‹ Essai sur lh́istoire de la formation et des progrès du Tiers État: suivi de deux fragments du (volume 2)Chapitre 38 sur 124 · ibid.. p · texte numérisé non relu

ibid.. p

s. \oj, rmsioire de France de Bl. Henri UarUn, i. XII, p. SSI ei saiv.

8. Blle-mfinie a soin de lo rappeler dans les arUcles de son cahier : « L'expérience « fait eonnattre combien est pernicieux l'établissement du droit annuel appelé pau-

« fttte, qui rend tant les charges de judicature que toutes autres héréditaires, et

« 6teà Votre Vajesté le moyen de pouvoir choisir les ofllciers, et Tespérance aux « gentilshomm^ d'y parvenir jamais..... Partant, Votre M^^jeslé est très-humblemeDi « suppliée de retrancher entièrement la vénalité de toutes sortes d'offices C'est le

état en vue du bien public contre son intérêt particulier. Et quant à Tarticle des pensions qui avait fait éclater la division entre le tiers et les deux autres ordres , les trois cahiers en étaient venus à cet égard à un accord , plus franc y il est vrai , du câté du clergé que du côté de la noblesse *• Ainsi , par une circonstance bizarre , aous des votes conformes, il y avait des passions contraires ^ et les promesses du roi satisfaisaient du même coup des désirs-généreux et des intentions égoïstes. Ces promesses, la seule bonne nouvelle que les membres des états eussent à emporter dans leurs provinces , ne furent amais tenues, et la réponse aux cahiers par une ordonnance royale n'arriva qu'après quinze ans.

Telle fut la fin des états généraux convoqués en 1614 et dissous en 1615. Os font époque dans notre histoire nationale , comme fermant la série des grandes assemblées tenues sous la monarchie ancienne ; ils font époque dans Thistoire du tiers état dont ils signalèrent, au commencement du xvii* siècle, Timportance croissante, les passions, les lumières, la puissance morale et l'impuissance politique. Leur réunion n'aboutit qu'à un antagonisme stérile; et, avec eux, cessa d'agir et de vivre ce vieux système représentatif qui s'était mêlé à la monarchie , sans règles ni conditions précises, et, où la bourgeoisie avait pris place , non par droit , non par conquête, mais à l'appel du pouvoir royal. Entrée aux états du royaume sans lutte, sans cette fougue de désir et de travail qui l'avait conduite à Taffranchissement des communes, elle y était venue , en général,

« seul moyen de rendre trotre État plus illustre et plus florissant, Votre ll^je^té bien « servie, et vos peuples consolés par le choix qu'elle fera de personnes capables. Do « ce bien en réussira un particulièrement à l'avantage de votre noblesse, désireuse « de vous rendre autant de témoignages de sa fidélité dans l'exercice de laJusUce, « qu'elle fait dans vos armées aux occasions qui s'en présentent. Elle vous en supplie « très -humblement. Sire. « (Cahier de la noblesse de 4615, mB.de la Bibliothèque Impériale , fonds de Brienne, n* S83, fol. t38 et S39.)

4. Voy. le cahier du tiers état, art. 491 ft 49S ; celui du clergé, art 458; et relui de la noblesse, fol. 914 v». Us. de la Biblioth. impériale, fonds de Brienne, ni» SM, 283 et 381.

avec plus de défiance que de joie, parfois hardie , souvent contrainte , toujours apportant avec elle une masse d'idées neuves , qui, de son cahier de doléances, passaient, plus ou moins promptoment, plus ou moins complètement, dans les ordonnances des rois. A cette initiative, dont le fruit était lent et incertain, se bornait le rôle efTectif du tiers état dans les assemblées nationales; toute action immédiate lui était rendue impossible par la double action contraire ou divergente des. ordres privilégiés. C'est ce qu'on vit plus clairement que jamais aux états de 1615, et il semble que Tordre plébéien, frappé d'une telle expérience, ait dès lors fait peu de cas de ses droits politiques.

Cent soixante-quatorze ans s'écoulèrent sans que les états généraux fussent ime seule fois réunis par la couronne, et sans queFopinion publique usât de ce qu'elle avait de forces pour amener cette réunion ^ Espérant tout de ce pouvoir qui avait tiré du peuple et mis en oeuvre par des mains plébéiennes les éléments de l'ordre civil moderne, Topinion se donna, un siècle et demi, sans réserve à la royauté. Elle embrassa la monarchie pure, symbole d'unité sociale, jusqu'à ce que cette unité, dont le peuple sentait profondément le besoin, apparut aux esprits sous de meilleures formes.

I. Durant les troubles de la Fronde, les états généraux furent conroquéd à deux reprises, d'abord spontanément par la eour en lulte avec la bourgeoisie, ensuite sur les instances de la noblesse unie au clergé. Des pbilnnlhroprs, joints au parti aristocratique, les réclamèrent au déclin du règne de Louis XI V. Le régent y songea pour étayer son pouvoir ; et il n'en fut point question pendant le règne do Louis XV.

fU HSSAI SUR L'HISTOIRE

Page 1