Voy. plus haut, chap. ii, p
i. BelaUon de Plor. Rapine, p. 189.
Digiti
Constance contre la doctrine du tyrannicide*. H s'agissait là de la grande question posée dans la guerre de la Ligue entre les deux principes de la royauté légitime par son propre droit , et de la royauté légitime par Torthodoxie. Le débat de cette question, que le règne de Henri IV n'avait point résolue^ et à laquelle sa fin tragique donnait un intérêt sombre et pénétrant, fut, par une sorte de coup d'État, enlevé à la discussion des ordres, et évoqué au conseil, ou plutôt, à la personne du roi.
Sur rinvitation qui lui en fut faite, le tiers état remit au roi le premier article de son cahier, et, quelques jours après, le président de la chambre et les douze présidents des bureaux furent mandés au Louvre. Quoique Louis XIII fût majeur, la reine mère prit la parole, et dit à la députation a que Tarticle concernant la souve* raineté du roi et la sûreté de sa personne ayant été évoqué à lui , il n'était plus besoin de le remettre au cahier, que le roi le regardait comme présenté et reçu, et qu'il en déciderait au contentement du tiers état' ». Cette violence faite à la liberté de rassemblée y excita un grand tumulte; elle comprit ce que signifiait et à quoi devait aboutir la radiation qui lui était prescrite. Durant trois jours, elle discuta si elle se conformerait aux ordres de la reine. Il y eut deux opinions : Tune qui voulait que l'article fût maintenu dans le cahier, et qu'on protestât contre les personnes qui circonvenaient le roi et forçaient sa volonté ; l'autre qui voulait qu'on se soumit en faisant de simples remontrances. La première avait pour elle la majorité numérique; mais elle ne prévalut point, parce que le vote eut lieu par provinces et non par bailliages *. Cent vingt députés, à la tête
1. Voyez, danslarelaUon de Flor. Rapine {Des était généraux, etc., t. XVI, 3t partie, p. 112-164), le discours du cardinal du Perron , orateur du clergé, et la réplique de Rot)ert Hiron, président du tiers élat.
9. Henri IV n'avait régné qu'en vertu d'une transacUon avec ses si^ts catholiques.