Chapitre I, p. 47 et sulv
t. Voyez sur l*ln»tflution germanique de la Ghilde et sur le sens primiUf du mot Commune, les Comidératlom âur l'histoire de France, ch. t, 3« 6dU., p. 217 et suiv., ii9 et 8ui¥.
8. EêJiai sur Vhittoire du Tiers Étal, chap. i«r. ^ Coneldéra lions sur l'histoire de France, ch. ▼, 3e édit., p. S12 et su!?.
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S40 TABLEAU DE L'ÂNCIENNB
La région du nord, qui est le berceau , et pour ainsi dire la terre classique des communes jurées, comprend la Picardie, rArtois, la Flandre, la Lorraine, la Champagne, la Normandie et l'Ile-de- France, provinces dont chacune, à côté des caractères généraux communs à toutes, présente , dans ses institutions municipales, ce^ taines particularités qui lui sont propres.
Parmi ces provinces , la Picardie est celle qui renferme le plus grand nombre de Communes proprement dites, où cette forme de régime atteint le plus haut degré d'indépendance et où, dans ses applications, elle offre le plus de variété *. C'est là qu'on peut obser>er le fait curieux de la filiation d( s chartes communales et de leur propagation, par la puissance de l'exemple, soit dans une même province, soit hors de ses limites, et quelqueftJs à de grandes distances^. La Flandre française, démembrement de la Flandre belge, et TArtois, placé anciennement sous la môme seigneiurie que celleci , ont avec elle un type commun d'organisation municipale. Le principal trait de cette ressemblance consiste en ce que la commune jurée n'apparatt pas seule , mais se trouve doublée en quelque sorte 1^ Y Institution de paix ^ débris de la trêve de Dieu, maintenu
4. Les communes de Picardie avaient en général toute JusUco, haute, moyenne et basse. Non-seulement dans cette province les chartes municipales des villes se trouvaient appliquée.-* à do simples villages, dont quelques-uns n'existent plus, mais encore il y avait des confédéraUons de plusieurà villages ou hameaux réunis en municipaliléft sous une charle et une magistrature collectives. Tels étaient Vaisly, Condé, Cbavones, Celles, Pargny et Filain , dans le Soissonnais; et, dans le Laonnais, Cerny, Chamouilles, Baune, Chevy, Cortone, Vemeull, Bourg et Comin. Le Marquenterre, vaste . canton du Ponibieu, reçut, eu IIM, la charte communale d'Abbeville. Voy. le tome XI du Aec. des ordon, dtê roit de France, p. 381, t37, 245, 177 et t06.
5. De la charte d'Amiens procèdent celles d'Abbeville, de Doullens etde plusiean Tilles du Ponthieu. La charte de Soissons est reproduite ou imitée dans celles de Crespy en Valois, deCompiègne, de Sentis, de Meaui, de Fiâmes, de Sens etde Dtjon. La charte de Laon tai portée à Reims, et répandue dans tout !• Laonnais. Celle de Saint -Quentm ser? it de modèle aux chartes de Gorbie, de Boye et de Chauny.
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FRANCE MUNICIPALE. ÎU
comme établissement de police urbaine sous l'autorité de magistrats spéciaux *. En Lorraine, les trois anciennes villes épiscopales, Motz surtout, présentent, avec des institutions qu'on ne trouve point ailleurs, le caractère le plus marqué d'indépendance municipale*. Pour les autres, il y a un fait digne de remarque, c'est que toutes, à peu d'exceptions près, ont reçu la charte, ou, comme on disait, la loi de Beaumont-en-Argonne , petite ville de Champagne fondée vers la tin du xu* siècle. Dans cette dernière province , sauf la ville de Reims, vieux municipe qui entreprit d'ajouter la liberté communale à ses franchises traditionnelles , sauf les villes de Sens et de Meaux, qui devinrent des communes jurées^ Tune par insurrection, Tautre par octroi, l'organisation urbaine se montre peu furte et bornée à la garantie de droits purement civils. En Normandie, Rouen et les autres grandes villes sont des Communes constituées d'après un type remarquable; elles ont un maire, douze échevins, douze conseilers et soixante-quinze pairs, ce qui fait cent membres pour le corps municipal. Cette constitution fut transportée de là au midi sur les terres de la domination anglaise. Dans l'ile-de- France , on voit reparaître le type constitutionnel drs Communes de la Picardie méridionale'; Paris, avec sa municipalité immémoriale, offre un caractère à part, où la tradition romaine subsiste sous des formes nées au moyen âge , où la liberté , complète quant au di'oit civile est peu de chose quant au droit politique.