CHAPITRE SECOND
Ce que nous devons à Dieu du côté de Venterulement. Si Dieu prend quelque soin des êtres qui composent l'univers.
\ I. Soumis par les motifs les plus puissants aux lois que le souverain être m'a imposées, rien n'exige plus mes soins et mon étude que la connoissance exacte de tout ce que je lui dois (/. IV , c. xi , i*' princ.^. Formé pour le glorifier par un usage convenable de toutes les facultés qu'il m'a données , je ne puis me flatter d'y parvenir qu'autant que je m'attacherai de plus en plus à me faire des idées aussi justes qu'il est en mon pouvoir, de sa grandeur et de ses perfections (/. III, c. x , princ. 22). En un mot , Dieu ne peut avoir créé les êtres intelHgents pour lui qu'en voulant que ces êtres emploient autant qu'il est en eux leur intelligence à le connoître (/. III, c. il , princ. 23). Je ne prétends ]>as répéter ici tout ce qui a servi à m'éclaii'er et à me convaincre, touchant la nature et les principaux attributs de la Divinité (/. III), mais je sens du moins combien il est essentiel de rassembler TOME II. lî
( «7») encore sous un même coup d'oeil ces objets si grands et si vastes que j'ai déjà parcourus, ou pour les metti'e, s'il le faut , plus à la portée de mon entendement , et par là me les rendre plus familiers, oupour en déduire de nouvelles conséquences, aussi importantes et aussi fécondes que celles que j'en ai déjà tirées.
II. Je me suis convaincu (/. III, c. x , i" princ.) de l'existence d'un être nécessaire, c'est-à-dire d'un être qui existe par lui-même. Ses premiers attributs sont d'être indépendant, éternel, immuable; {ihid., 2^ princ.y Point de variété en lui , point de succession ni de progrès ; il n'est pas , ainsi que nous , sujet à ces caprices, qui dans un même jour font du même homme , je dirai presque deux hommes tout différents ; il veut, il détermine , et dans la manière dont il le veut , il est toujours semblable à lui-même.
m. L'être nécessaire ou qui existe par une nécessité absolue, indépendante , et dont on ne peut supposer la non-existence sans contradiction, cet être, dis-je, est unique {ibid., 6* princ).
Il est le créateur et la source de tous les êtres, c'est lui qui a donné le mouvement à la matière et qui est le principe de toutes les forces répandues dans l'univers, c'est à lui que je dois mon existence , tout ce qui est en moi , tout ce qui m'environne.