I. Voy. plus haut: chapitres ti et tiii
4. Pour les compléter, 11 ne manquait plus que la Lorraine qui fut réunie sous Louis XV.
9. Le traité de Nimègue fut signé le f août 1678; la guerre avait commencé en I67S» Parce traité, Lt France rendit plusieurs villes qui lui donnaient dans les Pays-Bai une position offensive, notamment Charleroi, Ath, Binch, Oudonarde etCourlr.i, qu'elle posiédail depuis 1668; elle acquit, avec la Franche-Comté, des territoires et
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semblable accroissement de territoire ne résulta point de la guerre d'Allemagne ; toutes les conquêtes faites durant cette guerre de neuf ans furent rendues par le traité de Ryswyk, celle, entre autres, qui donnait à la France sa frontière naturelle des Alpes ^ Enfin, dans la crise amenée par l'extinction de la maison royale d'Espagne^, Louis XIV, ayant à choisir, aima mieux les chances d'une couronne pour son petit-fils qu'un agrandissement de ses États consenti par TEurope. Sa gloire personnelle et sa famille, voilà le double intérêt qu'il poursuivit de plus en plus aux dépens des intérêts nationaux, en brisant tout le système des anciennes alliances, en faisant quitter à la France le rôle de gardiepne du droit public et de protectrice de petits États, pour la rendre aux yeux des peuples un objet de crainte et de haine , comme FEspagne de Philippe II '.
Cette fatale guerre de Hollande , qui commença le naufrage de la politique de Richelieu, frappa du même coup le système tinancier de Colbert et faussa toutes ses mesures. Il lui fut impossible de pourvoir pendant six ans aux dépenses d'une lutte armée contre l'Europe sans se départir de Tordre admirable qu'il avait créé, sans retourner aux expédients de ses devanciers et sans compromettre les nouveaux éléments de prospérité intérieure. De 1672 à 1678, tout fut arrêté ou recula en fait d'améliorations économiques ; et^ quand la paix fut venue, quand il s'agit de réparer les pertes et de reconunencer le progrès, la pensée et la faveur du roi avaient cessé d'être avec Col-
deâ villes importantes dans l'Artois, la Flandre et le Hainaut, qui régularisèrent ses limites au nord et lui Û^ent , à l'aide du génie de Vauban , une puissante ligne de défense. - Voyez, sur l'invasion des Provinces Unies et sur les traitée qui la suivi" ronljle tome IV des Ifégocialioni relative* à latucces$ion d'Espagne,
I. Le traité de Ryswyk fut signé le ao septembre 1697. La Savoie et Nice avaient été occupées par suite de l'adliéâion du duc Victor-Amédée à la ligue d'Augsbourg.
S. A la mort de Ciiarles 11, en 1700.
I. Louis XIV eut l'ambition d'être élu empereur ou de faire nommer son fils roi des Romains. Il négocia dans cette vue avec plusieurs des princes d'Allemagne; des traités secrets furent conclus par lui, en 1670 avec l'électeur de Ravière, en 1679 avec l'électeur de Rrandebourg, et dans la même année avec l'électeur de Saxe. Voyez sur ees négociations une notice de Lemontey, dans ses OBuvrcs, t V, p. 923 elsuiv.
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bert. Un homme doué d'un génie spécial pour Tadministration militaire, mais esprit étroit, âme égoïste, flatteur sans mesure, cooseiller dangereux et détestable politique , le marquis de Louvois s'était emparé de Louis XIV en servant et en excitant sa passion de gloire et de conquêtes. Cette confiance sans bornes qui avait fait du contrôleur général des finances presque un premier ministre , se retira de lui> et c'est au secrétaire d'État de la guerre que fut transportée , avec les bonnes grâces du roi , la prépondérance dans le conseil.
