consécutives aux affections catarrhales sont fréquentes : nous signalerons les migraines, les névralgies de la cinquième paire (catarrhe oculo-nasal), les névralgies intercostales (catarrhe bronchique).
Les névralgies qui sont en dehors du lien commun qui les unit aux allée tions catarrhales, n'offrent rien de spécial dans leur évolution, leur marche et leur durée.
De rèlément ealarrhal dans neu nipports mvee les flèv^e» exftntbémaiiqueSt tes naaladies iiifectieiiBe«» ele*
Ces rapports de Télément catarrhal existent avec les fièvres exanlhématiques et avec les maladies infectieuses. Nous les signalons sans prétendre les expliquer.
L'élément catarrhal est un des deux constituants de la rougeole; nous la définirons, avec Monneret^ une affection aiguëj fébrile, caractérisée par une production exantbématiqne de taches papulcuses, rosées, irréguhèrcsj et par une hyper hémie catarrbalo et sécrétion de la muqueuse respiratoire.
La fièvre est subcontiuuo au lieu d'être rémittente ; c'est souvent le seul caractère qui permette di^ recon-
naître la rougeole de la fièvre catarrhale avant Texanthème (Juccoudj.
Il y a dans la scarlatine desquamation épîthéliale (c est la caractéristique anatomique cssenUcUe de Texanthème catarrhal).
La Sîiette peut sViffrîr à la fois comme une entité morbide et comme une sorte de modalité commune à des pyrexîcs diverses, aux affections catarrhales par exemple. Elle s'associe aux pyrexies catarrhales, et sans doute, elle est pour beaucoup dans le cai*actère ataxique et grave que souvent ont présenté ces fièvres (Chaullard,)
Comme exemple de T élément catarrhal dans les maladies infectieuses, nous trouvons les diarrhées catarrhale . de rompoisonnement par les matières septiques (diarrhées séro-muqueuses avec desquamation épîthéliale}, le coryza dans la morve aîfruê, le» vomissements et le farciu chrûnique (Tardicu),
Dans la morN'c chronique, les malades exposés depuis un temps plus ou moins long à la contagion soDt prisj successivement ou en rai>me temps, de toux sèche, do mal' de gorge, d'enchifrèaement ; plus tard ils ont la sécrétion nasale muco -purulente , une expectoration broncliîi]uo plus ou moins abondante, et de la diarrhée (Tardieu).
Enfin nous rapprocherons de ces formes catarrhales certaines maladies infectieuses, récoulement muqueux blennorrliagique, elc, mais en faisant remarquer combieo, à mesure qy^on s*éIoîgne du type commun, ces analogies devieniieut incertaines.
L'étude du diagnostic et du pronostic des affections
catarrhàles rentrerait <lans Vétud« gt^nérale de ces affections, maïs non point dans Texposé que nous devons faire de leurs r»nractères généraux,
Coiifcirraément au vieil adage : « Naturara morboru m ostendit en ratio, » nous devons dire quelques mots des indications thérapeutiques. Rappelons d'abord quelle serait Finutilîlé, nous dirons plus, le danger i^es émissions sangnines dans le traitement des affections catarrhalcs. Les vieux auteurs sont, à cet égard, presque tous d'accord. Noua avons vu, dans rhistorique «général, qu'on avait attribué à Tabus des saignées l'rffroyable mortalité qui survint dans une des épidémies de fièvre catari iuile du seizif^me siècle, Lepecq de la Clôture ne dissimule point son aversion ponr cette facilité qu*on avait autrefois à ouvrir la veine, et sa boutade humoristique mérite d^ètre conservée : <i II y a, dans la fièvre catarrhale, congestion, fièvre et mal de gorge ; cela suffit : — Saignons le malade, prononcent hardiment tant de demi-praticiens dont Tignorance officieuse ne commença jamais le traitement d'une maladie aiguë sans ouvrir la veine. »
Les indications du traitement sont !a résultante des caractères généraux que tious avons exposés, et les formuler, c'est, pour ainsi dire, résumer ces caractères généraux. D'abord, et avant toute cbose, il faut isoler les malades quand raffcction est contagieuse; dans tous les cas, se rappeler que la fièvre est rémittente et peut prendre, dans certaines épidémies, lo iype intermittent, (Indication du sulfate de quinine.)
Los affections catarrbales conduisent rapidement à radynamie, (Toniques et analeptiques.)
Quels sont les caractères généraux des phlegtnasie liicalcs? La sécheresse : il convient d'employer le^ fomontalîons émollîenies [coryza]^ les boissons niucilapineuses (bronchite catarrhale); la douleur : fies opiacés).
Les muqu causes sont le siège d'une abondantr^ hypersécrétion, et de là cette double indicotioD : évacuer les produits accumulés de ces hypersécrétions (médication évacuante) ; sécher les mu queujief> (opium, etc.).
Enfin et par-dessus tout^ avant de formuler un traitement, il faut bien déterminer la nature catarrhale de raffection, il faut rechercher la caractéristique de lacoostîtution médicale. Et ce n'est pas lors des premiers cas observés par lui, que le médecin prononce avec certitude sur la nature catarrhale de raflection qu'il a à traiter ; bien malheureux sont, disait Stoll, les premiers malades qui tombent entre les mains du médecin au début des constitutions médicales, avant qu*il ait pu réunir les liens commuos des alTectians qu'il observe et les rapportera la constitution dominante.
Ici se termine fétude que nous devions faire des caractères généraux des affections calarrhales aiguës.
Il nous a fallu remonter bien loin derrière nous et compulser de vieux livTes qu'on ne lit plus guère aujourdliui. Ainsi nous avons vu^ par nous-même, combien était féconde et précieuse cette source d'observations, pour ainsi dire inépuisables, que nos ancêtres ont longuement et silencieusement accumulées pendant plusieurs siècles.
On retrouve à chaque pas, dans l'étude de leurs ou\Tages, bien des vérités oubliées ou que Ton croit nouvelles.
Il faut les ajouter aux vérités conquises et, renouant ainsi la chaîne si longtemps interrompue des traditions médicales, appuyé sur le passé, confiant dans l'avenir, s'avancer sûrement dans celte voie qui semble encore obscure, mais qui nous mènera à la découverte de la vérité, si nous prenons l'observation pour guide et l'expérience pour flambeau.