‹ Essai sur lh́istoire de la formation et des progrès du Tiers État: suivi deChapitre 58 sur 125 · I. Ce morceau est ia Préface du second volume du Recueil · texte numérisé non relu

I. Ce morceau est ia Préface du second volume du Recueil

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dans un événement classé jusque-là parmi les réformes administratives de la royauté française. La question complexe de la renaissance des municipalités libres au xu* siècle a d'abord été traitée d'une façon partielle, sinon partiale. Il y a eu des solutions diverses et en apparence contradictoires^ selon le point de vue où chaque auteur s'était placé par préférence ou par hasard, Tun considérant surtout la durée non interrompue du régime municipal, l'autre, son rajeunissement soudain par un nouvel esprit et de nouvelles constitutions; celui-ci, l'acte de concession ou de transaction émané du pouvoir royal ou seigneurial; celui-là, Tinitiative de la bourgeoisie et Tiropulsion révolutionnaire * • Puis, à mesure que le problème a fait son chemin dans la discussion scientifique , ces vues divergentes se sont rapprochées; il s'est formé au-dessus d'elles une thèse plus large qui les comprend toutes, qui, tenant compte de tous les principes du grand mouvement municipal du xii* siècle, admet à la fois, pour l'expliquer dans ses causes et dans ses suites, l'élément traditionnel et l'inspiration rénovatrice, un esprit de sagesse libérale de la part des gouvernants, et l'action, irrésistible quand elle est juste, des volontés populaires.

Au point où elle est maintenant parvenue, la science considère deux choses dans la révolution communale, d'une part le fond de cette révolution ou son esprit, de l'autre les nouvelles formes de municipalité qu'elle a créées. Le fond est le môme d'un bout à l'autre de la France actuelle; c'est, pour toutes les villes où se fait sentir, dans !e cours des xii" et xiu" siècles, le besoin de progrès et de garantie pour la liberté civile, un désir plus ou moins violent de substituer aux pouvoirs féodaux une magistrature élective; quant à la forme, elle varie selon les zones du territoire. Comme on l'a vu dans l'Essai sur l'histoire du tiers

I. Voyez les Lettres tur Vhittoire de France^ 48S7; VHUiolre critique du pouvoir n.unicipal^ par M. Lebei'l|l8S8; l'Histoire du tégime municipal en France^ par M. R»)* ouuaird , 1829, et VUittolre de la civilitatlon tn France, phr M. Guixol, t. V. 4830.

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FnANCE MUNICIPALE. 2^9

état*, aii midi s'est propagée de ville en ville une constitution municipale venue d'Italie où les magistrats ont le titre de Consuls; au nord s'est répandue de la même manière une constitution d'origine différente, la Commune proprement dite, ou la municipalité organisée par association et par assurance mutuelle des citoyens sous la garantie du serment^. Ces deux courants de propagande constitutionnelle^ marchant, Tun du sud au nord l'autre du nord au sud, et s'arrétant à de certaines distances, ont laissé neutre une zone intermédiaire où Padministration urbaine a conservé ses anciennes formes, soit intactes, soit diversement et faiblement modifiées Tel est le tableau de la France municipale au moyen âge. Trois grandes divisions s'y marquent, par des lignes tracées de Test à Touest: la zone du régime consulaire, la zone du régivr.e communal et la zone des municipes non refermés et des villes de simple bourgeoisie. Je demande pardon au lecteur de ces formules obscures. Je n'expose pas, je rappelle ici, avec le moins de mots possible, ce que j'ai dit et développé ailleurs'.

Sous la division du territoire français en trois zones, on peut en tracer une secondaire qui le partage en cinq régions , composées chacune de plusieurs provinces et offrant des différences essentielles quant aux origines et à l'organisation du régime municipal. Ce sont, suivant les noms que je leur donne et l'ordre dans lequel je me propose de les caractériser successivement , la région du nord, celle du midi, celle du centre, celle de l'ouest, et celle de Test et du sudest.

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