Bataille de Coutnt,. le SO octobre 4S
9. Nofttre volonté et intention est de commencer à tenir les estats libres et généraux des troiA ordres de noitredit royaume, au is aoost prochain en noatre Tille de Bloyt, où nous entendons que se trouvent aucun des plus notables personnages de chacune province, bailliage etséneschaussée pour en pleine assemblée... proposer librement.. ce qui sera plus propre et convenable pour du tout esletndre et iibollr iea dlfistons qui sont entre nos subjects, mesmement entre les catholiques, et parvenir à un bon et asseuré repos, avec lequel noslre saincte religion catholique soit si bien restablie, et toutes hérésies repurgées et eiUrpées de nostre royaume, que nos subjects n'ayent pi us d'occasion d'y craindre changement tant de nostre vivant qu'après nostre décex. (Mandement au prév6t de Paris, dernier mal 1888, t^ee, des ancienne» loU françaiset, t. XIV, p. M4.) - Et premièrement nous Jurons et renouvelions le serment par nous faict, en nostre sacre, de vivre et mourir en la religion catholique, apostolique et romaine, promouvoir l'advancement et conservation d'icelle, employer de bonne foy toutes nos forces et moyens, sans espargner nostre propre vie, pour extirper de nostre royaume, pays et terres de nostre obéyssanoe, tous schismes et hérésies condamnées par les saincts conciles et principalement par celuy de Trente, sans faire Jamais aucune paix ou trefve avec les hérétiques, ny aucun édiet en leur faveur.
Art. t. Voulons et ordonnons que tous nos subjects, princes, seigneurs, tant ecclésiastiques, gentilshommes, habitans des villes et plat pays, qu'autres, de qudqoe qua* lité el condition qu'ils soyent, s'unissent et joignent en ceste cause avec nous, et facent pareil serment d'employer avec nous toutes leurs forces et moyens Jusqpes à leurs propres vies, pour l'extermination desdicts hérétiques.
Al t. 3. Jurons aussi et promettons de ne les favoriser ny advancer de nostre vivant; ordonnons et voulons que tous nos subjects unis Jurent et promettent dès à présent et pour jamais, après qu'il aura pieu à Dieu disposer de nostre vie sans nous donner des enfants, de ne recepvoir à eslre roy, prester obéyasance à prince quelconque qui soit hérétique ou fauteur d'hérésie. (ÊdiL de renouvellement de l'union du roi avee les princes et seigneurs catholiques du royaume, juUlet 488S, iMd.. p. IM6.)
Tant le dernier recours des Iftches, la trahison et l'assassinat. Tels sont les éléments dont se composa Tun des plus grands drames de notre histoire, celui qui rend célèbre Tannée 1588 , qui s'ouvre à Paris par l'émeute des barricades^ et se dénoue aux seconds états de Blois par le meurtre du duc et du cardinal de Guise.
La convocation des états généraux de 1588 fut un acte du roi contre lui-même. Cette assemblée» venue à la suite d'une émeute victorieuse , et représentant , non la France entière , mais la France exclusivement catholique , eut pour mission et pour but de fonder la prédominance des états sur le pouvoir royal*. Il y a deux parts dans son histoire, Tune qui précède, Tautre qui suit l'assassinat des Guises et l'arrestation de plusieurs députés des trois ordres ^. Dans la première de ces deux époques, les états, ayant le tiers à leur tète, soutiennent contre le roi une lutte de principes sur la question de la souveraineté; ils déclarent qu'ils veulent procéder par résolution et non par supplication; ils attribuent aux seuls édits faits avec leur concours le titre de lois fondamentales. Malgré la retenue de leurs paroles et leur apparente soumission à l'ancien ordre monarchique, ils menacent .la royauté d'en constituer un tout nouveau , de la mettre en tutelle permanente sous la représentation nationale , et de déléguer pour le présent cette tutelle au chef de la Ligue. La seconde époque ^ où l'assemblée se débat entre la crainte et la colère, ne présente, au lieu de cette hostilité agres-
f . C'est le <9 mal qu'eut lieu le soulèvement nommé Journée des barricades; l'ordonnuioe de oonfocaUon des états fUt rendue le dernier jour du même mois. —'Lettres furent de toutes parts expédiées par les provinces à oe que chacun s'avançât d'y envoyer ses dépulés, pourvu qu'ils Hissent catholiques romains; car autrement il n'étoit permis à aucun de la religion, ou soupçonné de favoriser ceux de la religion de s'y trouver. (Des états généraux, etc., t. XIY* p. 375.) — L'assemblée s'ouvrit le 16 octobre : on y comptait 505 députés, savoir : 184 du clergé, 180 de la noblesse, et 491 du tiers état — Voyes les noms de ces derniers, ci-après, Appendice II.
s. U Chapelle- Marteau, président du Uers éUt; Gompans et de Neuilli, députés de Paris; Lerol, député d'Amiens; le oomte de Brissae, président de la noblesse, et le sieur de Bois-Dauphfn. Quatre députés du tiers état et trois du clergé, qui éUient sUr la liste, s'échappèrent C<3 décembre].
lift ESSAI SUR L'HISTOIRE
sive, qu'une opposition d'inertie sous laquelle couve , dan» le cœur de chacun y l'impatience d'être congédié pour se rendre sur un terrain propice à la rébellion ouverte *.
Ce fut le tiers état qui joua ici le premier rMe; il était la puissance du jour; il prit Tinitiative des propositions hardies envers la royauté 9 ou violentes contre les huguenots. Son cahier renferme les demandes suivantes : que les ordonnances faites à la requête des états soient déclarées inunuables j et n'sâent pas besoin d'être vérifiées eu cour de parlement; que pour tout autre édit , les cours souveraines aient toute liberté de remontrances, et ne soient jamais forcées d'enregistrer ^; que les parlements ne puissent vérifier aucun édit y sans qu'auparavant il ait été communiqué aux procureurs-syndics des états y dans les pays d'états , et que toutes les provinces du royaume puissent élire à cet efiEat des procureurs-syndics ; qu'il n'y ait plus de levées d'argent, pour quelque cause et soua quelque forme que ce soit, sans le consentement des états généraux'; que les bérétiqnes soient punis selon les ordonnances de François I*' et de Henri n , et que des mesures rigoureuses soient prises contre les fauteurs d'hérésie; que le roi de Navarre soit déclaré incapaUe de succéder à la couronne, et que tous ses biens soient confisqués ^.
Parmi les demandes qui ne tenaient rien des passions du mcxnent, on peut noter celles-ci, renouvdées pour la plupart du cahier de 1576 et de celui de 1560 : le rétablissement des élections ecclésiastiques, malgré le concordat de François I*', le maintien scrupuleux
I. Voy. te Joumal âVUenne Bernard, dépatt do Uan 6tat de Booi^egne. Am éiau généraux, eto., t XIV, p. 440 el mût. » U eéanee de clôture des éUte eut liea le l0JanTier45M.
a. Cahier général du Uen état UWS}. Kteuêil dûê eaMtn générmm du frète ordrei 1 111, p. 186.