Gabier du tiers éUt, art 532, les, 467 et
5. Caliier du Uera élat, arl. 349, 549. «14, 615, 616, 647, 887 et 389.
Digiti
soient rétablis; enfin, que toutes les municipalités puissent ^ dans de certaines limites, s'imposer elles-mêmes, sans Tautorisation du gouvernement'.
Si Ton cherche dans les cahiers des trois ordres en quoi leurs vœux s'accordent et en quoi ils diffèrent» on trouvera qu'entre le tiers état et le clergé, la dissidence est beaucoup moins grande qu'entre le tiers état et la noblesse. Le clergé , attiré d'un côté par l'esprit libéra] de ses doctrines, et de l'autre par ses intérêts comme ordre privilégié, ne suit pas en politique une direction nette: tantôt ses votes sont pour le droit commun, la cause plébéienne, le dégrèvement des classes pauvres et opprimées; tantôt, lié à la cause nobiliaire, il demande le maintien de droits spéciaux et d'exemptions abusives. Dans les questions de bien-être général , d'unité administrative, et de progrès économique, il montre que la tradition des réformes ne lui est pas étrangère, qu'il n'a rien d'hostile au grand mouvement qui, depuis le %m* siècle, poussait la France, par la main des rois unis au peuple, hors des institutions civiles du moyen âge. En un mot, ses sympathies évangéliques , jointes à ses sympathies d'origine, le rapprochent du tiers état dans tout ce qui n'affecte pas ses intérêts temporels ou l'intérêt spirituel et les prétentions de rÉglise. C'est sur ce dernier point, sur les questions du pouvoir papal , des libertés gallicanes , de la tolérance religieuse, du concile de Trente et des jésuites, et presque uniquement sur elles, qu'un sérieux désaccord se rencontre dans les cahiers du tiers et de l'ordre ecclésiastique *.
Mais, entre les deux ordres laïques, la divergence est complète; c'est un antagonisme qui ne se relâche qu'à de rares intervalles, et qui, vu du point où nous sommes placés aujourd'hui, présente dans les idées, les mœurs et les intérêts , la lutte du passé et de l'avenir.