HISTOIRE DU TIERS ÉTAT
à-dire pendant quarante-deux ans, il n'y eut pas l'ombre d'une remontrance de la cour, tous \es nouveaux édits furent inséras dans ses registres et ainsi rendus exécutoires sans discussion et sans délai*.
Mais ce silence n'éteignit pas la vie politique du parlement^ qui ressaisit , d'une manière éclatante , sa liberté et son pouvoir le lendemain de la mort du grand roi. Il cassa le testament de Louis XIV, comme soixante et onze ans auparavant il avait cassé celui de Louis XnP. Il reprit, et conserva depuis lors, ce nom vénéré de cour souveraine qui semblait lui donner droit à une part de la souveraineté*. Son intervention dans les affaires d'État fut plus que jamais fréquente et obstinée. Il devint agressif et usurpateur contre la royauté affaiblie , et l'opinion publique le suivit dans cette carrière aventureuse, s'attachant à lui par l'excès même de ses prétentions et de son orgueil. Demeuré, de toutes les institutions anciennes, la seule que le xvui* siècle n'eût pas dépouillée de force et de popularité, il fut la chaîne légale qui, à travers les états généraux dont il provoqua la dernière convocation , conduisit au nouvel ordre de choses dans lequel il disparut lui-même.
I. Voyez d'Agueeseau , CEuvret compléiet , loc cit — L'earegistrement d'une loi était ceusé parfait lorsque l'original , scellé du grand sceau , avait été lu devint toules les cliambres réunies et copié en minute par le greffier du parlement. Cette copie sur feuilles de papier timbré ^tait Tacte authentique déposé parmi ce qu'on Dommait les mlnuiet de la cour; la transcription ultérieure sur les registres en parchemin pouvait être différée à volonté.
S. Voyez VHitioire de France de M. Henri Martin , t. XIII , p. SM, et t. XVII, p. 143.
3. Il falloit par mille raisons..... diminuer l'autorité excessive des principales compagnies qui , sous prétexte que leuré jugements éloient sans appel , et , comme on parle, souverains et en dernier ressort, ayant pris peu à peu le nom de cours souveraines, se regardoient comme autant de souverainetés séparées et indépendantes. Jeûsconnotlrequeje ne souHk^irois plus leurs entreprises. {(Kuvree de Louis II^ tl,p.-W.)