‹ Essai sur les vrais principes, relativement à nos connoissances les plus importantes (volume 2)Chapitre 18 sur 26 · Le respect exprime ici , selon le sens que · texte numérisé non relu

Le respect exprime ici , selon le sens que

< j'y ai déjà attaché , une sorte d'aveu que l'ame fait des qualités d'un être qu'elle sent qui lui

< est supérieur de beaucoup par ses perfections.

4 . « J 'entends par le terme d'adoration cette affection , ce sentiment par lequel l'ame , frappée de la grandeur d'un être infini , dont elle se re-

< connoît entièrement dépendante, s'abaisse en sa

< présence et lui rend un hommage souverain.

5. w Cet anéantissement intérieur forme en quelque manière ce que j'appelle V humilité;

X par où j'entends une connoissance exacte de ce que nous sommes par nous-mêmes, de ce que nous tenons de notre propre fonds , de l'estimation que nous devons faire de nos forces; d'où naît un sentiment réel de notre état , de nos besoins et de l'entière dépendance où nous sommes

« du créateur.

6 . « La reconnoissance ( en conservant à ce « terme ^a signification ordinaire ) est une affecte tion de l'ame par laquelle elle se montre sen- « sible aux bienfaits qu'elle a reçus.

7. et Par V amour , ainsi que je l'ai déjà défini , « j'entends ici un sentiment par lequel l'ame « tend ou s'incline vers ce qui s'offre à elle sous « l'idée d'un bien , c'est-à-dire comme un objet M qui a quelque rapport à sa conservation, à sa " perfection, à sa satisfaction, en un mot qui peut «t contribuer en quelque chose à son bonheur.

8 . « Par la confiance, j 'entends la bonne opinion « qu'on a d'un objet sur les q^ilités ou les sentice ments duquel oft s'appuie , comme devant en te attendre quelque bien.

9. « J'ai défini la soumission, acquiescement (( aux volontés d'un supérieur par où l'ame se « porte librement à les remplir, et reçoit sans « murmurer tout ce qu'il lui plaît d'ordonner.

10. « Dans le sens que je considère maintenant, « je définis la crainte , une disposition de l'amc « qui fait qu'en se reconnoissant dépendante d'un « objet , elle appréhende de lui déplaire par l'a- M mour qu'elle sent pour lui , et par l'émotion que « cause en elle l'idée des justes peines qu'elle ne « peut qu'en attendre , si elle manque à ce qui 1 ui « est dû.

1 1 . « J'entends par le terme à^imitation, le soin " qu'on prend de se conformer autant qu'il est « possible à un modèle.

12. « J'entends ici par le terme de prière une « invocation faite à Dieu, par laquelle nous avo uons « sa bonté , sa puissance et la dépendance où tous « les êtres sont de lui , et nous cbercbons à en « obtenir de véritables biens.

i3. « Lorsque notre respect et tous les senti- « ments par lesquels nous pouvons procurer la " gloire d'un eti'e s'annoncent en nous par des " marques extérieures et publiques, c'est alors ce « qu'on peut appeler honneur. Dans ce sens là

( »7C ) même, nous disons quelque fois rendre honneur à Dieu , honorer^ieu ; relativement à la Divinité, on se sei't encore pour l'ordinaire du terme de culte extérieur.

i4. « J'entends j^at religion ce lien qui attache l'homme à Dieu par des idées convenables à sa grandeur et à ses attributs , par des sentiments qui répondent autant qu'il est en nous aux perfections du souvei'ain être , et par les témoignages extérieurs et publics des dispositions où nous sommes à l'égard de notre créateur tout puissant, tout sage et infiniment bon. »

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