Réduit dès lors à la tâche ingrate d'opposer la voix de la raison à un parti pris d'oi^eil , de violence et d'envahissement au dehors , de garder le trésor appauvri contre des demandes toujours croissantes pour les fêtes, les bâtiments de plaisance, l'état militaire en pleine paix y Colbert fléchit par degrés sous la fatigue de cette lutte sans fruit et sans espoir. On le vit triste et on l'entendit soupirer à son ancienne heure de joie, à l'heure de s'asseoir pour le travail* ^ il se sentait à charge dans ce qu'il voulait de bien , dans ce qu'il empêchait de mal , dans sa franchise de langage, dans tout ce que le roi avait jadis ainié de lui*. Plusieurs fois, après des signes trop certains de disgrâce, la forte trempe de son âme et le sentiment du devoir patriotique le relevèrent encore et le soutinrent contre ses dégoûts;
4. Ifoas remarquioni que Jusqu'à ce temps, quand M. Colbert eotrail dans son eabinel, on le Toyait se mettre au Irayail avec un air conlenl et en se froltant les mains de Joie, mais que depuis 11 ne se mettait guère sur son siège pour travailler qu'ayee un air cliagrin et en soupirant. M. Colbert, de facile et aisé qu'il était, devint diflicUe et difQcuUueux, en aorte qu'on n'expédiait pas alors tant d'affaires, à beaucoui> près, que dans les premières années de sa surintendance. (Mûmoires de Charles Perrault, liv. IV, p. 84, édit. deM. Paul Lacroix \A%i2y )
1. M. Hansard prétend qu'il y a trois ans que Goit>ert élolt à cbarge au roi pour les b&timents; Jusque-là, que le roi lui dit une fois : « Mansard, on me donne trop de dégoûts , Je ne veux plus songer à b&lir. • ( OEuvres de Racine, t Yl, p. 335.)^ Voici Sire, un métier fort difQcile que Je vais entreprendre ; il y a près de six mois que Je balance à dire les choses fortes à Votre Majesté que Je lui dis hier et celles que Je vais encore lui dire..... Je me confie en la bonté de Votre Majesté, en sa haute vertu, en l'ordre qu'elle nous a souvent donné et réitéré de l'avertir au eas qu'elle allât trop vile, et en la liberté qu'elle m'a souvent donnée de lui dire messenlimenls (Mémoires de Colbert au roi lîWt} , cilé par Montbyon, Pari cularUés iur les mhiiuru des finances , p. 73. )
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soi ESSAI SUR L'HISTOIRE
mais enfin il y eut un jour où Tamertume de cette situation déborda et où le cœur du grand homme fut brisé.
Telle est Thistoire douloureuse des dernières années de Colbert, années remplies , d'un côté, par des accès d'activité fébrile , et de l'autre, par ces alternatives d'éloignement et de retour, de rudesses blessantes et de froides réparations qui marquent la fin d'une grande faveur. La tristesse, qui, sans nul doute, abrégea sa vie, se nourrissait de deux sentiments, du chagrin de l'homme d'État arrêté dans son oeuvre, et d'une souffrance plus intime. Colbert aimait Louis XIV d'une affection enthousiaste; il croyait à lui comme à l'idée même du bien public; il l'avait vu autrefois associé de cœur et d'esprit à ses travaux et à ses rêves, et, supérieur pour le rang, son égal en dévouement patriotique; et maintenait il lui fallait se dire que tout cela n'était qu'illusion , que l'objet de son culte, ingrat envers lui, était moins patriote que lui. C'est dans ce désenchantement qu'il mourut*; au lit de la mort, l'état de son âme se trahit par une sombre agitation et par des mots amers. U dit en parlant du roi : a Si j'avois fait pour Dieu ce que j'ai fait pour cet homme-là, je serois a sauvé deux fois, et je ne sais ce que je vais devenir', d Une lettre de Louis XIY, alors malade, lui ayant été apportée avec des paroles d'amitié, il resta silencieux comme s'il dormait. Invité par les siens à faire un mot de réponse, il dit : a Je ne veux plus entendre parier ' a du roi, qu'au moins à présent il me laisse tranquille ; c'est au Roi « dos rois que je songe à répondre'. » Et quand le vicaire de Saint- Eustache,'sa paroisse, vint lui dire qu'il avertirait les fidèles de prier pour sa santé; a Non pas cela,» répondit brusquement Colbert, a qu'ils prient Dieu de me faire miséricorde *. »